Actualités du marché des devises

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janv. 27, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L euro s accroche malgré des perspectives détériorées, le dollar attentif à la communication de la Fed

Tendance du jour

Après une séance asiatique sans tendance claire cette nuit, les indices européens devraient ouvrir globalement dans le rouge. Depuis une semaine, la recrudescence de la pandémie et le déploiement en parallèle de nouvelles restrictions font flotter un sentiment de haute prudence sur les marchés boursiers. Alors que la barre symbolique des 100 Mln de contaminations au Covid-19 dans le monde vient d’être franchie, la propagation de variants plus contagieux et les retards de production de vaccins assombrissent les perspectives d’une sortie de crise. Les tractations politiques aux Etats-Unis et en Italie, ainsi que les voix qui commencent à s’élever en Europe pour dénoncer la lenteur de la mise en place du plan de relance européen pèsent aussi sur les incertitudes actuelles. L’indice de volatilité VIX reste pour l’heure stable mais un rebond n’est pas à exclure dans les prochains jours et/ou semaines si la situation venait à se détériorer davantage et le moral des investisseurs baisser. La réunion monétaire de la Réserve fédérale américaine dont les conclusions seront dévoilées ce soir à 20h00 pourrait générer un sursaut de volatilité, surtout si le gouverneur central J. Powell attise (directement ou indirectement) les spéculations autour d’une réduction du soutien monétaire dans les prochains mois.

Sur le marché des changes, l’euro est à l’équilibre face aux devises refuges comme le dollar, le yen ou le franc suisse. Pour le moment, la paire EUR/USD reste au centre du couloir étroit de prix de 1,21-1,22 $ qui accompagne ses mouvements depuis la fin de la semaine dernière mais la paire de change reste sous la menace de pressions baissières au regard des risques sanitaires, économiques et politiques qui émanent d’Europe. La paire EUR/JPY parvient difficilement ce matin à se maintenir au-dessus du seuil de 126 ¥ et semble avoir les jambes coupées par la dégradation du sentiment global des investisseurs.

Pendant ce temps, les devises cycliques reculent face à l’euro. La couronne norvégienne (-0,2% face à l’euro à 10,40 NOK) et le dollar canadien (-0,2% à 1,5450 C$) ne profitent pas de la hausse des prix du pétrole et poursuivent un mouvement de repli amorcé en début de semaine qui s’apparent à une correction technique relative à un point haut récemment touché par ces deux devises. L’évolution de la paire EUR/SEK (10,10 SEK), sensible au sentiment global de marché, montre des premiers signes de rebond et sera à surveiller dans les jours à venir. Une aversion au risque plus global sur les marchés pourrait en effet déclencher un large mouvement de correction sur ces devises.

Pour finir, la tendance sur les devises émergentes reste pour l’heure globalement à la hausse, notamment en Asie. On notera toutefois la poursuite d’une dynamique baissière sur le peso mexicain (-0,3% à 24,3 MXN) et le won coréen (-0,3% à 1340 KRW). La réévaluation hier par le FMI des perspectives de croissance mondiale cette année devrait maintenir un certain attrait pour ces devises offrant, pour la plupart, des niveaux de rendements plus élevés que la moyenne.

Rendez-vous avec la FED ce soir à 20h00

C’est dans un contexte sanitaire et économique très incertain que la banque centrale américaine (FED) communiquera ce soir à 20h00 les conclusions de sa première réunion monétaire de l’année. L’exercice de communication ne sera pas des plus aisés : se montrer assez rassurant pour ne pas faire paniquer les intervenants de marché tout en prenant garde de ne pas laisser percevoir le moindre signal d’une éventuelle réduction du soutien à venir. Le président de la FED, Jerome Powell, devrait donc annoncer un maintien de la politique actuelle de taux bas et de rachat d’actifs, et dans le même temps réitérer son engagement à maintenir des conditions monétaires ultra accommodantes pendant une période prolongée de temps afin d’accompagner la reprise.

