Actualités du marché des devises

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févr. 22, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des pressions inflationnistes qui s'intensifient /  L'EUR/CHF égale son pic de 2020

Tendance du jour

La semaine débute dans le rouge pour les principaux indices asiatiques et européens. L’indice français CAC40 est notamment en repli de -0,75%. Les anticipations de reprise et d’inflation continuent de tirer à la hausse les taux obligataires européens et américains, ce qui ne manque pas de susciter quelques perturbations sur les marchés actions. À l’aune de cette semaine qui débutera par la présentation ce lundi du plan de déconfinement britannique et se conclura par le vote vendredi au Congrès du plan de relance américain, les taux américains 10 bondissent vivement ce matin pour atteindre un pic d’un an à 1,37%. La hausse continue des prix des matières premières depuis plusieurs semaines joue aussi un rôle influant dans la remontée des anticipations d’inflation. Ce matin, le pétrole européen (indice Brent) se reprend et remonte au-dessus des 63 $ après avoir connu une correction de plus de -2% en deux jours. Le cuivre n’en finit pas de grimper et touche ce matin un pic de plus de 10 ans sur les marchés à terme américain, ce qui ne laisse pas le dollar australien complètement insensible que l’on voit bondir à un pic depuis juin 2018 (1,54 A$).

Sur le marché des changes, l’euro est ce matin globalement en hausse, en particulier face au yen et au franc suisse. Face à ces deux traditionnelles devises refuges, la devise européenne progresse vivement après la publication ce matin d’indices IFO de climat des affaires en Allemagne en plus forte progression que prévu. On a vu la paire EUR/CHF égaler son pic de 2020 à 1,0915 ₣, néanmoins celle-ci s’est vite rétractée et semble toujours rencontrer des difficultés à franchir durablement le cap des 1,09 ₣. Le taux EUR/JPY continue d’osciller non loin de ses plus hauts depuis 2 ans à proximité du seuil de 128 ¥. Quant à l’EUR/USD corrige légèrement mais se maintient à plus de 1,21 $.

À contrario, la devise européenne progresse franchement face à certaines devises émergentes. On notera la hausse de 1,20% de la paire EUR/MXN, de 0,74% de la paire EUR/RUB et de 0,95% de la paire EUR/ZAR. La forte remontée des rendements obligataires américains a déjà été par le passé un facteur pénalisant pour les devises émergentes, et l’histoire semble se répéter.

Bonne surprise et performance de l’industrie européenne

Les premiers indicateurs d’activité PMI du mois de février publiés vendredi dernier nous ont conforté dans l’idée d’une reprise en forme de « K » en Europe, et d’une divergence importante de dynamique entre une industrie qui tourne à plein régime (pic de 3 ans atteint en février) et un secteur des services qui reste en contraction car pénalisé par les nombreuses restrictions sanitaires encore actives. Au Royaume-Uni, le secteur des services reste aussi pénalisé et a enregistré une légère contraction après avoir enregistré en janvier sa pire chute d’activité depuis 8 mois.

Aux Etats Unis l’expansion de l’activité économique reste forte notamment grâce à une légère accélération de l’activité des services. L’activité manufacturière connait toutefois son premier ralentissement depuis le pic de la crise économique en avril dernier. Malgré le différentiel de dynamique économique entre la Zone Euro et les Etats Unis, la paire EUR/USD a tout de même progressé de plus de 0,20% vendredi dernier et clôturé la semaine à plus de 1,21 $. La surperformance du secteur industriel européen par rapport aux attentes a apporté un peu de baume au cœur aux acheteurs d’euro, tout comme d’ailleurs le peu de réactivité des marchés actions à l’environnement de hausse des rendements obligataires. On craignait que le rallye boursier soit perturbé par la montée des pressions inflationnistes, il n’en est rien pour le moment.

Cette semaine, les marchés de nouveau attentifs aux publications de statistiques d’activité économique en Europe et aux Etats Unis. La première économie mondiale publiera notamment ses statistiques de confiance des consommateurs (mardi), son PIB révisé du 4ème trimestre (jeudi) et les dépenses de consommation des ménages américains (vendredi). Une double intervention au Congrès de la part du gouverneur centrale américain, Jerome Powell, sera également un moment marquant de cette semaine. Du côté de la zone euro, les statistiques révisées du PIB allemand (mercredi) et les indices de sentiment des acteurs économiques européennes (jeudi) seront également suivis attentivement par les acteurs de marché.

Le plan de relance américain bientôt adopté ?

La semaine dernière Janet Yellen, secrétaire au Trésor américain, a une nouvelle fois défendu la nécessité de faire adopter au plus vite le plan de relance de 1900 Mds$ de l’administration de Joe Biden. Malgré des signes montrant que la machine économique américaine est repartie sur de solides bases (l’indice PMI composite est notamment à un plus haut depuis 2015), cette dernière considère toutefois que les risques sous-jacents à faire trop peu sont plus importants que ceux d’en faire trop. Le marché de l’emploi est surtout encore très dégradé aux Etats Unis. Près de 9 millions d’américains n’ont toujours pas retrouvé d’emploi depuis le début de la pandémie. De plus, les statistiques hebdomadaires d’inscriptions aux allocations chômage montrent que la décrue du chômage est ralentie depuis le mois de septembre dernier. Grâce au plan de relance, Janet Yellen espère un retour au plein emploi dès l’année prochaine.

