Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

janv. 20, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Fin de l'ère Trump, ouverture du chapitre Biden : l'optimisme prévaut sur les marchés

 

Tendance du jour

Après une séance asiatique très positive, les indices action européens s’apprêtent à démarrer la journée en hausse. Les actifs européens dits « risqués » sont en partie portés par les espoirs d’un plan de relance ambitieux aux Etats-Unis en marge de l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, la levée des incertitudes politiques en Italie et toujours en toile de fond la poursuite des campagnes de vaccination. L’évènement du jour pour les marchés est en premier lieu l’investiture de Joe Biden aux Etats-Unis en marge de laquelle plusieurs annonces majeures devraient être faites afin de marquer une réelle différenciation avec son prédécesseur.

Dans cet environnement d’optimisme, l’euro poursuit son rebond de la veille face aux devises refuges, notamment face le dollar cela malgré l’annonce hier en fin de journée d’une prolongation de deux semaines du confinement en Allemagne. L’annonce ne surprend pas réellement les marchés qui s’attendaient depuis plusieurs jours à une prolongation des restrictions en Allemagne, laquelle se révèle même moins longue que ce qui avait été évoqué la semaine dernière dans les médias (8 à 10 semaines). La paire EUR/USD a touché un pic ce matin à plus de 1,2150 $ mais a vite retracé ses gains après avoir touché ce seuil, preuve d’une possible résistance à ce niveau pour les acheteurs. La tendance de la devise européenne est aussi à la hausse face à de nombreuses devises émergentes d’Amérique latine ou encore d’Afrique. On notera toutefois le recul de l’euro face au rouble russe de -0,6% (89 RUB), en partie porté par la progression du prix de l’or noir (+3% environ depuis hier) mais aussi la réduction des spéculations de nouvelles sanctions européennes contre la Russie. L’autre devise pétrolière qui démarre bien la séance c’est le dollar canadien qui stoppe ce matin la série de trois séances consécutives de repli face à l’euro et revient se repositionner au niveau du seuil de 1,54 C$ à quelques heures du dévoilement en milieu d’après-midi (16h00) des conclusions de la première réunion monétaire de l’année de la Banque du Canada et de la publication à cette occasion de ses nouvelles projections économiques.

Investiture américaine : un nouveau président pour une nouvelle politique

Aujourd’hui à 18h00 (heure française), Joe Biden deviendra officiellement le 46ème président des Etats-Unis au terme d’une cérémonie d’investiture qui se veut classée sous haute tension. Deux semaines après les violences au Capitole, les services de sécurité américains redoutent de nouveaux troubles dans la capitale américaine en marge de cette cérémonie symbolique faisant office de passage de témoin entre le président sortant et son successeur. Aussi, des mesures sécuritaires exceptionnelles ont été déployées pour limiter tout débordement. Pour l’heure, le sentiment de marché est plutôt à l’optimisme car aux yeux de beaucoup d’observateurs l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche va ouvrir une nouvelle page de la politique américaine et ainsi clore un chapitre de quatre années mouvementées passées sous l’administration de Donald Trump. Si le nouveau président démocrate engendre beaucoup d’espoir, il devra toutefois apporter très rapidement des réponses à un certain nombre de dossiers majeurs, que ce soit sur la gestion de la pandémie, que sur la relance économique ou encore sur le nucléaire iranien et le traitement de la situation complexe avec la Chine.

Le premier défi de Joe Biden sera de toute évidence économique. Pour cela, il n’y a pas trente-six solutions, il faudra « frapper fort » comme l’a clamé hier Janet Yellen lors de son audition au Sénat pour valider sa nomination au poste de secrétaire au Trésor. Sa première initiative a été dévoilée la semaine dernière et consiste à mettre sur pied un nouveau plan de relance de 1900 Mds$, soit à peine moins élevé que le premier de 2200 Mds$ voté en mai 2020. Si les marchés ont très bien réagi à cette perspective, ce n’est néanmoins pas gagné d’avance. Le très court avantage des Démocrates au Sénat (équilibre au niveau de la représentation) ainsi que le peu d’appétence historique des Républicains pour une hausse trop importante des dépenses publiques ainsi que pour certaines mesures phares du plan comme le doublement du salaire minimum (de 7,25

$/heure à 15,00 $) pourraient freiner ce dossier. La question du financement intégral de ce plan n’a pas encore soulevé mais elle pourrait occasionner des réactions de déception sur les marchés financiers si la solution consiste à relever significativement les impôts sur les sociétés. La nomination de Gary Gensler à la tête de l’autorité des marchés financiers (SEC) pourrait également occasionner un sursaut de la volatilité si jamais elle s’accompagne d’un durcissement de la régulation du secteur financier. En ce qui concerne la devise américaine, si on la voit à nouveau flancher depuis hier, cette dernière pourrait accueillir avec satisfaction une hausse de la nervosité chez les investisseurs.

