Actualités du marché des devises

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mai 05, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Janet Yellen fait vrombir le dollar /  Le pétrole tutoie ses plus hauts de l’année

   

Tendance du jour

L’effet positif sur le dollar provoqué à la fois par les propos de Janet Yellen sur les taux et les secousses sur les marchés actions américains se prolonge légèrement ce matin et l’on voit l’EUR/USD sur la défensive et désormais très proche du seuil de 1,20 $. Le taux EUR/JPY (131 ¥) est quant à lui à l’équilibre et surveille d’un œil attentif l’ouverture de la séance européenne. Le peu d’impact néanmoins que les propos de la secrétaire au Trésor a eu sur les rendements obligataires américains (taux 10 ans inférieur à 1,6%) limite actuellement le potentiel haussier du dollar.

Malgré la vive correction hier des valeurs technologiques américaines (-2%), l’humeur des opérateurs de marché est plutôt optimiste et les discussions ce matin tournent autour d’une reprise d’activité du secteur du voyage alors que l’on observe une élimination graduelle des restrictions sanitaires aux Etats-Unis, que le Royaume-Uni devrait très prochainement en mai rouvrir ses frontières et qu’au niveau européen les décideurs viennent de proposer sur ce début de semaine une série de mesures pour permettre aux touristes de revenir en Europe cet été.

Les prix du pétrole remontent ce matin à hauteur de ses plus hauts de l’année, et l’indice Brent tutoie à nouveau le seuil symbolique de 70 $. La hausse des prix de l’énergie stimule un certain nombre de devises sensibles aux matières premières comme le dollar canadien (1,4760 C$), le dollar australien (1,5550 A$) ou encore la couronne norvégienne (9,99 NOK).

Le dollar néo-zélandais progresse ce matin face à l’euro et s’échange à moins de 1,68 NZ$ après la publication d’un repli surprise du chômage en Nouvelle Zélande au T1 2021 (4,7% vs. consensus 4,9% et 4,9% au T4 2020).

Si les variations sont modestes, un grand nombre de devises émergents sont orientées à la hausse face à l’euro ce matin. Ces actifs profitent pleinement de la hausse des prix du pétrole combinée au manque de traction des taux souverains américains malgré les commentaires de Janet Yellen.

   

Tentative d’influence sur la Fed ? Janet Yellen a son idée sur la politique de taux américaine (USD, JPY)

Lors d’un entretien pré-enregistré donné à l’occasion d’un évènement virtuel organisé par le magazine américain The Atlantic, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a indiqué que selon elle les taux d’intérêt seront inévitablement amenés à être réhaussés pour éviter une surchauffe de l’économie. Ces propos ont été accueillis par les marchés comme une possible tentative d’influence de la part de l’ancienne présidente de la Fed (2014-2018), ce que cette dernière a totalement nié par la suite auprès du journal The Washington Post. Il ne s’agit ni d’une prédiction, ni d’une recommandation a précisé Yellen, laquelle précisant qu’elle était plus que quiconque attachée à l’indépendance de la réserve fédérale américaine. En matière d’inflation, la grande argentière américaine est alignée avec la position de la Fed selon laquelle les pressions haussières actuellement visibles sur les prix sont la conséquence de facteurs transitoires liés à la hausse des coûts des matières premières et aux turbulences temporaires sur les chaines d’approvisionnement mondiales.

Les taux souverains américains ont connu un très léger frisson mardi mais les effets n’ont pas duré, les rendements sur les bons du Trésor 10 ans clôturant même à un plus bas depuis une semaine sous le seuil de 1,60 %. Le taux 2 ans a connu sa première hausse en une semaine, lequel est passé mardi de 0,16% à 0,1620 %, mais reste éloigné de son pic annuel touché fin avril à 0,18%. Par ses commentaires, Janet Yellen a réveillé quelques craintes autour d’un scénario de possible remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis dans les prochains mois et trimestres, ce qui n’a pas été du goût des suiveurs des marchés actions américains qui ont saisi l’occasion hier de ces commentaires pour opérer quelques prises de bénéfices. Ainsi, l’indice principal S&P 500 a cédé -0,7% mardi tandis que l’indice de valeurs technologiques Nasdaq a reculé de près de -1,9% et ainsi enregistré sa pire séance depuis le 24 mars dernier. Ces turbulences et spéculations autour d’une possible remontée des taux aux Etats-Unis ont donné l’occasion au dollar d’effacer la totalité des pertes subies lundi face à l’euro (+0,4% mardi) et de revenir se repositionner au niveau de 1,20 $. Le yen (131 ¥) et le franc suisse (1,0970 ₣) ont profité des turbulences sur les marchés financiers américains pour se renforcer, les deux devises clôturant la séance avec un gain de +0,2% face à l’euro. Il s’agit d’une volatilité « de l’instant présent » liée à une annonce et/ou communication mais dont les effets se dissipent très vite. Il faudra néanmoins surveiller ce mercredi la réaction des marchés boursiers américains aux secousses de la veille. De nouveaux mouvements baissiers pourraient faire germer dans l’esprit des investisseurs l’idée d’un possible scénario correctif (plus ou moins fort) des actions après les records successifs enregistrés sur le début d’année. Si tel est le cas, la demande pour les actifs dits « refuges » comme le dollar ou le yen pourrait alors s’intensifer.

