Actualités du marché des devises

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janv. 06, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Avantage démocrate dans la bataille au Sénat : une poussée des rendements américains qui n égaye pas le dollar

Tendance de la matinée

En marge de l’élection sénatoriale américaine, l’appétit au risque de marchés est clair sur le marché des devises. La paire EUR/USD inscrit de nouveau plus hauts d’un peu moins de 3 ans en progressant de 0,30%. Un mouvement haussier imité ce matin par la paire EUR/JPY qui revient se positionner à proximité du seuil de 127 ¥ qui constitue une importante résistance et un « plafond » depuis plus de 2 ans. Les devises cycliques sont quant à elle en progression contre la devise européenne, comme le dollar australien et néo-zélandais en hausse de 0,15% face à l’euro.

Les marchés actions européens devraient aussi ouvrir dans le vert après un début d’année baissier. On notera surtout ce matin l’importante chute des bons du trésor américain avec un taux 10 ans franchit ce la barre symbolique des 1% pour la première fois depuis mars, ce qui traduit une réelle poussée des pressions inflationnistes sous couvert d’une possible hausse des dépenses publiques sous la présidence de Joe Biden. Il est étonnant de voir que cela ne se traduit pas pour le moment par une hausse du dollar alors que l’écart de rendements obligataires entre les bons du Trésor américains et les Bunds allemands ne cesse de croître depuis plusieurs mois.

La bataille de la Georgie semble pencher en faveur des démocrates

Il n’y a pas encore de résultats fermes et définitifs dans l’élection sénatoriale géorgienne à l’heure où l’on écrit ces lignes. Le vote apparaît très serré pour savoir qui du camp démocrate et républicain aura la majorité au Sénat. Néanmoins, les premières projections semblent indiquer un léger avantage pour les premiers puisque selon l’agence d’information américaine Associated Press le sénateur démocrate Raphael Warnock aurait remporté un des deux sièges en jeu. Dans le second duel de cette élection, c’est également le candidat démocrate Jon Ossof qui dispose d’une très courte avance sur son rival républicain David Perdue (50,1% vs. 49,9%) mais le décompte n’est pas encore terminé.

La perspective d’une possible victoire démocrate et d’un Congrès acquis à la cause de Joe Biden propulse ce matin la paire EUR/USD au-dessus du seuil de 1,23 $ contre lequel elle s’est heurtée à maintes reprises au cours des dernières séances. Les marchés y voient pour le moment l’assurance d’un début de mandat sans heurts majeurs pour le nouveau président américain et d’une probable réflexion à venir sur un nouveau plan de relance d’une plus forte ampleur encore que celui récemment voté (environ 900 Mds$) et une hausse des dépenses en infrastructure. Cette hypothèse pourrait ainsi entretenir les hautes valorisations actuelles des marchés actions et favoriser un sentiment d’appétit au risque qui se veut hautement préjudiciable au dollar. Il sera néanmoins important de surveiller les réactions de la bourse américaine ce mardi sachant que la promesse d’importantes réformes mais aussi possiblement un durcissement de la régulation et des hausses d’impôt sur les entreprises, comme il l’a été évoqué par le candidat démocrate durant la campagne présidentielle, pourrait causer quelques fracas. Le dollar pourrait alors profiter d’une hausse de la volatilité pour se reprendre légèrement.

La dynamique d’inflation à surveiller

Dans son enquête trimestrielle sur les politiques monétaires publiée mardi, l’agence de presse Bloomberg table sur un maintien de conditions de financement accommodantes dans le monde durant toute l’année 2021. Selon elle, aucune banque centrale majeure ne devrait ainsi relever ses taux directeurs à l’issue de cette année et de nouvelles réductions sont même attendues en Chine, en Russie, en Inde ou encore au Mexique.

Les incertitudes entourant la dynamique d’inflation et la reprise économique risquent en effet de persister tout au long de l’année et du coup encourager les responsables monétaires à maintenir leur soutien. Dans ce contexte, la volatilité du marché des devises pourrait cette année être très largement influencée par les fondamentaux économiques et les divergences de dynamique de reprise entre pays, lesquels viendront alimenter les spéculations sur un éventuel ajustement de calendrier monétaire de la part des institutions monétaires.

Aux Etats-Unis où les anticipations d’inflation à long terme sont de retour au niveau de 2% pour la première fois depuis 2018, on pourrait voir fleurir au fil de l’année de nouveaux débats autour d’une normalisation monétaire et une première hausse de taux, laquelle pourrait être avancée avant 2023 comme le suggère actuellement les dernières projections publiées par la réserve fédérale américaine en décembre dernier. Un tel scénario pourrait venir menacer le redressement spectaculaire de l’EUR/USD qui sort en 2020 de sa meilleure année depuis 3 ans et qui titille actuellement ses plus hauts niveaux depuis avril 2018 (1,23 $). Dans ce contexte, les publications de statistiques d’inflation pourraient ainsi être de plus en plus génératrices de volatilité au cours de 2021. On aura justement l’occasion de le vérifier dès cette semaine à l’occasion de la publication en Allemagne (mercredi) et en Zone Euro (jeudi) des estimations préliminaires d’inflation du mois de décembre.

