Actualités du marché des devises

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juin 04, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le dollar rugit de nouveau grâce à l'emploi, épisode 2 à suivre cet après-midi (rapport NFP)

     

Tendance du jour : on assiste depuis hier à un regain de vigueur du dollar et cette dynamique se prolonge en amont de la publication cet après-midi des chiffres officiels de l'emploi qui sera le moment fort de la journée avec le discours du gouverneur central américain qui interviendra un peu en amont. L'euro est globalement sur la défensive ce matin face à l'ensemble de ses pairs du G10 mais aussi face à de nombreuses devises émergentes. L'agitation qui entoure les chiffres de l'emploi américain et la nervosité qui émane de nouveaux débats sur un possible changement de conditions monétaires en provenance des Etats-Unis semble desservir l'euro qui fut l'un des grands gagnants de la période de faible volatilité qui a donné lieu à un important rallye des marchés actions.

  
EUR/USD - Le dollar soutenu par de bons résultats économiques aux Etats-Unis : à la faveur de meilleurs résultats que prévu de deux rapports sur l'emploi et d'une accélération de la croissance du secteur des services à un niveau record en mai d'après l'enquête d'activité ISM, le dollar a enregistré jeudi sa meilleure séance face à l'euro depuis un mois (+0,7%) et a clôturé à son plus haut niveau depuis 3 semaines, non loin du seuil de 1,21 $. Les débats étaient hier principalement focalisés sur l'emploi aux Etats-Unis alors que l'on amorçait un cycle de publication de trois rapports sur ce thème en deux jours. À la surprise générale, les créations d'emplois dans le privé sont ressorties en mai à leur plus haut niveau depuis juin 2020 (+978k), ce qui a constitué une surprise sachant que le consensus n'était pas aussi optimiste (650k). Comme chaque semaine depuis mai, le nombre d'inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage a reculé à son plus bas niveau depuis un an et a atteint hier pour la première fois depuis mars 2020 un niveau inférieur à 400k (+380k exactement). Ces bons résultats sont de bon augure avant la publication ce vendredi des chiffres officiels de l'emploi et suggèrent une possible surprise positive au niveau du résultat final (consensus = +650k), ce qui permettra d'oublier la déception causée le mois dernier par des chiffres bien en-dessous des attentes (+266k vs. consensus +978k). Il ne va sans dire que cette floppée de bons résultats a ravivé les débats sur les marchés autour d'une possible action anticipée de la part de la réserve fédérale américaine et une réduction dans les mois à venir de sa politique de rachat d'actifs. Ces discussions se sont matérialisées sur les marchés financiers par une vive remontée des taux courts américains comme le taux 2 ans qui a enregistré jeudi sa plus forte progression en plus d'un mois (+1,3 pbs) et clôturé à un pic de 3 semaines à 0,16%. Anticipant de meilleurs chiffres que prévu sur l'emploi américain cet après-midi, le taux EUR/USD continue de se rétracter ce matin et menace désormais de glisser sous le seuil de 1,21 $. En amont du rapport sur l'emploi, les marchés auront également l'opportunité d'entendre le gouverneur central américain Jerome Powell. Ce sera à nouveau l'occasion pour lui d'expliciter sa position à l'égard d'une conjoncture américaine qui semble s'améliorer et un contexte de fortes poussées des prix sur lequel les avis divergents quant à sa durabilité ou non. Plusieurs responsables monétaires américains ont ces derniers jours évoqué la nécessité d'ouvrir un débat rapidement sur un ajustement de la politique actuelle de soutien monétaire, il reste à savoir si Powell leur emboitera le pas ou se montrera comme à son habitude inflexible sur le sujet.

   
EUR/GBP - L'accélération des services britanniques donne le sourire à la livre  : que ne fut pas la bonne surprise pour les opérateurs de marché et les suiveurs de la livre sterling d'observer une révision significative à la hausse du résultat final de l'enquête d'activité PMI du secteur des services au Royaume-Uni (62,9 vs. 61,8 en première lecture). En mai, cette frange dominante de l'économique britannique (= plus de 70% du PIB national) a enregistré sa plus forte progression en 24 ans d'après l'indice PMI Markit. Ce résultat a donné l'occasion à la livre sterling de retourner se positionner sous le seuil de 0,86 £ face à l'euro. De nouveau de retour au milieu du "gué" du couloir de 0,85-0,87 £, on cherche toujours une tendance sur le taux EUR/GBP qui peine à prendre forme. Il faut dire aussi que les opérateurs de marché surveillent avec une grande attention les signaux alarmants de reprise de la pandémie outre-Manche où les cas de variants indiens sont désormais majoritaires et où hier on a recensé un pic de 2 mois de nouvelles contaminations (plus de 5000 nouveaux cas). Si la tendance se confirme, la livre sterling pourrait à nouveau connaître quelques turbulences.

