Actualités du marché des devises

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févr. 25, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des incertitudes sur l inflation calmées et espoir autour du vaccin de Johnson & Johnson : l euro accélère

Tendance du jour

La séance américaine de la veille a été marquée par un net rebond des indices boursiers et par un certain appétit au risque de la part des intervenants de marché. L’indice industriel Dow Jones, alors en progression de 1,35%, a atteint de nouveaux sommets historiques à 31962 points. Autre signe témoignant que l’optimisme des derniers mois est toujours présent, le titre GameStop qui a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines a connu hier un impressionnant rebond de 104%. L’indice de volatilité VIX était quant à lui en baisse de plus de 7% et retombe sous la barre des 22 points. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir les indices asiatiques rebondir cette nuit (+1,65% pour l’indice japonais Nikkei 225) et la séance européenne débuter dans le vert. Le CAC 40 atteint un niveau point haut en 2021 (et depuis un an) à plus de 5 800 points. L’espoir d’une approbation très prochainement du vaccin produit par Johnson & Johnson aux Etats-Unis, mais aussi de l’adoption du plan de relance américain qui fera l’objet d’un premier vote au Congrès ce vendredi, stimule la confiance des investisseurs et les enjoint à prendre des risques.

Face aux devises dites refuges, l’euro poursuit son ascension et franchit ce matin de niveau palier majeur. Le taux EUR/JPY dépasse ce matin le seuil de 129 ¥ pour la première fois en plus de deux ans, tandis que la paire EUR/CHF repart à l’attaque du seuil de 1,1050 ₣ qui fait office de « plafond de verre » depuis le mois de juillet 2019. Le taux EUR/USD s’attaque au seuil de 1,2180 $ sur lequel il bute depuis plus d’un mois en espérant qu’une fois franchi il pourra se réinstaller au-dessus du seuil de 1,22 $. Comme ces derniers jours, le dollar ne paraît pas sensible à la hausse des rendements obligataires américains comme le démontre son manque de vigueur ce matin malgré le rebond des taux à 10 ans à un nouveau pic d’un an à plus de 1,40 %.

Si la hausse des taux américains n’a pas de prise sur le dollar, il en est tout autrement pour les devises émergentes. Nombreuses sont celle qui ce matin subissent une correction importante face l’euro comme le rand sud-africain (-1,1%), peso mexicain (-0,8%), la roupie indienne (-0,6%) ou encore le yuan (-0,3%).

L’éclaircie sanitaire plombe le yen et le franc suisse (JPY – CHF)

L’autorité de régulation des médicaments aux Etats-Unis a déclaré hier que le vaccin du laboratoire Johnson & Johnson était sûr et efficace, et notamment sur les différentes formes de variants connus à ce jour (variants britannique, brésilien et sud-africain). Toute région confondue, les tests cliniques indiquent une efficacité de 85% contre les formes sévères de la maladie et de 66% contre les formes modérées. Les deux atouts majeurs de ce vaccin résident dans le fait qu’il ne nécessite l’injection que d’une seule dose contrairement aux versions de Pfizer et Moderna actuellement distribuées aux Etats-Unis, et aussi qu’il peut être stocké dans des réfrigérateurs normaux contrairement au vaccin de Pfizer qui nécessite d’être maintenu à très basse température avant utilisation. Ces deux caractéristiques devraient vraisemblablement faciliter la logistique et permet d’accélérer le rythme de vaccination. Une réunion d’un comité consultatif indépendant est organisée ce vendredi pour débattre de la mise sur le marché du vaccin de Johnson & Johnson. En cas d’avis favorable, l’agence américaine des médicaments (FDA) pourrait très rapidement donner son feu vert pour une utilisation rapide de ce vaccin. La semaine dernière, l’Agence européenne du Médicament (EMA) avait annoncé qu’elle se prononcera le mois prochain sur une procédure d’autorisation accélérée du vaccin au sein de l’UE.

