Actualités du marché des devises

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mai 25, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La nervosité dégonfle et le dollar recule / Le forint hongrois espère que la banque centrale ne rétropédalera pas sur son agenda

    

Tendance du jour : la nervosité de la semaine passée s'est dissipée (et non pas totalement disparue) et l'on revoit surgir un parfum d'optimisme chez les opérateurs de marché qui s'attardent davantage sur ce début de semaine sur la reprise et le maintien probable de conditions monétaires accommodantes que sur la problématique d'inflation. Dans ce contexte, on assiste depuis hier à un nouveau rebond généralisé de l'euro face à ses principaux pairs, aussi bien du G10 que de régions émergentes. Si l'euro a la cote, c'est aussi le cas des devises d'Europe de l'Est qui en ce moment affichent une meilleure dynamique que ses pairs d'Asie, d'Amérique Latine ou encore d'Afrique & Moyen-Orient. L'accélération de la vaccination en Europe mais aussi la perspective d'un possible resserrement monétaire prématuré au sein des pays de l'ex-URSS tirent des devises comme le PLN, le HUF ou encore le CZK vers le haut.

   
EUR/USD - Un souffle d'optimisme pour débuter la semaine : à la faveur d'un rebond des marchés actions et des crypto-devises, un vent d'optimisme a soufflé hier sur les marchés des changes et permis à l'EUR/USD de remonter lundi (+0,3%) au-dessus du seuil de 1,22 $. Parmi les autres catalyseurs sur lesquels la paire de change s'est appuyée pour se redresser, on peut également compter les commentaires de plusieurs membres de la Fed qui, interrogés sur l'inflation, estiment que les pressions haussières sur les prix actuellement visibles ne devraient pas perdurer et au contraire n'être que temporaire. Il s'agit d'un nouveau coup de froid (léger) adressé aux spéculations d'une réduction imminente du soutien monétaire de la banque centrale américaine. Si on en doutait encore, cette dernière devrait prendre encore quelques mois avant de prendre une décision et on ne devrait à priori pas avoir d'action de "tapering" en matière de rachats d'actifs avant au plus tôt septembre. La publication également lundi des statistiques hebdomadaires du CFTC des positions actuelles sur les marchés monétaires ont également pu avoir une incidence positive sur la volatilité de l'EUR/USD. Les données publiées lundi indiquent en effet une progression pour la 5ième semaine consécutive des positions nettes acheteuses d'euro la semaine dernière, lesquelles remontent à un plus haut depuis 10 semaines (99 858 contrats). Malgré le rebond de la veille, il y a un obstacle majeur sur la route de l'EUR/USD qui semble freiner toute perspective de nouvelle accélération : une barrière située à 1,2245 $ contre laquelle le taux avait déjà buté à la fin du mois de février dernier. Il faudra surveiller ce mardi si une hausse plus forte que prévu des indices Ifo de climat des affaires en Allemagne sera suffisante pour lui faire franchir ce cap. Possible à en croire la poussée du taux à près de 1,2260 $ visible en amont de la publication de ces statistiques.

   
EUR/GBP - Un décollage qui ne prend pas  : ce n'est pas faute d'essayer ces dernières séances, le taux EUR/GBP ne parvient pourtant pas à décoller. Hier, le taux a pourtant touché un nouveau pic de 2 semaines à quasiment 0,8650 £ mais il a très vite retracé ses gains pour revenir en fin de journée à hauteur du seuil de  0,86 £. Cela fait maintenant deux semaines que le taux évolue de manière latérale dans un couloir de prix extrêmement étroit de 0,8580 - 0,8650 £ (+/- 0,8%), ce qui sous-entend un certain attentisme des opérateurs de marché ou incapacité de leur part à trancher sur une nouvelle tendance. Les commentaires hier d'un membre de la Banque d'Angleterre (M. Saunders) suggérant l'idée d'un resserrement "modeste" des conditions monétaires lors des trois prochaines années si les projections de croissance établies par la banque centrale au mois de mai se matérialisent ont échaudé les acheteurs de livre sterling et momentanément éteint tout scénario de nouveau décrochage à court terme du taux EUR/GBP. Il y a très peu de publications économiques à suivre outre-Manche, aussi la livre sterling sera avant tout sensible au sentiment de marché général mais aussi à certains thèmes récurrents tels que l'évolution du variant indien sur le sol britannique et les tensions émanant de l'héritage du Brexit (pêche & frontière nord-irlandaise).

