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mars 22, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L’euro a la tête basse face aux nouvelles restrictions en Europe / Nouvelle lourde chute de la livre turque

Tendance du jour

C’est la soupe à la grimace côté européen alors qu’il est désormais très clair aux yeux de tous que le printemps 2021 s’amorce sur fond de 3ème vague de contamination et des nouvelles restrictions qui, si elles perdurent, pourraient questionner une possible nouvelle contraction en Europe au second trimestre. Après la France et l’Italie, on attend sur ce début de semaine de nouvelles annonces en Allemagne où le dispositif de confinement partiel devrait, à défaut d’être allégé fin mars comme cela était initialement prévu par la chancellerie, être prolongé jusqu’en avril.

L’euro amorce la semaine sur la défensive face aux devises dites refuges comme le yen (129 ¥), le franc suisse (1,10 ₣) ou encore le dollar (1,19 $). Face à ce dernier, le dégonflement vendredi des pressions haussières sur les taux longs américains n’a pas eu de répercussions positives sur le taux EUR/USD qui reste sur la défensive.

Un très grand nombre de devises pétrolières affichent sont sur le reculoir ce matin comme le rouble russe, le peso mexicain ou encore la couronne norvégienne en écho à la publication ce weekend par le géant pétrolier saoudien Aramco d’une contraction de -44% de ses profits l’année dernière. Les tensions sanitaires en Europe participent également à annihiler une tentative de nouveau rebond des prix du brut après la forte chute survenue jeudi dernier. Pour le peso mexicain, les nouvelles tensions entre le Mexique et les Etats-Unis sur la question migratoire explique en partie la contre-performance de ce début de semaine.

En Turquie, on se réveille ce lundi avec une nouvelle forte chute de la livre turque de près de 10% en réaction au limogeage surprise vendredi du président de la banque centrale moins de 5 mois après sa nomination et environ 24 heures après une hausse de taux controversée.

Reconfinement en Europe, sommet européen et indices PMI au programme cette semaine (EUR, GBP)

Les principales décisions monétaires de mars étant désormais derrière nous, les marchés vont pouvoir à nouveau se concentrer sur les trois principaux thèmes qui agitent les débats et la volatilité sur le début d’année, à savoir la situation sanitaire, le rythme de reprise et l’inflation.

Au niveau sanitaire, le spectre d’une troisième vague de contamination se confirme en Europe et la hausse des pressions hospitalières poussent, à tour de rôle, les pays de l’Union Européenne à imposer de nouvelles restrictions. Après l’Italie et la France, l’Allemagne s’apprête à annonce de nouvelles mesures sanitaires. La chancelière allemande Angela Merkel, qui prévoyait d’alléger le dispositif de confinement partiel à la fin du mois de mars et de rouvrir les bars et restaurants au 4 avril, a dû dans l’urgence revoir ses plans. Selon un document préparatoire rédigé par plusieurs Etats régionaux et qui a filtré dans la presse, le gouvernement songerait désormais à prolonger les restrictions jusqu’en avril pour contrer « une dynamique exponentielle » des contaminations. Ce regain de vigueur de la pandémie en Europe remet la lumière sur la lenteur des programmes de vaccination faute à des retards de livraison, des soucis logistiques mais également un sentiment de défiance qui pourrait s’aggraver avec les suspicions autour du vaccin AstraZeneca et ses supposés effets à risque pour la santé (cas de thrombose détectés). Le cocktail nouvelles restrictions et incertitudes vaccinales pourraient se répercuter sur l’euro et le haut niveau d’intérêt que lui porte les investisseurs depuis des mois.

Parmi les évènements majeurs à suivre cette semaine, on aura un œil très attentif à la publication mercredi des premières enquêtes d’activité PMI du mois de mars aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Zone Euro. Si des divergences de dynamique de reprise s’observent entre les différentes régions alors cela pourrait donner lieu à des arbitrages de décision d’investissement. Les Etats-Unis apparaissent actuellement en meilleure santé que l’Europe sur ce début d’année, aussi si cette tendance se confirme à travers ces publications il ne serait pas surprenant d’assister à une nouvelle tentative de repli de la paire EUR/USD qui menace ce lundi matin de chuter sous le seuil de 1,19 $.

L’autre moment clé de la semaine sera la réunion trimestrielle des 27 dirigeants de l’Union Européenne lors d’un Conseil de l’Union Européenne organisé ce jeudi et vendredi. Pandémie, politique vaccinale, plan de relance mais aussi tensions récentes avec le Royaume-Uni sur l’application du traité du Brexit devraient être à l’ordre du jour. La paire EUR/GBP (0,86 £) a peu réagi la semaine dernière à l’annonce du lancement par Bruxelles d’une double procédure contre Londres pour violation des accords de sortie en réaction à la décision unilatérale du gouvernement britannique de repousser à octobre l’introduction de contrôle douaniers censés entrer en vigueur début avril en Irlande du Nord. Alors que l’on voit les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE très vivement impacté depuis le Brexit (recul des exportations britanniques vers l’UE de -59% sur un an en janvier 2021, source Eurostat), le retour dans la lumière de nouvelles tensions géopolitiques pourrait occasionner quelques remous pour la livre sterling dans le futur (plus ou moins proche).

