Actualités du marché des devises

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févr. 12, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des marchés de marbre face aux bonnes performances en Norvège et au Royaume-Uni au T4

Tendance du jour

Les marchés asiatiques ont consolidé cette nuit les gains acquis lors des dernières semaines en l’absence des investisseurs chinois qui célèbrent aujourd’hui le nouvel an lunaire et qui seront en congé jusqu’au 17 février. L’indice japonais Nikkei225, qui évolue sur un sommet de plus de 20 ans a toutefois cédé -0,15%. En Europe, la séance a débuté légèrement dans le rouge, l’indice allemand DAX 30 et l’indice français CAC40 sont dans le rouge ce matin. On notera également ce vendredi le nouveau repli du baril de pétrole déjà en baisse hier. On semble assister à une séance de consolidation sachant que les catalyseurs de volatilité restent à ce jour toujours plus positifs que négatifs (plan de relance US, campagnes de vaccination) mais qu’on a en même temps peu d’éléments nouveaux sur lesquels s’appuyer.

Sur le marché des changes, l’euro est globalement en hausse. On apprenait hier que le mouvement 5 étoiles allait soutenir la coalition de Mario Draghi après le vote favorable de ses adhérents. La paire EUR/JPY poursuit ainsi sa hausse des derniers jours et tutoie à nouveau ses plus hauts de l’année à plus de 127 ¥. Après un rebond de +1,4% sur les 5 dernières séances, le taux EUR/USD corrige ce matin et menace de retomber sous le seuil de 1,21 $. Ce repli s’apparente à un mouvement technique au regard de l’absence de catalyseurs particuliers justifiant cette contraction.

La couronne norvégienne accuse une 3ième séance consécutive de repli face à l’euro et chute ce matin à un creux d’une semaine à 10,30 NOK malgré la lecture ce matin d’un rebond plus important que prévu de la croissance en Norvège au T4. On fait le même constat du côté du Royaume-Uni où le rebond deux fois plus importants que prévu de l’économie au dernier trimestre 2020 n’empêche pas la livre sterling de céder un peu de terrain face à l’euro et glisser en direction du seuil de 0,88 £.

Le peso mexicain résiste plutôt bien à la décision monétaire de la banque centrale hier soir. Alors qu’elle a abaissé son taux directeur de 0,25 points de base, le peso mexicain cède 0,25% ce matin. La réaction n’est pas plus violente car cette décision était largement anticipée par les marchés et les analystes. Les autres devises d’Amérique latine sont quant à elles en hausse.

Économie européenne : « la lumière au bout du tunnel » ?

Pour la Commission européenne, qui publiait hier ses nouvelles projections de croissance pour la zone euro, on aperçoit « la lumière est au bout du tunnel ». Elle estime en effet que le niveau de PIB de la zone retournera à son niveau pré-pandémique plus rapidement que prévu, notamment grâce au déploiement massif de vaccins. Malgré une prévision de croissance revue à la baisse en Zone Euro pour cette année (3,8% de croissance contre 4,2% d’après les estimations d’octobre dernier), Bruxelles table sur un rebond plus important que prévu de l’économie européenne en 2022 (3,8% contre 3% d’après les estimations d’octobre dernier). L’arrivée de variants et la nouvelle vague de contamination observée en Europe au début d’année ne devrait à priori pas remettre en cause un scénario de reprise, juste le décaler dans le temps. Une accélération pourrait ainsi s’observer à partir du second semestre une fois qu’une large partie de la population aura été vaccinée, et devrait après se prolonger sur 2022.

Les effets de la crise pourraient ainsi être effacés d’ici la mi-2022 alors que les prévisions d’octobre dernier tablaient sur un retour à la normale pas avant 2023. Les espoirs de la Commission reposent essentiellement sur la vaccination de la population européenne. Ces prévisions relativement optimistes se basent sur l’objectif fixé par la Commission Européenne elle-même d’un taux de 70% de personnes adultes vaccinées d’ici la fin de l’été. Un objectif qui est réalisable mais qui sera néanmoins « assez difficile » à atteindre du propre aveu du commissaire européen à l’économie Paolo Gentiloni. L’Union Européenne a rencontré pas mal de difficultés depuis le début des campagnes fin décembre, aussi bien en ce qui concerne la fabrication que l’approvisionnement des vaccins. Le maintien de larges mesures de soutien fiscal et monétaire, actuellement déjà en place dans la plupart des pays européens, tout comme l’évolution de la pandémie auront une influence majeure dans la réalisation ou non de ces projections.

