Actualités du marché des devises

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mars 01, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un EUR/USD qui ne goûte pas au retour temporaire du calme sur les marchés financiers

Tendance du jour

Après une fin de semaine dernière marquée par une hausse de la volatilité sur les marchés financiers, le calme semble revenir ce matin. L’indice de volatilité VIX est en baisse de 10% après un pic hebdomadaire à +40% la semaine dernière. Cette nuit, les bourses asiatiques ont bien rebondi, de plus de 2,4% au Japon notamment. Les indices européens débutent également la semaine dans le vert, l’indice allemand DAX30 engrange par exemple plus de 1% de gains ce matin et se retrouve désormais à moins de 2% de son sommet historique.

Si l’aversion au risque observée la semaine dernière semble retomber quelque peu ce matin, on ne peut pas encore tirer de conclusions définitives à savoir si ce calme relève d’une confiance retrouvée ou bien d’une pause en l’absence de nouveaux facteurs de turbulence. La forte remontée des taux longs au mois de février (pic depuis 2016 en Allemagne Etats-Unis et au Royaume-Uni pour le taux 10 ans) a vivement effrité la confiance des marchés actions jusqu’à déclencher un mouvement correctif dont l’ampleur est restée modeste. Simple avertissement sans frais, néanmoins on est prévenu de la sensibilité accrue des intervenants de marché au thème de l’inflation et à la hausse des rendements obligataires.

Comme facteur d’optimisme, on a néanmoins quelques facteurs positifs comme l’adoption samedi aux Etats-Unis par l’agence américaine des médicaments (FDA) du vaccin produit par Johnson & Johnson, à usage unique et dont le taux de prévention contre les formes modérées et graves de contamination a été recensé à 66%. Celui devrait commencer à être distribué dès cette semaine aux Etats-Unis et pourrait recevoir l’aval des régulateurs européens courant du mois. Cela serait le bienvenu puisque la situation sanitaire recommence un peu à se tendre en Europe et force les autorités à durcir le ton.

Sur le marché des changes également, les excès de la semaine dernière sont corrigés ce matin. Les devises émergentes rebondissent fortement face à l’euro, en particulier la livre turque (+1,6%) ou encore la roupie indienne (+1,3%). Les devises cycliques, elles aussi en forte baisse en fin de semaine dernière, rebondissent significativement. Le dollar australien engrange ainsi +0,7% face à l’euro et repasse ainsi sous le niveau des 1,56 AUD.

Si la devise européenne est à l’équilibre face au yen et au franc suisse, elle repart à la baisse ce matin face au dollar après une chute de près de 0,40% la semaine dernière. La paire EUR/USD cède à nouveau -0,20% ce matin et teste le niveau clé des 1,2050$. Le taux longs souverains américains se tendent à nouveau et écartent les spreads avec la zone euro. On garde un œil tout particulier sur le seuil de 1,1950 $ (plus bas de l’année 2021) vers lequel la paire pourrait se diriger si la nervosité venait à regagner les marchés financiers.

Le plan de relance américain approuvé à la Chambre des représentants

Le plan de relance de 1900 Mds$ de l’administration Biden a passé son premier test à la Chambre des représentants où il a été adopté sans problème par les démocrates (219 voix démocrates en faveur contre 212 contre). Le projet de loi va désormais prendre le chemin du Sénat, néanmoins c’est une version ajustée qui y sera débattue et votée. En effet, celle-ci n’inclura pas la clause prévoyant l’augmentation du salaire horaire minimal de 7,25 à 15 $ ; une des mesures phares du plan de soutien proposé par Joe Biden ; a-t-on appris la semaine dernière. La commission de protection des règles au Sénat s’y oppose, aussi cette mesure défendue par l’exécutif durant la campagne présidentielle n’en restera qu’au stade de promesse, la Maison Blanche préférant abandonner cette bataille que de risquer de mettre en péril l’adoption de la totalité du programme d’aide. Alors que certains sénateurs démocrates avaient montré leur inconfort à l’égard du montant de ce nouveau programme de soutien, on peut penser que, avec la hausse des salaires en moins, celui-ci obtiendra l’aval de l’ensemble de l’ensemble des parlementaires siégeant au sein de la chambre haute du Congrès. C’est la condition sine qua non pour que le texte soit voté puisque les démocrates ne disposent que d’une très courte majorité au sein de l’hémicycle (50 voix plus celle de la vice-présidente Kamala Harris en cas d’égalité).