Pluie de critiques sur la lenteur de la vaccination en Europe

Les campagnes de vaccination ont bel et bien débuté dans le monde, toutefois à ce stade elles restent embryonnaires, tout particulièrement en Europe. Israël mène la charge avec déjà près de 16% de sa population vaccinée d’après les données collectées par le site internet Our World in Data. Loin derrière, les Etats-Unis et le Royaume-Uni auraient à ce jour inoculés le vaccin à un peu moins de 1,5% de leur population, soit un résultat bien en-dessous des objectifs initiaux fixés. La pression se fait grande alors qu’outre-Manche le gouvernement a communiqué hier sur le fait qu’un citoyen sur 50 était aujourd’hui infecté par le virus, alors que dans le même temps le Royaume-Uni enregistrait pour la première fois depuis le début de la pandémie plus de 60 000 nouvelles contaminations sur la journée.

L’Europe, qui a lancé ses premières campagnes de vaccination plus tardivement que les américains et britanniques, montre un certain retard à l’allumage et voit fleurir les polémiques concernant la lenteur à laquelle elle opère ses injections auprès de la population. Mis sur le banc des accusés, la France n’a jusqu’à présent vacciné que 5 000 personnes tandis qu’aux Pays-Bas la vaccination ne débutera que ce mercredi.

Même en Allemagne, pays européen le plus avancé en matière de vaccination avec près de 320k doses distribuées à ce jour, les critiques pleuvent concernant les écueils logistiques mais aussi la pénurie de doses du vaccin Pfizer/BioNTech dans certaines régions. Ce mercredi, l’Agence européenne des médicaments pourraient donner son feu vert à la distribution du vaccin Moderna, une nouvelle étape qui pourrait favoriser une accélération des campagnes de vaccination dans la région. Néanmoins, le haut niveau de défiance des populations européennes au vaccin (44% en Allemagne d’après un récent sondage réalisé pour le quotidien Augsburger Allgemeine et 58% en France d’après une enquête menée par l’institut Odoxa fin décembre) reste toutefois un réel frein.

Après avoir occasionné un large enthousiasme des acteurs de marché, le déploiement du vaccin s’avère être pour le moment plus difficile que prévu. On risque donc de devoir s’habituer encore quelque temps au maintien de restrictions sanitaires sachant que la pandémie ne faiblit pas, bien au contraire. Si les marchés anticipent à ce jour une forte reprise de l’économie en 2021, celle-ci pourrait rester heurtée sur la première moitié de l’année en attendant qu’une large partie de la population mondiale se fasse vacciner. Dans ce contexte, l’appétit au risque des investisseurs pourraient être fluctuants et il ne serait pas surprenant de voir lors des prochaines semaines des phénomènes d’aller-retour sur les devises cycliques (AUD, NZD, SEK) et émergentes (BRL, ZAR) comme on l’observe sur ce début d’année.

Une exemption salvatrice pour le rouble

Après deux jours d’intenses négociations sur la question d’une hausse de la production de pétrole, l’OPEP et ses alliés sont parvenus à un accord final que certains observateurs ont qualifié d’ « alambiqué ». Réclamant initialement une augmentation de 500k barils/jour de la production à partir de février, la Russie n’a pas obtenu gain de cause néanmoins un geste en sa direction a été réalisé par l’Arabie Saoudite. Cette dernière a concédé de réduire sa production de 1 million de barils par jour sur les mois de février et mars pour compenser l’autorisation offerte à la Russie et le Kazakhstan d’augmenter leur production de 75k barils/jour sur ces deux mois. Cette annonce a totalement surpris les marchés et les prix de l’or noir se sont envolés de presque 5% en Europe (Brent à 54$) et aux Etats-Unis (WTI à 50$).

Le rouble russe, qui est depuis de long mois très déprécié en raison des risques sanitaires en Russie, a surfé sur le rebond du pétrole et enregistre un rebond de près de 2% face à l’euro depuis le point bas touché hier matin en séance à 92,3 RUB. La paire EUR/RUB s’échange ce matin à moins de 91,0 RUB. La paire EUR/NOK n’est pas restée non plus insensible au pétrole et a décroché hier de -0,7% pour toucher un creux de 4 mois à moins de 10,40 NOK.


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