Autre signal positif pour l’économie européenne, la Suisse a autorisé hier la réouverture des magasins, des musées et salles de sport à partir de mois prochain. Le Danemark également procède à des assouplissements des règles de semi-confinement et va rouvrir de ses commerces dits « non-essentiels ». La situation n’est pas homogène partout en Europe puisque la Suède, la République Tchèque ou encore la France ont décidé à l’inverse de durcir les règles. La prudence reste donc de mise face à une situation sanitaire qui reste encore très fragile. L’autre bonne nouvelle, ou du moins l’annulation d’une mauvaise nouvelle tombée cette semaine, nous est venue de l’entreprise britanno-suédoise AstraZeneca qui a démenti les récentes informations à propos de nouveaux retards dans la livraison de vaccin à l’Union Européenne. Plusieurs articles parus cette semaine évoquaient un ratio de 50% des commandes faites au T2 non livrées.

Alors que le nombre de contaminations dans le monde continue de chuter (elles ont atteint cette semaine un plus bas depuis le mois d’octobre dernier), les vaccins tiennent à ce jour toutes leurs promesses et font entrevoir une sortie de crise à moyen terme. Les nouveaux résultats des études menées en Israël en situation réelle confirment l’efficacité du vaccin produit par Pfizer pour contenir l’expansion du virus. L’optimisme prédomine donc et influe sur les prises de décision des intervenants de marché qui, par ailleurs, ont vu leurs inquiétudes sur une remontée de l’inflation calmées par les propos hier de plusieurs banquiers centraux (voir segment USD ci-contre). Ce sont les devises dites « refuges » qui sont les premières et principales victimes collatérales de ce renforcement de sentiment. Le taux EUR/CHF a enchaîné hier une 7ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé qui dépasse désormais les 2% sur cette période. Le taux a été aperçu hier en séance à un pic de 1,1056 ₣, soit une valorisation que l’on ne l’avait plus atteint depuis le mois d’octobre 2019 et qui se révèle 1,3% supérieur au point le plus haut enregistré l’année dernière (1,0915 ₣). La paire EUR/JPY n’est pas en reste et franchi un nouveau cap ce jeudi matin, celui de 129 ¥ qu’elle n’avait plus touché depuis le mois de décembre 2018. Depuis le début d’année 2021, la paire EUR/CHF enregistre un rebond de +2,1% et la paire EUR/JPY de +2,5%.

J. Powell et le vaccin Johnson & Johnson ravivent l’optimisme des marchés (EUR/USD)

Aux Etats-Unis, rien de nouveau sous le soleil si ce n’est que la Fed, via la voix de son gouverneur central, a de nouveau dissipé les inquiétudes autour d’une forte remontée de l’inflation et à cet égard rassuré les marchés actions. Lors de sa deuxième audition de la semaine, Jerome Powell s’en est tenu au script habituel : la banque centrale maintiendra sa politique monétaire accommodante jusqu’à ce que l’inflation retrouve une moyenne de 2% pour quelque temps et que le plein emploi soit de retour. Cela pourrait intervenir d’ici 2023, voire après. Pour l’heure, la reprise est jugée pour le moment incomplète et l’inflation reste encore faible d’où la nécessité pour la banque centrale, mais aussi pour le Trésor, de poursuivre une politique de soutien ample.

Ses propos ont eu le mérite de rassurer les investisseurs et de chasser, du moins temporairement, les inquiétudes à l’égard d’une éventuelle réduction prématurée du stimulus monétaire à l’origine du rallye boursier qui dure depuis 11 mois. Les indices actions américains ont enregistré un rebond de 1%, notamment l’indice de valeurs technologiques Nasdaq qui restait sur deux séances consécutives de repli (-3%) et un mouvement correctif de -4,5% sur les 6 dernières séances. La publication hier aux Etats-Unis de résultats montrant l’efficacité du vaccin produit par le laboratoire américain Johnson & Johnson sur différentes formes de variants a également eu un rôle prépondérant dans le rebond des actions. Ce vaccin, qui a l’avantage de n’être administré que par dose unique et de ne pas avoir besoin d’être stocké à très basse température, pourrait recevoir l’aval des régulateurs américains dans les prochains jours et possiblement dès ce weekend.

