Actualités du marché des devises

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juin 02, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le réal brésilien au top, la livre turque fait un nouveau un flop

  • Tendance du jour : on assiste à un début relativement calme en Europe dans lequel l'euro est légèrement sur la défensive face au dollar et au franc suisse après la publication ce matin d'une contraction plus franche que prévu des ventes au détail en Allemagne. Le yen retombe tout proche de ses plus bas niveaux depuis 3 ans face à l'euro (134 ¥) alors que le pétrole reste orienté à la hausse ce matin et tout proche de ses plus hauts niveaux depuis 2 ans (Brent proche de 71 $).  Les devises océaniennes (AUD, NZD) sont en repli et sont victimes ce matin de la baisse des prix des métaux en Chine. Parmi les autres grands mouvements à noter ce matin, on relève la nouvelle chute de la livre turque à un creux historique (10,50 TRY).
  • EUR/USD - Des forces contradictoires : orienté à la hausse en début de séance mardi, le taux EUR/USD a fait le yoyo toute la journée au gré des diverses publications économiques publiées d'abord en Zone Euro puis aux Etats-Unis. Bien décidée au départ à s'attaquer à nouveau à rejoindre ses plus hauts niveaux depuis 4 mois grâce à l'appui de bons résultats économiques en Europe (baisse du chômage, hausse de l'inflation, révision à la hausse de l'indice PMI manufacturier), la paire de change a enregistré une pointe à plus de 1,2250 $ en début de séance américaine avant de retracer la totalité de ses gains et revenir à hauteur du seuil de 1,22 $ suite à la publication d'indices d'activité ISM indiquant un rebond plus important que prévu du secteur manufacturier américain au mois de mai (61,2 vs. consensus 60,9 et 60,7 en avril). Il y a quelques enseignements à tirer de la séance de la veille et de l'ascension tronqué de l'euro. Le retour de l'inflation générale en Zone Euro au niveau de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE) pour la première fois depuis 2018 n'a pas engendré d'importantes réactions sur les marchés des changes. Il faut dire que l'indice sous-jacent qui exclut les produits aux prix les plus volatiles comme l'énergie, le tabac, l'alcool ou encore les denrées alimentaires a progressé à une dynamique annuelle de 0,9% en mai, soit un niveau bien éloigné du seuil de 2%. Dans l'esprit des marchés, la poussée des prix en Europe n'a pas pour le moment matière à inquiéter les banquiers centraux européens, du moins pas au point de les pousser à réaliser un ajustement de la politique monétaire lors de la prochaine réunion programmée jeudi 10 juin. Un tel scénario serait vécu comme une surprise et provoquerait très probablement de vives réactions sur les marchés des changes. L'autre enseignement, dont on avait vu quelques prémisses la semaine dernière, est l'existence en ce moment d'un plafond limitant les gains de l'euro et un retour de celui-ci à 1,23 $ et plus haut. En l'absence de nouveaux catalyseurs alimentant une nouvelle poussée de l'euro, la frustration pourrait gagner les acheteurs de la devise européenne et du coup occasionner un retour des vendeurs. L'EUR/USD amorce timidement cette nouvelle séance mais parvient pour le moment à se maintenir au-dessus du seuil de 1,22 $ malgré la déception causée ce matin par une contraction bien plus importante que prévu des ventes au détail en Allemagne au mois d'avril (-5,5% M/M vs. consensus -2,0%). Il y aura peu de données économiques majeures à suivre ce mercredi aussi la volatilité sur la paire pourrait rester réduite. Il faudra attendre le début de soirée en Europe et la publication d'un rapport de la Fed sur la conjoncture américaine (livre Beige) pour voir possiblement la paire s'animer un peu plus.
  • EUR/GBP - Des prises de profit pénalisent la livre  : on évoquait hier une probable influence du Cable (taux GBP/USD) sur la paire EUR/GBP, et bien cela s'est vérifié. Mais pas forcément comme on l'entendait. Le pic de 3 ans atteint par la paire GBP/USD en début de séance mardi à plus de 1,42 $ s'est accompagné de prises de bénéfice sur la livre sterling, ce qui a grandement participé à détériorer la valeur de la devise britannique face à l'euro. La légère révision à la baisse de l'indice d'activité manufacturière au Royaume-Uni en mai (65,5 vs. 66,1 en première lecture) ou encore les craintes soulevées à demi-mot par un membre de la Banque d'Angleterre de bulle sur l'immobilier outre-Manche après la publication hier d'un indicateur de prix montrant une croissance annuelle proche d'un pic de 7 ans ont possiblement influencé la décision de certains opérateurs de marché de clôturer leurs positions acheteuses compte tenu du niveau élevé de la livre. De retour depuis hier au-dessus du seuil de 0,86 £, le taux EUR/GBP n'affiche toujours pas de tendance claire. Seule une sortie (à la hausse ou à la baisse) hors du couloir de 0,85-0,87 £ pourrait changer la donne.