Face à cette perspective de rebond important de l’activité, la Commission européenne a relevé ses prévisions d’inflation pour cette année. Elle s’attend non plus à une hausse des prix à la consommation de 1,1% mais de 1,4%. En revanche, les perspectives pour 2022 restent inchangées par rapport aux prévisions faites en octobre dernier et l’inflation est attendue à 1,3%. Il n’y aura donc pas de remontée de l’inflation au niveau de l’objectif de long terme de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE) avant au moins 2023. Cette projection est en ligne avec les propres évaluations faites par la BCE, ce qui vient soutenir la thèse d’un maintien de mesures accommodantes en Zone Euro et d’un environnement de taux bas pendant une période prolongée de temps. À ce jour, les positions actuelles sur les marchés monétaires estiment qu’il n’y aura pas de hausse de taux en Europe avant 2024, ce qui laisse l’euro sous la menace de perte d’attractivité face aux devises de pays qui procèderont à une normalisation plus rapide de leur politique de taux. On pense en premier lieu au dollar qui pourrait bénéficier d’une remontée de taux prématurée de la part de la Fed. Les spéculations monétaires tablent actuellement sur une première hausse en 2023.

L’euro a plutôt bien réagi à la publication des projections de la Commission européenne, que certains qualifieront d’optimistes au regard des incertitudes qui planent concernant la situation sanitaire et de la lenteur actuelle des campagnes de vaccination en Europe (4,13% de taux de vaccination au 10 février, source : OurWorldIndata). La devise européenne a accentué son rebond face au dollar et accuse désormais un gain de +1,4% depuis vendredi dernier, et a conforté au passage sa position à plus de 1,21 $. Le taux EUR/JPY est à nouveau de retour au-dessus du seuil de 127 ¥ et revient tutoyer ses plus hauts niveaux de l’année. Le taux EUR/CHF a stoppé sa chute mais reste néanmoins pour le moment aux portes du seuil de 1,08 ₣. Le rebond des marchés actions et les niveaux de volatilité relativement faibles actuellement visibles sur les marchés financiers favorisent un rebond correctif de la devise européenne après sa vive correction en janvier. La baisse des cas de contamination en Europe est également un élément favorable qui laisse espérer un assouplissement graduel des mesures de restriction actuellement visibles dans la région à partir de mars, ce qui ouvrirait la porte à un rebond de l’économie européenne au T2.

L’économie britannique surprend positivement mais laisse les marchés de marbre

L’économie britannique a accusé un rebond deux fois plus importants que prévu au dernier trimestre 2020 (+1% T/T vs. consensus +0,5%), cela malgré une activité moins soutenue qu’anticipé de l’industrie et une contraction surprise du secteur de la construction en décembre. C’est ce que révèle la large série de données statistiques publiée ce matin au Royaume-Uni. Cette résilience démontrée par l’économie britannique n’émeut pas les marchés qui pensent que ce résultat ne devrait pas éviter une contraction conséquente de l’activité au T1 en raison de l’introduction au début d’année d’un nouveau confinement national. La livre sterling est légèrement orientée à la baisse depuis hier face à l’euro et est aperçu ce matin glissant tout doucement en direction du seuil de 0,88 £.

