Actualités du marché des devises

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janv. 07, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L espoir d un nouveau plan de relance aux Etats-Unis prend le pas sur les troubles politiques

Tendance de la matinée

Stimulés par la bonne performance de ses homologues américains hier, les indices boursiers européens devraient ouvrir ce matin nettement dans le vert et ainsi accentuer les gains engrangés la veille. Le pétrole continue de progresser et le baril de Brent en Europe touche ce matin un nouveau pic de 10 mois à presque 55 $.

L’appétit au risque reste prédominant et se répercute sur les marchés des changes. Si le taux EUR/JPY reste orienté à la hausse et se maintient à hauteur de ses plus hauts niveaux atteints en 2020 à plus de 127 ¥, le taux EUR/USD connaît un destin différent et vient interrompre 3 séances consécutives de hausse pour retomber ce matin sous le seuil de 1,23 $. La livre sterling (0,9050 £) reste toujours sur la défensive et continue de pâtir de la hausse des risques sanitaires outre-Manche. Ce matin les principales gagnantes semblent être les devises émergentes qui sont très largement recherchés par les investisseurs et qui en grande majorité gagnent du terrain face à l’euro. Le rand sud-africain reste toujours en difficulté après avoir clôturé la veille à un creux de 2 mois (18,60 ZAR), la faute à la découverte dans le pays d’un variant du coronavirus qui selon certains experts apparaît plus résistant aux anticorps.

Les marchés acclament - envers et contre tout - la victoire des démocrates au Congrès

Bien que le résultat final de l’élection sénatoriale en Géorgie a tardé à être officialisé, les marchés ont plutôt favorablement réagi à la perspective d’un Sénat passant sous pavillon démocrate après quatre ans de domination par le camp républicain. En remportant les deux derniers sièges en jeu, les Démocrates ont désormais une représentation identique à celle de leur principal rival au sein de l’hémicycle (50/50) ce qui signifie qu’en cas d’égalité lors du vote d’un projet de loi c’est le vice-président, en l’occurrence la démocrate Kamala Harris, qui aura le pouvoir de trancher. Cela sera un atout majeur pour Joe Biden dont le mandat débutera officiellement le 20 janvier prochain, lequel aura grâce à une majorité au Congrès les mains libres pour mettre en place ses réformes. Les économistes y voient là un terreau propice au déploiement probable cette année d’un nouveau plan de relance de plusieurs centaines de milliards mais aussi de larges investissements publics en infrastructure pour accompagner la reprise de l’économie américaine. D’où les réactions teintées d’enthousiasme des marchés financiers hier lors d’une séance qui fut néanmoins ternie en fin de journée par les troubles politiques à Washington et les mouvements de contestation de partisans de Donald Trump tentant de perturber le vote de confirmation au Congrès de la victoire de Joe Biden lors du scrutin de novembre dernier.

La bourse américaine a ainsi enchaîné une seconde séance consécutive de hausse mais a vu ses gains se réduire en fin de journée consécutivement aux scènes de chaos au Capitole diffusées ou retranscrites par l’ensemble des médias américains. L’indice S&P 500 a enregistré jusqu’à 1,5% de gains en séance pour finalement clôturer la journée sur un rebond de +0,6% à un peu moins de 3750 pts. Les bons du Trésor à 10 ans ont vivement bondi et franchi le cap symbolique de 1% pour la première fois depuis le mois de mars 2020 sous l’influence d’une hausse des anticipations d’inflation que laisse entrevoir une probable forte hausse des dépenses publiques par la nouvelle gouvernance américaine.

Cette poussée des taux obligataires américains n’a pas réellement profité au dollar, lequel a enchaîné une 3ième séance consécutive de repli face à l’euro pour chuter à un nouveau creux depuis 32 mois à plus de 1,23 $. Les taux réels américains (= taux d’intérêt nominal auquel on déduit l’inflation) restent négatifs et historiquement bas, ce qui ne manque pas de peser sur l’attrait de la devise américaine. La réaction positive des marchés actions hier a également renforcé le sentiment d’appétit au risque qui continue de dominer les échanges, et à ce titre pénaliser le dollar. À ce titre, le yen a également accusé un repli face à la devise européenne et chuté mercredi à proximité de ses plus bas niveaux depuis 2 ans à plus de 127 ¥. Le taux EUR/JPY a d’ailleurs égalé hier et ce matin le pic atteint en 2020 à 127,23 ¥. Si certaines devises émergentes ont profité de l’enthousiasme général pour tirer leur épingle du jeu (MXN, COP, TRY), on n’a pas non plus observé de larges mouvements d’achat en faveur de ces actifs. La dégradation de la situation sanitaire dans le monde, notamment au sein de certains pays émergents (Russie, Afrique du Sud, Brésil, Chine), ainsi que les troubles politiques visibles aux Etats-Unis ont semble-t-il pesé sur la demande.