Les démocrates espèrent ainsi soumettre rapidement au vote ce plan de relance avant le 14 mars, date à laquelle de nombreuses aides fédérales prendront fin. Le projet de loi sera présenté à la Chambre des représentants ce vendredi 26 février prochain, avant de passer devant le Sénat où la bataille législative s’annonce plus serrée au regard de l’équilibre des pouvoirs entre démocrates et républicains au sein de cet hémicycle. En ayant décidé de rattacher le plan de soutien à une procédure budgétaire, le parti Démocrate s’est offert le « luxe » d’éviter tout risque d’obstruction parlementaire, néanmoins il ne devra observer aucune défection dans son propre camp lors du vote au Sénat s’il veut que son projet soit approuvé. À ce jour, il semblerait qu’aucun sénateur républicain ne souhaite apporter son soutien au plan dans sa version actuelle car considéré trop coûteux.

L’adoption potentielle du plan de soutien américaine devrait continuer à nourrir l’appétit au risque des marchés... ainsi les anticipations d’inflation. Ces dernières continuent à faire grimper les rendements des obligations souveraines américaines, notamment les maturités longues comme celles à 10 ans qui grimpent ce lundi à un pic d’un an de 1,37% ou encore celles à 30 ans qui atteignent ce matin un pic de 13 mois à 2,17%. Une tendance identique est aussi observée en Europe et permet au spread de taux entre ces deux zones économiques de ne plus s’écarter. Pour l’instant, cela permet probablement à la paire EUR/USD de se maintenir au-dessus seuil symbolique de 1,20 $ que l’on a vu en danger en début de mois. Si pour le moment la hausse des rendements américains ne perturbe pas l’équilibre des marchés, il pourrait en être autrement si elle venait à s’intensifier vivement. On pourrait alors assister à une hausse de la demande au dollar au détriment des valeurs émergentes qui ont tendance à sous-performer lorsque les taux américains progressent. Des devises comme le réal brésilien ou le rand sud-africain que l’on a vu bien performer ces dernières semaines pourraient en pâtir.

Le Royaume-Uni va amorcer sa phase de déconfinement

Confiné depuis début janvier, le Royaume Uni s’apprête à assouplir les restrictions sanitaires dans les prochains jours. Le premier ministre britannique Boris Johnson présentera ce lundi la stratégie de déconfinement du pays qui débutera le 8 mars prochain, laquelle devrait être très graduelle et se découper en plusieurs étapes si l’on en croit les bruits de couloir rapportés la semaine dernière par les médias. Malgré une forte décrue des cas de contamination outre-Manche (moyenne mobile 7-jours recensée à un plus bas depuis début octobre) et une politique de vaccination massive qui a vu plus d’un quart de la population britannique recevoir une dose de vaccin, le gouvernement veut agir prudemment pour éviter toute nouvelle propagation du virus qui viendrait saper les efforts réalisés ces dernières semaines. Les écoles devraient être les premières à rouvrir début mars tandis que les pubs et restaurants devraient eux rester fermés jusqu’en avril voire mai d’après les récentes informations relayées dans la presse britannique.

Cette approche prudente viendrait-elle refroidir les acheteurs de livre sterling ? Pas si sûr car les marchés louent à l’inverse l’avance prise par le Royaume-Uni en matière vaccinale mais aussi au niveau sanitaire comparativement à ses voisins européens où la décrue des contaminations n’est pas à ce jour assez importante pour que les autorités puissent considérer dans un futur proche une réduction des restrictions. C’est du moins le mot d’ordre entendu ce weekend en Allemagne, mais dont on peut penser que d’autres pays européens comme la France se font également l’écho. Le taux EUR/GBP enregistre un repli cumulé de -5,5% depuis son dernier point haut atteint en janvier dernier et a été aperçu en fin de semaine dernière à un creux depuis près d’un an non loin du seuil de 0,86 £. La dynamique reste orientée à la baisse sur ce début de semaine et semble disposer d’un potentiel baissier encore important sachant que l’on est encore loin des niveaux observés avant le début de la pandémie (0,84 £).

Rien ne peut donc stopper l’ascension de la livre sterling ? Cette bulle d’optimisme pourrait se dégonfler en cas de coup de froid émanant de tensions autour négociations bilatérales en cours entre britanniques et européens sur l’encadrement des services financiers ou encore de déception face à une réduction jugée trop rapide des mesures de soutien de l’Etat lors de la présentation du nouveau budget le 3 mars prochain par le ministre britannique des finances Rishi Sunak. Une cure d’austérité appliquée aussi tôt dans la phase de reprise pourrait être considérée comme préjudiciable par les marchés, et ainsi venir entamer l’appétit de ces derniers pour la livre.

Publications statistiques

Aux Etats-Unis, l’expansion de l’activité économique globale accélère au mois de février. L’indice PMI composite s’établit à 58,8 notamment grâce à l’augmentation du secteur des services. En zone euro et au Royaume Uni, l’activité économique globale accélère également, notamment grâce au rebond de l’activité des services au Royaume Uni (de 39,5 à 49,7 en février) et à une dynamique supérieure de l’activité manufacturière en zone euro (de 54,8 à 57,7 en février). Au Canada, les ventes au détail se sont contractées de -3,4% M/M lors du mois de décembre dernier. Elles connaissent ainsi leur plus forte contraction depuis le mois de mars 2020.

Les résultats des indices Ifo de climat des affaires en Allemagne sont ressortis au-dessus des attentes du marché à un pic de 4 mois.

Aujourd’hui, les marchés seront sensibles à la décision monétaire de la banque centrale israélienne (15h00) et à la publication de l’indice de la FED de Dallas (16h30). La présidente de la banque centrale européenne devrait également prendre la parole publiquement à partir de 14h45.


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