Actualités du marché des devises

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janv. 13, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre sterling trouve des catalyseurs positifs, l’euro en mal de confiance face aux restrictions sanitaires

Tendance du jour

La procédure de destitution aux Etats-Unis, l’accentuation des restrictions sanitaires en Europe et l’évolution des taux longs américains sont toujours les principaux thèmes auxquels les marchés des changes sont sensibles.

Après une séance asiatique peu volatile et sans tendance, les indices boursiers européens devraient ouvrir à l’équilibre ce matin. Seule satisfaction ce matin, la nouvelle hausse des prix du pétrole qui atteignent ce matin en Europe (Brent) un nouveau pic de plus de 10 mois à 57 $.

Sur le marché des changes, la tendance est peu différente des séances précédentes. L’euro est en panne de confiance et pâtit clairement de la hausse des restrictions sanitaires en Europe qui vient assombrir les perspectives de fort rebond de l’économie cette année. La devise européenne reste sur la défensive face au yen et au franc suisse, ou encore face à la livre sterling contre laquelle elle touche ce matin un creux de 6 semaines à presque 0,89 £. Le taux EUR/USD est à équilibre juste au-dessus du seuil de 1,22 $ et bénéficie d’un répit combiné à l’affaissement des taux longs américains et la hausse du pétrole. Le dollar australien corrige légèrement après avoir bondi la veille à un pic de 2 ans (1,57 A$) alors qu’à l’inverse la couronne norvégienne (10,30 NOK) surfe sur la hausse des prix du baril de brut. Au sein de l’univers émergents, les devises asiatiques ont le vent en poupe ce matin (notamment la roupie indonésienne et le ringgit malaysien) à l’exception notable du yuan (7,87 ¥) qui stoppe sa série de quatre séances consécutives de hausse qui l’avait vu atteindre mardi un pic de 6 semaines.

Nouveau tour de vis sanitaire en Europe

Déjà évoqué dans la note de mardi, les perspectives économiques en Europe s’assombrissent très clairement au gré d’un nouveau resserrement et allongement des restrictions sanitaires dans la région. La performance au 1er trimestre risque très clairement d’en pâtir et on peut penser que les anticipations de fort rebond de la croissance cette année pourrait être très clairement revue à la baisse si jamais la distribution massive de vaccins tarde à se matérialiser. On en veut pour exemple les déclarations teintées d’inquiétude faites mardi par le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, expliquant que l’objectif de 6% de croissance projeté par le gouvernement constituait un « défi » au regard du maintien des incertitudes sanitaires.

Au regard de la nouvelle accélération des contaminations en Europe sur ce début d’année, très probablement favorisée par la propagation d’un variant du virus en provenance du Royaume-Uni plus contagieux, plusieurs pays européens réfléchissent à durcir très significativement les restrictions afin d’endiguer au plus vite cette progression avant qu’elle ne soit hors de contrôle.

Hier, les titres des journaux évoquaient une réflexion en Allemagne sur une prolongation du confinement national courant jusqu’au 31 janvier prochain de 8 à 10 semaines (ce qui nous mène à avril) alors que la chancelière Angela Merkel met en garde contre une explosion des infections qui pourraient décupler d’ici Pâques. Les Pays-Bas ont quant à eux annoncé hier une prolongation des restrictions en place jusqu’au 9 février tandis qu’en France où l’option du couvre-feu est privilégiée par rapport au confinement, le premier ministre Jean Castex a laissé entendre qu’il pourrait être avancé à 18h00 (contre 20h00) actuellement sur l’ensemble du territoire.

L’euro a peu réagi hier à l’annonce de ces nouvelles prolongations ou évocations d’un durcissement des mesures dans la région. Toutefois, sur la défensive depuis la fin de la semaine dernière, la devise européenne n’a pas trouvé les ressorts pour rebondir face à des devises comme le franc suisse (1,08 ₣) ou le yen japonais (126,6 ¥). Revenant à hauteur de 1,22 $ face au dollar après un repli de -1,4% et un creux de près de 4 semaines (1,2150 $), l’EUR/USD manque clairement de dynamisme. L’euro est également en difficulté face aux devises de pays où les conditions sanitaires sont nettement moins dégradées comme en Australie, en Nouvelle-Zélande ou encore en Chine. Le taux EUR/AUD poursuit une phase corrective et chuté hier à un creux de 2 ans à moins de 1,57 A$. Le yuan a enchaîné une 4ième séance consécutive de hausse face à l’euro mardi (gain cumulé de plus de 1%) et touché un pic de 6 semaines à 7,84 ¥ avant de retracer en fin de séance.

 

Nouvelles tractions politiques entre Bruxelles et Londres

Si l’accord commercial signé le 23 décembre dernier entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne a été accueilli avec grand soulagement par les intervenants de marché, il n’en reste pas moins quelques zones de flou concernant la future relation économique entre les deux régions. Les services qui génèrent près de 80% du PIB britannique (données officielles de 2019, source : Parlement britannique) ne figurent pas dans l’accord de libre- échange de décembre, et à ce jour les échanges avec l’UE ne sont donc toujours pas encadrés. Les services financiers qui génèrent 7% du PIB britannique et représentent plus de 1 million d’emplois dans le pays n’ont pour le moment pas reçus d’équivalences européennes. Cela pourrait néanmoins changer dans les semaines à venir.

