Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 08, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L’EUR/USD sur une pente glissante à un creux de 3 mois

  • Le Sénat américain vote le plan de relance, l’EUR/USD continue de chuter : le Sénat donne son feu vert pour le plan de relance de 1900 Mds$, et il n'est plus qu'une question de jour avant qu'il soit encore officialisé. Le soutien massif du gouvernement donne du grain à moudre aux spéculations inflationnistes actuelles et dope la remontée actuelle des rendements souverains aux Etats-Unis. La paire EUR/USD pâtit de l'écartement des spreads de taux et accentue sa chute pour tomber ce matin à un creux de 3 mois sous le seuil de 1,19 $.
  • Quelles actions des banques centrales face à la hausse des coûts de financement ? : les regards se tourneront cette semaine sur les commentaires des banquiers centraux canadiens (mercredi) et européens (jeudi) en marge des nouvelles réunions monétaires de mars. La BCE dévoilera quant à elle ses nouvelles projections économiques.
  • Une recrudescence de tensions géopolitiques qui n'impacte pas les changes (pour le moment) : tensions avec la Russie dans l'affaire Navalny, dossier hongkongais brûlant avec la Chine et nouvelle discorde sur le Brexit, l'agenda politique européen est chargé. La semaine sera conclue par deux élections régionales en Allemagne qui feront office de baromètre en amont des élections fédérales de septembre prochain.

L EUR/USD sur une pente glissante à un creux de 3 mois Tendance du jour

Ce lundi, les marchés chinois continuent de faire grise mine et accumulent les pertes sur fond de maintien des inquiétudes parmi les investisseurs d’un possible durcissement des conditions de crédit en Chine. La bourse de Shanghai a cédé plus de -2% ce matin, ce qui porte ses pertes totales à plus de -7% en l’espace d’un peu plus de 2 semaines, cela malgré les bons résultats commerciaux affichés par la Chine sur la période de janvier-février notamment caractérisé par un rebond des exportations de 60% sur un an et un surplus commercial record de plus de 100 Mds$. Les marchés européens préfèrent louer la bonne santé de l’économie chinoise plutôt que la nervosité des marchés financiers locaux et ouvrent à la hausse ce matin. Le vote du Sénat américain ce weekend en faveur du plan de relance de 1900 Mds$ proposé par le président Joe Biden participe également grandement à cet élan de confiance. Quand bien même si ce résultat fait la part belle aux spéculations en cours autour d’une forte remontée de l’inflation en marge de la reprise. On surveillera avec beaucoup d’attention la direction de la bourse américaine à l’ouverture cette après-midi et leur réaction à une nouvelle hausse ce matin des cours du pétrole (Brent vu à 70 $ pour la 1ière fois depuis janvier 2020) et à la hausse des taux souverains 10 ans américains à un nouveau pic d’un an à plis de 1,60%

Ce matin, l’EUR/USD enchaine une 4ème séance consécutive de baisse (baisse cumulée de - 1,8%) et chute à un creux de 3 mois sous le seuil de 1,19 $. Les divergences monétaires mais aussi vaccinales entre les Etats-Unis et la Zone Euro pèsent sur la paire de change.

À surveiller également, la paire EUR/JPY qui commence à montrer des signes de ralentissement ce matin. La paire cède -0,20% et pourrait se trouver plus fortement impactée encore si l’aversion au risque des marchés se réveille cette semaine. Les devises cycliques montrent également des signes de faiblesse depuis deux semaines. La couronne suédoise tout particulièrement cède 0,20% ce matin et flirte avec le niveau des 10,20 SEK ou son plus haut niveau depuis 3 mois. Le taux EUR/AUD oscille sans tendance depuis maintenant une semaine au niveau de 1,55 A$ et a vu sa glissade stoppée nette.

Les devises pétrolières bénéficient d’un appui majeur relatif à la hausse significative des cours du brut en réaction à la décision des membres de l’OPEP la semaine dernière de maintenir la plupart de leur quota de production inchangée. Les attaques relatées ce matin dans la presse sur des installations pétrolières saoudiennes participent également à soutenir les prix. Le taux EUR/CAD retombe à un creux d’un an ce matin sous le seuil de 1,51 C$, tout comme le taux EUR/NOK qui teste une nouvelle fois ce matin le support de 10,20 NOK.

On relèvera toutefois la résilience des devises émergentes depuis la semaine dernière. Les devises d’Amérique latine progressent globalement d’un peu plus de 0,30% ce matin face à l’euro, à l’exception près du peso mexicain qui affiche un recul de plus de 1% face à l’euro ce matin et retombe à son plus bas niveau depuis septembre 2020 à près de 25,65 MXN. Des tensions supplémentaires sur les marchés et les rendements obligataires à long terme aux Etats-Unis et en Europe pourraient cependant mettre en difficulté ces devises dans les jours et semaines à venir.