La véritable bataille législative aura donc lieu au Sénat dans les jours à venir et sera susceptible de générer de la volatilité sur les marchés. Au regard des importantes anticipations de marché considérant depuis des semaines que l’adoption du plan de soutien américain est inévitable, tout élément venant contrecarrer ou même retarder ce scénario pourrait venir créer de la frustration et de la nervosité parmi les intervenants de marché. Au regard de la volatilité récente et des mouvements observés à l’automne dernier en marge des négociations sur ce qui allait finalement aboutir en décembre sur le vote d’un plan de soutien de 900 Mds$, on peut penser que tout retard ou tout risque de rejet de ce nouveau plan serait un catalyseur favorable au dollar et au yen par rapport à l’euro. Après un sursaut à plus de 1,22 $ en milieu de semaine dernière, le taux EUR/USD est revenu s’installer au sein du couloir de 1,1950 – 1,2180 $ dans lequel il vogue depuis maintenant 7 semaines. Sur la défensive en fin de semaine dernière en réponse à la recrudescence de volatilité sur les marchés financiers, le taux EUR/USD amorce cette nouvelle semaine dans le rouge sous le seuil de 1,21 $ sur fond d’inquiétude autour de la recrudescence de contaminations en Europe et de peurs d’un durcissement des restrictions. Quant au taux EUR/JPY, il est redescendu en fin de semaine dernière de son piédestal et d’un pic de 2 ans à plus de 129 ¥ mais reste relativement stable ce lundi.

En plus des débats sur le plan de relance américain, les acheteurs de dollar auront un œil attentif aux chiffres de l’emploi américain, véritable talon d’Achille de la reprise actuelle aux Etats-Unis et argument mis en avant la semaine dernière par le gouverneur centrale Jerome Powell pour justifier le maintien prolongé d’une politique monétaire très accommodante. Ce dernier estime que le véritable taux de chômage aux Etats-Unis se situe autour de 10% et non 6% comme il l’a été observé en janvier dernier. Justement le chômage est attendu en légère hausse par le consensus en février, mais pas non plus sur les niveaux évoqués par Powell (consensus : 6,4% vs. 6,3% en janvier). Entre mercredi et vendredi, trois rapports sur l’emploi seront publiés dans le pays – dans l’ordre rapport ADP, inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage et rapport NFP – ce qui ne manquera pas de créer quelques réactions sur les marchés des changes.


Un regain de volatilité qui fait craindre le pire

La semaine dernière aura été marquée par un important relent de volatilité sur les marchés. Les marchés actions ont été en première ligne de cet épisode violent d’aversion au risque. L’indice technologique américain NASDAQ a cédé jusqu’à 5% sur la semaine avant d’effacer une partie de ses pertes lors de la séance de vendredi. L’indice de volatilité VIX, l’indice de la peur, a lui aussi connu un fort rebond de près de 30% sur la semaine.

La hausse continue des rendements souverains américains, qui ont atteint jusqu’à 2,35% à 30 ans la semaine dernière, réduit en effet l’attractivité des actifs risqués comme les actions. Il est désormais presque plus rémunérateur de posséder des bons du trésor américains à 10 ans que d’attendre le versement des dividendes des entreprises du S&P500. Si la correction de la semaine dernière tire la sonnette d’alarme sur les marchés, c’est bien parce que les intervenants de marché ont encore en tête l’épisode de volatilité de février-mars 2020. En trois semaines seulement, l’indice américain S&P500 avait plongé de plus 30%. Or si l’économie mondiale n’est toujours pas sortie d’une crise économique historique, les marchés financiers ne se sont jamais aussi bien portés. Même les anticipations d’une reprise économique mondiale vigoureuse peinent à justifier de tels niveaux de valorisations (le S&P500 est payé à plus de 39 fois les bénéfices annuels des entreprises qui le composent). Les principales banques parlent volontiers de possible correction mais ne croit pas pour le moment dans un scénario de krach similaire à celui entrevu l’hiver dernier. L’appui des Etats et banques centrales devrait perdurer dans le temps et soutenir de ce fait les actifs risqués. Si cette affirmation est vraie, l’équilibre pourrait néanmoins être chamboulée si jamais les anticipations d’inflation venaient à s’intensifier davantage et les rendements obligataires augmenter encore plus fortement qu’en février (plus forte hausse mensuelle depuis 2016 en Europe et aux Etats-Unis).

Si on ne l’attend ou l’espère pas, la théorie d’une possible « bulle spéculative » amenée à éclater est toutefois présente à l’esprit des investisseurs et alimentent les débats. Ce scénario du pire pourrait avoir d’importantes répercussions sur le marché des devises. Les plus grandes gagnantes seraient incontestablement les devises refuges comme le dollar, le yen et le franc suisse. À contrario, les devises émergentes et les devises cycliques seraient fortement vendues face à l’euro. Des signes avant-coureurs d’une dégradation de l’optimisme des marchés se font d’ores et déjà ressentir sur le Forex : les devises cycliques étaient fortes baisse vendredi dernier, comme le dollar australien qui accusait un repli de 1,10% face à l’euro. Également, la paire EUR/USD a plongé de 0,80% pour repasser sous les 1,21$. Pour conclure, si pour l’instant un krach boursier n’est pas d’actualité, une extrême prudence restera de mise dans les jours et semaines à venir.

