Actualités du marché des devises

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janv. 15, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Accentuation des restrictions sanitaires en Europe & tumultes politiques en Italie : l'euro grimace (toujours)

 

Tendance du jour

La séance asiatique de vendredi a été plutôt négative, cela à cause de nouvelles inquiétudes sur la reprise économique mondiale. La Chine a pour le second jour d’affilé enregistré un pic de contamination depuis mars (144 nouveaux cas recensés jeudi) et les autorités appellent les citoyens à éviter les déplacements en marge des célébrations du Nouvel an lunaire (congés du 11 au 17 février). Le durcissement des restrictions en Europe se poursuit et après les Pays-Bas et le Portugal c’est la France qui a décidé hier d’étendre sur l’ensemble du territoire la période de couvre-feu de 10h à 12h (18h00 à 06h00 du matin). Les annonces du nouveau plan de relance de Joe Biden de 1 900 Mds$ n’ont pas suffi à éclipser les mauvaises nouvelles liées à la pandémie, une large partie des mesures dévoilées hier étant déjà connues (et assimilées) par les marchés.

L’indice futures du CAC40 cédait -0,65% avant l’ouverture des marchés européens. Les indices futures américains sont eux aussi dans le rouge après avoir atteint de nouveaux sommets historiques hier en séance (Dow Jones à 31223 points et NASDAQ à 13220 points).

Sur le marché des changes, l’euro rebondit légèrement face aux devises cycliques comme la couronne norvégienne (+0,2% à 10,31 NOK) après l’importante baisse de la veille. La tendance reste toutefois à légèrement à la baisse face à de nombreuses devises émergentes comme le real brésilien (-0,3% à 6,30 BRL) ou le yuan (-0,2% à 7,85 ¥). On notera la 6ème baisse journalière consécutive de la paire EUR/JPY qui bascule sous le niveau des 126 ¥ pour la première fois de l’année. Le taux EUR/CHF est lui aussi sur la défensive et continue de s’enfoncer ce matin sous le seuil de 1,08 ₣. La paire EUR/USD poursuit son repli et repart ce matin à l’assaut du seuil de 1,21 $. Si les commentaires hier du gouverneur central américain ne semblent pas avoir de prises sur le dollar, ils ont au contraire une résonnance sur les devises émergentes qui se réjouissent du fait que la Fed, selon son président, n’envisage en aucun cas de remonter les taux ni même de réduire ses rachats d’actifs dans un avenir proche compte tenu des incertitudes sanitaires qui persistent aux Etats-Unis.

 

L’euro poursuit sa glissade

L’euro reste sous très forte pression, notamment face aux devises cycliques et émergentes. Les marchés s’inquiètent de plus en plus de la capacité de l’économie européenne à rebondir cette année alors même que le premier trimestre devrait être marqué par une nouvelle récession économique. La pandémie, par l’intermédiaire de la circulation de variants plus contagieux, gagne en vigueur en Europe comme l’illustre les nouveaux records de cas recensés jeudi en Espagne (près de 39k) et au Portugal (environ 11k). Face à la recrudescence des infections, la France a, comme cela se faisait pressentir depuis le début de semaine, a annoncé jeudi un durcissement des restrictions. Pas de reconfinement mais une extension généralisée du couvre-feu de 18h00 à 06h00 du matin sur l’ensemble du territoire pour une période d’au moins deux semaines. En Allemagne où un reconfinement partiel est déjà en place jusqu’au 31 janvier, la chancelière Angela Merkel est également favorable à un renforcement des restrictions et a réclamé à ce titre une réunion des présidents de région la semaine prochaine pour statuer des mesures à prendre (possiblement le 20 janvier d’après le journal allemand Bild).

Comme si cela ne suffisait pas, la Zone Euro doit en plus de la pandémie faire face à des tumultes politiques en Italie. La coalition à trois composée du Parti Démocrate, du Mouvement 5 Etoiles et de la formation Italia Viva de l’ancien premier ministre Matteo Renzi a implosé après le départ du gouvernement des deux ministres issus de ce dernier larron. Cela force le premier ministre Giuseppe Conté à former une nouvelle majorité au Sénat pour éviter le spectre d’une élection anticipée qui serait vu d’un très mauvais œil par les marchés. Si pour l’heure le scénario le plus plausible apparaît être celui de la stabilité et la formation d’un nouveau gouvernement avec à sa tête G. Conté, cela n’empêche que l’on observe un peu de nervosité sur les marchés illustrée par l’écartement des spreads de taux entre l’Italie et l’Allemagne à un plus haut depuis plus d’un mois.

