Actualités du marché des devises

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janv. 05, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Reconfinement au Royaume-Uni & élection décisive au Sénat américain : la livre et le dollar sous pression

  • La livre sterling pénalisée par le reconfinement outre-Manche : La paire EUR/GBP a effacé ses pertes liées à l'accord sur le Brexit.
  • La Géorgie au cœur de la bataille du Sénat aux Etats-Unis : Une nuit potentiellement agitée en perspective pour le dollar ?
  • Une ambivalence de sentiment : Les campagnes de vaccination accélèrent... tout comme la pandémie. L'optimisme domine mais quelques fractures apparaissent.
  • Des indicateurs PMI motifs d’espoir d’une forte reprise en 2021 : L’indice PMI manufacturier américain atteint un plus haut depuis 6 ans.
  • Impasse à l’OPEP : Nouvel affrontement entre la Russie et l'Arabie Saoudite sur les quotas de production... et risque de nouvelle guerre de prix ?

Tendance de la matinée

Les principaux indices boursiers européens devraient ouvrir légèrement dans le rouge après la chute significative des indices américains hier. Sur le marché des devises, la tendance est toutefois tournée vers l’appétit au risque des investisseurs. La paire EUR/USD reste orientée à la hausse en direction de 1,23 $ pendant que les devises cycliques progressent nettement face à la devise européenne. Le dollar australien efface quasiment ce matin ses pertes de la veille (+0,6% à 1,59 A$). Ce matin les devises émergentes sont plus à la peine face à l’euro, notamment les devises asiatiques et sud-américaines alors que se joue ce mardi une élection décisive au Sénat américain et une reprise des négociations entre membres de l’OPEP, tandis qu’en Europe on regoûte aux « joies » du reconfinement.

La livre plonge face au risque de reconfinement

Hier la paire EUR/GBP progressait de plus de 1% en séance alors que Boris Johnson annonçait dans la soirée de nouvelles mesures restrictives en Angleterre. En Ecosse, la première ministre Nicola Sturgeon avait déjà pris les devants et annoncé un confinement complet pour tout le mois de janvier. L’envolée des contaminations journalières observée depuis une semaine au Royaume Uni (plus de 50k quotidiens recensés lors des 6 derniers jours) est largement attribuée au variant de la COVID-19, ou une mutation du virus qui apparaît plus contagieuse.

Sous couvert du risque de voir la croissance impactée par ces nouvelles restrictions mais aussi d’entrevoir de nouvelles actions de soutien de la part de la banque centrale britannique (taux négatifs ?), la paire EUR/GBP a effacé l’ensemble des pertes engrangées depuis l’annonce d’un accord commercial avec l’Union européenne le 23 décembre dernier. Malgré la disparition de cette incertitude politique, les investisseurs restent globalement peu séduits par la livre sterling. Si la question des échanges de marchandises est désormais réglée, le flou demeure quant à l’encadrement des échanges de services et notamment des transactions financières dont la City londonienne constitue une plateforme centrale en Europe.

Des indicateurs PMI motifs d’espoir d’une forte reprise en 2021

Hier la publication des indices PMI confirment l’expansion et la résilience de l’activité manufacturière en Asie, en Europe et aux Etats Unis en décembre, un mois marqué par la seconde vague de coronavirus. Révisé à la hausse, l’indice PMI manufacturier américain a atteint un plus haut depuis 6 ans tandis que l’estimation finale en Zone Euro (révisée à la baisse) ressort à un plus haut depuis mai 2018. La résilience de l’industrie est rassurante et laisse espérer des dommages collatéraux limités en cas de nouvelle vague de contamination cet hiver.

La reprise économique, très largement attendue cette année par l’ensemble des acteurs financiers, devrait continuer à nourrir l’appétit au risque des marchés. Ces derniers ne seront toutefois pas immunisés à certains épisodes volatiles, comme durant la séance d’hier où l’indice américain S&P500 a cédé -1,5% sous l’effet d’une cascade d’annonces d’un durcissement des mesures de restriction sanitaire en Europe et de la découverte d’un variant du virus à New York.

Après un fort démarrage et avoir titillé à nouveau le seuil de 1,23$, le taux EUR/USD est rapidement redescendu de son nuage et conclu la séance de lundi à hauteur de 1,2250 $. Ce matin la paire repart de l’avant et progresse de 0,15%.

Covid-19 : entre craintes de court terme et optimisme de long terme

En Europe et dans de nombreux autres pays, la campagne de vaccination a débuté timidement mais pourrait s’accélérer dans les semaines et mois à venir sous l’impulsion de nouvelles autorisations de vaccin. L’Agence européenne des médicaments (EMA) pourrait à cet égard donner son verdict final ce mercredi sur la distribution du vaccin produit par le laboratoire pharmaceutique américain Moderna, lequel a reçu hier le feu vert des autorités en Israël. Le vaccin produit en duo par l’entreprise britanno-suédoise AstraZeneca et l’université d’Oxford a été autorisé depuis lundi au Royaume-Uni alors qu’il reste en état d’observation par l’EMA.

