Actualités du marché des devises

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févr. 08, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

De la continuité dans l'air : des marchés peu inquiets du variant sud-africain

 

Tendance du jour

Après  de  nouveaux  records  historiques  vendredi  dernier  à  Wall  Street,  l’euphorie  se poursuit ce matin en Asie où la bourse japonaise touche notamment un pic de 30 ans. Dans ce contexte,  les  indices  européens  profitent  eux  aussi  de  l’appétit  au  risque  des  marchés  et progressent  d’environ  0,50%  à  l’ouverture.  Le  prix  de  l’or  noir  n’est  pas  non  plus  en  reste  et progresse de plus de 1% en Europe, l’indice Brent remontant à cette occasion au niveau de 60 $ pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire.

La relative amélioration de la situation sanitaire aux Etats Unis et en Europe ainsi que les espoirs que le plan de relance américain de 1900 Mds$ soit adopté dès ce mois-ci, malgré certaines oppositions au sein même du camp démocrate, soutiennent les scénarios de reprise économique vigoureuse cette année.

Sur le marché des changes, l’euro est à l’équilibre face au dollar après le rebond de 0,70% de la paire vendredi dernier. L’euro est légèrement à la hausse face au yen et au franc suisse. La paire EUR/JPY se rapproche du niveau de résistance des 127,5¥, un record depuis la fin de l’année 2018.

L’euro se reprend également légèrement face à la livre sterling et amorce une tentative de retour vers le seuil de 0,88 £ sous lequel le taux EUR/GBP a chuté la semaine dernière pour la première fois depuis le mois de mai dernier. Malgré l’embellie des marchés actions et la hausse du pétrole, l’euro tient tête à des devises comme le dollar australien (1,57 A$), la couronne norvégienne (10,3 NOK) ou encore le dollar canadien (1,5360 C$).

Au niveau des devises émergentes, on relèvera la nouvelle hausse du rouble ce matin face à l’euro – la 4ième consécutive et la 5ième sur les 6 dernières séances pour un gain cumulé de plus de 2,5% - qui monte à un pic de plus de 2 semaines à près de 89,5 RUB. La devise russe est en partie portée par la hausse du pétrole et des sanctions européennes qui ne se matérialisent toujours pas dans le dossier Navalny. En Afrique du sud, le rand chute face à l’euro de plus de 0,30% alors que le gouvernement a décidé de suspendre le programme de vaccination d’AstraZeneca après la publication ce weekend d’une enquête indiquant une efficacité moindre du vaccin de l’entreprise britanno-suédoise sur le variant sud-africain.

Coup de projecteur sur l’inflation cette semaine

Les statistiques d’inflation seront à l’honneur mercredi prochain. La Chine publiera ainsi ses chiffres d’inflation à la consommation et à la production du mois de janvier. Les analystes sondés par l’agence de presse Reuters s’attendent majoritairement à une nouvelle contraction des prix à la consommation de -0,1% A/A, la deuxième en trois mois alors que cela n’était plus arrivé depuis l’année 2009. Depuis un an l’économie chinoise connait un ralentissement très important de sa dynamique inflationniste, passant de 5,4% A/A en janvier à 0,2% A/A en décembre dernier. Cette dynamique pourrait enlever de la pression sur les épaules de la banque centrale chinoise pour appliquer une politique monétaire moins restrictive. Elle est aussi peut-être le signe d’une économie chinoise en perte de dynamisme.

Les statistiques américaines d’inflation seront elles aussi surveillées attentivement par les marchés. Les analystes s’attendent à une nouvelle accélération de la hausse des prix à la consommation au mois de janvier par rapport à l’année dernière. Elle pourrait ainsi s’établir à 1,5% A/A contre 1,4% A/A au mois de décembre et retrouver une dynamique semblable à celle de mars dernier. Cette publication aura un impact direct sur les rendements des obligations souveraines américaines et donc sur le billet vert. En cas de surprise, la volatilité du dollar pourrait être impactée. Une surprise positive pourrait probablement accentuer la dynamique actuelle d’élargissement des écarts de rendements obligataires entre les Etats-Unis et la Zone Euro et ainsi donner du crédit au regain d’intérêt des investisseurs pour un dollar au profil plus attractif.

Pour finir, la décision monétaire de la banque centrale suédoise sera aussi un évènement économique clé de la semaine. Alors que la Riskbank devrait vraisemblablement opter pour un statu quo sur son taux directeur (0%) et son programme de rachat d’actifs, l’attention des marchés sera probablement concentrée sur sa nouvelle politique en matière de change. La banque suédoise a en effet récemment déclaré qu’elle était disposée à vendre jusqu’à l’équivalent de 1% du PIB suédois de couronnes pour renforcer ses réserves de change. Officieusement, la banque centrale tente de freiner l’appréciation de sa devise qui empêche l’inflation d’atteindre son objectif de 2%. En effet depuis le choc de mars dernier, la couronne s’est appréciée de plus de 11% face à l’euro alors que la hausse des prix à la consommation atteignait tout juste 0,5% en décembre dernier. La séance de mercredi prochain pourrait ainsi s’avérer volatile pour une couronne suédoise qui marque le pas face à l’euro sur ce début d’année (-0,5% en 2021).