L’euro accusait jeudi ses plus fortes pertes face aux devises émergentes comme le rouble russe (-0,6%), le peso mexicain (-0,7%), le rand sud-africain (-1,0%) ou encore le real brésilien (-1,9%). Les dollars australien et néo-zélandais ne sont en reste non plus et ont tous les deux enregistré hier une progression de +0,6% face à l’euro. À cet égard, la paire EUR/AUD a cassé un support important situé à 1,57 A$ et ainsi chuté à un nouveau creux depuis décembre 2018. Face aux devises refuges telles que le yen et le franc suisse, l’euro a limité les pertes mais la devise européenne reste néanmoins sur la défensive.

 

De mauvaises nouvelles sur l’emploi calment les ardeurs du dollar

La situation de l’emploi aux Etats-Unis n’est pas rassurante, c’est le moins que l’on puisse dire. Moins d’une semaine après la publication du rapport mensuel de décembre montrant une première contraction des créations depuis 8 mois, les marchés ont à nouveau été douchés par de mauvaises nouvelles sur le front de l’emploi. Le nombre de nouvelles inscriptions aux allocations chômage a bondi cette semaine de +965k, ce qui s’avère être la plus forte progression observée depuis le mois d’août (20 semaines exactement). Les acheteurs de dollar ont été littéralement décontenancés par cette nouvelle puisque le consensus misait plutôt sur une progression hebdomadaire plus modeste de 795k. Après avoir flirté avec le seuil de 1,21 $ et touché à cette occasion un nouveau point bas depuis 1 mois, le taux EUR/USD a effacé ses pertes de la journée et est venue se raccrocher au seuil support de 1,2150 $.

Comme il l’avait filtré dans les médias américains, Joe Biden a dévoilé jeudi soir les contours de son plan de relance de 1 900 Mds$ qu’il souhaiterait mettre en place à son arrivée à la Maison Blanche. Celui-ci contient entre autres un chèque de 1400 $ par personne pour les revenus les plus modestes, une prolongation des aides aux chômage jusqu’à fin septembre, un doublement du salaire minimum de 7,25 à 15 $/heure et une enveloppe de 350 Mds $ adressée aux autorités locales et nationales pour financer les emplois d’utilité publique (pompiers, policiers, agent de santé).

Ne faisant aucunement référence à d’éventuelles hausses d’impôt sur les sociétés et les ménages les plus aisés, ces annonces ont finalement eu peu de résonnances sur les marchés car globalement déjà anticipées.

L’indice S&P 500 a toutefois clôturé à un plus bas depuis une semaine sous le seuil de 3 800 pts tandis que les taux 10 ans rebondissaient très largement de 1,09% à 1,13%. Malgré sa déconvenue du début d’après-midi, le dollar continue de presser à la hausse.

C’est une nouvelle séance possiblement agitée qui attend la devise américaine à en juger par l’important calendrier économique du jour. Ainsi à partir de 14h30 et jusqu’à 16h00 s’enchaineront les publications des statistiques de ventes au détail et de production industrielle au mois de décembre, ainsi que les premières estimations de l’indice Michigan de confiance des ménages au mois de janvier. Cela sera une nouvelle fois l’occasion de jauger la santé de l’économie américaine en plein cœur de la pandémie. 

 

La livre sterling passe un cap important malgré une situation sanitaire toujours dégradée

La devise britannique a conclu jeudi une impressionnante série de six séances consécutives de hausse face à l’euro pour un gain cumulé de +2%, un mouvement assez rare pour être remarqué puisqu’il faut remonter à mars dernier et le rebond correctif consécutif à une chute de la livre à un plus bas depuis plus de 11 ans pour observer une telle « régularité » en matière de rebond. À l’époque la livre sterling venait de se dépréciée de plus de 12% en 3 semaines face à l’euro alors que les marchés financiers sombraient dans la panique face à l’arrivée du coronavirus en Europe. Cette fois c’est quelque peu différent puisque ce rebond n’intervient pas après un fort mouvement dépréciatif, alors faut-il y voir un changement de tendance et un regain d’intérêt pour la livre maintenant que le spectre du Brexit est définitivement derrière nous ? Cela pourrait être le cas puisqu’à ce jour la devise apparaît toujours faible si l’on s’en tient purement à des aspects de valorisation.