En effet, on a appris hier que britanniques et européens allaient entamer cette semaine des négociations sur la régulation et les coopérations futures dans le secteur des services financiers. Les deux parties se sont données jusqu’à mars pour définir un cadre de réglementation dans ce domaine, Londres souhaitant à tout prix à assurer « une stabilité financière » et « une protection des investisseurs et consommateurs » à travers un accord global. Reste à savoir si cette échéance sera tenue, les quatre années passées nous ayant prouvé que les négociations britanno-européennes dépassaient très souvent le cadre fixé.

La perspective d’un accord sur les services financiers qui pourrait permettre à Londres de préserver (et consolider) son statut de hub financier européen est une épine potentielle en moins dans le pied du Royaume-Uni alors même que, du propre aveu hier du gouverneur de la Banque d’Angleterre Andrew Bailey, l’économie britannique inquiète vivement et vit ses « heures les plus sombres » en raison du nouveau confinement national imposé la semaine dernière. Il n’est pas question pour autant d’introduire des taux négatifs comme cela a pu être évoqué l’année dernière, le responsable monétaire affichant hier quelques réserves à ce sujet. Ces deux facteurs mis bout à bout – réduction des spéculations de taux négatifs et espoir d’un accord sur les services financiers – ont déclenché mardi un fort rebond de la livre sterling (+0,65%) laquelle a enchaîné une 4ième séance de progression face à l’euro (gain cumulé de +1,4%) et touché un pic de 6 semaines à 0,8920 £. Le seuil de 0,8930 £ constitue un support sur lequel la paire EUR/GBP a déjà buté en fin d’année dernière et demeure le dernier obstacle en direction du seuil de 0,8860 £ qui est le plancher au-dessus duquel le taux évolue depuis le mois de mai 2020.

Un environnement favorable au dollar ?

La progression effrénée des rendements obligataires américains amorcée la semaine dernière en marge des élections sénatoriales tardives américaines s’est poursuivie pendant une partie de la séance de mardi et un nouveau pic a été atteint par le taux

10 ans à presque 1,19% (vs. 0,92% lundi 4 janvier). Les anticipations de hausse des dépenses publiques sous la présidence de Joe Biden (ie. émission de dettes) et l’augmentation sur les marchés options de spéculations autour de la date de la première hausse de taux de la part de la Fed (2024 ?) ont très largement alimenté ce gonflement des rendements obligataires, lesquels n’ont pas laissé les investisseurs insensibles et parmi eux les acheteurs de dollar.

L’évolution des taux d’intérêt américains sera à surveiller ce mercredi à l’occasion de la publication cette après-midi (14h30) aux Etats-Unis des statistiques d’inflation du mois de décembre. L’observation de pressions baissières sur les prix à la consommation pourrait pousser les marchés à revoir à la baisse leurs perspectives d’inflation pour l’année, ce qui viendrait probablement porter un coup d’arrêt à l’ascension récente des taux longs et également impacter négativement le dollar. À l’inverse, une accélération de l’inflation sur la fin d’année dernière viendrait donner du crédit aux anticipations actuelles de hausse des prix et au rebond correctif du dollar qui en découle. Très calme mardi, le taux EUR/USD pourrait connaître ce mercredi une séance plus agitée.

Les tumultes pourraient ne pas être exclusivement provoquées par les mouvements sur les marchés obligataires mais aussi venir du volet politique alors que les Démocrates poussent ardemment pour destituer Donald Trump avant la fin de son mandat prévu le 20 janvier prochain à midi. La Chambre des représentants examinera ce mercredi l’acte d’accusation contre le président actuel pour « incitation à l’insurrection », laquelle a été niée hier par le principal concerné. Si en coulisse plusieurs médias révèlent que Trump, après les évènements au Capitole le 6 janvier, commence à être lâché par certains ténors de sa formation politique comme le représentant du Sénat Mitch McConnell, il est néanmoins peu probable à ce stade que la procédure obtienne assez de voix de républicains au Sénat pour aboutir. On suivra néanmoins les éventuels rebondissements dans ce dossier, tout comme les évènements en marge de l’investiture de la cérémonie officielle de l’investiture de Joe Biden programmée mercredi prochain. En cas de nouveaux troubles dans le pays, on pourrait assister à un nouveau sursaut de la devise américaine qui est habituellement recherchée en tant qu’actif « refuge ».

Publications statistiques

Hier, l’indice d’optimisme des PME américaines est ressorti en baisse au mois de décembre par rapport au mois précédent (95,9 contre 101,4 en novembre). Le nombre d’ouvertures de postes aux Etats-Unis observé dans le rapport JOLT s’est réduit au mois de novembre, passant de 6,63 à 6,53 Mln. Il s’agit de la première baisse observée depuis 6 mois dans le pays.

Ce matin, les marchés seront attentifs au discours de Christine Lagarde à 10h00, suivi par la publication de la statistique de production industrielle en zone euro à 11h00. Dans l’après-midi la banque centrale polonaise fera part de sa décision monétaire et devrait très probablement opter pour un statu quo de son taux directeur actuellement à 0,1%. Du côté des Etats-Unis, les statistiques d’inflation seront publiées à 14h30 et seront suivies par la publication en début de soirée du Livre beige de la FED (20h00).


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