Actualités du marché des devises

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avr. 14, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L’euphorie des marchés actions se répercute sur les changes / La baisse d’attractivité du dollar envoie l’EUR/USD vers 1,20 $

   

Tendance du jour

Au lendemain de nouveaux records de la part des bourses américaines, la séance asiatique s’est déroulée sans encombre et les principaux indices ont terminé dans le vert, à l’exception notable des marchés actions japonais. Le fort rebond de l’inflation observé hier aux Etats-Unis ou encore l’annonce d’une pause aux Etats-Unis de l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson n’ont pas perturbé l’euphorie ambiante qui règne sur les marchés financiers. La Maison Blanche a assuré que la campagne de vaccination ne serait pas impactée par cet épisode malencontreux, et pour le moment les investisseurs adhèrent à ce message.

Le manque de traction des taux souverains américains de long terme en ce moment aide grandement à ce que le calme règne. Le succès sur ce début de semaine des sessions d’émission de nouvelles dettes par le Trésor américain est venu contrebalancer les craintes du mois de février-mars à l’égard d’un possible effondrement des marchés obligataires sous couvert de retour de l’inflation. Au contraire, les investisseurs conservent un certain appétit pour la dette américaine et ses rendements attractifs fixes sachant qu’en parallèle de vifs débats s’observent sur l’éventualité d’une situation de bulle au niveau des marchés actions. Le désir de diversification assure pour le moment une stabilisation des rendements souverains américains, au grand dam du dollar.

La devise américaine poursuit sa glissade et l’EUR/USD revient ce matin taper à la porte de 1,20 $. Les taux EUR/CHF (1,10 ₣) et EUR/JPY (130 ¥) manquent de vigueur et pâtissent du maintien de doutes autour de la situation sanitaire en Europe. Le décalage de l’arrivée sur le marché européen du vaccin Johnson & Johnson pourrait possiblement avoir des répercussions sur les objectifs de vaccination si le retard venait à durer.

Les devises océaniennes (AUD & NZD) se reprennent vivement ce matin et profitent de la perte d’attractivité momentanée du dollar américain.

Le rouble russe (90,5 RUB) consolide ses gains de la veille et enregistre actuellement un rebond de près de 2% depuis mardi face à l’euro après la discussion téléphonique constructive entre Joe Biden et Vladimir Poutine.

   

L’inflation et le revers de Johnson & Johnson n’empêchent pas Wall Street de connaître un nouveau record (USD)

L’une des principales nouvelles de la journée de mardi a été l’annonce par les autorités sanitaires américaines d’un arrêt momentané de l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson après la découverte de caillots de sang anormaux chez 6 patients ayant reçu une dose de ce vaccin. Dans la foulée, l’entreprise américaine a annoncé qu’elle retardait la distribution de son vaccin en Europe alors qu’un lancement était initialement prévu cette semaine. Pour la Maison Blanche, ce « contretemps » ne devrait pas constituer un frein à la dynamique actuelle de vaccination mais il pourrait néanmoins causer un préjudice moral auprès des personnes les plus indécis à se faire vacciner. C’est le deuxième vaccin, après celui d’AstraZeneca, qui est la cible de doutes quant à ses effets secondaires et ses risques sur la santé. Il faudra attendre plusieurs jours et semaines pour observer les réelles répercussions de ces annonces. Venant nuancer quelque peu cette mauvaise nouvelle, l’entreprise pharmaceutique américaine Moderna a communiqué hier sur un taux d’efficacité de plus de 90% de son vaccin six mois après l’injection de la seconde dose.

L’autre évènement phare de la journée d’hier était la publication aux Etats-Unis des statistiques d’inflation, lesquelles sont ressorties au-dessus des attentes du consensus. Les prix à la consommation ont enregistré leur plus fort rebond depuis près de 9 ans (+0,6% M/M vs. consensus +0,5%) et la dynamique annuelle a bondi de 1,7% à 2,6% pour atteindre un pic depuis août 2018. Comme expliqué la veille, ce fort rebond des prix résulte en partie d’une distorsion temporaire (effet de base) lié au fort rebond des prix de l’énergie depuis un an, mais s’explique également en partie par un effet de rattrapage de la consommation causé par l’assouplissement des restrictions sanitaires aux Etats-Unis. Malgré cette flambée des prix dont les marchés débattent depuis maintenant plusieurs semaines et un rebond de l’indice d’inflation générale bien au-dessus de l’objectif de long terme de la FED fixé à 2%, les investisseurs ont accueilli la nouvelle d’un haussement d’épaule. Les taux souverains américains de long terme ont en effet, un peu à la surprise générale, enregistré un repli significatif : -5pbs pour le taux 10 ans à 1,62% (plus bas depuis 2 semaines en clôture) et –4pbs pour le taux 30 ans à 2,31% (plus bas depuis 4 semaines en clôture).

