Actualités du marché des devises

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mars 03, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un retour au calme apprécié / La livre sterling attentive au nouveau budget britannique

Tendance du jour

Malgré la déception liée au ralentissement de l’activité des services en Chine ou encore les récents avertissements des banquiers centraux chinois face au risque de bulle spéculative sur les marchés financiers, les bourses asiatiques ont clôturé la séance dans le vert. La solide performance de l’économie australienne au T4 (plus de 3% de croissance pour le second trimestre consécutif) et l’excitation qui entoure le début jeudi des séances plénières annuelles du Parlement chinois en marge duquel les dirigeants définiront les nouveau objectifs économiques et le plan de développement quinquennal ont égayé les investisseurs asiatiques, et plus particulièrement les intervenants chinois. Les mouvements correctifs observées hier à Wall Street ont peu de résonnance ce matin puisque, imitant ses homologues en Asie, les bourses européennes ouvrent dans le vert et semblent soulagés de la baisse des tensions sur les marchés obligataires. La perspective de l’arrivée d’un nouveau vaccin la semaine prochaine en Europe (décision de l’EMA sur le vaccin de Johnson & Johnson délivrée le 11 mars) et l’accélération des vaccinations aux Etats-Unis (objectif de 100 Mln en 100 jours évoqué par la Maison Blanche) mais aussi les attentes de nouvelles mesures de soutien au Royaume-Uni (budget dévoilé mercredi) et aux Etats-Unis (vote attendu cette semaine au Sénat) aliment l’appétit des investisseurs pour les actifs dits risqués.

Sur le marché des changes, le retour d’un soupçon d’optimisme et la sensation que l’épisode de volatilité de la semaine dernière est derrière nous influent sur les prises de décision et la volatilité des devises. Après une séance compliquée mais finalement positive face au dollar, la devise européenne progresse ce matin face aux devises refuges. La paire EUR/JPY se rapproche notamment de son plus haut de l’année à 129,5¥ et la paire EUR/CHF tutoie ses plus hauts niveaux depuis juillet 2019 à plus de 1,1050 ¥₣. Quant à l’EUR/USD, il est ce matin à l’équilibre, non loin du seuil de 1,21 $.

Surfant sur les bons chiffres de croissance publiés ce matin en Australie, le dollar poursuit sa revalorisation et enchaîne ce matin une 3ième séance consécutive de hausse face à l’euro (1,54 A$). La couronne norvégienne reste orientée à la hausse face à l’euro (10,4 NOK) et s’appuie sur le léger rebond des cours du pétrole ce matin à la veille d’une réunion stratégique des membres de l’OPEP pour décider d’une nouvelle augmentation des quotas de production. Le dollar canadien rebondit également ce matin et se dirige vers le seuil de 1,52 C$. Ce matin, une très large majorité de devises émergentes progresse face à l’euro et tente d’essuyer les pertes récemment subies. C’est notamment le cas de la livre turque, du rand sud-africain, du rouble russe ou encore de la roupie indienne.

L’euro voit quelques éclaircies à l’horizon (EUR - USD – CHF)

Après un début de séance compliqué en raison de la déception provoquée par la forte contraction des ventes au détail en Allemagne, l’euro a réussi à relever la tête hors de l’eau et terminé dans le vert face à un grand nombre de ses pairs du G10 à l’exception notable du dollar australien et des devises nordiques. L’évocation hier en Allemagne de premiers assouplissements des règles sanitaires à partir de lundi prochain a égayé les acheteurs d’euro, au même titre que la perspective de validation d’un nouveau vaccin en Europe la semaine prochaine. En effet, l’Agence européenne des médicaments a indiqué hier qu’elle délivrerait son verdict sur la distribution du vaccin à injection unique du laboratoire américain Johnson & Johnson le 11 mars. Aussi après une petite frayeur et une bascule temporaire sous le seuil symbolique de 1,20 $ mardi matin – une première depuis presque un mois – le taux EUR/USD a finalement clôturé la séance avec un gain de +0,3% aux portes du seuil de 1,21 $. Après une brève pause en fin de semaine dernière, le taux EUR/CHF reprend son ascension et tutoie actuellement ses plus hauts niveaux depuis juillet 2019 à plus de 1,1050 ₣. Le taux EUR/JPY est de retour ce mercredi matin au-dessus du seuil de 129 ¥ et oscille à proximité de ses plus hauts niveaux depuis 2 ans.

