Actualités du marché des devises

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mars 19, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Retour de la volatilité sur les marchés financiers / La pandémie menace la saison estivale en Europe et effraie l’euro

Tendance du jour

Le retour de la nervosité hier sur les marchés obligataires et actions américains se répercute ce matin sur les marchés asiatiques et européens. Le premier rebond en deux semaines de l’indice de volatilité VIX ou encore le repli de -7% des prix du pétrole jeudi ne laissent personne indifférent. Au cœur des inquiétudes des marchés, toujours les mêmes thèmes, à savoir la peur d’une forte remontée de l’inflation mais aussi la 3ième vague de contamination observée en Europe qui oblige les pays à durcir à nouveau les restrictions et qui vient d’ores et déjà menacer la saison estivale.

Après un court répit, le taux EUR/USD est retombé au niveau de 1,19 $ mais s’accroche pour ne pas glisser davantage. Le taux EUR/JPY est en repli depuis hier et est retombé sous le seuil de 130 ¥. Le retour de la volatilité sur les marchés financiers mais aussi les annonces ce matin de la Banque du Japon d’élargir le couloir de fluctuation du taux souverain 10 ans favorisent une revalorisation du yen.

Les principaux mouvements observés ce matin sur les marchés des changes s’observent principalement sur les devises émergentes. Ainsi, on assiste à un rebond continu de la livre turque au lendemain de l’annonce d’une hausse de taux plus importante que prévu de la banque centrale de 200 pbs. Après un rebond de 3% la veille, la devise turque remonte à un pic de 3 semaines sous le seuil de 8,70 TRY. Le peso mexicain se reprend (+0,6% à 24,3 MXN) en marge de l’annonce la veille d’un accord entre le Mexique et les Etats-Unis sur l’envoi de vaccins chez le premier cité. Alors que l’on observait hier un repli des devises d’Europe de l’Est comme le zloty (4,62 PLN) et le forint (368 HUF) sur des niveaux historiquement bas, elles tentent de se reprendre modestement ce matin.

Les peurs d’inflation secouent à nouveau les marchés (USD, JPY, NOK)

Les effets rassurants mercredi soir de la Fed sur les marchés obligataires en réaction à ses déclarations d’intention de maintenir sa politique de soutien monétaire pendant une période prolongée de temps n’auront pas durer bien longtemps. Ce jeudi, les investisseurs n’avaient que le mot d’inflation à la bouche, provoquant au passage de nombreux remous sur un grand nombre d’actifs. À tête reposée, ils ont vu dans la réunion monétaire de mars plusieurs signaux venant accréditer la thèse d’une probable forte remontée des prix cette année, le plus marquant étant la réévaluation à la hausse par la Fed de sa projection d’inflation pour cette année de 1,9% à 2,4%. Par ailleurs, à l’inverse de la BCE, Jerome Powell n’a démontré aucune inquiétude, ni volonté à vouloir intervenir sur les marchés pour contenir la vive hausse des rendements obligataires de long terme, dont on sait qu’ils ont une influence sur les taux immobiliers et de crédit.

Ainsi, après une courte pause mercredi soir, les taux longs américains ont repris leur ascension hier, et cela de manière très significative. Ainsi, le taux 10 ans américain a bondi à un pic de presque 14 mois à plus de 1,70% et le taux 30 ans à un pic de 19 mois à plus de 2,5%. Très sensible à la hausse des coûts de financement de long terme, l’indice de valeurs technologiques américaines, le Nasdaq, a dégringolé de -3% hier tandis que l’indice principale, le S&P 500, a cédé -1,5% au lendemain de son nouveau record historique à presque 4000 pts. En baisse depuis la fin de la semaine dernière, les prix du pétrole en Europe ont lourdement chuté jeudi de presque -7% et cèdent encore -1% ce matin pour retomber à un creux de plus de 2 semaines sous le seuil de 63 $. Aux pressions inflationnistes et ses répercussions sur les marchés actions, on peut également ajouter les tensions sanitaires en Europe où une 3ième vague de contamination s’observe, ainsi que la hausse des stocks américains comme facteurs à l’origine de cette dégringolade des prix.

Sur les marchés des devises, le retour de la volatilité – 1ière hausse hier de l’indice VIX aux Etats-Unis en 10 séances – a fait les affaires du dollar et du yen. Les deux devises ont progressé hier de +0,5% face à l’euro, le taux EUR/USD redescendant au niveau de 1,19 $ et le taux EUR/JPY glissant sous le seuil de 130 ¥. La chute des cours du pétrole n’a pas laissé la couronne norvégienne insensible, celle-ci cédant -0,5% face à l’euro et clôturant hier à un creux depuis 8 séances au-dessus du seuil de 10,1 NOK. Assez étonnement, le dollar canadien (1,49 C$) et le rouble russe (88,5 RUB) ont bien tenu alors qu’on aurait pu penser que les deux devises de pays exportateurs de pétrole auraient pu être impactées par la chute des cours du brut. On notera hier, la bonne dynamique des devises émergentes qui ont dans leur grande majorité vivement progressé jeudi face à l’euro en écho aux déclarations de la Fed confirmant ne pas être pressée pour relever ses taux.