Poussés par le rebond des valeurs technologiques qui ont, elles, surfé sur le repli des taux longs américains, la bourse américaine a enregistré de nouveaux records historiques mardi. Un fort appétit au risque mêlé à une baisse des rendements obligataires américains ont favorisé un nouveau rebond de la paire EUR/USD qui a enchaîné une seconde séance consécutive de hausse (+0,3%) et terminé la journée à son plus haut depuis 4 semaines à quasiment 1,1950 $. On est ici témoin d’une dynamique de perte de vitesse du dollar plutôt que d’un renforcement de l’euro comme en témoigne l’inertie de la devise européenne face aux deux autres devises refuges que sont le yen (130 ¥) et le franc suisse (1,10 ₣). Le recul surprise du moral des investisseurs allemands pour la 1ière fois depuis novembre dernier (70,7 vs. 76,6) a très certainement pesé dans le manque de mobilité hier des paires EUR/JPY et EUR/CHF.

   

Départ surprise du chef économiste de la Banque d’Angleterre (GBP)

En début d’après-midi, la Banque d’Angleterre a annoncé la démission de son chef économiste Andy Haldane qui quitte son poste pour prendre la direction de la Royal Academy of Arts. La banque centrale britannique perd un de ses plus fidèles collaborateurs qui aura passé plus de 30 ans au sein de l’institution, mais aussi un des membres du comité directeur les plus optimiste en matière de reprise. Son départ rebat les cartes et dissipe les spéculations monétaires concernant un éventuel scénario qui verrait la banque centrale britannique remonter plus rapidement que prévu ses taux directeurs. La livre sterling a vivement réagi à l’annonce du départ d’Haldane et immédiatement retracé l’ensemble des gains de la séance face à l’euro. Contrairement à la semaine dernière le taux EUR/GBP a réussi à franchir le seuil de 0,87 £ - une première en 6 semaines – mais n’est pas parvenu à s’y installer.

   

Hausse du pétrole et réchauffement des relations Etats-Unis/Russie font bondir le rouble russe (RUB)

Un sommet Etats-Unis/Russie dans les prochains mois, c’est la proposition faite hier par Joe Biden à son homologue Vladimir Poutine lors de leur échange téléphonique. Par ce biais, la Maison Blanche espère faire dégonfler les tensions actuelles entre les deux pays. À l’origine de cette querelle, Washington reproche Moscou sa tentative d’influence et de déstabilisation lors des dernières élections présidentielles américaines de 2020, et inversement la Russie critique le soutien américain apporté à l’Ukraine, pays avec lequel les Russes sont en conflit depuis l’annexation de la région de Crimée en 2014.

Un réchauffement des relations peut-il éviter un conflit et de nouvelles lourdes sanctions américaines contre la Russie ? C’est la menace qui planait ces dernières semaines et qui est à l’origine de la violente glissade du rouble russe de plus de 6% face à l’euro en l’espace de 4 semaines depuis la mi-mars. Hier, le rouble a bondi de +1,5% et s’est écarté de ses plus bas de l’année et de la barrière de 92 RUB. Le taux EUR/RUB poursuit son repli ce matin et s’échange à hauteur de 90,5 RUB, bien aidé par le rebond depuis la veille des prix du pétrole (+2% depuis mardi pour l’indice Brent à 64,5 $). Les prix du baril remontent doucement, dopés hier par l’annonce par l’OPEP d’une révision à la hausse de ses projections de demande globale pour cette année.

   

Publications statistiques

Moment phare de la séance de mardi, les indices d’inflation aux Etats-Unis se sont révélés bien meilleurs que prévu. La dynamique annuelle de l’indice général a rebondi de +0,9% (plus forte progression en 11 ans) pour atteindre un pic depuis août 2018 à 2,6%. Le fort rebond des prix de l’énergie explique en partie cette forte progression en mars. La dynamique annuelle de l’indice sous-jacent excluant les produits aux prix les plus volatiles comme l’énergie et les produits alimentaires a progressé un peu plus que prévu pour remonter de 1,3% à 1,6%, soit tout juste son plus haut niveau depuis 3 mois. Les marchés n’ont pas voulu s’emballer face à ces chiffres, ces derniers ayant probablement anticipé ces effets de distorsion.

La banque centrale néo-zélandaise a décidé sans surprise de maintenir son taux directeur à un niveau inchangé de 0,25%, et préconisé au passage la nécessité de poursuivre une politique de soutien monétaire ample pendant une période prolongée de temps. Cela n’empêche pas le kiwi dollar (+0,4% ce matin à 1,69 NZ $) de progresser ce matin, lui dont l’attractivité s’est vue renforcée ces dernières heures grâce au repli des rendements souverains américains.

Premier de cordée et première surprise positive. Singapour est le premier pays à publier ce matin ses chiffres de croissance au 1er trimestre. Avec un rebond de +2% sur le trimestre et une dynamique annuelle de +0,2% contre -0,2% anticipé, l’économie singapourienne fait mieux que prévu. Cela enchante les marchés et alimente ce matin un sentiment d’appétit au risque qui favorise les devises cycliques comme le dollar australien (+0,4% à 1,56 A$).

À suivre ce mercredi les interventions en fin de journée de la présidente de la BCE Christine Lagarde (16h00) et de son homologue américaine Jerome Powell (18h00), ainsi qu’en début de soirée la publication du Livre Beige de la Fed (20h00) qui donnera davantage de détails sur la dynamique de reprise actuelle aux Etats-Unis. Parmi les principales statistiques économiques du jour, on aura un œil sur les chiffres de production industrielle en Zone Euro (11h00).


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