Actualités du marché des devises

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juin 03, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'EUR/USD en difficulté en marge d'un cycle de publication de trois rapports sur l'emploi aux Etats-Unis

   

Tendance du jour : l'EUR/USD débute la journée en net repli en amont d'un cycle de deux jours durant lesquels les Etats-Unis publieront trois rapports sur l'emploi (deux aujourd'hui et un demain). Une sortie du couloir de 1,2150-1,2250 $ sera à surveiller. Malgré cela, on ne peut pas réellement dire que la nervosité gagne les marchés sachant que les cours du pétrole sont en hausse et à un pic depuis 2018, et que le rallye sur les marchés actions se poursuit, notamment en Europe même si on relève quelques signes de faiblesse ce matin. Le yen reste stable sur ses plus bas niveaux depuis 3 ans (134 ¥), le franc suisse se replie (1,10 ₣), et à l'inverse les devises sensibles au pétrole comme le dollar canadien (1,47 C$) et la NOK (10,1 NOK) progressent. Le réal brésilien poursuit sa dynamique de revalorisation (6,20 BRL) et la livre turque continue de s'effondrer (10,5 TRY).

   
EUR/USD - Une nouvelle tentative de repli qui échoue, des regards portés sur l'emploi aux Etats-Unis : on commence à s'y habituer, un euro qui plie mais ne rompt pas. Sur la défensive hier après des ventes au détail décevantes en Allemagne, le taux EUR/USD a une nouvelle fois tenté de s'écarter de la barrière de 1,22 $ et touché un creux en séance à 1,2160 $ en milieu de journée avant de retracer la quasi-totalité de ses pertes dans l'après-midi pendant la séance américaine. La publication en début de soirée du Livre Beige de la Fed a laissé une impression mitigée aux acheteurs de dollar et du coup inhibé toute tentative de repli de la paire EUR/USD. Si la banque centrale américaine reconnaît dans son rapport une accélération de l'économie et une hausse de l'activité dans le secteur de l'hôtellerie, de la restauration et des ventes au détail grâce à l'appui de la vaccination et des assouplissements des mesures de distanciation sociale, elle pointe également tout une série d'obstacles. Les difficultés des entreprises à embaucher, principalement sur les métiers à bas salaires, mais aussi les pénuries de certains matériaux et la hausse des prix sont des facteurs qui, sur le long terme, pourraient perturber la reprise aux Etats-Unis. Les déséquilibres sur le marché de l'emploi et l'existence d'une offre plus importante que la demande peuvent laisser nourrir quelques craintes quant à la teneur des statistiques qui s'apprêtent à être publiées cette semaine (rapport ADP ce jeudi et rapport NFP ce vendredi). Il est intéressant d'observer un véritable rapport de force entre acheteurs et vendeurs qui aussi bien empêche l'EUR/USD de monter au-dessus de 1,2250 $ que de descendre sous 1,2150 $. Cela ne durera pas et probablement les chiffres américains sur l'emploi aideront à faire pencher la balance en faveur d'un des deux camps. Le taux est à nouveau en recul ce matin (1,2180 $) en amont d'une séance qui sera principalement influencée par la large série de publications économiques programmées cet après-midi aux Etats-Unis (rapport ADP, ISM non-manufacturier). Les propos hier de Patrick Harker, président de l'antenne régionale de la Fed à Philadelphie, sur la nécessité d'aborder le sujet d'une réduction du soutien monétaire ont très probablement une influence sur la faiblesse du taux de change ce matin.

   
EUR/GBP - Une phase de consolidation et une résistance de la livre  : cela faisait plus d'un mois que le taux EUR/GBP n'avait pas enchaîné trois séances consécutives de hausse, aussi il était presque naturel d'assister hier en l'absence de catalyseurs haussiers sur l'euro à un mouvement correctif sur la paire EUR/GBP. La tentative de s'écarter de la barrière de 0,86 £, véritable barycentre du couloir de 0,85-0,87 £ qui encadre les fluctuations du taux de change depuis février. Ce dernier sera attentif aujourd'hui à la révision ce matin des résultats des enquêtes mensuelles PMI du secteur des services en Zone Euro et au Royaume-Uni au mois de mai. Sauf écart significatif entre le résultat final et l'estimation préliminaire, on risque d'assister à une énième séance de volatilité très réduite sur l'EUR/GBP.