Si le regain de flamme pour la livre a été perturbé sur ce début d’année par la dégradation de la situation sanitaire outre-Manche mais également l’amertume autour de l’absence de traitement des services dans l’accord de libre-échange signé en décembre par le Royaume-Uni et l’Union Européenne, les freins tendent peu à peu à s’atténuer. Les réserves de la Banque d’Angleterre sur l’usage de taux négatifs mais aussi le rapprochement entre britanniques et européens pour discuter un accord sur les services financiers ou encore une harmonisation des incertitudes liées à la pandémie sur l’ensemble du continent européen semblent avoir provoqué un basculement d’intérêt pour la livre au détriment de l’euro. Il reste à confirmer si cette tendance peut persister dans le temps ou si simplement nous ne sommes pas le témoin d’un simple mouvement naturel de revalorisation d’une devise fortement déprécié.

Un élément de réponse pourrait nous être donné à travers le test de la barrière de 0,8860£ qui est un support sous lequel le taux de change n’a plus fluctué depuis le mois de mai 2020. En franchissant ce cap, on pourrait alors entrevoir une accélération de la dynamique baissière en direction du seuil de 0,87 £ (support sur la période avril-mai 2020). La publication ce matin au Royaume-Uni de données économiques mitigées (contraction de l’économie en novembre, contraction surprise de la production industrielle et déficit commercial quasi record) vient quelque peu calmer les ardeurs de la livre qui se maintient néanmoins sous le seuil de 0,89 £ face à l’euro. 

 

Le shekel israélien en perte de vitesse après l’annonce de la banque centrale

Après la banque centrale suédoise et polonaise mercredi, la banque centrale israélienne a à son tour fait part jeudi de nouvelles mesures destinées à freiner l’appréciation du shekel. Pour faire face à une hausse de plus de 8% de la devise israélienne face au dollar en moins de 4 mois (plus de 7% face à l’euro), l’institution monétaire entend acheter plus de 33 Mds d’euros de devises étrangères via le marché des changes cette année.

Avec la perspective de nouvelles pressions baissières sur le shekel, la réaction des marchés à cette nouvelle ne s’est pas fait attendre, d’autant plus que la devise israélienne venait d’atteindre en milieu de semaine un pic de 8 mois face à l’euro à moins de 3,80 ILS. Dans les deux heures qui ont suivies l’annonce, la paire EUR/ILS a engrangé jusqu’à 2% de gains en séance et touché un pic à plus de 3,87 ILS. Le rebond se poursuit ce matin et la paire enregistre une hausse de +1,5% qui la ramène à un pic d’une semaine à plus de 3,92 ILS. Il reste à savoir si cette correction peut perdurer dans le temps car il est bon de rappeler que l’année dernière la banque centrale avait déjà opéré de larges opérations de rachats de devises étrangères (plus de 25 Mds€), ce qui n’a pas empêcher pour autant le shekel de s’apprécier vivement. La faiblesse actuelle de l’euro relative aux risques sanitaires en Europe ne plaide pas non plus en faveur d’une hausse significative et durable de la paire EUR/ILS.

 

Publications statistiques

La publication des statistiques de croissance en Allemagne est sans appel : la première économie européenne a connu une récession de 5% en 2020. Cette récession est tout de même plus faible que celle observée durant la crise financière de 2009 et près de deux fois moins importante que celle à priori subie par ses voisins français, italiens ou encore espagnols.

Données économiques mitigées ce matin au Royaume-Uni : la contraction de l’économie en novembre se révèle plus de deux fois moins importante que prévu (-2,6% M/M vs. consensus -5,7%) mais la production industrielle connait une contraction surprise (-0,1% M/M vs. consensus +0,5%) et le déficit commercial approche d’un plus haut historique (-16 Mds£ vs. consensus -10,2 Mds£).

Aujourd’hui, les marchés seront attentifs aux statistiques américaines de ventes au détail (14h30), de production industrielle (15h15) ainsi qu’à l’indice du Michigan (16h00).


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