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janv. 12, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le yuan démarre fort 2021, l’EUR/USD stoppe l’hémorragie

 

Tendance du jour

Après la correction de la veille, les marchés européens devraient ouvrir à l’équilibre, avec en toile de fond les risques politiques aux Etats Unis (la procédure de destitution de Donald Trump pourrait être votée dès aujourd’hui à la Chambre des représentants), et une situation sanitaire qui reste très tendue. La volatilité semble redescendre aujourd’hui, toutefois l’indice de la peur le VIX a connu un net rebond hier dans ce qui semble montré un regain de nervosité des acteurs financiers.

Sur le marché des changes, la paire EUR/USD stoppe l’hémorragie après trois séances consécutives de repli (+0,1% à 1,2160 $) pendant que la paire EUR/JPY est pour l’instant à l’équilibre au-dessus du seuil de 126,6 ¥. Doucement mais surement, la livre sterling poursuit sa revalorisation face à l’euro et consolide ce matin son retour sous le seuil de 0,90 £. Les devises cycliques comme la couronne norvégienne et le dollar australien se reprennent après leur repli de la veille. Le yuan ainsi que d’autres devises émergentes telles que le rand sud-africain, le rouble russe, la livre turque ou encore le peso mexicain sont orientées à la hausse ce matin face à l’euro. Pour la devise chinoise, il s’agit de la 4ième séance consécutive de hausse face à l’euro ou une série que l’on ne l’avait plus vu faire depuis début décembre 2020.

Une nouvelle contraction de l’économie à craindre en Europe ?

Face au regain de vigueur de la pandémie en Europe sur ce début d’année favorisé par la découverte d’un variant du coronavirus plus contagieux, de plus en plus d’économistes font part de leurs inquiétudes quant à une possible nouvelle contraction de l’économie au 1er trimestre. Par exemple, Oxford Economics table sur une contraction de -4% au Royaume Uni où un troisième confinement strict est entré en vigueur mercredi dernier et pourrait rester en place jusqu’à mi-février voire mars. La Zone Euro n’est pas en reste et pourrait quant à elle subir une contraction entre -0,5 et -1,0% sur les trois premiers mois de l’année d’après l’assureur Euler-Hermes. L’Allemagne a décidé la semaine dernière d’étendre son confinement national jusqu’au 31 janvier au plus tôt, tandis qu’en France les autorités freinent des quatre fers pour éviter un 3ième confinement et lui préfèrent pour le moment l’option du couvre-feu.

La reprise tant attendue en 2021 pourrait donc tarder à se matérialiser, et possiblement se révéler moins importante que prévu si jamais la distribution massive de vaccins tarde à se déployer et à éradiquer totalement la menace sanitaire. Les risques économiques sont réels, tout comme d’ailleurs les risques de déception parmi les intervenants de marché qui ont vu dans l’arrivée du vaccin un facteur décisif à un rebond de l’activité cette année. Pour le moment néanmoins la confiance des acteurs économiques et financiers européens n’est pas rompue à en juger par la publication d’un indice Sentix en Zone Euro progressant en janvier à son plus haut niveau depuis 11 mois.

Si elle perdure dans le temps et résiste aux pressions sanitaires, cette confiance pourrait constituer un avantage dans les prochains mois lorsque les conditions d’une reprise seront plus favorables.

L’euro que l’on avait vu débuté l’année 2021 sur les chapeaux de roue a quelque peu marqué le pas sur ces dernières séances et semble avoir été rattrapé par l’assombrissement des perspectives que fait courir le variant britannique du coronavirus et les risques de propagation au sein de la Zone Euro. La paire EUR/USD a signé lundi sa troisième séance consécutive de baisse (-0,6% lundi et -1,4% en cumulé) et n’a dû son salut qu’à la présence du support situé à 1,2150 $. Aperçu la semaine dernière à un pic de 2 ans, le taux EUR/JPY a corrigé de -0,3% pour revenir s’installer sous le seuil de 127 ¥. Le taux EUR/CHF a limité la casse mais était lui aussi orienté à la baisse lundi néanmoins la paire de change se maintient toujours très largement au-dessus du seuil de 1,08 ₣.

Le yuan plus sensible aux fondamentaux qu’à l’aspect sanitaire

Le yuan chinois connait un bon démarrage en 2021, aussi bien face au dollar que face à l’euro, alors même que le contexte sanitaire s’est quelque peu dégradé en Chine. En effet, pour la 1ière fois en 5 mois le pays a officiellement enregistré lundi plus de 100 nouveaux cas de COVID-19. Si le chiffre peut paraître très modeste au regard des statistiques observées en Europe ou aux Etats-Unis, il est néanmoins inquiétant d’observer une résurgence du virus dans le pays qui semblait jusqu’à présent immunisé contre la pandémie. Cette recrudescence inquiète d’autant plus à l’approche des festivités du nouvel an chinois (congés du nouvel an lunaire du 11 au 17 février) qui pourrait être un catalyseur de propagation du virus. Face à ce danger, les autorités chinoises n’ont pas hésité à reconfiner plusieurs municipalités et 500 000 personnes situés près de la capitale Pékin qui représentaient un possible foyer de contamination.