   
EUR/CAD - Le dollar canadien tiré vers le haut par le pétrole et la construction : le pétrole a confirmé hier les importants gains acquis en marge de la réunion de l'OPEP + et de la confirmation par d'une hausse graduelle des quotas de production.   Toujours en hausse ce matin, les prix de l'énergie ont progressé de plus de 4% en trois jours (performance en cours) et l'indice américain WTI est désormais à 69 $ à son plus haut niveau depuis 2018. Grâce à l'appui de la hausse du pétrole mais aussi de la publication hier au Canada d'une contraction bien moins importante que prévu des permis de construire au mois d'avril (-0,5% M/M Vs. consensus -4,8%), le dollar canadien s'est renforcé face à un euro qui a connu un coup de moins bien hier. Le taux EUR/CAD a cédé -0,4% pour retomber sous le seuil de 1,47 C$. Il est désormais valorisé à moins de 0,5% du support plancher de 2021 situé à 1,4650 C$ et moins de 1% de son plus bas annuel (et depuis plus d'un an) situé à 1,4575 C$. Si le dollar canadien suit attentivement les fluctuations du pétrole et reste à cet égard orienté à la hausse ce matin, il faudra probablement attendre vendredi et la publication des chiffres de l'emploi au Canada pour assister à de nouveaux mouvements majeurs de la part du loonie.

   
EUR/CNH -Plusieurs facteurs défavorables au yuan... mais un taux EUR/CNH néanmoins en repli : la publication ce matin d'une enquête montrant un ralentissement de la croissance de l'activité dans le secteur des services en Chine par rapport au mois précédent et le calcul ce main par la banque centrale chinoise d'un taux pivot du yuan en baisse par rapport au dollar pour la seconde séance consécutive suscitent quelques tensions sur le yuan. Celui-ci chute à un creux d'une semaine face au dollar et se rapproche à nouveau de la barre symbolique de 6,40 ¥. La faiblesse néanmoins de l'euro prend le dessus ce matin sur les pressions baissières s'exerçant sur le yuan et l'on voit le taux EUR/CNH légèrement courber l'échine et s'écarter du seuil de 7,80 ¥.

   
EUR/PLN - La passe de cinq pour le zloty & une nouvelle résistance observée : le zloty polonais a enchainé mercredi une 5ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de presque +0,9%. La devise polonaise continue de surfer sur les bons résultats publiés mardi en Pologne. On y notamment observé ce jour-là un pic d'activité record de l'industrie au mois de mai, un troisième trimestre consécutif de croissance pour l'économie polonaise et une performance à cette période légèrement supérieure à celle du T4 malgré le regain de vigueur de la pandémie en Europe sur le début d'année 2021 (1,1% T/T au T1 vs. +0,9% au T4), et une nouvelle accélération de l'inflation générale à un pic depuis 2011 de 4,8%. La combinaison de ces résultats a suscité de vives réactions sur les marchés monétaires et notamment une hausse succincte du taux 2 ans à un pic d'un an de 0,5% (depuis il a retracé sous 0,4%) sur fond de spéculations autour d'un possible resserrement monétaire susceptible d'arriver plus tôt que prévu en Pologne. Sur une pente ascendante depuis le début du mois de mai et la réouverture graduelle des principales économies d'Europe de l'Ouest - principaux partenaires commerciaux de la Pologne - le zloty a atteint hier un nouveau pic annuel à 4,4515 PLN. Toutefois, on a remarqué hier, comme mardi d'ailleurs, que les pressions haussières sur le zloty ont semblé diminué à mesure que la devise polonaise se rapprochait du seuil de 4,45 PLN. Le rebond ce matin de la paire EUR/PLN en direction de 4,46 PLN tend à confirmer la présence d'un niveau plancher à 4,45 PLN qui pourrait, au moins temporairement, freiner l'ascension du zloty. Encore très éloigné de ses niveaux d'avant crise face à l'euro (4,2-4,3 PLN en février-mars 2020), le zloty dispose d'un potentiel haussier encore important, lequel pourrait se matérialiser si jamais la banque centrale polonaise donne raison aux marchés et consente à réfléchir à une première hausse de taux. Pour le moment, ce n'est pas le scénario qu'elle défend mais une hausse persistante des prix pourrait lui faire changer d'avis.


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