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mai 19, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'EUR/USD s'offre un pic de 4 mois avant les Minutes de la Fed / Les débats sur l'inflation se poursuivent

    

Tendance du jour : il risque une nouvelle fois aujourd'hui d'être beaucoup débat de l'inflation et des répercussions monétaires qui en découlent à l'occasion de la publication ce mercredi des indices de prix au Royaume-Uni, en Zone Euro, au Canada et en Afrique du Sud. Le dollar continue de broyer du noir tandis que l'euro affiche à l'inverse une santé éclatante. Les devises cycliques et sensibles aux matières premières accusent un coup de mou alors que l'on observe sur ce début de semaine des turbulences et un possible début de correction sur les prix de plusieurs matières premières (énergie, bois, métaux). Le pétrole accuse un repli de quasiment -2% depuis hier alors qu'on revoit surgir des rumeurs d'accord sur le nucléaire iranien.

   

EUR/USD - Pic de 4 mois en amont des Minutes de la Fed : Le taux EUR/USD a enchaîné mardi une 4ième séance consécutive de hausse (+0,6%), ce qu'on ne l'avait encore pas vu faire en 2021, et poursuit son ascension ce matin pour toucher un pic de 4 mois à plus de 1,2240 $. Le contexte inflationniste aux Etats-Unis mêlé à l'absence de traction au niveau des taux longs américain faute de spéculations sur une action prématurée de la Fed en matière de réduction de son soutien monétaire maintient les taux réels en territoire négatif. Une situation qui n'ait pas pour ravir les opérateurs de marché qui du coup préfèrent se tourner vers des devises plus rémunératrices, d'autant plus que la baisse de la nervosité sur les marchés financiers le favorise. L'euro jouit toujours d'une solide cote et bénéficie de l'effet "réouverture" des économies européennes dont on espère qu'elle favorise un solide redémarrage de l'activité au T2 après une contraction de -0,6% (estimation confirmée hier par l'agence de statistiques Eurostat) au T1. Jusqu'où peut aller l'EUR/USD ? Une possibilité de retour sur ses plus hauts de l'année situés à 1,2350 $ n'est pas inenvisageable néanmoins on peut questionner le potentiel haussier de la paire de change au regard des messages très accommodants délivrés hier par plusieurs responsables monétaires européens dont la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Il est essentiel, selon elle, que les mesures de soutien (monétaire et fiscal) ne soient pas retirées trop vite pour éviter le risque de rechute. Faut-il y voir un présage d'un nouveau statu quo de la banque en juin et le maintien d'un rythme soutenu de rachat d'actifs (actuellement 80 Mds€/mois) au moins jusqu'à septembre ? De possibles éléments de réponse nous seront livrés lors de la réunion du 10 juin prochain.  Toujours sur une pente ascendante ce matin, la paire de change sera sensible ce mercredi aux débats autour de l'inflation à l'occasion de la publication ce matin (11h00) des estimations finales des indices de prix à la consommation du mois d'avril en Zone Euro. La publication ce soir (20h00) des Minutes de la dernière réunion de la Fed organisée fin avril sera également un des moments clés de la journée. Les marchés seront à l'affut d'indices éventuels de la part de la banque centrale américaine concernant son futur agenda monétaire.

   

EUR/GBP - Peu de surprises de l'inflation, la livre perd (un peu de) son mojo : les regards étaient braqués ce matin sur la publication des nouveaux chiffres de l'inflation au Royaume-Uni. On dénote peu de surprises, les résultats étant relativement conformes aux attentes. Si la dynamique annuelle de l'indice principal de prix à la consommation enregistre une accélération un peu plus marquée que prévu en avril, celle-ci passant de 0,7% à 1,5% et non pas à 1,4% comme il l'était anticipé, on observe une progression bien plus modeste et en ligne avec le consensus de l'indice sous-jacent de 1,1% à 1,3%. En somme, il n'y a pas de raisons outre-mesure pour les banquiers centraux britanniques de s'inquiéter pour le moment d'une forte poussée des prix et du coup d'hâter les débats autour d'un cycle de normalisation monétaire. Les marchés n'ont pas de raisons de spéculer sur une action prématurée de la Banque d'Angleterre en matière de réduction monétaire d'où le repli de la livre sterling face à l'euro. Après avoir échoué hier à casser le support de 0,8585 £, le taux EUR/GBP a fait son retour mardi soir au-dessus du seuil de 0,86 £ et confortait sa position ce matin.

   

EUR/JPY - Un plafond vieux de 3 ans en passe d'être brisé ?  : à la faveur d'une poussée de l'euro au sein d'un environnement de marché plus détendu après une pause momentanée des débats autour de l'inflation, le taux EUR/JPY a franchi un cap majeur mardi, celui de 133 ¥. Pour remettre un peu dans le contexte, cette barrière n'avait plus été touchée depuis septembre 2018 et plus globalement le taux EUR/JPY a oscillé de manière permanente sous ce niveau depuis 3 ans (février 2018). Il va falloir confirmer si ce franchissement est le fruit d'une nouvelle vague haussière vouée à s'étendre ou un simple feu de paille. Certains opérateurs de marché pourraient en effet être tentés sur cette fin de semaine puis fin de mois de clôturer leurs positions et prendre leurs bénéfices au regard des hauts niveaux actuels. Si le franchissement de ce seuil se confirme, comme cela semble être la tendance ce matin, le prochain niveau clé à surveiller sera celui de 134,5 ¥ (ancienne résistance observée durant l'automne 2017).

   

EUR/CAD - Le coup de mou du pétrole affecte le loonie : le dollar canadien a cédé -0,6% face à l'euro mardi et clôturé la journée à un creux de 7 séances à presque 1,4750 C$. La devise canadienne n'a pas été complètement insensible au recul de -1% des cours du pétrole (Brent à moins de 69 $) sur fond de rumeurs de progrès dans les négociations en cours sur le nucléaire iranien. La possibilité d'une levée des sanctions américaines et d'une reprise des exportations pétrolières iraniennes suggèrent une offre plus importante en brut sur les marchés, d'où le glissement des prix auquel on assiste depuis hier (nouvelle contraction de près de -1% ce mercredi matin). Encore sous pression ce matin face à l'euro, le dollar canadien pourrait trouver un peu de réconfort cet après-midi dans les chiffres d'inflation au Canada (14h30). Une forte accélération des prix, comme il l'est espéré par le consensus (3,2% A/A vs. 2,2% en mars), pourrait raviver les débats autour d'une hausse de taux plus rapide que prévu de la part de la Banque du Canada, possiblement dès 2022.

   

EUR/ZAR - Des chiffres clés qui pourraient influer la décision monétaire de demain ? : ce mercredi l'Afrique du Sud publiera ses nouvelles statistiques en matière d'inflation et de ventes au détail, deux données qui interviennent à la veille d'une décision monétaire de la part de la banque centrale locale (SARB). Alors que le marché anticipe très largement un statu quo sur les taux directeurs (3,5%), une forte poussée des prix pourrait ouvrir un débat sur la possibilité (nécessité) d'amorcer rapidement un cycle de normalisation monétaire et d'envisager un rehaussement des taux d'intérêt. Un tel scénario pourrait donner un nouveau coup de "boost" à un rand qui, bien qu'à hauteur de ses plus hauts depuis un an, se casse les dents depuis plus d'un mois sur le seuil de 17,0 ZAR.

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