Actualités du marché des devises

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janv. 11, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une fin de mandat houleuse aux Etats-Unis… ce qui n’est pas pour déplaire au dollar

Tendance du jour

La semaine débute sur de nouvelles turbulences sur le front géopolitique entre les Etats Unis et la Chine sur le dossier Taïwanais pendant qu’une procédure de destitution pourrait être attentée contre Donald Trump après les évènements du Capitol la semaine dernière.

La remontée des taux souverains américains marque ainsi le pas ce matin, au même titre que la hausse du pétrole (-1,90% sur le contrat Brent). Après une séance asiatique mitigée, les bourses européennes devraient ouvrir dans le rouge (-0,82% pour le contrat futures DAX30) pendant que l’indice de volatilité VIX progresse de près de 4%. Ainsi on pourrait bien assister aujourd’hui à une séance de correction sur les marchés actions.

Le dollar poursuit sa remontée en ce début de semaine, la paire EUR/USD cède ainsi à nouveau 0,21%, soit plus de 1% en 3 séances. Face aux devises cycliques, la tendance de l’euro est à la hausse, notamment face aux devises comme la couronne norvégienne (+0,88%) ou le dollar australien (+0,50%). Globalement les devises émergentes comme le yuan (+0,25%), la roupie indienne (+0,35%) ou le peso colombien (+0,25%) progressent face à l’euro.

Les publications statistiques clés de la semaine

La semaine sera chargée en publications statistiques qui seront une bonne occasion de prendre la température de l’état de l’économie mondiale en temps de pandémie, et tout  particulièrement  aux  Etats-Unis  où plusieurs  chiffres clés seront à l’honneur cette semaine.

Aux Etats-Unis, après un rapport sur l’emploi très décevant vendredi dernier (première destruction d’emploi en avril), on suivra attentivement les nouvelles données d’inflation (mercredi) ainsi que les ventes au détail, la production industrielle et l’indice Michigan de confiance des ménages (vendredi). À ces données viendront s’entremêler plusieurs sorties de membres de la Fed dont le gouverneur central Jerome Powell ce jeudi lors d’un évènement organisé par l’université de Princeton. Ce sera potentiellement l’occasion de donner quelques détails sur l’orientation monétaire de la banque centrale américaine alors que l’on assiste en ce moment à de nouvelles spéculations sur une possible diminution du soutien de la Fed d’ici la fin d’année. Le terme de « tapering » ou réduction des rachats d’actif a été évoqué la semaine dernière par un membre de réserve fédérale, et la forte hausse des anticipations d’inflation de long terme aux Etats-Unis à plus de 2% pour la première fois depuis 2018 nourrissent les débats et commencent à avoir quelques répercussions sur les marchés. La publication mercredi soir livrera également d’importantes informations sur l’état de santé de l’économie américaine.

En Chine, les chiffres d’inflation publiés ce lundi montrent un rebond plus important que prévu de la croissance des prix en décembre (+0,7% M/M vs. consensus +0,4%), un signal de bon augure pour l’économie chinoise après l’observation la semaine dernière d’enquêtes d’activité PMI moins probantes que prévu. Les statistiques commerciales chinoises publiées ce jeudi seront un autre moment fort de la semaine. Après un rebond historique en novembre de +21% A/A, les exportations chinoises devraient rester robustes (consensus +15%) et ainsi donner du grain à moudre à la thèse d’une Chine comme locomotive de la reprise économique mondiale en 2021.

Au Royaume Uni, l’attention se concentrera sur la séance de vendredi au cours de laquelle un grand nombre de statistiques majeures seront publiées dont celles de PIB mensuel, de la production industrielle, de la construction et de la balance commerciale. Il n’est pas certain que les acheteurs de livre sterling soient rassurés par les résultats économique du Royaume-Uni si l’on en juge le consensus actuel. La recrudescence de cas de COVID-19 au Royaume-Uni depuis fin décembre semble se répercuter sur l’activité. Cela ne devrait pas aller en s’améliorant puisqu’un nouveau confinement national est officiellement entré en vigueur mercredi dernier et pourrait perdurer jusqu’à mi-février voire mars.

Pour finir, à 10h00 du matin jeudi prochain, les marchés pourront se rendre compte de l’ampleur de la récession de l’Allemagne en 2020. Si la première économie européenne montrait des signes de ralentissement en fin d’année, elle semble toutefois avoir réussi à limiter les dégâts malgré la recrudescence de la pandémie en Europe cet automne si l’on en croit les statistiques d’activité publiées la semaine dernière.

Grosse déception sur l’emploi américain

Si le consensus tablait effectivement sur un nouveau ralentissement du rythme de créations d’emploi aux Etats-Unis en décembre (consensus : +71k), quelle ne fut pas leur surprise (déception) à la lecture vendredi dernier d’une première destruction de postes depuis le mois d’avril (-140k). C’est le résultat direct de la violente troisième vague de coronavirus qui frappe les Etats Unis. À la vue de la situation sanitaire en ce moment outre-Atlantique, les tensions sur l’emploi pourraient se prolonger voire s’intensifier. Néanmoins, le récent accord de soutien de 900 Mds$ nuance quelque peu les inquiétudes puisqu’une part de ce programme prévoit de nouvelles allocations d’aide – il est vrai moins généreuse que lors du premier plan de relance - de 300$ par semaine aux personnes sans emploi.

