Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 10, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un dollar chancelant attentif à l inflation américaine

Tendance du jour

En marge de l’ouverture du procès de Donald Trump au Sénat, de nombreux indices boursiers asiatiques ont atteint de nouveaux sommets historiques cette nuit. Les indices européens sont sensibles à cette tendance et devraient ouvrir timidement dans le vert au lendemain d’une séance corrective. Les facteurs de cet optimisme demeurent les mêmes : reprise économique mondiale, plan de relance américain et campagnes de vaccination. Les prix du pétrole marquent une pause dans leur ascension après avoir enregistré son plus fort rallye depuis 2 ans marqué par 8 séances consécutives de hausse pour l’indice Brent pour un gain total de 10%.

Sur le marché des changes, l’euro poursuit globalement son rebond de la veille. La paire EUR/USD enregistre ce matin sa 4ème séance consécutive de hausse (+1,40% en tout). Elle repasse ainsi au-dessus du niveau clé des 1,21$ en attendant la publication cet après-midi des nouveaux chiffres d’inflation aux Etats-Unis.

La devise européenne accentue aussi ses gains face au yuan (pic d’une semaine à 7,79 ¥) consécutivement à la publication ce matin de statistiques d’inflation décevantes en Chine.

La devise russe met un terme à sa tendance haussière des derniers jours en écho aux nouvelles craintes de sanctions de la part de l’Union Européenne contre la Russie au sujet de la condamnation de l’opposant politique Alexei Navalny.

Pour finir, la paire EUR/GBP a mis en pause sa tendance baissière ces derniers jours mais se maintient néanmoins à hauteur de ses plus bas niveaux depuis 9 mois sous le seuil de 0,88 £. De nouvelles tensions semblent ressurgir entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne après la décision formulée par cette dernière de rallonger la période initialement fixée à 2 mois pour ratifier le traité de libre-échange signé en décembre dernier. De nouvelles tensions liées au Brexit pourraient générer quelques remous sur la paire EUR/GBP.

Coup de projecteur sur la décision monétaire en Suède

La banque centrale suédoise publiera ce matin à 09h30 sa décision monétaire. Elle devrait vraisemblablement opter pour un statu quo sur son taux directeur (0%) et son programme de rachat d’actifs. En effet, malgré une dégradation sensible de la situation sanitaire dans le pays depuis la dernière réunion monétaire de la Riskbank (26 novembre) et la mise en place de nouvelles mesures restrictives, l’économie suédoise fait preuve de résilience. La croissance du PIB au 4ème trimestre 2020 est ressortie positive à 0,5% T/T, soit un niveau supérieur aux prévisions de la banque centrale. Autre facteur qui soutient la thèse d’une approche attentiste de la part de la banque suédoise, c’est l’inflation que l’on a vu accélérer en janvier à un pic de 3 mois de 0,5% en dynamique annuelle. Si la croissance des prix à la consommation reste pour l’heure éloignée de l’objectif de long terme de 2% fixé par la banque ce qui devrait pousser la banque à conserver une approche accommodante durant une période prolongée de temps, il n’y a pas pour autant urgence pour elle à intervenir de nouveau et augmenter son soutien.

Les marchés seront attentifs au discours du gouverneur central sur les perspectives dans le pays à moyen et long terme, lesquelles s’appuieront ce mois-ci sur les nouvelles projections économiques internes à la banque suédoise publiées en marge de cette réunion monétaire. Autre point d’attention, la constitution des réserves de devises étrangères de la Riksbank et la politique de cette dernière sur le sujet après les déclarations formulées le mois dernier sur une volonté de renforcer les réserves de change via la vente pour l’équivalent de 1% du PIB suédois de couronnes. Certains observateurs y voient là une stratégie pour atténuer l’impact d’une devise forte sur l’inflation.

En un peu moins d’un an, et après avoir chuté à un creux de près de 11 ans face à l’euro, la couronne suédoise s’est appréciée de 10% jusqu’à atteindre en fin d’année dernière un creux de presque 3 ans à 10,0 SEK. La devise suédoise est très sensible au sentiment général des marchés financiers et notamment à l’optimisme général autour d’un scénario de reprise. Si la devise suédoise reste solidement valorisée face à l’euro sur ce début d’année et profite amplement de la prolongation du rallye boursier ainsi que de la hausse continue des prix des matières premières, cette dernière semble néanmoins marquer le pas et bute sur le seuil de 10,0 SEK. L’inconfort que semble démontrer les banquiers centraux suédois à l’égard d’une devise forte a mis un coup d’arrêt à la progression de la devise. De nouveaux signaux confirmant cette thèse ce mercredi viendraient générer de nouvelles secousses autour de la devise suédoise et possiblement faire bondir la paire EUR/SEK en direction du seuil de résistance de 10,16 SEK.

