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déc. 16, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Agir ou ne pas agir ? Le dilemme de la Fed

Tendance de la journée 

C’est une journée chargée de publications statistiques qui nous attend ce mercredi, laquelle se conclura en apothéose avec la réunion de la FED (20h00). Il est donc probable que la volatilité soit assez importante aujourd’hui. Globalement, le sentiment de marché général est toujours optimiste et se nourrit entre autres de l’espoir d’une reprise soutenue de l’économie mondiale l’année prochaine grâce à l’intermédiaire d’un vaccin dont la distribution pourrait s’accélérer dans les prochains jours aux Etats-Unis et intervenir plus rapidement que prévu en Europe. Le maintien de politiques budgétaires et monétaires expansionnistes participent également à ce sentiment. À court terme la situation sanitaire et économique reste dégradée en raison du maintien de la pandémie et des risques d’une possible nouvelle vague à la sortie des célébrations de fin d’année. En Europe les restrictions se multiplient et ce mercredi de nouvelles mesures restrictives entreront officiellement en vigueur à Londres et en Allemagne.

Les indices européens ouvrent la séance avec une progression de plus de 1%, au lendemain d’une progression de plus de 1% des indices boursiers américains NASDAQ et  S&P500. Les marchés répondent ainsi favorablement aux espoirs d’un plan de relance aux Etats Unis bien qu’un accord se fait toujours attendre.

La majorité des indices boursiers évolue sans tendance de manière sinusoïdale depuis plusieurs semaines. Néanmoins, l’approche de la réunion de la Fed pourrait changer la donne comme semble le montrer les pressions haussières visibles ce matin.

Ce matin, la devise européenne est clairement orientée à la hausse, principalement face aux devises nord-américaines (CAD & USD) et émergentes, en amont de la publication ce matin des premières estimations des enquêtes PMI du mois de décembre en Zone Euro 10h00). En progression de 0,40%, la paire EUR/USD se rapproche à grand pas du seuil de 1,22 $, ou un sommet qui n’a plus été atteint depuis avril 2018

La paire EUR/GBP est quant à elle à l’équilibre ce matin juste au-dessus du seuil de 0,90 £. Hier, certaines rumeurs en provenance du parti conservateur laissant entrevoir qu’un accord commercial entre le Royaume Uni et l’Union européenne était imminent ont lourdement fait chuté la paire de change de -0,9%. Ces pressions haussières sur la livre sterling se sont vite tassées après que Boris Johnson, premier ministre britannique, a rappelé qu’un scénario de « Brexit dur » était toujours le plus probable.

On notera ce matin la progression de +0,6% de la paire EUR/KRW, ainsi que celle de +0,3% de la paire EUR/CNY qui teste à nouveau ce matin la barrière de résistance de 7,94 ¥. La hausse de l’euro ce matin mais aussi les effets prolongées de l’annonce hier nouvelles injections monétaires de la part de la banque centrale chinoise semblent être à l’origine de mouvement haussier.

Soutenir ou ne pas soutenir ? Telle est le dilemme de la FED (20h00)

Nouveau numéro d’équilibriste de la banque centrale américaine (FED) en perspective pour sa dernière réunion monétaire de l’année ce soir à 20h00. Les projections économiques de l’année 2021 se sont considérablement améliorées grâce à l’arrivée sur le marché de vaccins contre le coronavirus, toutefois l’aggravation de la pandémie ces dernières semaines aux Etats Unis invite à la prudence.

Un véritable dilemme s’offre ainsi à la FED : est-il nécessaire d’intervenir maintenant, au risque de griller des cartouches utiles en cas de nouvelles turbulences, ou faut-il attendre encore un peu ? Au regard de l’incertitude qui pèse sur la mise sur pied d’un nouveau plan de relance, de la pression sanitaire dans le pays mais aussi des nouveaux signes de fracture sur le marché de l’emploi, il y a beaucoup de facteurs qui justifieraient de nouvelles mesures de soutien de la banque centrale. Le choix final pourrait être finalement influencé par la teneur des nouvelles projections trimestrielles de croissance et d’inflation publiées en marge de la réunion.

La hausse des taux longs que l’on observe depuis le mois d’août pourrait également pousser les banquiers centraux américains à se tourner vers le rachat d’obligations souveraines à maturité plus longue afin de maintenir des conditions de crédit souples. Le sujet était déjà sur la table lors de la réunion de novembre, il devrait l’être également ce soir. Dans cette même optique, la banque centrale pourrait aussi décider d’augmenter le montant total de son programme de rachat d’actifs. En ce qui concerne les taux directeurs, il est très fort probable que l’on assiste à un statu quo ce soir à en juger par l’unanimité du consensus de marché à cet égard. Compte tenu de la prolongation de la pandémie et des risques de nouvelle vague de coronavirus cet hiver, la banque devrait également réaffirmer son engagement à maintenir ses taux d’intérêt à un niveau historiquement bas pendant longtemps. En septembre, les projections monétaires de la FED faisaient état d’un maintien des taux inchangés jusqu’à fin 2023.  