  • EUR/AUD - Un dollar australien en recul malgré une meilleure performance que prévu de l'économie au T1 : le rebond amorcé hier par le dollar australien laissait présager une suite en cas de bons résultats ce matin en Australie à l'occasion de la publication des statistiques de PIB au 1er trimestre. Il n'en fut rien. Malgré une performance un peu plus solide que prévu de l'économie sur le début d'année (+1,8% T/T vs. consensus +1,6%), le taux EUR/AUD efface ses pertes de la veille et revient ce matin se repositionner à hauteur du seuil de 1,58 A$, non loin de ses plus hauts niveaux touchés sur les 4 derniers mois (pic à 1,5830 A$ recensé le 28 mai). Le repli des prix des métaux en Chine ce matin (-3% sur le minerai de fer, -1% sur l'aluminium) est très certainement à l'origine du repli de l'Aussie dollar.
  • EUR/NOK - Un rebond de la couronne qui fait pschitt: surfant sur le rebond des prix du pétrole sur ses plus hauts niveaux depuis 2 ans (Brent à plus de 71 $) en marge d'une réunion technique des membres du groupe de pays exportateurs de pétrole OPEP +, la couronne norvégienne a enregistré jusqu'à +0,9% de gains face à l'euro en séance mardi et été aperçu à cette occasion touchant un pic de presque 2 semaines à moins de 10,09 NOK. Néanmoins l'euphorie s'est rapidement calmée en fin de journée à mesure que les prix de l'énergie dégonflaient en écho aux informations qui tombaient concernant les décisions prises par le cartel pétrolier. Pourtant, on peut dire que le cartel a tout fait pour indirectement soutenir les prix en décidant de ne pas varier de leur stratégie de réintroduction graduelle de barils sur le marché (+1,2 Mln de barils/jour entre avril et juillet + 1Mln en provenance d'Arabie Saoudite) alors que la réouverture des principales économies mondiales suggère une forte hausse de la demande au second semestre. Les observateurs ont tout de même été surpris de voir que le cartel ne fait pas allusion dans sa communication au risque de retour du pétrole iranien sur le marché si jamais les Etats-Unis venaient à lever les sanctions consécutives à la rupture des accords de Vienne sur le nucléaire iranien. Le taux EUR/NOK a finalement clôturé au-dessus du seuil de 10,15 NOK qui fait office de support depuis maintenant plusieurs séances et freinent les tentatives de repli de la paire de change. Les prix du pétrole restant ce matin orientés à la hausse, il ne serait pas surprenant de voir la couronne retenter une ascension si jamais le Brent venait à bondir bien au-dessus de la résistance de 71 $.
  • EUR/BRL - Le réal brésilien grimpe à son plus haut niveau en 2021 : encore une journée faste hier pour le réal brésilien qui a progressé +1,4% face à l'euro, ce qui porte ses gains à presque +4% sur une semaine et même quasiment +10% depuis son dernier point bas touché mi-mars. La publication mardi d'un rebond un peu plus fort que prévu de l'économie brésilienne au premier trimestre (+1,2% T/T vs. consensus +1,0%) et d'un rebond de l'activité manufacturière à un pic de 3 mois en mai ont été positivement accueilli par les investisseurs et ainsi grandement participé à la bonne performance du réal. Le taux EUR/BRL a cassé hier le support de 6,30 BRL et oscille désormais à son plus bas niveau de l'année.
  • EUR/TRY - Un projet de baisse de taux en Turquie endommage la livre turque  : la livre turque chute ce matin à un nouveau creux historique face à l'euro à plus de 10,50 TRY en écho à l'annonce par la présidence turque d'une volonté de réduire les taux d'intérêt cet été. Quand on connait l'influence du pouvoir sur les décisions monétaires comme en témoigne la valse des gouverneurs centraux qui se succède à la tête de la banque centrale turque, les marchés ont pris au pied de la lettre ces annonces.

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