Jusqu’où peut aller la livre sterling ?

La livre sterling a trouvé une nouvelle impulsion haussière la semaine dernière grâce à la Banque d’Angleterre qui a repoussé une potentielle introduction de taux négatifs de plusieurs mois. La paire progresse ainsi de plus de 4% en seulement 8 semaines et évolue sur des plus bas de mai dernier.

Les fondamentaux économiques du Royaume Uni apparaissent pourtant extrêmement dégradés à cause d’un confinement qui dure depuis maintenant un mois et qui se prolongera au moins jusqu’à début mars. Ce vendredi, la publication des statistiques préliminaires de croissance économique du 4ème trimestre devrait confirmer un véritable coup d’arrêt à la reprise économique du Royaume Uni. Les analystes s’attendent ainsi à une progression de seulement 0,5% du PIB au 4ème trimestre après un rebond de 16% au troisième trimestre. Les chiffres d’activité industrielle, de la construction et de la balance commerciale seront également à surveiller attentivement en fin de semaine.

Or c’est bien « l’arbitrage sanitaire » entre la zone euro et le Royaume Uni qui peut expliquer en partie la progression de la livre sterling. Ce dernier apparait en effet comme le leader de la vaccination en Europe avec presque de 18% de la population britannique ayant déjà reçu une première injection du vaccin, bien supérieur au 3,4% recensé à ce jour au sein de l’Union Européenne. La campagne de vaccination devrait se terminer plus rapidement au Royaume Uni, notamment en repoussant de 12 semaines la seconde injection et non plus de 3 semaines. Sur la base du rythme de vaccination actuel, l’ensemble de la population pourrait être vacciné d’ici la fin juin, ce qui laisse augurer une sortie de crise en avance pour le Royaume-Uni par rapport à ses voisins. L’autre source de satisfaction relève de l’efficacité des vaccins sur le variant britannique. Ainsi, après le laboratoire Pfizer/BioNTech, c’est le laboratoire AstraZeneca qui a annoncé la semaine dernière que son vaccin était aussi efficace contre la nouvelle forme du virus à l’origine de la 3ième vague de contamination observée sur ce début d’année.

Plus vite la population britannique sera immunisée contre le Covid-19, plus vite la vie sociale et économique pourra reprendre son cours. C’est là-dessus que parient les marchés depuis le début de l’année. Si l’objectif des 0,87£ semble désormais atteignable pour la paire EUR/GBP, il faudra voir si l’aspect sanitaire peut à lui seul lui permettre de franchir le pas. Il est par contre évident que de bonnes nouvelles en provenance de l’économie britannique et de sa solidité face à la pandémie pourraient l’y aider.

Quelques secousses à venir pour le yuan à l’aube des célébrations du nouvel an lunaire ?

Le coup d’envoi de l’année du Buffle de métal sera donné vendredi prochain à l’occasion des célébrations du nouvel an lunaire en Chine qui marquera le début d’une période de congé d’une semaine. Généralement à cette occasion, des centaines de millions de chinois se déplacent à travers le pays durant cette période pour retrouver leurs familles et fêter la nouvelle année. Ces déplacements massifs soulèvent quelques inquiétudes sachant que l’on observe un retour, bien que modeste, des contaminations de COVID-19 sur le territoire chinois depuis le mois de janvier.

Les autorités chinoises ont déjà pris la mesure du problème et ont déployé des mesures restrictives pour éviter que le virus ne se propage. Des restrictions et des mesures de confinement ont ainsi été déployés localement sur ces dernières semaines, notamment à proximité de la capitale Pékin où un foyer de contamination avait été observé. Ces actions n’ont pas manqué de se répercuter sur l’économie à en juger l’inflexion des indices d’activité PMI du mois de janvier. Il y a donc deux principaux  risques  à  surveiller  pour  le  yuan  à  court  et  long  terme.  Des  restrictions  renforcées pourraient freiner la reprise et pénaliser la performance au 1er trimestre, ce qui augurait quelques mouvements correctifs sur le yuan sans néanmoins remettre en cause sa tendance haussière du moment. Une circulation massive de personnes pour le nouvel an et une potentielle vague de contamination  en  Chine  causeraient  des  dommages  collatéraux  plus  importants  au  yuan,  et pourraient par ailleurs perturber l’ensemble de la reprise de l’économie mondiale.