Les acheteurs de yuan semblent donc peu affectés pour le moment par la montée des risques sanitaires en Chine et continuent de trouver du réconfort dans les fondamentaux économiques. Lundi, les statistiques d’inflation ont montré une nette accélération de la dynamique de prix dans le pays, laquelle avec un rebond de 0,7% M/M a connu en décembre sa plus forte progression depuis 10 mois. La dynamique annuelle repasse en territoire positif (+0,2%) après une contraction en de -0,5% en novembre.

La solide reprise de l’économie chinoise, malgré quelques signes d’affaissement observés à travers les enquêtes d’activité de décembre, continue d’alimenter les spéculations d’un possible resserrement monétaire (ie. une hausse de taux) de la part de la banque centrale chinoise (PBOC) cette année. Vendredi dernier, le gouverneur de la PBOC a toutefois expliqué que la priorité de 2021 était « la stabilité de la politique monétaire » afin d’assurer la pérennité de la reprise économique, ce qui présume que la banque ne ressent pas pour le moment l’urgence de franchir ce cap. L’arrivée prochaine de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis nourrit également l’espoir d’une normalisation des relations entre la Chine et les Etats-Unis alors même que Donald Trump profite des derniers instants de son mandat pour faire un dernier pied de nez à Pékin à travers un rapprochement diplomatique avec Taïwan. Si les tensions entre la Chine et les Etats-Unis pourrait perdurer sous Biden sous couvert de bataille idéologique et économique pour demeurer la première économie mondiale, les conflits pourraient être bien moins frontaux.

Le taux EUR/CNH est en phase corrective et enregistre ce matin sa 4ième séance consécutive de repli pour une perte cumulée de plus de -1%. On approche même les - 2% de baisse depuis le dernier point haut atteint par la paire de change le 30 décembre dernier à 8,0 ¥. Consolidant ce matin sa chute la veille sous le seuil de 7,90 ¥, le taux oscille ce matin à son plus bas niveau depuis 6 semaines. Face au dollar, la devise chinoise reste à proximité de son pic de 2 ans ½ atteint cette année à hauteur du seuil de 6,45 ¥.

La hausse du billet vert ne fait pas que des heureux

Le dollar continue son sursaut, notamment porté par la hausse des rendements des obligations souveraines américaines. La hausse de ces derniers se poursuit avec notamment un plus haut à 1,897% sur les maturités à 30 ans. Le rebond des anticipations d’inflation favorisé par des perspectives de reprise économique en 2021 explique en partie le désintérêt des investisseurs pour les bons du trésor américain, traditionnellement considérés comme des actifs refuges.

La hausse du dollar a des implications sur le prix de certaines matières premières comme le pétrole et les métaux précieux (or et argent). Le contrat brent et l’once d’argent cédaient ainsi environ 1% lors de la séance d’hier. Les devises sensibles au prix des matières premières comme la couronne norvégienne ou encore le réal brésilien ont connu lundi une séance difficile. La paire EUR/NOK a enregistré hier un rebond de +1% 10,38 NOK tandis que le taux EUR/BRL a progressé de +0,7% et revient à nouveau flirter avec ses plus hauts niveaux historiques atteints en octobre dernier à presque 6,80 BRL. La dégradation de la situation sanitaire au Brésil et ses lourds impacts sur l’économie s’ajoutent aux maux du réal qui vient de céder près de -9% en l’espace d’un mois face à l’euro.

Volatilité de court terme ou rattrapage du billet vert ? Les prochaines semaines et mois seront déterminants pour jauger d’un éventuel changement d’orientation sur le dollar qui poursuit depuis le printemps dernier une dynamique baissière. Il faudra garder un œil averti sur l’évolution des perspectives d’inflation aux Etats-Unis ainsi que sur les commentaires des banquiers centraux américains (6 interventions de membres d’antennes régionales de la Fed ce mardi) lesquels auront une réelle résonnance sur l’évolution des taux longs américains, et par corollaire sur le dollar.

Publications statistiques

Aux Etats Unis, les marchés seront attentifs à la publication de l’indice d’optimisme des PME à 12h00 et du rapport JOLTS d’ouverture de postes aux Etats-Unis à 16h00. De 15h30 à 19h00, plusieurs membres de la réserve fédérale américaine interviendront publiquement. Ces interventions pourraient donner du grain à moudre aux spéculations sur une possible diminution du soutien de la Fed d’ici la fin d’année (ie. tapering) évoquée la semaine dernière par un membre de la banque centrale.


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