Le dollar ne sera pas l’unique devise directement ou indirectement impacté par le changement de gouvernance aux Etats-Unis. Le peso mexicain pourrait par exemple favorablement accueillir une normalisation des relations politiques et commerciales entre les Etats-Unis et le Mexique, ce qui était loin d’être le cas ces quatre dernières années. À contrario, une attitude moins conciliante de la part de Washington à l’égard de la Russie pourrait peser à moyen terme sur le rouble russe. Vis-à-vis de la Chine, il est peu probable que l’élection de Joe Biden ne remette en cause la lutte pour l’hégémonie de l’économie mondiale à laquelle se livre les deux pays depuis quelques années, même si on peut penser que l’approche du dirigeant démocrate sera bien moins frontale que son prédécesseur. Le yuan pourrait être sujet à moins de mouvements de volatilité que lors des quatre dernières années, néanmoins il restera toujours attentif aux éventuelles tensions et mesures de rétention économique entre les deux plus grandes économies mondiales.

Evènements économiques de la journée : inflation européenne et décisions monétaires au Canada et au Brésil

  La Zone Euro publiera ce matin à 11h00 les estimations finales des statistiques d’inflation pour le mois de décembre. Les résultats préliminaires publiés en début de mois ont montré une contraction de la dynamique annuelle de croissance des prix à la consommation pour le 5ème mois consécutif (-0,3% A/A et M/M). La présence de pressions déflationnistes, bien souvent synonymes de dynamisme économique atone, traduit le fait que l’économie européenne peine à se relever de la crise sanitaire malgré des signes encourageants de redémarrage observés au printemps et à l’été dernier. La recrudescence de la pandémie à l’automne dernier et le maintien depuis d’importantes restrictions dans la région continue de lourdement peser sur l’activité. Celle-ci s’est très probablement contractée au T4 2020 – une confirmation sera livrée d’ici deux semaines avec la publication des premières estimations de PIB (2 février) – et pourrait à nouveau enregistrer une croissance négative sur ce début d’année 2021 au regard du reconfinement progressif de la région. Si on attend peu de réactions ce matin, sauf résultat différent des attentes, la banque centrale européenne (BCE) pourrait se saisir du sujet de l’inflation, ou du moins son absence, pour viser à nouveau la forte valorisation de l’euro lors de sa réunion monétaire de demain. Si la devise européenne (1,2150 $) observe un rebond depuis mardi et surfe sur le sentiment d’optimisme général des marchés financiers en amont de l’investiture américaine, elle reste néanmoins toujours sous la menace d’un retour de pressions baissières à son encontre.

Le  coup  de  projecteur  du  jour  est  sur  le  Canada  où  on  suivra  à  quelques  heures d’intervalles la publication des nouvelles statistiques d’inflation (14h30) puis un peu plus tard  les  conclusions  de  la  première  réunion  monétaire  de  l’année  de  la  Banque  du Canada (16h00). On attend aucune décision majeure de la part de la banque centrale qui devrait à priori observer un statu quo sur ses taux directeurs (actuellement à 0,25%), toutefois  les  marchés  seront  attentifs  à  la  publication  des  nouvelles  projections  de croissance  de  la  banque  à  l’aune  desquelles  quelques  spéculations  sur  l’orientation monétaire de la banque pourraient éclore. La paire EUR/CAD a débuté l’année comme elle  l’a  fini,  c’est-à-dire  sur  une  pente  descendante  qui  l’a  fait  toucher  la  semaine dernière un point bas depuis 2 mois à 1,5330 $ consécutivement à un repli de -2,4% en un peu moins de 4 semaines. Le taux de change s’est légèrement repris depuis vendredi dernier et a enchaîné mardi une 3ième séance consécutive de hausse le renvoyant aux portes  du  seuil  de  1,55  C$.  Si  la  décision  du  futur  président  américain  Joe  Biden  de stopper  à  son  arrivée  à  la  Maison  Blanche  le  projet  américano-canadien  d’oléoduc Keystone  XL,  dévoilée hier  par  les  médias, a  vivement secoué  la devise canadienne, cette dernière semblait s’en être remise ce matin et voguait en direction de 1,54 C$ en amont de la décision de la BoC.

En fin de soirée (22h00), la banque centrale brésilienne rendra elle aussi publique sa décision monétaire. Tout comme au Canada, les analystes s’attendent à un statu quo sur les taux directeurs (actuellement à 2,0%) de la banque centrale. Si la dynamique inflationniste du pays dépasse très légèrement l’objectif de la banque centrale (4,52% A/A en décembre contre un objectif fixé entre 2,0 et 4,5%), l’institution monétaire ne devrait pas pour autant être alarmiste compte tenu des incertitudes qui pèsent toujours sur l’économie brésilienne. La paire EUR/BRL connait des hauts et des bas sur ce début d’année comme l’illustre l’amplitude de plus de 6% du couloir de fluctuation observé après un peu plus de 2 semaines (6,30 – 6,70 BRL). Orientée à la hausse depuis la fin de la semaine dernière, la paire de change pourrait consolider ses récents gains (+3% en cumulé depuis vendredi) en cas de discours très accommodant ce soir de la part des banquiers centraux brésiliens.