Après avoir amorcé la journée sur la défensive et flirté avec la barrière de 1,21 $, le taux EUR/USD s’est repris en fin de journée et a effacé l’ensemble de ses pertes de la journée pour clôturer à un pic d’un mois à plus de 1,2160 $. La paire de change continue de lorgner vers le seuil de 1,22 $ qu’elle n’a plus atteint depuis le 13 janvier dernier, néanmoins un seuil de résistance s’exerce au niveau de 1,2180 $ et freine pour le moment les velléités haussières de l’EUR/USD. La publication ce jeudi des indices de sentiment en Zone Euro (11h00) et des chiffres révisés du PIB américain au T4 2020 (14h30) pourraient constituer des catalyseurs venant soutenir, ou au contraire infléchir la dynamique haussière actuelle. À surveiller également les débats au sein de l’UE sur la stratégie sanitaire alors que l’on assistera ces deux prochains jours à un sommet virtuel des chefs d’Etat européens, mais aussi les préparatifs aux Etats-Unis avant le vote ce vendredi à la Chambre des représentants du plan de relance de Joe Biden.

Le rallye de la livre sterling stoppé par la Banque d’Angleterre (GBP)

L’intervention hier de différents membres de la Banque d’Angleterre (BoE) dont le gouverneur central Andrew Bailey a quelque peu refroidi les ardeurs des acheteurs de livre sterling. Comme son homologue américain l’avait fait la veille, Bailey a écarté l’hypothèse d’une flambée des prix sur fond de reprise et indiqué dans la foulée que la banque centrale n’est pas près de changer sa politique de rachat d’actifs, ni de remonter son taux directeur. La banque table sur une contraction de l’économie au 1er trimestre à cause des nouvelles restrictions sanitaires imposées sur le début d’année et se veut prudente sur la reprise compte tenu du fait que la pandémie pourrait laisser des traces indélébiles sur le marché de l’emploi. La campagne de vaccination massive déployée par les autorités britanniques n’a pas d’impacts sur les projections réalisées par la banque en novembre dernier, précise le gouverneur central britannique, celle-ci tablait déjà à l’époque sur une accélération de l’économie au second semestre 2021 pour un retour à la normale anticipé à 2022. En ce qui concerne le débat qui agite actuellement les marchés sur une supposée remontée de l’inflation, il n’y a pas pour le moment de signes de surchauffe laissant penser que l’inflation pourrait rapidement dépasser l’objectif de 2% fixé par la banque centrale, et par ailleurs la revalorisation actuelle de la livre sterling devrait agir comme une force « déflationniste » en pesant sur les coûts d’import.

Outre l’aspect monétaire, le responsable monétaire britannique a également abordé le thème épineux de l’après-Brexit et s’est montré quelques peu véhément à l’encontre des tentatives de Bruxelles de rapatrier les services financiers sur le sol européen. Cette sortie intervient alors que Londres vient de céder la place de première place financière en Europe au profit d’Amsterdam et que se jouent actuellement des négociations entre britanniques et européens pour tenter de trouver un accord sur les services financiers d’ici la fin mars. C’est un enjeu majeur pour le Royaume-Uni que de sécuriser un tel accord sachant que le secteur représente 7% du PIB national, 10% des collectes d’impôt, et qu’il est le premier pôle exportateur du pays en termes de surplus commercial dégagé.

Les propos de la Banque d’Angleterre ont non seulement porté un coup aux spéculations autour d’une éventuelle normalisation monétaire prématurée, mais également réveillé le spectre d’une nouvelle dispute entre britanniques et européens. Aussi après un rebond en début de journée à un nouveau pic de presque un an de 0,8540 £, la livre sterling a rapidement rebroussé chemin pour se repositionner au-dessus du seuil de 0,86 £ face à l’euro. L’ascension de la devise britannique n’est pas remise en cause néanmoins la séance de mercredi nous montre qu’elle pourrait connaître quelques à-coups et ne pas forcément être à l’avenir aussi linéaire que ces dernières semaines. Pas de répit pour autant pour les marchés et les observateurs de la devise britannique qui désormais ont les yeux tournés vers le nouveau budget britannique qui sera présenté la semaine prochaine, lequel fait actuellement l’objet de spéculations sur la magnitude des nouvelles mesures de soutien du gouvernement pour accompagner la reprise. Un rapport réalisé par un think thank britannique évoque ce matin la nécessité de débloquer 100 Mds£ pour aider le pays à se relever de sa pire récession enregistrée en 300 ans (-9,9% en 2020).