Si le discours de la FED devrait vraisemblablement être accommodant, toutefois le doute persiste sur les actions qui seront prises (ou non) ce soir. Un taux EUR/USD moribond depuis plusieurs jours pourrait retrouver à cette occasion une nouvelle dynamique. D’un côté, de nouvelles mesures accommodantes de la FED pourrait venir entretenir et accentuer la dynamique haussière visible sur la paire depuis plusieurs mois, néanmoins l’accumulation d’incertitudes autour de la reprise en raison du prolongement de la pandémie (notamment en Europe où les restrictions s’accumulent avant Noël) pourrait pousser les investisseurs à rechercher le dollar comme valeur refuge. Coincé depuis deux semaines dans un couloir étroit de 1,2060-1,2180 $ (+/-1%), le taux EUR/USD réussi à s'en extirper ce matin grâce aux publications PMI allemandes positives. Le niveau résistant des 1,2180 $ est ainsi franchi très nettement lors d'une progression de 0,40%. À voir si cette dynamique se poursuivra jusqu'à demain.

Malgré la pandémie, l'appétit au risque demeure

Malgré une pandémie qui ne faiblit pas, des facteurs d’espoir maintiennent les marchés à flot et entretiennent l’appétit au risque des acheteurs de devises cycliques et émergentes.

Certes la progression de l’épidémie ne ralentit pas dans le monde, mais les acteurs de marché s’en accommodent et préfèrent regarder du côté des annonces liées au vaccin. Aux Etats-Unis, une nouvelle étape pourrait être franchie d’ici la fin de semaine. Après le vaccin des laboratoires Pfizer / BioNTech, celui du laboratoire américain Moderna pourrait lui aussi recevoir l’aval officiel des autorités de santé américaines (Food & Drugs Administration) qui a attesté de son efficacité à 94% dans un rapport publié hier. En Europe, l’Agence européenne du médicament (EMA) confirmait hier qu’elle devrait rendre son verdict sur le vaccin Pfizer / BioNTech à l’occasion d’une réunion programmée le 21 décembre prochain, ce qui laisse entrevoir un possible lancement des premières campagnes de vaccination avant la fin de l’année si la réponse est positive.

Au regard de ces récents développements, on peut imaginer un retour complet à la normale à l’échelle mondiale d’ici la fin d’année prochaine. C’est du moins ce qu’affirme l’immunologue et conseiller de la Maison Blanche en charge de la pandémie, Anthony Fauci, dans l’hypothèse où 75 à 80% de la population américaine se fait vacciner. Selon lui, il faut compter sur la fin du printemps ou le début du mois de décembre pour que l’immunité collective soit atteinte aux Etats-Unis. Une diminution progressive de la menace sanitaire est la condition sine qua non à une reprise soutenue, et surtout non saccadée, de l’économie.

L’autre bonne nouvelle de la journée nous est venue de Chine qui confirme son statut de moteur de la croissance mondiale. La reprise économique s’est accélérée ces dernières semaines, avec notamment une production industrielle qui ne cesse de progresser et atteint en novembre un nouveau pic annuel (+7% A/A), tout comme d’ailleurs les ventes au détail (+5% A/A). La croissance mondiale devrait en plus être favorisée par le soutien des banques centrales ainsi que par la relance budgétaire des états. À cet égard, tous les regards sont actuellement braqués sur les Etats-Unis et les annonces à venir ces prochains jours en marge de la réunion de la Fed (mercredi) et des négociations au Congrès sur un nouveau plan de relance.

Bien que plus incertaines ces dernières semaines, ces perspectives poussent toujours les intervenants de marché vers des actifs « risqués » comme les actions ou les matières premières. Sur le marché des devises, ils se tournent vers des devises offrant des rendements et parfois encore très peu valorisées. Les devises cycliques comme la couronne suédoise et le dollar australien flirtent ainsi avec leur plus bas de l’année face à l’euro. Depuis le pic du mois de mars, les paires EUR/AUD et EUR/SEK cèdent ainsi respectivement environ -14% et -10%. Certaines devises émergentes comme le rand sud-africain et le peso colombien ne sont pas non plus en reste : les paires EUR/COP et EUR/ZAR cèdent respectivement -3% et -2% depuis le 1er décembre et se retrouve ainsi sur des niveaux de support majeurs à 18 ZAR (plus bas depuis 9 mois) et 4150 COP (plus bas depuis 5 mois).


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