Actualités du marché des devises

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févr. 26, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un rebond de la volatilité qui inverse les dynamiques sur les marchés des changes : cycliques & émergentes pénalisées

Tendance du jour

Cette nuit les bourses asiatiques ont plongé au lendemain d’une forte séance de baisse aux Etats Unis (S&P500 à -2,45% et indice VIX à +35%). L’indice japonais Nikkei 225 abandonne près de 4% après avoir enchainé les records ces derniers mois. Cette liquidation généralisée emporte également les indices européens à l’ouverture ce matin (CAC40 -1,2%) et les matières premières. Le prix du baril de pétrole cède un peu moins de -1% (66$), le cuivre recule lui de près de -2%. La hausse des rendements sans risque aux Etats Unis et en Europe et les valorisations élevées de certains actifs détournent quelque peu les intervenants de marché des actifs « risqués ». Si pour l’instant la correction ne menace pas la dynamique haussière en place depuis des mois, il faudra rester vigilant lors des prochains jours et semaines sachant qu’à la hausse des taux longs s’ajoute un début de recrudescence des cas de contamination en Europe. Point intéressant, le taux de rendement 10 ans américains est désormais supérieur au rendement des dividendes action américains, une tendance qui si elle perdure pourrait générer une inversion de sentiment et une correction plus importante des marchés boursiers dans les prochaines semaines.

Ce matin, la poussière retombe après la fantastique séance de l’euro. Ce dernier corrige les excès d’hier et corrige face à de très nombreuses devises. Sur la défensive depuis plusieurs jours, les devises refuges telles que le dollar, le yen et le franc suisse retrouvent des couleurs ce matin. En très forte progression hier et observée à plus de 1,22 $, la paire EUR/USD connaît un coup d’arrêt dans son ascension. Même constat pour la paire EUR/CHF qui retombe ce matin sous le seuil de 1,10 ₣, elle qui restait sur une impressionnante série de 8 séances consécutives de hausse pour un gain cumulé de plus de 2%.

Les devises émergentes les plus impactée hier sont celles qui rebondissent le plus ce matin. Après une lourde chute la veille de plus de -3%, le rand sud-africain progresse de 1% face à l’euro. Idem pour le rouble et le yuan qui rebondissent tous les deux de +0,6% face à l’euro.

Autre signe de l’aversion au risque des marchés ce matin, la devise européenne poursuit ce matin son rebond face aux devises cycliques. Elle progresse notamment de 0,25% face à la couronne norvégienne et le dollar australien. La paire EUR/GBP poursuit son rebond amorcé la veille (+1%) et repasse ce matin au-dessus des 0,87£ pour la première depuis un peu plus d’une semaine.

Le plan de relance américain examiné aujourd’hui à la Chambre des représentants (EUR/USD)

La Chambre des représentants américaine se penchera aujourd’hui sur le plan de relance de 1900 Mds$ promis par la nouvelle administration de Joe Biden. S’il fait peu de doute qu’il sera voté sans problème grâce à la confortable majorité démocrate dans la Chambre, la partie ne sera pas forcément gagnée d’avance lors de son passage devant le Sénat. Lors de ce vote crucial, les démocrates ne devront souffrir d’aucune défection s’ils veulent remporter ce bras de fer législatif avec les républicains, vent debout contre ce projet bien trop dispendieux à leurs yeux.

Premier revers pour Joe Biden et le camp démocrate, la commission non-partisane en charge de la protection des règles au Sénat a retoqué la clause prévoyant une hausse du salaire horaire minimum de 7,25 à 15,00 $ d’ici 2025 jugeant que celle-ci ne répondait pas aux critères du processus de réconciliation budgétaire auquel est rattaché le plan de soutien. Malgré la déception provoquée par l’annonce, le président américain a exhorté ses troupes à voter le plan de soutien qui comprend entre autres un chèque de 1400 $ pour un grand nombre de ménages américains, une extensions des aides au chômage, de nouveaux fonds pour lutter contre la pandémie et pour les écoles, ainsi que des fonds pour soutenir le secteur aérien. Le retrait de la provision de hausse des salaires dans la version du projet de loi que votera le Sénat pourrait être finalement une bonne nouvelle pour la présidence puisque celle-ci faisait l’objet de divisions en interne et faisait planer certains doutes sur l’issue du vote au sein de la chambre haute du Congrès où les démocrates disposent d’une très mince majorité.