   
EUR/JPY - Moins de nervosité sur les marchés et un sourire retrouvé : victime d'une légère contraction la semaine dernière en raison de la nervosité qui imprégnait les marchés boursiers en raison de la chute combinée des prix des matières premières (-10% pour le minerai de fer & -6% pour le pétrole) et des crypto-devises (près de -30% pour le Bitcoin), le taux EUR/JPY s'est repris et remonte ce matin au niveau de 133 ¥ alors que les tensions sur les marchés dégonflent. Si les craintes autour de l'inflation n'ont pas disparu (loin de là) elles sont moins prépondérantes actuellement grâce à l'appui notamment d'un calendrier économique très allégé sur ce début de semaine mais aussi grâce aux sorties de plusieurs responsables monétaires minimisant les risques inflationnistes sur le long terme. De retour à hauteur de ses plus hauts de l'année (et depuis 3 ans), le taux EUR/JPY reste très fortement connecté au ratio équilibre/aversion au risque des opérateurs de marché. Et à cet égard, l'assurance d'un probable maintien pendant encore quelques mois d'un large soutien de la part des banques centrales et des gouvernements laisse augurer le maintien d'un rallye des marchés actions, et donc par effet corollaire une possible prolongation de l'ascension de la paire EUR/JPY en direction du seuil de 134,5 ¥ puis éventuellement de 136 ¥ (sommet dernièrement touché en janvier 2018).

   
EUR/HUF - Préparation du terrain pour une hausse de taux en juin ?: ce mardi après-midi la banque centrale hongroise (NBH) rendra le verdict de sa nouvelle réunion monétaire et devrait vraisemblablement pas annoncer d'ajustement de sa politique (consensus). Néanmoins, les banquiers centraux hongrois pourraient en profiter pour préparer le terrain à l'annonce d'une première hausse de taux en juin si jamais les pressions inflationnistes venaient à perdurer. En avril, l'inflation en Hongrie a bondi au-dessus de 5%, soit un niveau que l'on n'avait plus observé depuis 2012, et déclenché dans la foulée d'importantes spéculations autour d'un premier resserrement monétaire prématuré de la part de la banque centrale. Comme preuve de ces anticipations il suffit d'observer le rebond de la devise hongroise qui s'est revalorisée de près de +5% face à l'euro sur les cinq dernières semaines. Le taux EUR/HUF a ainsi chuté la semaine dernière à un creux de 9 mois sous le seuil de 350 HUF. Le taux reste encore très éloigné de ses niveaux d'avant crise (335-340 HUF en février/mars 2020) ce qui signale un potentiel baissier encore important, néanmoins pour qu'il se réalise encore faut-il que la NBH réponde aux attentes placées en elle et ne déçoive pas en faisant en rétropédalage concernant son agenda monétaire.

   
EUR/TRY - Erdogan continue de faire le ménage au sein de la banque centrale, la livre turque continue elle de chuter  : deux mois après le licenciement surprise du gouverneur central turc, un décret présidentiel annonce ce mardi matin le départ et remplacement du vice-gouverneur central Oguzhan Ozbas. L'interventionnisme répété du président Recep Tayyip Erdogan au niveau de l'instance monétaire la plus importante du pays jette un important discrédit sur son indépendance réelle, notamment dans ses prises de décision. Cela intervient à un moment mal venu où la banque centrale turque a grand besoin de reconquérir la confiance des marchés pour venir enrayer la chute de la livre turque et les pressions inflationnistes qui découlent directement de la dépréciation de la devise. Si ce nouvel épisode de chaise musicale au sein de la banque turque n'est pas sanctionné ce matin par les investisseurs, c'est à la faveur d'une nervosité générale en baisse et d'un nouveau repli du dollar après les commentaires hier de membres de la Fed, mais aussi parce que la devise turque est déjà sur des plus bas historiques à presque 10,30 TRY face à l'euro.


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