   
EUR/AUD - Un regain de volatilité sur les marchés et un recul des prix des matériaux industriels qui handicapent l'Aussie dollar : la hausse des taux courts américains hier en marge de la publication de meilleurs résultats que prévu sur l'emploi et les services aux Etats-Unis a engendré un mouvement correctif sur les marchés actions, et notamment sur les valeurs technologiques qui sont les plus sensibles à l'évolution des taux d'intérêt. Remonté mercredi à un pic d'un mois, l'indice Nasdaq a chuté hier de -1% et clôturé à un plus bas depuis une semaine. Les prix des matières premières ont également connu quelques secousses, à commencer par le prix du cuivre côté aux Etats-Unis qui a chuté de plus de -1% et clôturé à son plus bas niveau depuis 5 semaines. Le prix de l'aluminium en Chine a enregistré sa 3ième séance consécutive de repli pour une perte cumulée de -1,5% sur la période. En raison du profil exportateur de l'Australie, on sait que ce contexte est généralement hautement défavorable à l'Aussie dollar. Cela s'est à nouveau vérifié hier au cours d'une séance durant laquelle le dollar australien a cédé -0,5% face à l'euro et clôturé à son plus bas niveau depuis 4 mois à 1,5850 A$. La devise australienne se reprend modestement ce matin et tente de se repositionner sous la barrière de 1,58 A$ qui depuis deux semaines fait figure de résistance pour la paire EUR/AUD.

   
EUR/CNH - Retour à la case départ malgré des facteurs défavorables en Chine : la tentative de rebond amorcée lundi a été tuée dans l'œuf et le taux EUR/CNH a repris la direction du seuil de 7,75 ¥ qui fait office de support. C'est davantage la faiblesse de l'euro que la vigueur du yuan qui semble être le moteur de ce mouvement puisque la banque centrale chinoise a décidé depuis quelques jours de sortir l'extincteur pour calmer les pressions haussières s'exerçant sur la devise chinoise. Hier, elle a opéré au plus fort abaissement du taux pivot du yuan face au dollar depuis plus de 3 semaines au-dessus du seuil symbolique de 6,40 ¥ et elle poursuit son effort ce matin en abaissant à nouveau la valeur de la devise chinoise. La correction de la bourse chinoise (-1% en deux jours pour l'indice Shanghai composite, léger rebond ce matin) ou encore la pression américaine symbolisée par l'introduction de nouvelles entreprises chinoises sur la liste noire des fournisseurs avec lesquels la Maison Blanche recommande de ne pas traiter en raison des liens présumés (ou avérés parfois) de ces entreprises avec l'armée chinoise ne sont pas non plus des facteurs qui soient grandement favorables à un renforcement de la devise chinoise. Ces facteurs cumulés et l'effet probable de répulsion de la barrière de 7,75 ¥ pourraient aider la paire EUR/CNH à rester à flot.

   
EUR/RUB -Pétrole et spéculations monétaires tirent le rouble vers le haut : hier le gouverneur central russe a indiqué à l'agence d'information RIA que la banque centrale allait réfléchir à procéder à une hausse de taux lors de sa prochaine réunion programmée vendredi prochain (11 juin). Sur la base de cette nouvelle, le taux souverain 2 ans russe a bondi à un nouveau pic d'un an (6,2%) tandis que le taux 10 ans est remonté à un plus haut depuis mi-avril (7,2%). Le pétrole en Europe est resté assez stable jeudi et se maintient à un plus haut depuis 2 ans au-dessus du seuil de 71 $. Ces deux éléments constituent d'importants catalyseurs haussiers pour une devise comme le rouble russe que l'on sait très sensible aux fluctuations des prix de l'énergie. Le taux EUR/RUB a fait un "double-double" et ainsi enchaîné une seconde séance consécutive avec une perte d'au moins -0,5%. La paire de change a chuté pour la première fois depuis 2 mois sous le seuil de 89 RUB et s'approche désormais d'une barrière majeure située à 88 RUB. Depuis septembre 2020, ce seuil n'a été franchi qu'à de très rares occasions par le taux EUR/RUB. La dernière fois, c'était en mars dernier. À l'approche de la date du 16 juin et de la rencontre au sommet entre Joe Biden et Vladimir Poutine, on surveille de près d'éventuelles tensions entre les Etats-Unis et la Russie dont on sait que les relations se sont hautement rafraîchies depuis le changement de gouvernance aux Etats-Unis. L'annonce hier du fonds souverain russe de réduire ses réserves en dollar à 0% participe au climat tendu entre les deux puissances.


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