Orienté à la hausse en début de séance, le dollar américain a déchanté à la publication de ce rapport sur l’emploi. Mais ce fut juste un simple avertissement sans frais puisque la devise américaine a très vite effacé ses pertes et repris sa marche en avant, bien soutenu dans cette étape par la remontée des rendements obligataires américains (taux 10 ans à 1,1% / +20 pbs environ sur la semaine). Le taux EUR/USD a finalement enchaîné une seconde séance consécutive de repli pour clôturer à un creux d’une semaine juste au- dessus de 1,22 $.

Des espoirs sur le front de la vaccination

À court terme, la situation sanitaire mondiale n’a rien de rassurant. Vendredi dernier les contaminations journalières dans le monde ont atteint 818k, soit un niveau encore jamais enregistré. Avec près de 270k de nouveaux cas recensés, les Etats-Unis comptent pour un tiers des nouvelles contaminations dans le monde. L’Union européenne représente elle aussi un tiers des contaminations mondiales avec 282k nouveaux cas de Covid-19 comptabilisés vendredi dernier.

Dans ce contexte très tendu, la campagne de vaccination mondiale semble ainsi salvatrice. Plusieurs écueils se dressent toutefois sur la route d’une sortie de crise. Il y a un premier obstacle logistique, tant au niveau de la distribution que de l’inoculation des vaccins. Deuxièmement, au fur et à mesure de l’accélération des vaccinations, le risque de pénurie de doses risque se renforcer. Et pour finir, les mutations du virus observées au Royaume Uni et en Afrique du sud font craindre une possible inefficacité (ou moindre efficacité) des vaccins développés à ce jour.

Pour parer au risque de pénurie, l’Union européenne a doublé son approvisionnement du vaccin Pfizer/BioNTech avec une commande supplémentaire de 300 Mln de doses. L’Agence Européenne du Médicament devrait aussi rendre son verdict sur l’autorisation du vaccin AstraZeneca/Oxford à la fin janvier. Dans le même temps le Royaume Uni a autorisé le vaccin Moderna, le troisième en date, ce qui lui permettra probablement d’augmenter ses capacités de vaccination. Pour finir, le laboratoire BioNTech a tenté de rassurer en déclarant que son vaccin était en partie efficace contre une « mutation clé » des variants britannique et sud-africain du coronavirus.

Le thème de la vaccination restera un sujet central pour les marchés et un catalyseur essentiel de l’appétit au risque des intervenants de marché. Les devises refuges comme le yen et le franc suisse seront ainsi très sensibles lors des prochaines semaines et mois à l’évolution de la situation sanitaire dans le monde. Tout comme d’ailleurs les devises cycliques qui ont vivement redémarré sur fond d’anticipation d’une reprise robuste de l’économie mondiale et les devises émergentes qui ont, elles, bénéficié d’un large regain d’appétit au risque des acteurs de marché depuis le mois de novembre.

Un optimisme américain contagieux ?

Pour la première semaine de l’année, les bourses américaines démarrent sur les chapeaux de roues en embrassant des perspectives économiques meilleures et saluant le dénouement politique des élections sénatoriales américaines qui ont tourné la semaine dernière à la faveur des Démocrates. Les indices actions évoluent ainsi sur des nouveaux sommets historiques, les taux souverains et les matières premières retrouvent des niveaux pré-pandémie.

Cette flambée des bourses et des matières premières est bien contagieuse au reste du monde et a de réelles répercussions sur la volatilité des devises. La couronne

norvégienne, sensible à l’appétit au risque des marchés et à l’évolution des prix du

pétrole, a ainsi bondi vendredi dernier à un pic depuis février 2020 à moins de 10,30

NOK face à l’euro. Dans le même temps, le dollar australien avait le vent en poupe et a terminé la semaine dernière à un sommet depuis avril 2019 face à l’euro à hauteur de 1,57 A$. Cette tendance haussière des devises cycliques et pétrolières semble directement connectée à l’état des marchés boursiers, et pourrait se prolonger cette année tant que l’optimisme perdurera.

Le rebond du billet vert entrainé par une hausse des taux américains souverains a toutefois eu un impact négatif sur les devises émergentes la semaine dernière. Le resserrement des spreads de taux réduit en effet l’attractivité des actifs libellés en devises émergentes alors que la hausse du dollar impacte mécaniquement les autres devises. Le peso mexicain s’est ainsi déprécié de près de 1% face à l’euro durant la semaine dernière pendant que le rand sud-africain, aussi impacté par les risques sanitaires en Afrique du sud, cédait quant à lui plus de 4% face à la devise européenne.

Publications statistiques

Cette nuit en Chine, la publication de l’indice CPI montre une accélération de l’inflation au décembre. Elle s’établit ainsi à +0,2% A/A en décembre contre -0,5% A/A le mois précédent. C’est le premier rebond de l’inflation depuis le mois de juillet.

En Norvège, la dynamique inflationniste s’accélère elle aussi pour s’établie à 1,4% A/A en décembre contre 0,7% A/A en novembre.

À 10h30, la zone euro publiera son indice Sentix de sentiment des investisseurs.


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