L’autre hic est que le choix du Sénat de voter un texte différent de celui qui sera présentée à l’ordre du jour ce vendredi au sein de la Chambre des représentants va provoquer plusieurs aller-retours parlementaires or le temps est compté puisqu’au 14 mars plusieurs programmes d’aide à l’emploi arriveront à échéance et n’auront donc plus de sources de financement. Si on n’a peu d’inquiétudes sur l’issue du vote d’aujourd’hui compte tenu de la large majorité démocrate au sein de la chambre basse, les véritables enjeux seront concentrés sur le vote au Sénat qui devrait avoir lieu la semaine prochaine. Les marchés ont déjà très largement anticipé l’adoption de ce plan de soutien aussi il est évident que tout retard ou même ombre faisant planer un quelconque risque de blocage ou de rejet du projet de loi risqueraient d’entamer la confiance des investisseurs et de générer quelques mouvements de volatilité. L’EUR/USD a pleinement bénéficié de l’optimisme général à l’égard d’un soutien appuyé et prolongé des responsables politiques et monétaires qui sert de catalyseur haussier aux marchés boursiers, aussi il pourrait faire l’objet d’un mouvement correctif si jamais cette confiance était entamée. Après avoir temporairement touché hier en séance un pic de presque 7 semaines à plus de 1,2240 $ avant de retracer en fin de journée sous le seuil de 1,22 $. La paire de change est en net repli ce matin après la publication de chiffres de croissance en France au T4 légèrement revus à la baisse par rapport aux estimations préliminaires (-1,4% T/T vs. -1,3%), et alors que les cas de contaminations recommencent à monter en Europe. Le taux retombe ce matin sous le seuil de 1,2150 $ en attendant la publication dans l’après-midi des indices de prix PCE (14h30) et de l’estimation finale de l’indice Michigan de confiance des ménages (16h00) aux Etats-Unis.

Variants et vaccins au menu du Conseil européen

Les dirigeants des 27 pays de l’Union Européenne se sont réunis hier lors d’une réunion virtuelle qui se prolongera ce vendredi pour faire le point sur la pandémie et d’apporter une réponse coordonnée à celle-ci. Au centre des débats, la question de la vaccination qui a rencontré pas mal de difficultés lors de ses débuts en Europe et qui font que les pays européens sont aujourd’hui grandement à la traîne par rapport à leurs voisins britannique et américain. Les européens en ont profité pour à nouveau hausser le ton envers les laboratoires pharmaceutiques et les retards de livraison accumulés sur le début d’année. L’entreprise britanno-suédoise AstraZeneca est particulièrement visée, elle dont l’agence Reuters a rapporté qu’elle ne pourra remplir que la moitié des commandes de vaccin faites par l’UE au second trimestre. Si l’information a depuis été démentie par les dirigeants de l’entreprise, elle reste néanmoins dans le viseur de Bruxelles. Malgré les écueils rencontrés, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, se veut toujours optimiste quant à l’objectif de vacciner 70% de la population adulte d’ici la fin de l’été.

Accélérer le processus de vaccination mais aussi contenir la propagation de variants, ce sont les deux principaux thèmes que l’on retiendra de ces discussions. La question des restrictions aux frontières a également été discutée et la Commission Européenne a mis en garde six pays dont la Belgique sur le fait que la fermeture des frontières intra-européennes qui sont considérées comme « nuisible au marché unique ». Le thème de l’introduction d’un passeport vaccinal était également à l’ordre du jour mais pour le moment les Etats apparaissent divisés sur le sujet et aucune position commune n’est définie.

En marge de cette réunion, l’euro a connu une folle journée. La devise européenne a largement performé face à l’ensemble des devises émergentes, refuges et cycliques. La paire EUR/USD a fait un passage temporaire au-dessus du seuil de 1,22 $ pour la première fois depuis plus d’un mois avant de retracer, tandis que la paire EUR/JPY a franchi le seuil de 129 ¥ pour la 1ière fois en 2 ans. Sur une pente glissante depuis le début de l’année, la paire EUR/GBP a enregistré un rebond de 1% (0,8690 £) et ainsi enregistré sa meilleure séance depuis plus de deux mois. Pour finir, l’euro n’était pas non plus en reste face aux devises cycliques. Elle s’est notamment appréciée de plus de 0,9% face au dollar néo-zélandais (1,65 NZ$), de 1,3% face au dollar australien (1,55 A$) et de 1,5% face à la couronne norvégienne (10,35 NOK).