Un budget britannique à haut risque

Le ministre des finances britanniques dévoilera ce mercredi le nouveau budget du Royaume Uni. Si l’annonce d’un rallongement de certaines mesures de soutien, comme la prise en charge à 80% des salaires des employés en chômage partiel, et de nouvelles dépenses budgétaires devraient être accueilli favorablement, les marchés seront très attentifs aux annonces relatives à d’éventuelles hausses d’impôt dont la presse britannique s’est fait l’écho ces derniers jours. Afin de soutenir une économie plombée par la crise sanitaire (plus forte récession en 300 ans = -9,9% en 2020), la dette publique britannique a véritablement explosé pour dépasser la barrière symbolique de 100% du PIB pour la première fois depuis le début des années 1960. Pour réfréner cette hausse de la dette dont on craint au sein du gouvernement qu’elle continue d’augmenter indéfiniment si les taux d’emprunt venaient à augmenter de manière importante comme cela est le cas en ce moment, des mesures d’encadrement des déficits pourraient être considérées afin d’équilibrer progressivement des comptes publics dans le rouge. Les principaux risques de ces annonces résident dans l’application prématurée d’une cure d’austérité préjudiciable dans une phase de reprise économique. Une réduction jugée trop rapide des mesures de soutien de l’Etat serait très probablement mal accueillie par les marchés et aurait probablement des impacts négatifs sur la livre sterling.

Cette dernière était récemment favorisée au dépend de l’euro, notamment grâce aux annonces la semaine dernière d’une levée progressive des mesures de restriction jusqu’en en juin prochain si la situation le permet. La Banque d’Angleterre a toutefois refroidi les spéculations haussières sur la livre en affirmant qu’elle n’était pas près de modifier sa politique monétaire accommodante en raison des incertitudes qui planent toujours sur l’économie britannique et la perspective d’une remontée du chômage dès lors que le gouvernement mettra un terme à son soutien aux entreprises.

Après quatre semaines consécutives de repli (perte cumulée de -3%), la paire EUR/GBP a réussi l’exploit de clôturer la semaine précédente dans le vert avec un gain toutefois très modeste de +0,2%. Dans les faits, le taux EUR/GBP a vu sa glissade stoppée nette après avoir touché un creux en milieu de semaine dernière à 0,8540 £ et par la suite retracé pour revenir s’installer au centre du couloir de 0,86 – 0,87 £ (+/- 1,1%). Cela pourrait n’être qu’une zone tampon temporaire en attendant que la paire prenne une direction, à la hausse ou à la baisse. L’avance prise par le Royaume-Uni sur ses voisins européens au niveau vaccinal reste toujours un facteur justifiant – dans un environnement peu volatile – un attrait plus prononcé pour la livre sterling par rapport à l’euro.

Des statistiques d’activité à confirmer

Ce lundi, les statistiques finales d’activité économique du mois de février du secteur manufacturier seront publiées en Europe (10h00 en Zone Euro et 10h30 au Royaume-Uni) et aux Etats Unis (indice Markit à 15h45 et indice ISM à 16h00). Les analystes n’attendent pas de changement majeur par rapport aux indices préliminaires publiés il y deux semaines. Une dynamique de reprise en « K » en Europe, c’est à dire une divergence entre une activité manufacturière qui tourne à plein régime (pic de 3 ans atteint en février) et un secteur des services qui continue de se contracter, pénalisé par les restrictions sanitaires toujours en vigueur, devrait donc être confirmée. Le secteur des services devrait rester également lourdement pénalisé au Royaume Uni. Elle devrait globalement le rester jusqu’en avril et la réouverture - sauf détérioration des conditions sanitaires - des bars, restaurants et cinéma en Angleterre (étape de déconfinement fixée au 12 avril).

Cette nuit, les statistiques chinoises ont confirmé le ralentissement de l’activité manufacturière en marge des célébrations du nouvel an lunaire, période saisonnière où l’industrie a tendance à avoir une activité réduite. L’indice Caixin manufacturier connait ainsi son 3ème mois consécutif de ralentissement en février et retombe à 50,9, un plus bas depuis le mois de mai. Cette déception n’impacte cependant pas le yuan. Bien au contraire, la paire EUR/CNH poursuit le mouvement correctif amorcé vendredi dernier et retombe ce matin à un plus bas depuis 7 séances sous le seuil de 7,80 ¥.

Publications statistiques

Vendredi dernier, le sentiment des consommateurs américains continue de se dégrader au mois de février pour le deuxième mois consécutif. Il peine ainsi à remonter depuis le pic de la crise en avril dernier. Malgré cela, les dépenses de consommation des ménages américains accélèrent à nouveau au mois de janvier après une contraction à la fin de l’année dernière. Elles repassent ainsi à une croissance de 2,4% M/M, un record depuis juillet dernier. L’accélération de l’indice principal des prix à la consommation aux Etats Unis a bien été confirmée au mois de janvier. Elle s’établit ainsi à +1,5% contre +1,4% le mois précédent.

Ce matin, la dynamique d’accélération de l’activité manufacturière en France, en Italie et en Allemagne a bien été confirmée au mois de février. L’accélération est même plus forte que prévu par les analystes.

Aujourd’hui, les marchés seront attentifs aux publications d’indices d’activité PMI (voir ci-dessus), ainsi qu’aux statistiques préliminaires d’inflation en Allemagne à 14h00. Pour finir, Christine Lagarde interviendra publiquement à 17h10.


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