Les régulateurs européens tentent de rassurer sur les vaccins, une troisième vague en Europe met en danger la saison estivale (CHF, PLN, HUF)

Les régulateurs britanniques et européens ont tenté hier d’éteindre la polémique récente autour du vaccin AstraZeneca et de ses liens présumés avec des cas de caillots sanguins chez des personnes ayant reçu une dose. Les deux organismes ont indiqué que le médicament produit par l’entreprise britanno-suédoise était « sûr et efficace » et ne présente pas de risques surélevés de cas de thrombose. En écho à ses déclarations, plusieurs pays européens dont l’Allemagne et la France s’apprêtent à redémarrer ce vendredi les campagnes de vaccination avec ce produit après avoir opéré une pause momentanée par principe de précaution depuis lundi. Il reste à savoir si cet épisode ne laissera pas des traces dans l’opinion et ne viendra pas nourrir un nouveau sentiment de défiance à l’égard des vaccins parmi les populations.

Dans le même temps, comme on s’y préparait depuis plusieurs jours la France a décidé de reconfiner une nouvelle région, l’Ile de France, véritable cœur économique du pays qui représente 30% du PIB national. Il ne s’agit pas d’un confinement strict comme au printemps 2020 mais davantage similaire à celui mis en place en novembre dernier, l’objectif étant de maintenir l’économie la plus ouverte possible pour limiter les impacts. Les commerces dits non-essentiels sont à nouveau les principales victimes de ces nouvelles restrictions et seront fermés pendant une période d’au moins quatre semaines. Ce matin, Bercy évalue à 0,2% de points de PIB annuel le coût de ces nouvelles restrictions. Un impact à minima qui a pour objectif de préserver les espoirs de reprise dans l’hexagone qui aux yeux de nombreux économistes est attendue parmi les plus importantes au sein de l’Union Européenne cette année (estimations entre 5 et 6% de croissance).

La nouvelle vague de contamination qui se matérialise en Europe couplée aux nombreux retards accumulés en matière de vaccination vient obscurcir quelque peu l’horizon. Au cœur des débats actuels, la saison estivale qui semble d’ores et déjà en danger, ce qui engendrerait un manque à gagner énorme pour de nombreuses nations du sud qui ont basé leur scénario de reprise sur le retour en masse des touristes internationaux cet été. Dans une note de recherche, la banque américaine, Morgan Stanley, prévient que le coronavirus pourrait mettre en péril une seconde saison estivale, et ainsi porter un important préjudice à des pays comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce ou encore le Portugal où la part du tourisme est supérieur à la moyenne européenne.Dans un tel scénario, la banque juge inévitable de nouvelle mesures d’assouplissement monétaire de la part de la BCE. L’argument de l’accroissement des divergences économiques et monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro comme argument de la baisse de vigueur de l’euro serait alors renforcé, et il ne serait pas surprenant de voir la devise européenne piquer à nouveau du nez.

Pour l’heure, la paire EUR/USD reste sur la défensive mais s’accroche tant bien que mal à la barrière de 1,19 $ qui fait office de support. La paire EUR/CHF se montre étonnement très stable depuis hier et oscille entre les niveaux de 1,10 ₣ et 1,11 ₣, cela malgré le retour de secousses sur les marchés financiers. Les investisseurs ayant probablement été quelque peu rassurés par les déclarations des régulateurs de santé qui vont permettre de relance très vite la campagne de vaccination de doses d’AstraZeneca. Si le franc suisse paraît peu heurté par le reconfinement progressif de l’Europe, ce n’est pas le cas des devises d’Europe de l’Est dont le modèle économique tourné vers l’export est très dépendant de la demande des pays d’Europe occidentale, dont l’Allemagne. Ainsi, on a observé hier un important mouvement de repli des devises telles que le zloty polonais (-0,5% à 4,6150 PLN) ou du forint hongrois (-0,6% à 368 HUF) face à l’euro. Dans la continuité du rebond déclenché mercredi par l’annonce de nouvelles restrictions en Pologne, le taux EUR/PLN tutoie actuellement ses plus hauts de l’année. Le taux EUR/HUF flirte quant à lui à nouveau tout près de sommets historiques.