Yellen enflamme les marchés, répit pour l’euro face à l’absence de drame en Italie

Le premier ministre italien, Giuseppe Conté, peut souffler après avoir remporté un vote de confiance crucial mardi au Sénat qui lui permet de temporairement sauver son gouvernement. En obtenant néanmoins pas la majorité absolue au sein de l’hémicycle hier (156 voix obtenue Vs. majorité absolue à partir de 161 voix), le dirigeant italien voit sa coalition très affaiblie et dispose désormais de peu de marges de manœuvre pour installer un nouveau gouvernement fort. Alors que le pays fait face à une double crise sanitaire et économique, certains observateurs parient déjà sur un futur départ de Conté si jamais il ne parvient pas à trouver un nouveau partenaire pour venir compléter le duo formé par le Mouvement 5 Etoiles et le Parti Démocrate et assurer au gouvernement une majorité au sein de la Chambre haute qui limiterait le risque de voir ses décisions bloquées. Le pire a pour le moment été évité toutefois il n’est pas certain que l’on ne reparle pas de l’Italie cette année pour évoquer de nouveaux bouleversements politiques.

Il n’y a pas eu de réelles surprises hier dans les propos tenus par la très probable future secrétaire au Trésor, Janet Yellen, lors de son audition de confirmation au Sénat. Les principaux axes avaient filtré dans les médias lundi aussi les marchés n’ont eu qu’une confirmation de ce qu’ils savaient déjà, à savoir que la nouvelle administration veut profiter de conditions monétaires favorables pour agir vite et très fortement pour relancer l’économie américaine et lui éviter que cette crise ne lui laisse des cicatrices sur le long terme. Pas question donc de s’attarder sur les déficits records et la dette historiquement haute des Etats-Unis, ce n’est pas la priorité, a rappelé l’ancienne présidente de la réserve fédérale américaine qui milite même pour l’émission de bons du Trésor de très long terme (50 ans) pour financer la reprise. À l’écoute de ses propos, le plan de 1900 Mds$ évoqué par Joe Biden la semaine dernière ne serait qu’une première pierre d’une politique fiscale que la nouvelle gouvernance américaine veut très expansionniste. Concernant le dollar, Janet Yellen a réaffirmé qu’elle n’envisageait pas de politique sur la devise et en a profité pour marquer sa désapprobation à l’égard des pays qui influent volontairement sur la valeur de leur monnaie pour des fins économiques.

La bourse américaine a favorablement accueilli les commentaires de Janet Yellen et s’est même enthousiasmé à l’idée que la politique de relance prisée par la nouvelle administration américaine pourrait être encore plus importante que ce qui a à ce jour été annoncé. Après un weekend prolongé de trois jours, l’indice S&P 500 a clôturé sur un rebond de +0,8% et le Nasdaq sur un rebond de +1,5% faisant clôturer l’indice tout près d’un pic historique à proximité du seuil des 13 200 pts. Les taux 10 ans américains sont restés stables sous le seuil de 1,1% tandis que le dollar a littéralement flanché sous l’effet d’un nouveau rallye des marchés actions et d’un regain global d’appétit au risque. La contraction de l’écart de taux entre l’Italie et l’Allemagne face à la dissipation temporaire des risques politiques a également accompagné un fort rebond mardi de l’euro et un repli du yen. Le taux EUR/USD a ainsi bondi de +0,4% à plus de 1,21 $ et le taux EUR/JPY de +0,6% pour remonter au niveau de 126 ¥. Le taux EUR/CHF a progressé de +0,2% à 1,0780 ₣. Après plus d’une semaine de repli, on n’attendait plus ce redressement de la devise européenne. 

Publications statistiques

L’indice de sentiment économique allemand ZEW est ressorti au-dessus des attentes des analystes à 61,8. C’est une nette progression par rapport au mois dernier (55) qui traduit l’optimisme des investisseurs allemands malgré le durcissement des mesures sanitaires sur ce début d’année. Ce résultat positif est venu accompagner et soutenir le mouvement haussier apparu sur l’euro en début de séance mardi.

Ce matin, l’attention se portera sur les données d’inflation publiées au Royaume-Uni (08h00), en Afrique du Sud (10h30), en Zone Euro (11h00) et au Canada (14h30).

On surveillera les mouvements sur le dollar canadien et le réal brésilien en marge des réunions monétaires de ce jour au Canada (16h00) et au Brésil (22h00), même si en réalité tous les regards seront braqués ce mercredi sur les Etats-Unis et l’investiture américaine (début 18h00 heure française).


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.