Actualités du marché des devises

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avr. 15, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les vaccins et les taux dopent l euro / Rebond correctif des devises cycliques nourrit par le pétrole

   

Tendance du jour

La séance asiatique a été marquée par les nouveaux soubresauts des marchés actions chinois sur fond d’inquiétude autour des restrictions de la liquidité souhaitées par les autorités chinoises. Celles-ci ont récemment déclaré vouloir limiter la croissance des crédits jusqu’à la fin de l’année, ce qui ne manque pas d’alimenter les débats autour d’une normalisation monétaire graduelle en Chine.

Rien de nouveau sous le soleil sinon que l’euro reste au beau fixe face à ses principaux pairs comme le dollar, la livre sterling, le yen ou encore le franc. La proximité de la devise avec plusieurs niveaux clés comme celui de 1,20 $ pour l’EUR/USD, 0,87 £ pour l’EUR/GBP ou encore 130,5 ¥ pour l’EUR/JPY freinent actuellement les velléités d’ascension. L’annonce hier de livraison de 50Mln de doses supplémentaires au second trimestre de doses de vaccin de Pfizer/BioNTech auprès de l’Union Européenne et les propos du président de la Banque de France évoquant l’idée d’un possible arrêt du programme d’urgence de rachat d’actifs d’ici mars 2022 ont significativement fait remonter les taux souverains européens. Le taux 10 ans allemand et français remontent à un pic de 6 semaines, et l’euro voit sa cote de popularité renforcée.

On assiste depuis hier à un important rebond correctif des devises cycliques, lesquelles ont profité mercredi du rebond de près de 5% des cours du pétrole. Ce matin, le dollar australien réagit positivement aux chiffres de l’emploi en Australie et à la 5ième baisse consécutive du chômage qui retombe en mars à son plus bas niveau depuis 1 an (5,6%). Observé en début de semaine à un pic de 6 semaines à plus de 1,56 A$, le taux EUR/AUD retombe ce matin à 1,5450 A$.

Alors qu’on louait hier le rebond du rouble russe, celui retombe dans ses travers et chute lourdement de -1,5% face à l’euro pour revenir s’échanger à plus de 92 RUB. En cause, les révélations par plusieurs médias d’une annonce ce jeudi de sanctions contre la Russie de la part des Etats-Unis.

   

L’UE se tourne vers Pfizer/BioNTech pour accélérer les vaccinations, accord formel sur le certificat sanitaire (EUR, CHF)

En pleine polémique autour des vaccins AstraZeneca, lequel ne sera désormais plus utilisé au Danemark, et Johnson & Johnson dont le déploiement en Europe initialement prévu cette semaine est retardé, l’Union Européenne a décidé de se tourner vers le duo Pfizer/BioNTech pour accélérer la campagne de vaccination. En effet, on a appris hier de la bouche de la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, que Bruxelles allait recevoir 50 millions de doses supplémentaires au second trimestre de la part de Pfizer/BioNTech, soit presque autant que le volume de commandes programmé pour Johnson & Johnson sur cette période (55 Mln). Aussi, l’UE ne serait pas impactée si jamais les risques de santé autour du vaccin J&J étaient confirmées. La campagne de vaccination avec ce produit est depuis mardi en pause aux Etats-Unis après la détection de cas de thrombose chez 7 patients. Les autorités sanitaires américaines ont indiqué vouloir se donner encore au moins une semaine avant d ’émettre un avis définitif sur les éventuels liens de cause à effet entre le vaccin et ces anomalies sanguines. Von der Leyen a par ailleurs indiqué hier que l’UE était en négociation avec le duo américano-allemand pour obtenir 1,8 milliards de doses sur 2022 et 2023 pour lutter contre les variants du virus.

Après plusieurs écueils rencontrés en début d’année, l’UE entend rattraper son retard en matière de vaccination et vise désormais un ratio de vaccination de 70% de la population adulte d’ici la fin juin. L’objectif est clair, assurer la bonne conduite de la saison estivale, qui est une période charnière pour de nombreux pays du sud de l’Europe où le tourisme est un secteur clé. À cet égard, un nouveau pas en avant a été fait hier en faveur d’une reprise du tourisme qui est un des secteurs qui a le plus été endommagé par la pandémie. Bruxelles a annoncé mercredi qu’un accord formel avait été trouvé sur la mise en place d’un certificat sanitaire considéré par de nombreux observateurs comme la solution pour permettre une reprise des voyages et du tourisme. Désormais, ce sont aux députés européens de définir les modalités de ce document officiel qui répertoriera les informations personnelles en matière de vaccination, les résultats des tests PCR récents et/ou les ordonnances de guérison. Ce sera également à la discrétion de chaque pays de décider de la reconnaissance ou non de cet outil sur son territoire. La France et l’Allemagne se montraient jusqu’à présent plutôt réservées sur le sujet contrairement à des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce qui souhaitent sa mise en place rapide.

L’euro poursuit son très bon début de mois d’avril et profite d’un contexte de marché plutôt propice aux prises de risque et d’une atténuation des inquiétudes à l’égard de l’Europe où les nouvelles sur les vaccins laissent quelques motifs d’espoir sur une reprise forte et rapide. La devise européenne a enchaîné mercredi une 3ième séance consécutive de hausse face au dollar pour se rapprocher un peu plus du seuil psychologique de 1,20 $. Face au yen, la devise européenne continue d’osciller sur ses plus hauts de l’année (et depuis plus de 2 ans !) mais continue néanmoins à se heurter à la barrière de 130,5 ¥. À noter hier, le très fort rebond de la paire EUR/CHF de +0,5%, soit sa seconde plus forte performance journalière sur les 5 derniers mois. Le taux de change, que l’on avait vu la semaine dernière chuter sous le seuil de 1,10 ₣ pour la première fois depuis février dernier, est remonté hier à hauteur de 1,1050 ₣. Les propos du gouverneur de la Banque de France, Villeroy de Galhau, évoquant un possible arrêt du programme d’urgence de rachat d’actifs de la part de la BCE d’ici mars 2022 ont très grandement nourri les pressions haussières sur l’euro face au dollar et au franc suisse.