À suivre également cette semaine les différentes sorties de membres de la Fed qui reviendront sur la dernière réunion monétaire de la banque centrale américaine la semaine dernière et sa position actuelle de ne pas intervenir face aux spéculations d’inflation qui impactent les marchés obligataires. Il y aura également des réunions monétaires au programme cette semaine en Hongrie (mardi), en République Tchèque (mercredi), en Suisse et en Afrique du Sud (jeudi).

Douche froide pour la livre turque après le limogeage surprise du gouverneur central (TRY)

Un peu plus de vingt-quatre heures après une hausse de taux controversée en Turquie ; aussi bien par sa magnitude (+200 pbs à 18% vs. consensus +100 pbs) que par le timing jugé peu opportun par plusieurs commentateurs proche du pouvoir ; le président de la banque centrale Naci Ağbala été démis de ses fonctions par décret président, a-t-on appris vendredi soir par communiqué officiel. Il aura finalement passé à peine 5 mois à la tête de l’institution monétaire, soit assez de temps pour s’attirer les foudres du président Recep T. Erdoğan dont on connait le peu d’appétence (un euphémisme) pour les politiques de durcissement monétaire malgré l’inflation galopante qui sévit en Turquie (15,6% en février). Si en novembre dernier, le précédent changement de direction à la présidence de la banque centrale avait été plutôt bien accueilli par les marchés comme en témoigne l’appréciation de plus de 10% de la livre turque face à l’euro qui en avait suivi, cette fois c’est tout le contraire qui se passe. La livre cède près de -10% ce matin et chute à un creux de 3 mois à hauteur de 9,30 TRY, les investisseurs étant échaudés par cette nouvelle démonstration du manque d’indépendance dont dispose la banque centrale en matière de politique monétaire. Il est difficile d’imaginer maintenant le successeur d’Ağbala militer pour autre chose qu’une baisse des taux d’intérêt à court et moyen terme en dépit de la problématique d’inflation sachant que tout autre action pourrait lui valoir son poste. Justement le fraichement nommé à la présidence de la banque, Şahap Kavcıoğlu, s’était montré très critique jeudi dernier sur le choix de rehausser les taux d’intérêt. Cela nous permet de légitimement penser que le cycle de durcissement monétaire entamé en fin d’année dernière qui aura entraîné une augmentation des taux de presque 8% en moins de 5 moins est bel et bien fini.

Une décision de la Fed fait dégonfler les taux longs (ZAR, BRL)

La banque centrale américaine a pris une décision qui a pris un peu de court les marchés vendredi, mais qui a néanmoins eu le mérite de tuer dans l’œuf le regain de volatilité observé jeudi sur les marchés obligataires et actions (chute de l’indice Nasdaq de -4%). La Fed a en effet annoncé qu’elle ne prolongerait pas au-delà du 31 mars la suspension temporaire de la règle dit de « ratio de leviers supplémentaires » qui oblige les banques d’avoir suffisamment de capitaux propres en réserve pour se prémunir contre des risques systémiques et/ou des épisodes de forte volatilité. Le retour de cette règle pourrait forcer les banques à réduire leur allocation actuelle de bons du Trésor pour accroître leurs réserves, d’où le dégonflement significatif des taux souverains de long terme américains vendredi et le rebond des actifs dits « risqués » comme les actions ou le pétrole (+2% pour l’indice Brent) après leur déconfiture de jeudi. Cela a eu le mérite de temporairement calmer les pressions baissières s’exerçant sur les deux paires de changes EUR/CHF (1,1050 ₣) et EUR/JPY (129,5 ¥), mais également de soutenir un rebond général des devises émergentes face à l’euro. Le réal brésilien (+1,3% à 6,54 BRL), le peso chilien (+1,1% à 848,5 CLP), mais aussi le rand sud-africain (pic d’un an touché face à l’euro à moins de 17,50 ZAR) et la roupie indienne (+0,5% à 86,2 INR) sont celles qui ont le plus bénéficié de retour momentané au calme.

Publications statistiques

La banque centrale russe a procédé à une hausse de taux surprise de 25pbs à 4,50% - premier resserrement monétaire depuis 2018 – sous couvert de lutter contre la hausse des anticipations d’inflation.

Si les ventes au détail se sont bien contractées en janvier au Canada, le repli s’est révélé près de trois fois moins important que prévu (-1,1% M/M vs. consensus -3,0%). Un résultat qui a laissé muet le dollar canadien qui semble plafonner au niveau de 1,48-1,49 C$ face à l’euro (pic d’un an).


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