Le dégonflement depuis le début de la semaine des pressions haussières sur les rendements souverains de long terme est accueilli avec soulagement par des investisseurs rendus très nerveux par la perspective d’une possible forte correction des marchés actions en cas de renforcement trop significatif des coûts de financement. Ce retour au calme participe grandement à la résilience de l’euro que l’on avait tancé par la hausse de la volatilité en fin de semaine dernière. Les commentaires répétés de membre de la réserve fédérale américaine calmant les perspectives d’une flambée des prix avec la reprise ne sont pas étrangers à cette phase de répit. La dernière en date est Lael Brainard, membre du comité exécutif de la Fed, qui a laissé entendre mardi que la hausse de l’inflation évoquée par un grand nombre d’observateurs de marché ne devrait être que temporaire et que la banque n’est pour le moment pas prête à retirer son soutien monétaire de sitôt. Après un pic de plus d’un an atteint jeudi dernier à plus de 1,50%, le taux des bons du Trésor à 10 ans est en net recul et retombe ce mercredi à hauteur de 1,40 %. L’indice de volatilité des marchés actions américains – le VIX – reste légèrement au-dessus de sa moyenne annuelle (24,1 vs. 24,0) mais est aujourd’hui plus de 20% inférieur au point haut atteint en séance jeudi dernier (31,2).

Aujourd’hui, les marchés seront ainsi attentifs aux nombreux indicateurs économiques publiés aux Etats-Unis, notamment sur le front de l’emploi avec le rapport ADP dans le secteur privé (14h15) et celui du secteur non-manufacturier avec la publication des enquêtes d’activité Markit (15h45) et ISM (16h00). La journée se clôturera avec la publication en début de soirée du livre Beige de la Fed (20h00) qui donnera une nouvelle occasion aux investisseurs d’évaluer la dynamique de reprise aux Etats-Unis. En Europe, on aura un œil ce matin sur la publication des estimations finales des enquêtes d’activité PMI dans le secteur des services (10h00), lesquelles devraient confirmer les difficultés récurrentes de ce pan de l’économie en raison du maintien des restrictions sanitaires.

La livre sterling attentive à la présentation du nouveau budget

Le ministre des finances britannique, Rishi Sunak, présentera à la mi-journée (13h30) devant les membres de la Chambre des communes le nouveau budget pour l’année fiscale à venir (mars 2021 – mars 2022), soit une semaine après les annonces gouvernementales détaillant une stratégie de déconfinement en quatre étapes qui s’étalera du 8 mars au 21 juin. En marges des annonces officielles, Sunak a d’ores et déjà annoncé que ce budget apportera le soutien nécessaire pour aider l’économie durant toute la période durant laquelle les restrictions seront maintenues mais aussi pour l’accompagner dans sa phase de reprise. Selon les premières informations qui ont filtré dans les médias, ce dernier devrait annoncer une prolongation jusqu’en septembre du dispositif de chômage partiel censé prendre fin en avril, laquelle devrait prévoir une réduction graduelle de l’apport de l’Etat (prise en charge actuelle de 80% du salaire) à partir du mois de juillet. Une enveloppe de 5 Mds£ d’aide dédiée aux entreprises les plus impactées par la pandémie devrait également être annoncée.

Les marchés seront avant tout attentifs aux nouvelles mesures introduites et éventuels assouplissements fiscaux destinés à soutenir un fort redémarrage de l’économie britannique cette année après avoir subi l’année dernière sa pire contraction depuis 300 ans. Néanmoins, les actions seront-elles à la hauteur des ambitions ? C’est aussi la grande question soulevée par les investisseurs au regard des efforts financiers déjà réalisés jusqu’à présent et de l’importante dégradation des finances publiques. Avec près de 400 Mds£ de dépenses réalisées depuis mars 2020, le déficit budgétaire sur l’année fiscale clôturant à la fin du mois devrait culminer 19% du PIB, quant à la dette publique totale elle a franchi l’année dernière pour la première fois de son histoire le seuil de 2 000 Mds£. L’exécutif a bien conscience que la situation n’est pas tenable et que le problème de la dette doit être pris à bras le corps pour éviter que le pays se retrouve sous pression en cas de remontée rapide des coûts de financement à l’image de ce que l’on a vu au mois de février. Aussi, certains économistes évoquent de possibles hausses d’impôt sur les entreprises ou ciblées à certains secteurs destinées à assainir les finances de l’Etat, et une possible baisse progressive des dépenses publiques dans le futur.

Il n’est néanmoins pas certain que les marchés accueillent à bras ouvert de quelconques « traces » d’austérité dans le nouveau budget. Cela serait jugé trop prématuré dans le cycle de reprise qui s’amorce. La livre sterling sera donc très sensible ce mercredi aux différentes réactions provoquées par les annonces budgétaires gouvernementales. Pour le moment, celle-ci fait preuve d’attentisme et se maintient à l’équilibre face à l’euro au niveau de 0,8650 £. Après une pause la paire EUR/GBP pourrait reprendre sa dynamique baissière visible depuis la mi-décembre et replonger en direction de 0,85 £ si jamais le nouveau budget est jugé assez crédible pour soutenir l’effort de reprise outre-Manche. À l’inverse, un sentiment de déception et d’inquiétude à l’encontre d’une cure d’austérité arrivant bien trop vite pourrait accompagner un rebond de la paire de change dans le couloir de 0,87-0,88 £.

