Actualités du marché des devises

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juin 01, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La PBoC freine le rallye du yuan, statu quo de la RBA &  l'euro sensible à l'inflation en Europe 

  • Tendance du jour : les devises cycliques et pétrolières amorcent le début de séance en hausse sous l'impulsion d'un rebond des prix des matières premières en écho aux bons indicateurs PMI chinois publiés ce matin. Des spéculations entourent également la réunion mensuelle de l'OPEP + et les annonces qui devraient être faites en matière de rehaussement des quotas de production. Le pétrole oscille ce matin à proximité de ses plus hauts de l'année et s'échange en Europe à plus de 70 $, ce qui ne laisse pas la couronne norvégienne insensible (+0,6% à 10,10 NOK). L'euro est stable à plus de 1,22 $ en attendant la publication en fin de matinée des nouvelles statistiques d'inflation en Zone Euro. Le yuan marque le pas après une action de la PBoC destinée à freiner le récent rallye.
  • EUR/USD - Un air frais venu d'Allemagne : après avoir résisté pendant deux séances à des pressions baissières, le taux EUR/USD est reparti de l'avant et est remonté au-dessus du seuil de 1,22 $ grâce à l'appui de catalyseurs en provenance d'outre-Rhin. L'absence en effet lundi des opérateurs de marché américains, en raison de la célébration du jour de commémorations aux personnes décédées durant des guerres (Memorial Day) a donné à la séance une consonnance très européenne. De vives réactions se sont observées en marge de la publication des premiers chiffres d'inflation en Allemagne au mois de mai. L'indice de prix a de nouveau accéléré le mois dernier et sa dynamique annuelle s'éloigne un peu plus de l'objectif de long terme de 2% fixé par la BCE, celle-ci atteignant son plus haut niveau depuis octobre 2018 (2,4% pour l'indice harmonisé). Cela n'est pas réellement une surprise au regard du contexte inflationniste global marqué entre autres par la flambée des prix des matières premières, un rebond de la consommation à mesure que les restrictions sanitaires tombent mais aussi d'importantes turbulences sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. La Bundesbank voit les prix accélérer davantage cette année sous l'effet de la reprise et possiblement atteindre un pic de 4%, du jamais vu depuis 1993. Il reste à savoir néanmoins si ces pressions haussières sur les prix vont émouvoir les banquiers centraux européens et potentiellement les convaincre de réduire la voilure en matière de soutien. La réunion monétaire de la BCE programmée jeudi prochain (10 juin) sera l'occasion d'avoir quelques éléments de réponse. Outre l'inflation allemande, les investisseurs européens ont très probablement bien accueilli les propos de la chancelière Angela Merkel qui, depuis Berlin, a annoncé lundi qu'elle était prête à "laisser expirer" comme prévu en juin les super-pouvoirs accordés à l'Etat en matière d'imposition de restrictions sanitaires compte tenu de la baisse continue des contaminations dans le pays. Comme hier, ce sont encore les publications économiques européennes qui devraient très largement influencer la volatilité de la paire de change ce mardi. Les statistiques d'inflation et de chômage en Zone Euro publiées en fin de matinée (11h00) seront attentivement scrutés par les marchés qui ont déjà à l'esprit la réunion monétaire de la semaine prochaine. Le consensus mise sur un rebond de l'inflation générale de 1,6% à 1,9%, soit juste en-dessous de l'objectif de 2%. Il y a fort à parier que si ce seuil était franchi, l'euro serait transporté par une vague de spéculations autour d'un possible changement de braquet à venir de la part des banquiers centraux européens dans leurs rachats d'actifs. On aura également un œil dans l'après-midi sur les résultats de l'enquête d'activité ISM dans le secteur manufacturier (16h00).
  • EUR/GBP - Une influence du cable à surveiller  : sans réelle surprise, l'absence hier des acteurs de marché britanniques - lundi étant férié au Royaume-Uni - a laissé la paire EUR/GBP muette. Toujours positionnée ce matin à hauteur de 0,86 £, la paire de change pourrait une nouvelle fois subir l'influence du cable (paire GBP/USD) sachant que celui-ci oscille ce matin à un nouveau pic de 3 ans à plus de 1,42 $. On surveillera de très près le seuil de 0,8580 £ qui fait office de support du taux EUR/GBP depuis quasiment deux mois. Une chute sous cette barrière pourrait venir intensifier les pressions baissières sur l'EUR/GBP.