Les marchés seront très attentifs à la communication de la banque et de son gouverneur central concernant la récente montée des anticipations d’inflation à un pic de 2 ans, mais aussi concernant les éventuelles répercussions positives sur l’économie générées par le projet de plan de relance à 1900 Mds$ du nouveau président Joe Biden. L’économie américaine semble en bonne voie de reprise comme le suggère les récents indicateurs d’activité illustrant une solide dynamique du secteur privé américain malgré la pandémie qui à ce jour a fait 425 000 victimes. Le soutien combiné de conditions de crédit souple et d’une politique fiscale expansionniste pourrait servir de catalyseurs pour permettre une accélération de la croissance dans les mois et trimestres à venir. C’est du moins l’avis partagé par le Fonds monétaire international (FMI) qui n’a pas hésité à significativement révisé à la hausse sa projection de croissance cette année aux Etats-Unis de 3,1% à 5,1% dans ses nouvelles prévisions depuis octobre dévoilées hier.

Face à la perspective d’une reprise accélérée aux Etats-Unis, plusieurs voix s’élèvent déjà pour évoquer un début de normalisation monétaire à venir aux Etats-Unis. Les économistes en sont convaincus, la prochaine action de la Fed sera très probablement une réduction plutôt qu’une augmentation du soutien monétaire. Une récente enquête menée par l’agence d’information Bloomberg publiée cette semaine indique que 88% des sondés penchent en faveur de ce scénario. Cette idée circule même dans les rangs de la banque centrale américaine puisque certains de ses membres ont évoqué publiquement la question d’une possible réduction des rachats d’actif (« tapering ») d’ici la fin de l’année. Les marchés ont vivement réagi et on a très vite vu les taux obligataires américains s’emballer et le dollar se redresser. Si Jerome Powell a très vite tué dans l’œuf cette dynamique en repoussant l’idée d’un quelconque changement d’orientation ou ajustement de la politique monétaire cette année, il devra à nouveau ce soir se montrer convaincant afin de ne pas laisser les marchés s’emballer sur un processus de normalisation à venir. Si l’EUR/USD (1,2150 $) se révèle relativement stable malgré l’accroissement des divergences économiques entre les Etats-Unis et la Zone Euro sur ce début d’année, il pourrait ne pas le rester si jamais Powell ne se montre pas assez ferme et laisse entrevoir dans l’esprit des investisseurs une réorientation monétaire plus rapide que prévu aux Etats-Unis. Nous pourrions alors assister à un repli de la paire EUR/USD en direction du seuil de 1,2060 $ sous lequel elle n’a plus évolué depuis début décembre.

Un FMI optimiste pour la croissance mondiale déclasse l’Europe

Le Fonds Monétaire International (FMI) a relevé hier ses perspectives de croissance dans le monde pour 2021 et indiqué par la même occasion que la récession observée en 2020 devrait être finalement moins forte que prévu (projection de -3,5%). Cette année, l’institution monétaire table désormais sur une croissance mondiale de 5,5% contre 5,2% estimé en octobre dernier, une révision à la hausse qui s’appuie pleinement sur le développement plus rapide qu’anticipé de vaccins contre la COVID-19. Les Etats-Unis et l’Inde sont les deux pays qui voient leur projection de croissance pour cette année le plus fortement réhaussé à la hausse par rapport aux estimations réalisées en octobre dernier, de respectivement 2% (5,1% vs. 3,1%) pour le premier et de 2,7% (11,5% vs. 8,8%) pour le second. À ce titre, l’Inde qui sort d’une année 2020 très difficile marquée par une contraction de -8% est le pays qui devrait enregistrer cette année le plus fort rebond parmi les économies majeures. Un redémarrage qui se veut donc aujourd’hui bien plus fort qu’en Chine où la projection de croissance a été légèrement révisée à la baisse de 8,2% à 8,1%, ce qui ne remet néanmoins en aucun en case l’attractivité de la région (et de sa devise). Malgré un regard plus optimiste affiché dans ses nouvelles prévisions, le FMI souligne toutefois les « incertitudes exceptionnelles )) que fait peser la prolongation de la pandémie sur la reprise économique mondiale.