Outre la situation sanitaire, les effets indésirables et les coûts indirects provoqués par le Brexit risquent de peser sur la reprise de l’économie britannique, du moins un temps d’adaptation sera nécessaire pour s’habituer à ce nouveau contexte. D’après une enquête de la Chambre du commerce britannique, la moitié des entreprises exportatrices du Royaume Uni indiquent faire actuellement face à de nouvelles difficultés comme la hausse des coûts, des retards de livraison ou encore des lourdeurs administratives. Les premières victimes de ces difficultés sont avant tout des petites entreprises. D’après la Commission européenne, l’impact du Brexit sera 5 fois plus important au Royaume Uni qu’en Union européenne où selon ses calculs l’économie pourrait voir son PIB amputé de 0,5% d’ici la fin 2022.

On assiste également depuis quelques jours à un retour de frictions entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne concernant les termes de leur accord commercial signé en décembre. Les tensions actuelles se concentrent sur l’Irlande du Nord dont les échanges commerciaux avec la Grande Bretagne ont fortement chuté depuis la réinstauration au 1er janvier d’un contrôle douanier comme il l’a été initialement convenu entre britanniques et européens pour éviter le retour d’une frontière physique en Irlande. La pénurie de produits en provenance de Grande Bretagne actuellement observée en Irlande du Nord provoque la gronde au niveau local, et presse urgemment britanniques et européens à trouver une solution rapidement. Autre mauvaise nouvelle, la perte par Londres de son statut de première place financière européenne au profit d’Amsterdam. Des négociations bilatérales entre Londres et Bruxelles sont en cours sur les services financiers mais pour l’heure peu de développements tangibles sont à noter.

Si la livre sterling a largement profité de l’enthousiasme généré par le fort démarrage opéré par le Royaume-Uni en matière de vaccination, cette dernière marque quelque peu le pas cette semaine en l’absence de nouveaux catalyseurs haussiers côté britannique. À cet égard, un mouvement correctif baissier de la livre n’est pas à exclure si jamais de nouvelles tensions politiques avec l’UE venaient à surgir.

Décision monétaire et tensions géopolitiques en Russie

Ce matin à 11h30, la banque centrale russe publiera les conclusions de sa réunion monétaire. Les analystes s’attendent en grande majorité à un maintien de son taux directeur sur le niveau actuel de 4,25%. Bien que le niveau d’inflation en Russie (+5,2% recensé en janvier) dépasse largement l’objectif de 4% fixé par la banque centrale, les incertitudes économiques et sanitaires qui entourent la reprise de la croissance russe devraient vraisemblablement pousser cette dernière à maintenir les taux directeur à un leur plus bas historique. À regarder de plus près les projections faites par différents économistes, le contexte prête toujours davantage à une baisse plutôt qu’à une hausse de taux, aussi il faudra surveiller la communication de la banque et les signaux envoyés concernant son orientation monétaire cette année. Si elle venait à ouvrir la porte à davantage de mesures de soutien et une éventuelle baisse de taux dans un futur proche, le rouble pourrait se contracter et faire son retour au-dessus du seuil de 90,0 RUB face à l’euro.

Malgré la très forte progression des prix du pétrole en Europe de plus de 60% depuis début novembre (Brent à 61 $), la paire EUR/RUB oscille de manière latérale dans un couloir de prix de 88,0-92,5 RUB (+/-5%) pour un cours moyen sur les 3 derniers mois estimé à un peu moins de 90,5 RUB. Il faut même remonter au mois de septembre pour revoir la paire de change effleurer le seuil support de 88,0 RUB. La cause du manque de traction du rouble relève aussi bien de la pression sanitaire qui reste forte, et notamment du nombre de décès liés au COVID qui tutoie encore ses pics observés durant cette pandémie (entre 500 et 600 nouveaux décès par jour au mois de février), que des nouvelles inquiétudes autour de possibles sanctions économiques internationales contre la Russie. En effet, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé qu’il allait soumettre aux ministres des affaires étrangères de l’UE lors de leur prochaine réunion programmée le 22 février prochain des propositions de sanction contre Moscou qui est accusé de « dérive autoritaire » (cf. Jean-Yves Le Drian, ministre français des affaires étrangères) concernant la gestion de l’affaire Navalny, opposant politique empoisonné qui vient d’être emprisonné sur ce début d’année en compagnie de plusieurs de ses sympathisants.