Le plan de relance américain finalement adopté, l’EUR/USD continue de chuter

Le Sénat américain a approuvé samedi dernier le plan de relance de 1900 Mds$ de l’administration Biden. Si l’ensemble des sénateurs démocrates ont voté en faveur de ce plan (50), la totalité des sénateurs républicains présents ce jour-là s’y sont opposés (49). Le projet démocrate devra désormais repasser par la chambre des représentants à majorité démocrate pour un dernier vote avant de pouvoir être ratifié par le président américain. Après un premier plan de plus de 2000 Mds$ en mai dernier et un second de 900 Mds$ en décembre, les Etats-Unis s’apprêtent à procéder à un nouveau stimulus de grande ampleur destiné à accompagner la reprise dont le revers de la médaille pourrait être le retour de l’inflation.

Le marché du travail reste pour l’heure le principal talon d’Achille de l’économie américaine avec à ce jour encore 4,3 millions d’américains recensés dans les registres en situation de chômage long et un peu moins de 18 millions de citoyens qui reçoivent des aides à l’emploi via un des mécanismes de soutien mis en place par le gouvernement. Des progrès semblent néanmoins s’opérer si l’on en croit le dernier rapport officiel publié vendredi dernier outre-Atlantique. Les créations totales d’emplois non-agricoles sur le mois de février ont été deux fois plus importantes que ne l’anticipait le consensus (+379k Vs. consensus +182k), et les estimations de janvier ont été significativement revues à la hausse (+117k à 166k). Il s’agit tout simplement de la plus forte progression depuis le mois d’octobre dernier. Le taux de chômage officiel recule pour le 9ième mois consécutif et chute à son plus bas niveau depuis le début de la crise sanitaire (6,2% vs. 6,3% en janvier). Ce chiffre reste à nuancer au regard du faible taux de participation actuelle. La Fed elle-même considère que le véritable taux de chômage se situe au niveau de 10%.

Quoi qu’il en soit, si le chemin vers le plein-emploi est encore long (dixit le gouverneur central Jerome Powell), les statistiques de vendredi ont donné du grain à moudre aux spéculations actuelles anticipant une réduction prématurée du soutien de la part de la banque centrale américaine. Sur les marchés monétaires, les positions actuelles tablent désormais sur une première hausse de taux aux Etats-Unis d’ici fin 2022, soit un scénario en total décalage avec les projections officielles de la Fed qui communique sur un statu quo maintenu au moins jusqu’à fin 2023. Ces anticipations ont porté le taux 10 ans américain vers de nouveau sommet vendredi à plus de 1,60%, et entraîné dans son sillage le dollar à un nouveau pic de 3 mois face à l’euro à 1,19 $. Ce lundi, la paire EUR/USD reste sous pression alors que les écarts de rendement monétaire entre les Etats-Unis et la Zone Euro s’étirent à nouveau ce matin sous l’impulsion d’un nouveau rebond des taux longs américains. Les scénarios inflationnistes ont été confortés par le vote du plan de soutien au Sénat américain, aussi la paire de change accentue sa chute qui s’élève désormais à -1,8% sur les quatre dernières séances et -2,5% depuis son dernier pic en clôture touché le 25 février dernier à 1,2180 $. Le taux oscille désormais à son plus bas niveau depuis novembre 2020 à hauteur de 1,1870 $.

La BCE face aux marchés obligataires (EUR – CAD)

La semaine dernière aura été marquée par l’incapacité du président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell à rassurer les marchés face à la remontée rapide des couts de financement aux Etats Unis. Son attentisme a couté aux bourses américaines l’une de leur plus forte baisse hebdomadaire depuis le mouvement correctif intervenu un an auparavant lorsque la peur de la pandémie s’est emparée des marchés. Ainsi, alors que les taux 10 ans américains enregistrent actuellement leur plus forte remontée depuis 2016 et oscillent à un pic de plus d’un an au-dessus de 1,60%, l’indice de valeur technologique américain Nasdaq a cédé près de -10% en l’espace de 3 semaines et chuté jeudi dernier à un plus bas depuis 2 mois. Alors que la FED n’est absolument pas décidée à ce jour à calmer cette dynamique, les turbulences pourraient bien persister sur les marchés obligataires et actions.