La réunion hier de la Banque d’Angleterre a livré peu de surprises, cette dernière maintenant comme on s’y attendait son taux directeur à un niveau inchangé de 0,1% et n’a pas non plus modifié son programme de rachat d’actifs de 895 Mds£ malgré les pressions actuellement visibles sur les marchés obligataires. Marchant dans les pas de la Fed mercredi, la banque centrale britannique a battu en brèche les débats autour d’une possible forte flambée des prix en marge de cette reprise, cette dernière considérant que les anticipations d’inflation sont actuellement bien ancrées. Si elle s’attend à une remontée de l’inflation vers l’objectif de 2% au printemps, elle ne voit néanmoins pas les effets perdurer sur le long terme, et pour cause les effets de base relatifs à la forte chute des prix de l’énergie au printemps dernier devraient s’estomper au fil du temps.

Peu inquiète d’un éventuel retour du spectre de l’inflation, la Banque d’Angleterre reste pour l’heure en position d’attente et surveille les progrès réalisés par l’économie britannique dans un contexte de réouverture progressif du pays entre mars et juin. La banque juge néanmoins les perspectives toujours très incertaines au regard de la recrudescence de la pandémie et du développement de nouveaux variant chez ses voisins européens. D’où le statu quo décidé à l’unanimité par les décideurs monétaires jeudi. Il faudra attendre la prochaine réunion monétaire en mai durant laquelle la banque centrale publiera ses nouvelles projections économiques pour avoir quelques indices sur l’orientation monétaire que souhaite mener la banque dans les prochains mois et trimestres. Si on ne parle clairement plus de taux négatifs outre-Manche, il persiste quelques zones d’ombres qui invitent à la prudence. La première est l’annonce par le gouvernement d’un ralentissement des livraisons de vaccin au mois d’avril et la seconde est l’impact du Brexit sur l’économie britannique. Les premières statistiques que l’on a ne sont pas fameuses, c’est le moins que l’on puisse dire. Hier, la Commission Européenne a publié ses statistiques commerciales du mois de janvier et indique une contraction sur un an de -27% des exportations de l’UE vers le Royaume-Uni sur le premier mois de l’année et de -59% des importations européennes depuis Londres sur cette même période.

Ce ne sont que de premiers chiffres mais ils sont éloquents et mettent en lumière le coût significatif à court terme du Brexit pour les britanniques. Ni la réunion monétaire de la BOE, ni les statistiques commerciales européennes n’ont eu de véritables impacts sur la livre sterling qui reste stable depuis deux semaines sur ses plus hauts niveaux depuis un an face à l’euro dans un rayon étroit de 0,8530-0,8600 £.

La surprise nous est venue hier de Turquie où la banque centrale a décidé après une pause de quelques mois de reprendre son combat contre l’inflation et d d’opérer une hausse deux fois plus importante que prévu de son taux directeur de 17% à 19% alors que le consensus misait sur un rehaussement de « seulement » 100 pbs. Sous l’effet de cette annonce, la livre turque a bondi de 3% hier face à l’euro et oscille ce matin à un pic de 3 semaines sous le seuil de 8,70 TRY.

Publications statistiques

Chiffres en demi-teinte hier aux Etats-Unis qui confirment que l’économie américaine tourne bien mais qui garde les tensions sur le marché du travail comme principal talon d’Achille. Alors que l’indice d’activité de la Fed de Philadelphie a enregistré en février un rebond surprise de presque 30 points pour atteindre un sommet que l’on n’avait plus vu depuis 50 ans, dans le même temps on a eu la mauvaise surprise d’assister à une hausse inattendue des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage à un pic d’un mois (+770k).

En Norvège, en Indonésie et à Taiwan, les banques centrales ont décidé d’opérer un statu quo de leur politique monétaire et ainsi maintenu leur taux directeur à un niveau inchangé.

Ce matin, la Banque du Japon a également maintenu son taux directeur inchangé ce matin à - 0,1% mais néanmoins procédé à certains ajustements de sa politique monétaire pour répondre au changement d’environnement des marchés financiers. Ainsi, la banque a décidé de légèrement écarter la bande de fluctuation (+/- 25pbs autour de 0% vs. +/- 20 pbs auparavant) à laquelle elle autorise le taux souverain 10 ans de fluctuer. Néanmoins, celle-ci garde la porte ouverte à procéder à de nouveaux assouplissements dans le futur si les conditions le nécessitent. Le maintien de pressions déflationnistes au Japon – publication ce matin d’une contraction de - 0,4% de l’inflation générale et sous-jacente en février en ligne avec le consensus - oblige la banque centrale japonaise à conserver une approche accommodante. Le yen poursuit son rebond face à l’euro ce matin et dirige vers le seuil de 129 ¥.

On observe une contraction surprise ce matin des ventes au détail en Australie au mois de février de -1,1% alors que le consensus misait sur un rebond de +0,4%. Un résultat qui, au lendemain de très bons chiffres de l’emploi en Australien, a peu d’impacts sur la devise australienne qui reste à hauteur de ses plus hauts de l’année face à l’euro (1,5350 A$).

À suivre ce vendredi, la décision monétaire en Russie (11h30), les statistiques de ventes au détail au Canada (13h30) et les conclusions de l’OMS sur le vaccin AstraZeneca.


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