Face à ces risques qui se profilent à l’horizon et en amont de la période de congé d’une semaine, la banque centrale chinoise n’a pas hésité ces derniers jours à injecter massivement des liquidités sur les marchés financiers. Cela a notamment permis de calmer des marchés du crédit qui commençaient à se tendre face à un risque d’assèchement de liquidité. Il sera intéressant de suivre si d’autres actions seront menées cette semaine par les banquiers centraux pour stabiliser les marchés. Si le yuan a favorablement accueilli le retour au calme sur les marchés interbancaires chinois, un large afflux de flux monétaires pourrait toutefois calmer ses ardeurs et provoquer une pause dans son ascension.

Autre point d’inquiétude pour le yuan, les relations entre la Chine et les Etats-Unis. Le fait que Joe Biden n’ait toujours pas pris de contact avec son homologue chinois a été interprété dans les médias comme un possible signe que la Maison Blanche n’avait pas forcément envie de jouer la carte de la séduction vis-à-vis de Pékin mais au contraire maintenir une position dure et ferme.

Les pressions s’accumulent donc sur la devise chinoise et un mouvement correctif de cette dernière cette semaine n’est pas à négliger. D’autant plus que le yuan est fortement valorisé face à l’euro, en témoigne son pic atteint la semaine dernière face à l’euro à moins de 7,75 ¥, ce qui est son plus haut niveau depuis le mois de mai dernier. Les divergences sanitaires et économiques sont néanmoins toujours très largement favorables au yuan par rapport à l’euro aussi il faudra des marqueurs forts pour parvenir à stopper l’ascension de la devise chinoise. Après un vif rebond vendredi, la paire EUR/CNH est de nouveau en repli ce lundi matin mais se maintient pour le moment au-dessus du support de 7,75 ¥.

Des statistiques d’emploi peu enthousiasmantes en Amérique du Nord

Alors que les Etats-Unis nous avaient habitués ces derniers jours à publier des chiffres économiques un peu mieux que prévu, les marchés ont lourdement sanctionné le dollar vendredi à la lecture de données sur l’emploi décevante car finalement en ligne avec les attentes du marché (+49k vs. consensus +50k). L’autre point noir est la révision à la hausse des destructions d’emploi sur la fin d’année dernière qui se révèlent 60% que la valeur précédemment estimée (-227k vs. -140k en 1ière estimation).  Si le chômage a vivement baissé de 6,7% à 6,3% et retrouve un point bas de 10 mois, cela est principalement dû à un taux de participation à nouveau en baisse à un plus bas depuis 8 mois (61,4%). Les investisseurs ne sont pas leurrés et  ont sanctionné le billet vert qu’ils avaient porté aux nues toute la semaine.

Au regard des bons chiffres de l’emploi dans le secteur privé (rapport ADP) et des récents progrès observés au niveau des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage publiés en amont du rapport NFP, le marché anticipait une surprise positive qui n’a finalement pas eu lieu. La paire EUR/USD qui restait sur 4 séances consécutives de baisse pour un repli de -1,4% a réussi à effacer la moitié des pertes de la semaine sur la seule séance de vendredi (+0,7%) et s’est offert à cette occasion un retour au-dessus du seuil symbolique de 1,20 $. Aperçu la semaine dernière à un creux de plus de 2 mois de 1,1950 $, le taux de change a trouvé les ressources pour stopper la dynamique baissière.

Publiées en même temps qu’aux Etats-Unis, les statistiques d’emploi au Canada ont également déçu les investisseurs. Les destructions d’emploi se sont révélées quatre fois plus importantes que prévu en janvier (-213k vs. consensus : -47,5k) et le taux de chômage est remonté à son plus haut niveau depuis le mois d’août (9,4% vs. 8,6% en décembre).

Le dollar canadien a limité la casse à la faveur d’une balance commerciale canadienne moins déficitaire que prévu en décembre et des prix du pétrole toujours vivement orientés à la hausse. Le taux EUR/CAD a ainsi flirté très temporairement avec le seuil de 1,54 C$ en réaction immédiate à la publication des chiffres de l’emploi au Canada avant de retracer assez rapidement en fin de journée vers le seuil de 1,5350 C$.


Publications statistiques

La production industrielle en Allemagne n’avait pas évolué lors du mois de décembre dernier. Alors que les analystes s’attendaient à une croissance de 0,3% M/M, le chiffre final est finalement ressorti à 0,0% M/M. Au mois de novembre, la production industrielle de la première économie européenne s’était établie à 1,5% M/M.

Ce matin à 11h00, les marchés seront attentifs à la publication de l’indice Sentix en zone euro du mois de février.


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