La Banque Centrale européenne, qui tiendra sa seconde réunion monétaire de l’année ce jeudi, a quant à elle été bien plus catégorique concernant la remontée des couts de financements. Fabio Panetta, membre de la BCE, a récemment déclaré qu’elle était favorable à une augmentation son volume de rachat d’actifs afin de freiner la hausse des taux longs. Malgré ces déclarations, on peut émettre quelques doutes sur la réelle volonté de la banque centrale de procéder matériellement à un ajustement de sa politique monétaire. Comme l’a rappelé le gouverneur central de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, la remontée des taux souverains en Zone Euro a été moins prononcée qu’aux Etats-Unis et il n’y a pas pour l’heure de « signes de surchauffe » de la part de l’économie européenne. L’incertitude autour des perspectives européennes restent encore floue compte tenu du maintien prolongé des restrictions sanitaires dans la région, aussi la banque pourrait se garder d’intervenir aussi tôt pour garder un peu de levier d’action en cas d’affaiblissement significatif des perspectives. À cet égard, les investisseurs seront attentifs au dévoilement ce jeudi des nouvelles projections économiques de la banque et aux éventuelles révisions réalisées par rapport aux précédentes estimations réalisées en décembre dernier. La conférence de presse de Christine Lagarde (14h30 ce jeudi) sera comme à son habitude le moment fort de la journée en marge duquel la volatilité sera très probablement plus accrue que d’habitude.

La banque centrale canadienne sera également à l’honneur cette semaine et tiendra une nouvelle réunion monétaire ce mercredi (décision communiquée à 16h00). Si la BoC ne devrait pas à priori procéder au moindre changement de sa politique monétaire en mars, les analystes sondés par l’agence de presse Reuters anticipent une réduction de son programme de rachat d’actifs cette année. Malgré un confinement rallongé, les campagnes de vaccination, la hausse du prix du pétrole et la vigueur de l’économie américaine sur la fin d’année dernière (rebond plus important que prévu de plus de 2% au T4) devraient favoriser un redémarrage rapide et robuste de l’économie canadienne. La volatilité de la paire EUR/CAD sera donc à surveiller en marge de cette réunion monétaire sachant que celle-ci semble amorcer une nouvelle trajectoire baissière qui la ramène sur ses plus bas niveaux depuis un an à presque 1,50 C$.

Les diplomates européens ont du pain du planche (RUB – GBP – CNY)

L’Union européenne ne se fait pas beaucoup d’amis ces derniers temps sur la scène internationale. Avec la Russie de Vladimir Poutine, l’annonce de nouvelles sanctions contre des dignitaires russes dans l’affaire Navalny menace de rompre les tout derniers liens de confiance entre les partenaires. Le gouvernement russe avait déjà menacé de mettre un terme à la relation entre les deux puissances si de telles sanctions étaient appliquées. Or si les sanctions européennes récemment annoncées semblent bien dérisoires, c’est bien parce que les enjeux d’un tel divorce sont trop élevés pour l’Union européenne. La Russie fournit en effet près de 30% des importations de pétrole de l’UE. Ainsi ménagé, le rouble russe reste tout près de son plus haut de l’année face à l’euro à 88,50 RUB. Une simple éclaircie passagère ?

Avec le Royaume Uni, le divorce est à peine consommé que les tensions resurgissent de plus belle. La question de la frontière nord-irlandaise se trouve une nouvelle fois au cœur de l’actualité. L’Union européenne devrait intenter très prochainement une action légale contre le Royaume Uni et son projet de rallonger la période de dérogation aux règles commerciales accordée aux entreprises nord-irlandaises, lequel est considéré comme une violation de l’accord de divorce signé entre les deux partenaires en 2019. En pleine négociation pour un accord sur les services financiers, la tension remonte encore d’un cran quelques semaines seulement après l’imbroglio politique autour de l’approvisionnement en vaccins. La Commission européenne avait alors été accusée de vouloir accaparer des vaccins destinés à être envoyées au Royaume-Uni. Si la livre sterling ne semble pas pour l’instant réellement impactée par la dégradation récente des conditions financières globales et par les nouvelles tensions géopolitiques, celle-ci plafonne néanmoins au niveau de 0,86 £ depuis plusieurs jours et n’est pas à l’abri de subir une correction si l’horizon s’obscurcit et l’aversion au risque refait surface.

Le ton monte également entre la Chine et l’Union européenne. Cette dernière a lancé vendredi dernier un avertissement à l’égard de la Chine sur l’épineux sujet hongkongais. L'UE met ainsi en garde Pékin contre une réforme électorale de l’île considérée comme anti-démocratique. À ce petit jeu, c’est pour l’instant l’euro qui perd du terrain face au yuan. La paire EUR/CNY a titillé la semaine dernière un plus bas de 10 mois à 7,7050¥ avant de retracer au-dessus du support de 7,75 ¥. La semaine dernière la paire a ainsi accusée une baisse d’environ 1% et débute plutôt mal l’année 2021 avec une chute de 3%.

Afin de pimenter un peu cette semaine politique déjà chargée, on suivra attentivement le résultat des deux élections régionales qui se dérouleront ce dimanche en Allemagne. Cela permettra d’avoir une première idée des dynamiques politiques actuelles au sein de la première économie européenne qui perdra en septembre sa dirigeante historique puisque la chancelière Angela Merkel laissera la main après quatre mandats consécutifs et 16 années passées à la tête du pays.


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