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mai 04, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le dollar se reprend, statu quo de la RBA, dégringolade du peso colombien

   

Tendance du jour

La volatilité n’est pas au rendez-vous ce mardi, la séance asiatique offrant peu de mouvements marquants au niveau des devises. On observe toutefois ce matin un rebond du dollar américain (1,2040 $) qui tente de récupérer une partie des pertes subies la veille en marge de la publication d’un rapport indiquant un semblant de ralentissement de l’activité industrielle aux Etats-Unis mais aussi en écho aux propos du gouverneur central Jerome Powell pointant du doigt une reprise inégale aux Etats-Unis.

Alors que les attentes des opérateurs de marché se portent plutôt sur les évènements programmés en fin de semaine avec la réunion de la Banque d’Angleterre jeudi et les chiffres de l’emploi américain vendredi, le début de semaine s’avère sans très grande surprise plutôt calme et toujours dominé par l’actualité autour de la pandémie. La situation sanitaire reste toujours dégradée en Inde mais se détériore également dans d’autres régions d’Asie comme le Laos, la Thaïlande ou encore le Cambodge. Le yen reste stable ce matin (131,6 ¥) tandis que le franc recule légèrement et repasse au-dessus de la barrière symbolique de 1,10 ₣.

Ce matin, la banque centrale australienne (RBA) a surpris peu de monde en opérant un statu quo de sa politique monétaire comme semble le démontrer le peu de réactions du dollar australien (1,5550 A$) à ces annonces.

Sur les marchés émergents, on assiste ce matin à un rebond généralisé des devises sud-américaines et asiatiques face à l’euro, lesquelles retracent une partie des pertes subies la veille. Le peso colombien se reprend modestement après avoir flirté la veille avec ses plus bas historiques face à l’euro à plus de 4600 COP.

   

Une simple correction ? L’euro rebondit pour sa première en mai (EUR)

On avait quitté l’euro vendredi dernier en très mauvaise posture pour sa dernière session du mois d’avril, la devise européenne se rétractant significativement face à nombreux de ses pairs pour ce qui ressemblait à des prises de bénéfices de fin de période. Pour sa première séance en mai, la devise européenne a rebondi face à ses consœurs qualifiées de « refuge » telles que le dollar américain, le yen japonais et le franc suisse et s’est entre autres appuyé sur le rebond des marchés actions européens (+0,6% pour l’indice Stoxx 600) consécutif à la publication de ventes au détail en Allemagne bien au-dessus des attentes du consensus (+7,7% M/M vs 3,0%). En ce qui concerne le taux EUR/USD, il a grandement été aidé dans sa remontée par la déception causée auprès des acheteurs de dollar par les résultats de l’enquête d’activité ISM du secteur manufacturier américain au mois d’avril. Après avoir enregistré un pic depuis 1983 en mars, les économistes tablaient sur une performance au moins similaire de l’industrie en avril or le rebond s’est révélé finalement bien moins important que prévu et même en-dessous de la marque de février (60,7 vs. consensus 65,0 et 64,9 en mars et 60,8 en février). Une « contre-performance », ou plutôt une décélération de l’expansion pour être plus correct, qui rappelle au combien la dynamique de reprise ne doit pas être considérée comme acquise. Le gouverneur central américain, Jerome Powell, a d’ailleurs profité d’une sortie publique pour le rappeler et réitérer sa vision selon laquelle pour lui le rebond de l’économie américaine est pour le moment « inégal ». Et donc en filigrane, on peut lire que la Fed ne considère pas dans l’immédiat une révision de sa politique de soutien. Une idée d’ailleurs défendue hier par le président de la Fed de New York, selon qui l’amélioration des perspectives aux Etats-Unis ne suffit pour le moment pas à considérer un ajustement de politique monétaire. Ces propos n’ont pas laissé les opérateurs de marché insensibles et l’on a vu hier soir les taux longs, et dans son sillage le dollar, reculer.

Le taux EUR/USD s’est rapproché du seuil de 1,21 $, qui fait actuellement figure de seuil de résistance pour la paire de change, mais n’a pas été en mesure de le tester (pic à 1,2075 $ lundi, clôture à 1,2060 $ avec un gain de +0,4%). Le taux EUR/CHF a été aperçu au-dessus de 1,10 ₣ mais n’a néanmoins pas réussi à se maintenir au-dessus de ce niveau. Quant à la paire EUR/JPY, elle a connu un pic en début de séance européenne à plus de 132 ¥ avant de retracer légèrement au fil de la journée une large partie de ses gains et clôturer à 131,6 ¥.