Emergents : le real brésilien réagit mal aux hausses d’impôt, le rouble russe apparaît soulagé face aux sanctions américaines

Malgré un recul de la volatilité sur ce début de semaine, les devises émergentes peinent à se reprendre et semblent continuer de pâtir globalement des niveaux toujours élevés des rendements obligataires américains. Au-delà de cet aspect purement financier, d’autres facteurs d’ordre plus domestique entrent en ligne de compte dans la volatilité actuelle de certaines devises. C’est notamment le cas au Brésil et en Russie.

Le real brésilien s’est déprécié de -1% face à l’euro mardi et clôturé à cette occasion un nouveau point bas historique de 6,86 BRL en réaction à l’annonce par le gouvernement de nouvelles taxes à l’encontre des acteurs du secteur bancaire et de l’industrie chimique. Echaudée par cette nouvelle tentative d’interventionnisme de l’Etat sur l’économie, la bourse brésilienne a enregistré jusqu’à -2,7% de pertes à l’ouverture de séance mardi, et le réal brésilien a flanché également. La dégringolade aurait pu être plus importante mais c’était sans compter sur l’action de la banque centrale brésilienne qui grâce à la vente mardi d’un milliard de dollar sur les marchés des changes a permis d’atténuer les pressions baissières s’exerçant sur le réal.

En Russie, le rouble a plutôt bien réagi aux nouvelles sanctions adressées par les Etats-Unis contre Moscou en réponse à la tentative d’empoisonnement et au traitement par les autorités russes de l’opposant politique Alexei Navalny. Les mesures de rétorsion appliquées par Washington ciblent plusieurs hauts responsables (sept au total) et ne touchent pas, du moins pas pour le moment, l’économie russe. Anticipant des sanctions plus importantes, les investisseurs ont donc plutôt positivement accueilli la nouvelle. Ainsi, le rouble a enchaîné hier une 3ième séance consécutive de hausse face au dollar (+0,7% mardi et +1,3% en cumulé) et face à l’euro (+0,1% mardi et +1,8% en cumulé) contre lequel il a testé un seuil de résistance vieux de 5 mois à 88,5 RUB.

Publications statistiques

Les premières estimations publiées mardi indiquent un maintien de la dynamique annuelle d’inflation générale en Zone Euro à 0,9% au mois de février et un repli de l’indice sous-jacent excluant les prix de l’énergie, du tabac, de l’alcool et des produits alimentaires de 1,4% à 1,1%. Pas de surprise donc au regard de ces résultats qui étaient anticipés par le consensus. Ces chiffres viennent quelque peu atténuer les spéculations actuelles autour de fortes pressions inflationnistes et d’éventuels signes de surchauffe en marge de la reprise qui s’amorce. Cela ne se matérialise pas pour le moment en Zone Euro.

Le Canada a mieux terminé l’année 2020 que prévu avec une croissance recensée à 9,6% T/T en rythme annualisé contre 7,5% anticipé par le consensus. Néanmoins, un fléchissement de la dynamique s’est observé sur la fin d’année puisqu’au mois de décembre l’économie a enregistré un rebond bien plus modeste que ne l’anticipait le consensus (+0,1% M/M vs. +0,3%). Des résultats donc en demi-teinte qui cumulés à la baisse des prix du pétrole ont ébranlé les tentatives de la paire EUR/CAD à repasser sous le seuil de 1,52 C$ qui fait office de « plancher » depuis le mois de juin 2020.

Cette nuit, le PIB australien au 4ème trimestre est ressorti en progression de 3,1% T/T et enchaîne ainsi un deuxième trimestre consécutif avec une croissance supérieure à 3%, ce que l’on n’avait jamais observé avant depuis le début de la série statistique en 1959. La reprise de l’économie australienne se confirme et s’appuie en ce moment sur une solide consommation domestique et une bonne performance de l’industrie immobilière. Le taux EUR/AUD continue d’effacer progressivement les gains engrangés en fin de semaine dernière (+2,6%) et enchaîne ce matin une 3ième séance consécutive de repli qui le renvoie en direction de la barrière de 1,54 A$.

En Chine, le secteur des services connait un important ralentissement durant le mois de février en raison des restrictions sanitaires qui ont entaché l’activité durant la période de célébration du nouvel an lunaire. Il s’agit du 3ième mois consécutif de ralentissement de l’activité et de la plus faible performance recensée sur les 10 derniers mois. La sensation d’un fléchissement de la dynamique de reprise en Chine sur ce début d’année n’a pas d’impacts sur le yuan qui est ce matin orienté à la hausse face à l’euro et se redirige vers le seuil de 7,80 ¥ au-dessus duquel le taux EUR/CNH oscille depuis près de 2 semaines.

Aujourd’hui, les marchés seront attentifs à la publication des indices d’activité du secteur des services en zone euro (10h00), au Royaume Uni (10h30) où le nouveau budget sera également dévoilé, ainsi qu’aux Etats Unis (15h45-16h00). À 13h00, les statistiques de croissance au Brésil seront publiées, suivies de l’enquête ADP aux Etats Unis (14h15). La publication du livre beige de la Réserve fédérale américaine conclura alors cette journée chargée en statistiques à 20h00.


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