   

La livre sterling ragaillardi par la bonne santé de l’industrie (GBP)

La publication mardi des résultats finaux de l’enquête d’activité PMI dans le secteur manufacturier britannique a mis en avant une croissance finalement plus importante que prévu en avril et surtout à un plus haut depuis juillet 1994 ! L’indice final progresse de 2 pts par rapport à mars (60,9 vs. 58,9) et se révèle légèrement supérieur à l’estimation préliminaire publiée deux semaines auparavant (60,7). Si ce rebond est en partie le reflet d’une hausse des délais de livraison et des coûts de matériaux – ce qui vient donner du grain à moudre aux thèses inflationnistes du moment – on constate également une hausse des commandes à un plus haut depuis 2013 ainsi que de l’optimisme des acteurs du secteur dont deux tiers misent actuellement sur une accélération de la production à horizon un an.

Le résultat de cette enquête du secteur privé a été accueilli de manière positive par les investisseurs de marché britanniques, de retour hier sur les marchés après un weekend prolongé de trois jours. La livre sterling s’est offert une seconde séance consécutive de hausse face à l’euro (+0,3% mardi et +0,6% depuis le début de semaine) et s’éloigne de la barrière de 0,87 £ qui fait office de « plafond » au-dessus de la tête de la paire EUR/GBP depuis maintenant presque 3 mois. Celle-ci reste sur la défensive ce matin et repasse sous le seuil de 0,8650 £ à la veille d’un double évènement majeur au Royaume-Uni, à savoir la publication des conclusions de la réunion monétaire de la Banque d’Angleterre et le vote aux élections parlementaires en Ecosse et au Pays de Galles. Les marchés ne pensent pas que la banque centrale procèdera à un ajustement monétaire en mai néanmoins une possible révision à la hausse des perspectives économiques trimestrielles pourraient ouvrir un débat autour d’une stratégie de réduction du soutien monétaire (biais haussier sur la livre sterling). En ce qui concerne le scrutin en Ecosse, les opérateurs ne semblent pas pour le moment s’en préoccuper et n’estiment pas qu’ils pourraient en soi susciter d’importantes turbulences sachant que la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a récemment indiqué que l’organisation d’un nouveau référendum réclamant l’indépendance de l’Ecosse n’était pas la priorité du moment en raison de la situation pandémique. On suivra néanmoins attentivement le résultat final et les réactions de la classe politique britannique et écossaise à la nouvelle composition du Parlement écossais.

   

Le pétrole tutoie à nouveau ses plus hauts de l’année sur fond de reprise espérée du secteur du voyage (CAD, RUB)

L’indice Brent en Europe enregistre actuellement un rebond de plus de 3% sur le début de semaine et de plus de 10% depuis son dernier point bas touché il y a un peu plus de quatre semaines pour se retrouver ce matin aux portes du seuil de 70 $. Il s’agit d’un seuil symbolique qui n’a été touché qu’à deux reprises cette année (deux fois en mars) ... et depuis le mois de janvier 2020. Si les signaux de fortes reprises de l’activité économique mondiale soutiennent les spéculations de hausse de la demande en énergie, hier ce sont les annonces concernant une reprise du secteur du voyage, lequel est à l’arrêt depuis plus d’un an, qui a stimulé les prix de l’or noir. Selon Statista, qui reprend des informations du journal américain The New York Times et du site de réservation en ligne Kayak, au 3 mai 22 Etats américains avaient supprimé quasiment la totalité des restrictions sanitaires. Il s’agit d’Etats fédéraux principalement situés dans le Nord et l’Ouest du pays. Au sein de l’Union Européenne, les responsables européens travaillent d’arrache pieds pour trouver des solutions et permettre aux touristes étrangers de voyager en Europe cet été. Ce lundi, la Commission Européenne a proposé une série de mesures d’assouplissement des règles d’entrée sur les territoires européens pour les personnes entièrement vaccinées ou en provenance de pays peu impactés par la pandémie. Ces mesures seront soumises à un vote des décideurs des 27 membres de l’UE avant d’éventuellement entrer en vigueur.

Plusieurs devises sensibles au pétrole comme le dollar canadien et le rouble russe voient d’un bon œil la remontée des prix du brut. Ces deux devises ont gagné du terrain face à l’euro mardi, de respectivement +0,2% et +0,6%. Le taux EUR/CAD est repassé hier sous le seuil de 1,48 C$ et est désormais tout proche de ses plus bas de l’année et depuis un an touchés le mois dernier à 1,4720 C$. Le taux EUR/RUB a quant à lui clôturé hier pour la première fois sous le seuil de 90 RUB depuis un mois. Si la couronne norvégienne n’a pas progressé hier face à l’euro, elle se maintient néanmoins tout proche de ses plus hauts de l’année et continue d’osciller actuellement autour du seuil de 10,0 NOK.


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