Message d’espoir délivré par le président sud-africain, le ZAR monte à un pic de 11 mois

Hier soir, le président d’Afrique du sud Cyril Ramaphosa a détaillé la stratégie du gouvernement pour les années à venir. Elle s’articulera autour de quatre axes principaux : la lutte contre le coronavirus, la reprise économique, la lutte contre la corruption et le renforcement des aides de l’Etat. Sur l’aspect sanitaire, le chef de l’Etat sud-africain a annoncé qu’environ 40 millions de doses de vaccin seraient bientôt livrées dans le pays dont 20 millions du vaccin produit par le duo Pfizer/BioNTech, 12 millions de Covax et 9 millions de Johnson & Jonson. Cela vient contrebalancer les inquiétudes soulevées un peu plus tôt dans la semaine par l’arrêt de la distribution du vaccin produit par AstraZeneca dont l’efficacité sur le variant sud-africain a été remise en cause. Cette première livraison devrait permettre de vacciner 67% de la population du pays, ce qui pourrait être suffisant pour endiguer la propagation de la pandémie, si tant est que de nouveaux variants n’apparaissent pas.

Sur le front économique, le dispositif exceptionnel d’allocations chômage est prolongé de 3 mois. La question du chômage, notamment chez les jeunes, est un paramètre clé de la reprise dans le pays sachant qu’aujourd’hui un peu moins d’un tiers de la population (30,8%) est officiellement sans emploi. En octobre dernier, le président a présenté un plan visant à assurer une croissance moyenne de 3% lors de la prochaine décennie grâce à des investissements en infrastructure, une rénovation des structures électriques pour éviter les coupures de courant multiples l’année dernière et sur ce début d’année, et des réformes du marché du travail.

C’est un rand sud-africain tout sourire que l’on observe depuis le début de l’année, et plus particulièrement depuis le début du mois de février. Les investisseurs semblent soulagés des efforts faits par le gouvernement sud-africain en matière de lutte contre la pandémie, mais apprécient d’autant plus les forts rendements offerts par les obligations souveraines sud-africaines (taux 10 ans à 8,5%). La faible volatilité actuellement observée sur les marchés financiers favorise les prises de risque et se révèle être un environnement propice aux achats de valeurs émergentes aux rendements attractifs et à la valorisation décotée. La paire EUR/ZAR enregistre actuellement une correction de plus de 6% depuis son point haut touché en début d’année et a été aperçu hier en séance à un creux depuis mars dernier à près de 17,7 ZAR.

Il est sans rappeler que la paire de change s’était appréciée de plus de 30% l’année dernière jusqu’à toucher un pic historique à presque 21,0 ZAR. Le potentiel baissier reste donc important et résultera aussi bien du maintien d’un environnement de marché peu averse au risque que d’une amélioration de la situation économique et sanitaire en Afrique du Sud.

Publications statistiques

Aux Etats Unis, 793k nouveaux américains se sont inscrits aux allocations chômage, soit le plus faible volume depuis 5 semaines. C’est un peu mieux que la semaine passée (812k) mais néanmoins moins bien que ce qui était anticipé par le consensus (757k). Les tensions sur l’emploi persistent toujours et pourraient être un frein à la reprise.

Aux Mexique hier soir, la banque centrale a décidé de réduire son taux directeur pour la première fois depuis septembre dernier. Il a ainsi été abaissé à 4%, conformément aux attentes des analystes sondés par l’agence de presse. L’institution financière justifie cette action par les incertitudes qui pèsent sur la reprise économique et dans la bataille contre la pandémie. Orientée à la baisse depuis près de trois semaines, la paire EUR/MXN accuse un rebond ce matin et remonte au niveau de 24,30 MXN.

En Norvège, la croissance du PIB continental au 4ème trimestre a été de 1,9% T/T, soit bien mieux que la projection de 1,2% sur laquelle tablait le consensus économique. Le pays limite la casse grâce à un faible impact du coronavirus dans le pays et l’absence de mesures restrictives strictes.

Aux Etats-Unis, l’indice du Michigan de confiance des ménages sera publié sur les coups de 16h00.


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