   

Le parfum de reprise dope les prix du pétrole (AUD, NZD, NOK)

Après l’OPEC mardi, c’est l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) qui a annoncé hier une révision à la hausse de ses projections de demande mondiale de pétrole pour cette année. Le fort redémarrage de l’industrie et la distribution massive de vaccins sont les deux principaux facteurs cités pour justifie ce réajustement. La baisse des stocks de pétrole aux Etats-Unis en écho à une forte hausse de la consommation d’énergie déclenchée par l’assouplissement des règles sanitaires dans le pays participe à l’optimisme général. L’AIE indique dans son rapport publié hier que dans d’autres régions que les Etats-Unis la consommation de pétrole revient progressivement sur ses niveaux d’avant crise. C’est le cas notamment au Japon mais aussi au Royaume-Uni où le taux d’utilisation des routes a été recensé lundi à 91% de ses niveaux pré-pandémie.

   

Le débat autour de l’inflation se poursuit aux Etats-Unis (USD)

Les conclusions de l’enquête menée par les 12 antennes régionales de la réserve fédérale américaine répertoriées dans un Livre Beige ont confirmé l’idée d’une reprise qui s’accélère aux Etats-Unis grâce aux vaccinations mais aussi apporté de nouveaux éléments sur le débat qui fait rage sur les marchés financiers, à savoir l’inflation.

En effet, le rapport révèle des pénuries de main d’œuvre dans certains secteurs comme celui de l’industrie et de la construction où la dynamique de reprise de l’activité est très soutenue. Certains districts révèlent ainsi un phénomène de hausse des salaires sur certains postes pour répondre à des besoins qui ne cessent de grossir. Autre source de tensions sur les prix, les turbulences observées sur les chaînes d’approvisionnement mondial et le phénomène de pénurie en découle. Une hausse des prix de certains matériaux s’observe lors que l’offre est insuffisante à répondre à la demande, ce qui implique une hausse des coûts de production que certaines entreprises prévoient de répercuter aux consommateurs.

Le Livre Beige de la Fed, qui servira de base aux discussions lors de la prochaine réunion monétaire programmée les 27 et 28 avril prochain, pourrait nourrir de nouveaux débats autour de l’orientation monétaire de la banque centrale américaine face à un retour présumé de l’inflation. Jusqu’à présent Jerome Powell a toujours laissé entendre que les pressions sur les prix ne seront que temporaires et qu’il est encore bien trop tôt pour aborder l’idée même que la Fed considère une possible réduction de son soutien monétaire. Tous les responsables monétaires ne l’entendent pas de cette oreille, à l’image du président de la Fed de Saint Louis James Bullard qui cette semaine a déclaré que le débat sur une réduction du soutien méritera d’être posé dès lors qu’une large partie de la population américaine sera vaccinée. C’est-à-dire possiblement d’ici l’été.

La journée de jeudi sera très riche en publication économique aux Etats-Unis où l’on suivra entre autres les chiffres de ventes au détail (14H30) et de production industrielle (15h15) au mois de mars, mais aussi les résultats de l’enquête d’activité de la Fed de Philly au mois d’avril et les dernières statistiques hebdomadaires aux allocations chômage (tous les deux à 14H30). Malgré l’accumulation d’éléments nouveaux venant enrichir la thèse d’une hausse des prix aux Etats-Unis – le fort rebond observé mardi de l’indice de prix à la consommation en mars à un pic depuis août 2018 en est un élément majeur – les taux souverains américains peinent à s’enflammer de nouveau... au grand déplaisir du dollar qui cède pour le moment près de -2% face à l’euro, le yen ou encore le dollar australien au mois d’avril.

   

Publications statistiques

Comme anticipé la production industrielle s’est contractée en Europe au mois de février (-1% M/M) et pâtit du durcissement des restrictions sanitaires dans la région mais aussi des tensions sur les chaines d’approvisionnement mondial.

On n’observe pas de changement ce matin dans les estimations finales d’inflation de mars en Allemagne (2%) et en France (1,4%) par rapport aux estimations préliminaires.

L’inflation générale en Suède a accéléré en mars pour atteindre un pic depuis décembre 2019 à 1,7% en dynamique annuelle. La couronne suédoise en a profité pour accentuer sa dynamique actuelle de revalorisation face à l’euro et clôturer à un pic de 2 mois à moins de 10,15 SEK.

L’Australie a recensé en mars deux fois plus de créations d’emploi que prévu (+70k vs. consensus +35k), ce qui a entraîné un repli plus important du chômage de 5,8% à 5,6% contre 5,7% anticipé par le marché. Le taux de chômage retombe à un plus bas depuis un an et se rapproche de ses niveaux d’avant crise (5,2%).

Toute l’attention sera portée ce jeudi sur les nombreuses statistiques publiées aux Etats-Unis dont les données de ventes au détail (14h30) et de production industrielle mais aussi sur les conclusions du rapport semestriel du Trésor américain sur les politiques de change.


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