  • EUR/AUD - La RBA reste prudente et donne rendez-vous en juillet : pas de surprise ce matin de la part de la banque centrale australienne qui a décidé de maintenir son taux directeur principal et le plafond sur le taux 3 ans à 0,1%. Le maintien d'une politique de soutien est nécessaire selon la banque pour assurer un retour au plein emploi et une croissance des salaires assez forte pour ramener l'inflation vers son objectif de 2-3%. Même si des progrès s'observent sur le front de l'emploi avec notamment des pénuries de postes notifiées dans certains secteurs, on est encore loin de ces objectifs. Aussi la banque conserve pour le moment sa position selon laquelle elle ne s'attend pas à réhausser les taux directeurs avant 2024. La banque a donné rendez-vous aux marchés en juillet pour ce qui est de sa décision concernant le renouvellement ou non de son programme de rachat d'actifs qui arrive à échéance en septembre ainsi que l'évolution de sa politique de contrôle de la courbe des taux courts. La décision finale dépendra amplement de l'évolution de la situation sanitaire dans le pays sachant que la région de Victoria et la métropole Melbourne assistent à une recrudescence des contaminations. Le taux EUR/AUD est sur la défensive depuis hier mais éprouve toutes les peines du monde à s'écarter du seuil de 1,58 A$ et de ses plus bas niveaux depuis près de 4 mois face à l'euro. C'est moins la communication de la RBA que la hausse des prix de l'immobilier à de nouveaux records en Australie (potentiel facteur susceptible d'influencer le futur agenda monétaire) ou la hausse des prix des matières premières qui tirent l'Aussie dollar vers le haut.
  • EUR/CAD - Une solide croissance au T1 pour renforcer le loonie: la devise canadienne sera attentive à la publication en début d'après-midi des statistiques de PIB au Canada au premier trimestre (14h30). Le consensus table sur un rebond de 6,7 % en rythme annualisé sur les trois premiers mois de l'année, soit une performance plus modeste que celle de 40,6% et 9,6% enregistrée respectivement au T3 et T4 2020 mais qui confirmerait que l'économie Canadienne est bien installée sur une trajectoire de reprise. Une performance un peu meilleure que prévu pourrait renforcer un peu plus le scénario central qui veut que la Banque du Canada pourrait procéder à une première hausse de taux dès 2022. Les chiffres de croissance ce mardi et les chiffres de l'emploi ce vendredi revêtent une importance majeure à l'approche de la réunion monétaire de la BoC programmée mercredi 9 juin prochain. De bons fondamentaux au Canada et des pressions haussières sur les taux longs canadiens seraient bénéfiques au dollar canadien (1,4750 C$) et pourraient l'aider à revenir tester ses plus hauts niveaux depuis plus d'un an face à l'euro et la barrière de 1,46 C$. Par ailleurs, le loonie suivra attentivement les réactions sur les prix du pétrole en marge de la réunion mensuelle de l'OPEP + en marge de laquelle on attend des annonces de nouvelle hausse de la production de pétrole pour les mois à venir.
  • EUR/CNH - La banque centrale chinoise sort les griffes pour ralentir le rallye sur le yuan  : on évoquait ces derniers jours une tolérance assez surprenante de la part des autorités chinoises à laisser le yuan se renforcer vivement, notamment face au dollar contre lequel la devise a atteint un pic de 3 ans à moins de 6,40 ¥. Hier, la banque centrale chinoise a sonné la fin de la "récréation" et pris des mesures pour stopper la course effrénée du yuan vers le haut. En procédant à une première hausse depuis 2007 du taux de réserve obligatoire en devises étrangères appliqué aux banques chinoises de 5% à 7%, la PBoC va forcer les établissements bancaires à vendre moins de dollars et ainsi freiner la chute du taux USD/CNY. Le rehaussement ne sera effectif que le 15 juin prochain néanmoins l'annonce a fait de l'effet puisque le taux USD/CNY a stoppé sa chute hier et se redresse légèrement ce matin (6,37 ¥), tout comme d'ailleurs a paire EUR/CNH qui, après avoir testé lundi les niveaux sous le seuil de 7,75 ¥, frappe ce mardi à la porte de 7,80 ¥. Le yuan limite cependant les pertes ce matin grâce à l'appui de bons résultats PMI. L'indice Caixin indique en effet un pic annuel d'activité dans le secteur manufacturier au mois de mai.

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