Un dollar en perte de vitesse cette semaine à l’écoute de l’inflation aux Etats-Unis

Les nouvelles statistiques d’inflation américaines publiées cet après-midi à 14h30 seront surveillées de près par des marchés de plus en plus sensibles sur le sujet et aux implications monétaires qui en résultent. Le consensus économique table sur une accélération de la dynamique annuelle de croissance des prix à la consommation de 1,4% à 1,5% au mois de janvier pour ainsi atteindre un pic de 10 mois.

Depuis l’arrivée de Joe Biden à la présidence américaine et l’annonce par ce dernier d’un projet de plan de soutien massif de 1900 Mds$, lequel a de bonnes chances d’être voté au regard de la configuration actuelle du Congrès américain, on observe une forte hausse des anticipations d’inflation à long terme. Également stimulée par la forte hausse des prix des matières premières et l’optimisme général autour d’une forte reprise de l’économie américaine grâce au déploiement rapide de vaccins, les anticipations à 10 ans ont bondi au mois de février à leur plus haut niveau depuis 2014 (2,2%). La forte hausse des coûts du fret maritime en provenance d’Asie ou encore la pénurie globale de certaines composantes technologiques (semiconducteurs) que l’on retrouve dans un grand nombre de produits électroniques contribuent à la hausse des pressions inflationnistes.

Cette hausse des prix se répercute directement sur les rendements obligataires américains, notamment ceux de longue maturité que l’on a littéralement vu bondir sur ce début d’année à des sommets depuis un an ou presque. Les taux à 30 ans ont progressé de plus de 30 pbs en un peu plus d’un mois pour approcher le niveau de 2% qui n’a plus été atteint février 2020. Les marchés voient dans la hausse des prix un facteur majeur à l’aune duquel la banque centrale américaine pourrait être amené à réajuster sa politique de soutien monétaire plus tôt que prévu. Beaucoup de débats ont émergé sur ce début d’année quant à la possibilité d’assister à un début cette année d’un processus de réduction du soutien via une baisse des volumes de rachat d’actif, une opération évoquée dans les médias anglosaxons comme un « tapering ». Si le gouverneur central américain, Jerome Powell, s’évertue à chacune de ses sorties de nier cette possibilité, cela n’a pas réellement freiné les spéculations de marché, lesquelles pourraient être renforcées en cas de surprise positive cet après-midi de l’inflation. Hasard du calendrier ou non, Powell aura le loisir de commenter ces nouveaux chiffres (ou pas) à l’occasion de sa participation ce mercredi à un webinar organisé par le club économique de New York (20h00, heure de Paris).

Après avoir bondi la semaine dernière à un pic de 2 mois face à un panier de devises incluant notamment l’euro, le dollar courbe l’échine et vient d’enchaîner trois séances consécutives de baisse pour un repli total de -1,2%. L’euphorie des marchés boursiers qui enchaînent aux Etats-Unis record sur record sied mal au billet vert, tout comme l’absence de publication de données économiques majeures depuis les chiffres décevants de l’emploi américain de vendredi dernier. Remonté à 1,21 $ hier, le taux EUR/USD consolide ce matin ses récents gains et poursuit son rebond correctif en s’appuyant sur le maintien d’un sentiment d’optimisme général des intervenants de marché. Ce rebond correctif pourrait néanmoins mis à mal en cas de nouvelle poussée des taux américains cet après-midi après la publication des chiffres d’inflation.