Ce matin, on observe un rebond modeste du dollar (1,2040 $) en séance asiatique marquée par l’absence des opérateurs de marché japonais et chinois (congé) et les incertitudes toujours présentes concernant la propagation de la pandémie en Inde mais aussi en Asie du Sud-Est.

   

La RBA repousse sa première hausse de taux à 2024 (AUD)

Sans grande surprise, la Réserve Bancaire Australienne a opéré ce matin un statu quo de sa politique monétaire, cette dernière décidant de maintenir son taux directeur principal inchangé à 0,1% et conservé sa politique de plafonnement des taux souverains 3 ans au niveau du seuil de 0,1%. Bien que la banque australienne a révisé à la hausse en mai sa projection de croissance pour 2021 de 3,5% à 4,75%, elle ne mise pas pour autant sur une accélération de l’inflation qui ne devrait pas remonter à hauteur de 2% avant mi-2023. Il faut dire que le chômage, selon les estimations de la banque, devrait désormais reculer modestement et est attendu à 5,0% en fin d’année et 4,5% à horizon fin 2022 or pour la RBA une accélération des salaires (et donc de l’inflation) passe plutôt par un niveau de chômage se rapprochant des 4%. Dans ce contexte, la banque centrale est très claire et rappelle donc qu’elle n’envisage pas de rehausser ses taux d’intérêt avant que l’inflation ne revienne durablement dans un couloir de 2 à 3%. De ce fait, elle n’envisage pour le moment aucun ajustement avant au plus tôt 2024. Dans son communiqué, le président de la RBA Philip Lowe déclare même que la banque envisage d’accroître son programme de rachat d’actifs pour atteindre les objectifs de plein emploi et d’inflation.

Alors que certains auraient pu croire que la forte reprise en Australie ainsi que l’inflation des prix de l’immobilier offriraient des arguments à la RBA pour éventuellement considérer au moins une réflexion sur la pertinence de maintenir sa politique de soutien pendant encore une longue période de temps, or il n’en fut rien. Ainsi la banque australienne se range dans sa stratégie monétaire plutôt du côté de la Fed, où la carte de la prudence est jouée, que de celui de Banque du Canada qui a annoncé en avril une réduction de ses rachats d’actif. L’objectif pour les banquiers centraux australiens était aussi d’éviter un emballement sur la devise qui s’est déjà vivement appréciée depuis plusieurs mois grâce entre autres au fort rebond des prix des matières premières et un appétit au risque retrouvé chez des investisseurs très optimistes à l’égard d’un scénario de forte reprise de l’économie mondiale cette année.

Le dollar australien est quasiment à l’équilibre ce matin face à l’euro et ne paraît guère affecté par une annonce qui était très probablement déjà anticipée par les marchés. Le boom actuel des métaux de base et notamment du minerai de fer dont l’Australie est le premier exportateur mondial soutient toujours la valorisation de la devise australienne face à ses pairs comme l’euro ou le dollar. Le taux EUR/AUD s’échange ce matin à hauteur de 1,5550 A$ et reste au centre du couloir de prix 1,5350-1,5700 A$ (+/- 2,2%) dans lequel il oscille depuis maintenant près de 3 mois.

   

Publications statistiques

À suivre ce mardi la publication des estimations finales de l ’enquête d’activité PMI manufacturière du mois d’avril au Royaume-Uni (10h30), ainsi que les statistiques de la balance commerciale américaine et canadienne (14h30) et les commandes d’usine aux Etats-Unis (16h00).

Ce matin, la banque centrale australienne (RBA) a décidé de maintenir un statu quo de sa politique monétaire et conservé son taux directeur principal à 0,1%. En Australie, on observe ce matin un fort recul du surplus de la balance commerciale de presque 2 MdsA$ (5,6 Mds A$ Vs. 7,5 MdsA$ en février). Cela s’explique par une nouvelle contraction – la seconde consécutive – des exportations australiennes sur la période (-2% M/M).

Hier, le résultat final des enquêtes PMI du secteur manufacturier en Allemagne, France et Zone Euro s’est révélé être légèrement inférieure aux estimations préliminaires publiées deux semaines auparavant. Cela reste néanmoins la meilleure performance observée depuis 1997 et le début de l’historique de l’indice, aussi cela ne change pas la conclusion selon laquelle les économies européennes accélèrent.


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