Une situation sanitaire hors de contrôle au Royaume-Uni qui se répercute sur la livre sterling

Le grand soulagement généré par le dénouement heureux sur le Brexit et la conclusion au bout du suspense d’un accord commercial entre britanniques et européens a été vite digéré et n’a pas réellement permis de rompre la défiance générale des acteurs de marché à l’égard de la livre sterling. Et pour cause, le Royaume-Uni est frappé sur ce début d’année par une nouvelle violente vague de contamination qui apparaît « hors de contrôle » et a forcé le gouvernement à imposer depuis mercredi un nouveau confinement strict. Un variant du virus semble être à l’origine de l’explosion des cas outre-Manche qui ont bondi de près de 50% en une semaine jusqu’à atteindre un nouveau record mardi de près de 61k.

Se couplant aux impacts liés au Brexit, la hausse des risques sanitaires au Royaume-Uni pourrait entraîner une nouvelle contraction de l’économie au 1er trimestre de l’ordre de -3% d’après les projections de la banque américaine Morgan Stanley. Pour faire face à ces nouvelles pressions, le ministre des finances britannique a dévoilé un nouveau plan de soutien aux entreprises de 4,6 Mds£ pour soutenir les entreprises et l’emploi au sein des secteurs les plus touchés par la crise. Un choix qui s’impose mais qui devrait néanmoins participer à tendre encore un peu plus les finances publiques britanniques alors que la dette publique a vivement bondi l’année dernière pour atteindre les 100% du PIB pour la première fois depuis 1963. Les spéculations autour d’une future intervention de la Banque d’Angleterre pourraient également refaire surface dans ce contexte, et notamment les débats autour d’un éventuel recours à des taux négatifs.

Face à ces nouveaux écueils, la livre sterling vient d’enregistrer un repli de -1,3% face à l’euro au cours des trois premières séances de l’année 2021 et a ainsi effacé la totalité des gains engrangés lors de l’annonce à la veille de Noël d’un accord sur le Brexit. Le taux EUR/GBP est allégrement repassé au-dessus du seuil de 0,90 £ sur ce début de semaine et approche à grand pas de la barrière de 0,91 £ qui n’a plus été atteinte depuis maintenant 2 semaines. Le niveau de valorisation de la paire de change reste ainsi relativement élevé, et actuellement bien au-dessus du cours moyen enregistré en 2020 et qui se situe à un peu moins de 0,89 £.

Vers un retour de pressions baissières sur le yuan ?

L’arrestation de dizaines d’activistes prodémocratie à Hong-Kong a généré une nouvelle levée de bouclier, tout particulièrement en Europe où Bruxelles a annoncé que la Commission européenne allait étudier de nouvelles sanctions à l’égard des autorités hongkongaises. Derrière ces critiques, c’est la Chine et son influence politique sur l’ancienne colonie britannique qui est visée. À ce titre, le volet de Hong Kong et la montée des inquiétudes en occident sur le recul de la démocratie et des libertés individuelles à Hong Kong pourraient occasionner un nouveau conflit avec la Chine. Une perspective peu réjouissante pour les détenteurs de yuan, notamment si les tensions politiques débouchent sur des mesures de rétorsion économique.

Dans le même temps, la banque centrale chinoise (PBoC) laisse entrevoir quelques signes qu’elle n’est pas complètement à l’aise à l’idée de laisser le yuan se renforcer trop fortement. La publication mercredi d’un taux pivot inférieur aux attentes mais aussi les interventions des banques d’Etat sur les marchés des changes pour réguler la hausse de la devise semblent clairement indiquer une volonté des autorités chinoises à ne pas laisser le yuan montrer trop haut, lui qui a atteint cette semaine un pic de plus de 2 ans 1/2 face au dollar à hauteur de 6,45 ¥. Par ailleurs, le choix des autorités monétaires de ne pas procéder à une hausse de taux à court et moyen terme commence à se répercuter sur les écarts de rendements Chine/Etats-Unis qui commencent doucement à se réduire, ce qui pourrait participer à réduire progressivement la demande en yuan.

Les signaux de ralentissement de la reprise chinoise en décembre illustrés par la publication cette semaine des enquêtes d’activité mais aussi de regain de vigueur du virus en Chine alors qu’un pic de cas depuis avril a été atteint ce matin (63 cas recensés) nourrissent un risque de mouvement correctif baissier sur le yuan à court terme. Le taux USD/CNY a stoppé sa chute mais ne montre pour le moment aucun signe de reprise. Quant à la paire EUR/CNH, elle navigue pour le moment au centre d’un couloir de prix de 7,88-8,00 ¥ qui encadre ses mouvements depuis plus d’un mois.


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