Les marchés pas réellement convaincus pas du nouveau budget sud-africain (ZAR)

La présentation du nouveau budget sud-africain dépeint une économie noyée sous les dettes et sous la pression de ses créanciers. Près de 20% des revenus fiscaux du pays seront alloués au remboursement de la dette. Fait inédit, l’Afrique du sud dépensera plus d’argent cette année pour payer ses intérêts sur sa dette qu’elle n’en consacrera à son budget de santé. Le Trésor sud-africain avait déjà alerté que si la dynamique de hausse du service de la dette continuait comme cela, l’Afrique du sud serait à l’avenir incapable de rembourser ses dettes.

Malgré cela, le gouvernement a opéré un rétropédalage sur les hausses d’impôts précédemment prévues alors que les statistiques publiées cette semaine indiquent un niveau de chômage en fin d’année dernière historiquement haut de 32,5%. Il privilégiera désormais le soutien à la consommation et à l’investissement, ainsi que la vaccination de la population contre le coronavirus. L’impôt sur les entreprises sera par exemple abaissé d’un point de pourcentage à partir d’avril 2022. Le gouvernement tentera toutefois de stabiliser la situation financière du pays, du moins de ne pas l’aggraver davantage, en réduisant les dépenses sociales, de santé et de défense. La baisse de ces dépenses et le gel des salaires des fonctionnaires, notamment des professeurs, risquent de s’avérer négatifs pour les perspectives économiques de long terme de l’économie sud-africaine.

Les réactions à ces annonces ont été relativement mitigées néanmoins le rand est tout de même parvenu à finir la séance dans le vert face à l’euro, très certainement porté par l’optimisme général des investisseurs autour des vaccins et de la reprise. Les risques de dérapage financier en Afrique du Sud et d’une reprise possiblement handicapée par des dépenses en santé réduite pourraient à terme, au moins freiner la dynamique de revalorisation du rand et possiblement même générer de nouvelles pressions baissières sur la devise. Pour l’heure, on observe un seuil « plancher » à 17,50 ZAR sur lequel la paire EUR/ZAR bute depuis la semaine dernière. Coincé dans un couloir de 17,50 – 18,00 ZAR depuis trois semaines, le taux se chercher une nouvelle direction. Si les incertitudes au niveau local jouent en défaveur du rand, le contexte financier global très optimisme est à l’inverse un catalyseur positif pour la devise sud-africaine qui est l’une des devises émergentes sollicitées pour ses rendements attractifs.

Publications statistiques

Le sentiment des consommateurs allemands se redresse légèrement, ou du moins cesse de se dégrader. Il s’établit à -12,9 contre -15,6 le mois dernier, ce qui reste néanmoins un niveau extrêmement dégradé et bien loin de ceux observés avant le début de la crise sanitaire. En France, le moral des consommateurs enregistre un recul inattendu et recule de -1pt à 91 qui est son plus bas niveau depuis 3 mois. Il faut dire que l’aspect sanitaire continue de miner la confiance des consommateurs dans l’hexagone qui ne voient toujours pas encore la lumière au bout du tunnel. Hier, la France a enregistré plus de 31 500 nouveaux cas de contamination, tout simplement son plus haut niveau depuis trois mois.

Les marchés seront également attentifs à la publication de différents indices de sentiment à 11h00 pour la zone euro dans son ensemble. Plus tard à 14h30, les Etats unis seront à l’honneur lors des publications de la croissance du PIB au T4 2020, des commandes de biens durables et les traditionnelles inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage.


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