Une séance difficile pour les devises émergentes

Les devises émergentes ont ce jeudi lourdement chuté face à l’euro. La forte hausse des rendements des bons du trésor européens et américains a finalement eu raison de l’optimisme qui porte les actifs émergents depuis de nombreuses semaines. Pour la première fois depuis le mois de juin, les rendements à 10 ans sur la dette française sont repassés en territoire positif. En Allemagne également, les rendements à 30 ans ont atteint hier un pic de plusieurs mois, passant de -0,19% à 0,24% depuis le début de l’année. Une telle dynamique de remontée des rendements obligataires au sein des économies développées, favorisée par la hausse des anticipations d’inflation et les perspectives de croissance cette année, n’avait plus été observée sur les marchés depuis 2016.

Tirant profit ces dernières semaines d’une faible volatilité financière et de rendements plus attractifs que ceux offerts par les devises du G10, les devises émergentes ont subi un fort déclin d’intérêt parmi les investisseurs. Ces derniers voient d’un mauvais œil la hausse des coûts de financement à long terme en dollar, lequel pourrait constituer un frein à la reprise pour certaines économies en voie de développement qui s’appuient sur des sources de financement extérieur comme moteur de croissance. Ainsi, plusieurs devises ont connu hier l’une de leur pire séance depuis près d’un an et la période de panique boursière provoquée en février-mars 2020 par l’arrivée de la pandémie en Europe et aux Etats-Unis.

Le rand sud-africain a chuté de plus de -3% face à l’euro et ainsi enregistré sa pire séance depuis le 9 mars 2020, clôturant à un plus bas depuis 4 semaines face à l’euro à plus de 18,0 ZAR. Peu sensible mercredi aux annonces budgétaires qui n’avaient pourtant pas rassuré les marchés sur la santé financière du pays, le rand a subi un large contrecoup. Les devises sud-américaines ont également été lourdement pénalisées comme le réal brésilien, le peso mexicain ou encore le peso chilien qui ont tous les trois cédé plus de -2% hier face à l’euro. Touchant un pic en séance à 6,75 BRL, le taux EUR/BRL a flirté avec ses plus hauts historiques atteints en octobre dernier (6,79 BRL). Les devises asiatiques n’ont pas été épargnées, et parmi elles le won coréen est celui qui a le plus souffert et cédé plus de -1% face à l’euro qui l’envoya à un creux de plus de 4 mois (1360 KRW). Le yuan non-continental (CNH) s’est déprécié de -0,7% face à l’euro et clôturé jeudi à son plus bas niveau depuis 1 mois aux portes du seuil de 7,90 ¥.

Publications statistiques

L’indice de sentiment économique en zone euro a rebondi bien plus fortement que prévu en février et atteint un pic de 11 mois. Cette dynamique est partie causée le fort rebond de l’indice de sentiment industriel depuis le mois d’avril. Le sentiment des consommateurs européens se redresse également légèrement (-14,8 vs. -15,5 en janvier) mais reste bien en-dessous de son niveau en fin d’année dernière (-13,8 en décembre) et plus globalement de ses niveaux d’avant crise (-6,4 en février 2020).

La croissance du PIB américain au 4ème trimestre 2020 a été revue légèrement à la hausse. Il s’établi ainsi à +4,1% contre +4,0% en première lecture. Bonne surprise également sur le front de l’emploi : la semaine dernière, 730k nouveaux américains se sont inscrits aux allocations chômage contre 861k la semaine précédente. Ce résultat est bien plus positif que les attentes des analystes qui tablaient sur le chiffre de 838k. Pour finir, les commandes de biens durables sont en forte hausse au mois de janvier. Elles progressent de 3,4% M/M contre +1,1% anticipé par le consensus, cela en dépit d’une situation sanitaire toujours fragile, ce qui tend à confirmer la robustesse retrouvée du secteur de l’industrie qui s’est adapté à ces nouvelles conditions.

Les chiffres de croissance au T4 en France ont été revu à la baisse : -1,4% vs. -1,3% en première lecture. L’Allemagne avait surpris positivement mercredi alors que la France déçoit.

Aujourd’hui, les marchés seront attentifs à la publication de l’indice d’inflation PCE aux Etats Unis (14h30) ainsi qu’à l’indice de confiance des ménages américains (16h00). Le rendez-vous de la journée sera incontestablement le vote du plan de relance à la Chambre des représentants qui devrait avoir lieu dans la soirée et la nuit.


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