Malgré l’espoir d’un avenir meilleur que nourrit la distribution de vaccins contre la COVID-19, la pandémie reste toujours active et devrait continuer d’impacter notre quotidien. La découverte de variant, ou forme mutée du virus, dans plusieurs pays du monde (un cas recensé à New York lundi) nourrit quelques craintes d’une possible 3ième ou 4ième vague de contamination cet hiver et donc d’un nouveau déploiement de restrictions strictes en retour. La théorie d’une reprise saccadée de l’économie (« stop and go ») avancée par plusieurs responsables monétaires, dont la présidente de la BCE Christine Lagarde, est-on ne peut plus envisageable. Pour preuve, ils sont plusieurs pays à opter pour un nouveau confinement ou une prolongation des mesures sanitaires sur ce début d’année. Lundi, l’Angleterre a annoncé un nouveau confinement strict jusqu’à février après une nouvelle journée record au cours de laquelle près de 60 000 nouveaux cas ont été recensés. En Allemagne, le journal Bild a révélé que le gouvernement pourrait très rapidement annoncer une prolongation du confinement jusqu’à la fin du mois. Au Japon, les autorités réfléchissent également à déclarer à nouveau l’état d’urgence et de durcir les règles. C’est donc un sentiment ambivalent qui s’observe actuellement sur les marchés entre optimisme d’un futur meilleur et craintes d’une dégradation de la situation sanitaire à court terme susceptible de freiner la reprise. C’est cette seconde pensée qui a dominé en fin de séance lundi et conduit à une contraction de plus de -1% de la bourse américaine et des cours du pétrole.

Dans ce contexte, les devises cycliques comme le dollar australien (EUR/AUD +0,7% à 1,60 A$) et la couronne suédoise (EUR/SEK +0,6% à 10,11 SEK) ont vivement corrigé lundi tandis que les devises refuges telles que le yen (EUR/JPY +0,1% à 126,3 ¥) et le franc suisse (EUR/CHF -0,1% à 1,08 ₣) ont bien résisté au regain de vigueur de la devise européenne.

La Géorgie au cœur de la bataille politique américaine

La couleur politique du Sénat américain sera connue cette nuit après une double élection en Géorgie. Les Républicains, qui jouissent d’un déficit de sympathie dans l’opinion publique après leur refus d’augmenter le montant des chèques d’aide alloués dans le dernier plan de relance, pourraient perdre la majorité au sein de l’hémicycle en cas de défaite et ainsi offrir au nouveau président démocrate Joe Biden un Congrès acquis à sa cause avant son introduction officielle programmée le 20 janvier prochain.

Ce scénario de « vague bleue » laisserait alors le champ libre à la nouvelle direction pour mettre en place un large plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, mais aussi potentiellement mettre sur pied un nouveau plan de soutien pour relancer l’économie américaine. Quid de la réaction du dollar qui, comme une réminiscence de 2020, a amorcé l’année 2021 dans le rouge. La volatilité de la devise américaine sera surtout sensible à la réaction des marchés actions face à la perspective d’importantes réformes à venir, mais aussi de possibles tensions politiques domestiques sachant qu’un groupe de parlementaires républicains s’activent en coulisse pour faire barrière à la nomination officielle de Joe Biden alors qu’un vote de validation est programmé ce mercredi au Sénat.

Le gain d’au moins un siège ce mardi par les Républicains déboucherait sur un Congrès coupé en deux, mais assurerait au moins une certaine continuité dans le paysage politique américain. Ce qui ne serait pas pour déplaire aux investisseurs, et ainsi participerait à maintenir le dollar sur une pente descendante quand bien même si la devise américaine est actuellement à un plus bas depuis avril 2018 face à un panier de devises incluant entre autres l’euro, la livre sterling et le yen.

Impasse à l’OPEP

Les membres de l’organisation des pays exportateurs de pétrole n’ont pas réussi hier à s’entendre sur la marche à suivre pour le mois de février. Si la Russie pousse pour une nouvelle augmentation de la production d’or noir de l’ordre de 500k barils/jour, mettant en avant une demande qui se redresse progressivement, l’Arabie Saoudite s’y oppose craignant que les récentes mesures sanitaires restrictives n’impactent la demande mondiale de pétrole.

Les pays membres de l’organisation se réuniront de nouveau aujourd’hui à 15h30 pour tenter de sortir de l’impasse. Cette nouvelle opposition entre saoudiens et russes rappelle de mauvais souvenirs et la guerre de prix que les deux principaux producteurs de brut s’étaient menés en début d’année dernière. Ces inquiétudes se sont répercutées sur les prix du pétrole qui restent ce matin orientés à la baisse et cumulent actuellement un recul de -1,5% depuis le début de la semaine (Brent à 51 $). Le brut américain (indice WTI) est stable ce matin après son repli de -1,9% hier (48 $). Sur le marché des changes, la couronne norvégienne, sensible au prix du pétrole, progresse très légèrement face à l’euro (+0,1% à 10,46 NOK), tout comme le dollar canadien (+0,1% à 1,56 C$). Le rouble russe (91,4 RUB) reste en difficulté après sa chute de -1% hier face à l’euro et est plombé par la dégradation de la situation sanitaire en Russie.


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