Mouvements correctifs mardi en attendant de nouveaux catalyseurs

Après tutoyé ses plus hauts niveaux de l’année lundi, et accessoirement ses plus hauts niveaux depuis presque 1 an, les indices boursiers européens ont dans leur ensemble corrigé mardi en l’absence de nouveaux catalyseurs venant soutenir leurs récents gains. La prolongation probable en Europe des mesures de restriction jusqu’à début mars a quelque peu troublé l’euphorie ambiante et donné lieu à quelques mouvements correctifs. Les taux EUR/JPY (126,5 ¥) et EUR/CHF (1,08 ₣) ont tous les deux piqué du nez tandis qu’à l’inverse la paire EUR/AUD a stoppé une série de 6 séances consécutives de baisse (perte totale de -1,5%). L’EUR/USD a lui accentué son rebond et retrouvé mardi les niveaux de 1,21 $ pour ce qui s’apparente à un rebond correctif consécutif à sa lourde chute des dernières semaines et à la stagnation passagère des spreads de taux Etats-Unis/Allemagne sur ces derniers jours.

Sur le plan sanitaire, si la France fait toujours bande à part et maintient la position qu’un confinement national peut toujours être évité, l’Allemagne réfléchit à prolonger son confinement partiel jusqu’à début mars et ainsi imiter la décision prise une semaine plus tôt par les Pays-Bas. Au Portugal, les mesures de confinement pourraient être maintenues jusqu’à mi-mars, a annoncé hier le ministre de la Santé, afin de réduire la pression hospitalière et le nombre de malades en soin intensif. La Grèce va procéder de son côté à un durcissement des règles sanitaires ce jeudi tandis qu’en Autriche, la région du Tyrol, s’apprête à être isolée en raison de la présence d’un foyer de contamination du variant sud-africain.

Si les risques sanitaires jouent en défaveur de l’euro, la devise européenne peut tout de même se targuer d’une confirmation d’une dissipation des inquiétudes politiques en provenance d’Italie. En effet, la nomination de Mario Draghi à la tête de la 3ième économie de la Zone Euro semble faire consensus. La Ligue du Nord de Matteo Salvini a apporté son soutien à un gouvernement formé autour de l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), faisant ainsi écho à l’appui déjà donné par le Parti Démocrate et la formation Forza Italia de Silvio Berlusconi. Le Mouvement 5 Etoiles pourrait également donner son appui avoir obtenu quelques garanties de la part de Draghi concernant la transition énergétique et les dépenses sociales. Toutefois, le parti réserve sa décision finale au résultat de la consultation réalisée auprès de ses adhérents. Ce jeudi, Draghi rendra les conclusions de ses consultations auprès du président de la république, Sergio Mattarella, et soumettra une première liste de ministres qui composeront son prochain gouvernement. Ce sera l’occasion de voir si l’enthousiasme général autour de la nomination de l’ancien argentier européen perdure.

La devise européenne reste globalement liée au sentiment de marché général mais aussi à l’état des perspectives économiques, lesquelles sont corrélées à la situation sanitaire et à la politique de vaccination. Sur ce dernier point, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’exprimera ce mercredi pour revenir en détail sur la stratégie européenne qui, au regard des lenteurs actuelles, fait l’objet de vives critiques.

Publications statistiques

Les statistiques d’inflation allemandes publiées ce mercredi matin confirment le fort rebond de la dynamique haussière du niveau général des prix dans le pays au mois de janvier. L’indice CPI final est ainsi ressorti en hausse de 1,0% A/A contre -0,3% A/A en décembre. Cette accélération est à nuancer car principalement due au rehaussement au 1er janvier de la TVA après une baisse temporaire de 6 mois des taux en raison de la pandémie.

En Chine, l’indice des prix à la consommation s’est à nouveau contracté de -0,3% en dynamique annuelle en janvier et a ainsi rechuté à un de ses plus bas niveaux depuis 2009. Toutefois les prix à la production continuent à accélérer pour le 3ème mois consécutif. Ils progressent de 0,3% A/A, tout simplement un record depuis le mois de mai 2019. Ce résultat souligne la divergence de dynamique de reprise en Chine où la croissance est principalement portée par l’industrie tandis que la consommation des ménages reste vulnérable à cause de la pandémie. Le yuan est sur le reculoir ce matin et tombe à un creux d’une semaine face à l’euro à près de 7,79 ¥.

Au Mexique, l’inflation sur 12 mois a rebondi jusqu’à atteindre 3,54% au mois de janvier. Au Brésil, la dynamique est semblable avec une progression de 4,56% A/A de l’indice des prix à la consommation, un plus haut depuis le mois de mai 2019.

D’après le rapport JOLTS, l’économie américaine a créé 6,646 Mln d’emplois au mois de décembre, soit un plus haut depuis le mois de juin dernier. La dynamique reste néanmoins inférieure à la tendance historique des deux dernières années.


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