L’Europe voit son horizon s’assombrir quelque peu et pâtit d’un début d’année très heurté par le regain de vigueur de la pandémie dans la région. Très clairement, la région européenne paraît « à la traîne )) en matière de reprise. Aussi bien la Zone Euro que le Royaume-Uni voient leur projection de croissance pour cette année révisée à la baisse de respectivement -1% (4,2% vs. 5,2%) et de -1,4% (4,5% vs. 5,9%). Ces divergences de dynamique économique entre le continent européen et le continent américain n’ont pour le moment pas de réelles répercussions sur les devises et leur volatilité. L’euro se maintient à un niveau élevé face au dollar (1,2150 $), au yen (126 ¥) ou encore au franc suisse (1,08 ₣) tandis que la livre sterling continue, elle, de flirter avec ses plus hauts niveaux depuis mai face à l’euro à hauteur du seuil de 0,8850 £. Si on peut s’étonner de cette résilience, les masques pourraient vite tomber si jamais les conditions de marché venaient à se tendre pour cause de chocs externes ou baisse de moral des marchés actions.

             

Tractations politiques au Sénat américain et de premières incertitudes sur le plan de relance

Après avoir bercé les marchés d’espoir autour de la mise sur pied d’un nouveau plan de relance conséquent, il est désormais l’heure de passer à la vitesse supérieure et de concrétiser les annonces sous peine sinon de suscité un large élan de déception parmi les investisseurs. À peine arrivé au pouvoir, les Démocrates veulent avancer très vite sur les réformes et faire approuver au plus vite ces nouvelles mesures d’aide sachant que la pandémie continue de se propager aux Etats-Unis et faire d’innombrables victimes, aussi bien sur le plan sanitaire qu’économique. Alors que le camp républicain au Sénat tique sur le montant de ce nouveau plan qui risque d’accroître dangereusement les déficits du pays et menace d’user du processus d’obstruction (« flibuste ») pour freiner les négociations, dans le camp démocrate on semble avoir trouvé une tactique pour éviter à se trouver dans la configuration qui les contraindrait à obtenir 60 votes (sur 100) au Sénat pour faire adopter le nouveau plan de relance.

Le chef de majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a en effet laissé entendre hier que sa formation pourrait amorcer un processus de réconciliation budgétaire la semaine prochaine auquel serait rattaché les nouveaux programmes de dépenses publiques, ce qui selon les règles en place permettrait d’organiser un vote où seulement 51 voix pourrait suffire pour l’emporter. Cela suppose néanmoins que l’ensemble du groupe démocrate au Sénat se range derrière la motion qui sera déposée, ce qui ne semble pas être le cas puisque deux d’entre eux ont fait part de leur opposition à soutenir un tel montant de nouvelles dépenses publiques qui incluent entre autres un doublement du salaire minimum de 7,25 à 15 $ et un chèque de 1400 $ aux ménages américains. Une réflexion actuelle sur une modification des critères d’éligibilité à ces aides est actuellement en cours pour convaincre les élus les plus réticents. Le temps, comme souvent, sera un paramètre clé dans les négociations puisque très vite apparaîtra à l’horizon l’échéance du 14 mars, échéance de fin de plusieurs programmes de soutien à l’emploi et d’assurance.

Les marchés des changes seront sensibles aux développements du plan de relance dans les semaines à venir. Nombreuses ont été en effet les devises qui ont bénéficié de l’enthousiasme provoqué par l’annonce de ce plan pour se renforcer. Cela a été le cas des devises dites cycliques comme le dollar australien, des devises liées au pétrole comme le dollar canadien et la couronne norvégienne ou encore d’un grand nombre de devises émergentes (à l’exception notable des devises sud-américaines). Le dollar américain reste coincé sur des niveaux relativement bas malgré un horizon qui se dégage et des perspectives économiques potentiellement renforcées en cas d’adoption de ce nouveau plan d’aide. De ce fait un échec n’est pas envisageable sous peine de provoquer un fort sentiment de déception parmi les intervenants de marché et d’importants mouvements correctifs sur des marchés actions oscillant actuellement à des niveaux très élevés. Dans un tel scénario, le franc suisse et le yen japonais pourraient susciter à nouveau l’intérêt des intervenants de marché en recherche d’actifs refuges.


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