Actualités du marché des devises

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déc. 09, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'espoir sur un vaccin et le Brexit rallume la flamme de l'euro

Tendance de la journée

Malgré les obstacles économiques, politiques et sanitaires à court terme, rien ne parvient pour l’instant à renverser le sentiment optimiste des marchés, on observe tout au plus des doutes succincts. Les espoirs d’un accord sur le Brexit et l’annonce par les Emirats Arabes Uni d’une efficacité élevée de 86% pour le vaccin produit par l’entreprise d’Etat chinoise Sinopharm stimule la confiance des marchés.

L’ouverture des marchés européens est attendue dans le vert au lendemain d’une séance sans réelle tendance. Cette nuit, alors que les marchés asiatiques progressaient globalement, l’indice chinois Shanghai Composite a cédé -1,1%. Aux Etats Unis, le S&P500 évolue de nouveau sur un sommet historique après avoir dépassé hier les 3700 points. La tendance des indices boursiers mondiaux reste ainsi pour l’instant haussière.

Sur le marché des devises, l’euro démarre la journée sur les chapeaux de roues avec une progression de près de 0,20% face au dollar et au yen. La tendance est globalement à la hausse de l’euro face à de très nombreuses devises ce matin. À noter toutefois la baisse des paires EUR/NOK (-0,41%) et EUR/AUD (-0,20%). La paire EUR/SEK est ce matin à l’équilibre au lendemain d’une progression de +0,7%, déclenchée par le commentaire de la banque centrale suédoise laissant la porte ouverte à des taux négatifs si nécessaires. 

Les impasses politiques font douter les marchés

On observe depuis quelques séances un regain d’intérêt des intervenants de marché à l’égard des devises refuges. L’impasse politique sur les dossiers du Brexit et du plan de relance américain fait en effet quelque peu retomber l’optimisme des marchés observé depuis le mois de novembre.

On a pu observer hier un certain regain d’espoir sur le dossier du Brexit. Le Royaume Uni et l’Union européenne ont convenu hier d’un accord de principe sur la gestion de la frontière en Irlande du Nord. Dans un geste de bonne volonté, le gouvernement de Boris Johnson a ainsi annoncé qu’il retirait les clauses controversées de la loi sur le marché intérieur. Ces clauses longuement décriées par le camp européen permettaient au Royaume Uni d’outrepasser l’accord de sortie signé plus tôt cette année. Michel Barnier, négociateur en chef européen, avait conditionné un futur accord commercial avec le Royaume Uni au retrait de ces clauses.

Une impasse levée, c’est l’espoir d’un accord qui renaît. Toutefois la balance semble toujours peser en faveur d’un « Brexit dur ». La question de la pêche et des aides d’état semble désormais insurmontable après des mois négociations infructueuses. Boris Johnson a déclaré hier qu’il ne restait plus que quelques jours pour trouver un accord, auquel cas le Royaume Uni quittera l’Union européenne le 31 décembre sans accord commercial. Il a de plus définitivement tranché qu’il n’y aura pas de poursuite des négociations l’année prochaine si un compromis n’est finalement pas trouvé.

La livre sterling continue ainsi d’osciller au gré des nouvelles sur le Brexit. La séance d’hier a de nouveau été très volatile, mais les pressions baissières de la livre sont pour l’instant freinée par la présence d’un seuil support situé à 0,9150 £. Ce matin la livre retrouve une dynamique baissière, la paire EUR/GBP cède -0,22%.

Outre-Atlantique, l’impasse demeure aussi sur le projet d’un plan de relance. Alors que les planètes semblaient alignées la semaine dernière pour qu’un compromis émerge finalement au Congrès américain, les déclarations du sénateur républicain Mitch McConnell ont douché les espoirs qu’un nouveau plan de relance soit rapidement adopté. Le président du groupe républicain au Sénat campe sur ses positions et bloque pour le moment un accord. Pour l’heure les négociations butent sur deux points majeurs : la protection accordée aux entreprises contre le risque de poursuites judiciaires liées à l’aspect sanitaire (demande des républicains) et les aides aux Etats et collectivités locales les plus touchées par cette crise (demande des démocrates).   

Un nouveau plan de soutien et la distribution de nouvelles aides semblent impératifs à l’heure où les Etats-Unis sont violemment frappés par une seconde vague de contamination et que de nouvelles tensions apparaissent sur le front de l’emploi (plus faible volume de créations en novembre depuis 7 mois). La Maison Blanche a formulé hier soir par la voix du Trésor une nouvelle proposition d’un plan de 916 Mds$, soit un montant pas très éloigné de l’offre initiale de 908 Mds$ proposée par un groupe de travail de parlementaires américains. Néanmoins, la proposition de réduire significativement les indemnisations au chômage risque de faire tilter le camp démocrate.

Sur un fond de maintien des incertitudes sanitaires et hausse ces derniers jours des doutes sur le front du Brexit, de la relance aux Etats-Unis mais aussi sur la validation du budget européen, le franc suisse, devise refuge par excellence, a vivement progressé ces derniers jours face à l’euro. La paire EUR/CHF a cédé -0,90% lors cinq dernières séances, retrouvant ainsi ses plus bas niveaux depuis un mois et la première annonce du laboratoire Pfizer sur l’efficacité de son vaccin. La paire a ainsi retracé plus de la moitié de son mouvement de hausse porté par l’optimisme généralisé des marchés en novembre. La présence d’un support situé au niveau de 1,0740 ₣ pourrait toutefois réfréner toute nouvelle tentative de repli de cette dernière.

Les investisseurs allemands préfèrent voir le verre à moitié plein

Les investisseurs allemands ont davantage le moral à l’approche des fêtes de fin d’année. L’indice ZEW, une enquête de sentiment réalisée auprès des professionnels de l’investissement en Allemagne, est ressorti en forte progression par rapport au mois dernier. Après deux mois consécutifs de repli l’indice progresse de 16pts en décembre (de 39,0 à 55,0), soit bien plus que ce qui était anticipé par le consensus (45,5). Si l’on reste encore éloigné du pic de 20 ans recensé au mois de septembre dernier (77,7), l’indice se trouve toutefois bien au-dessus de sa moyenne historique (22,0).

Malgré les risques sanitaires qui pèsent très vivement sur l’économie allemande, les investisseurs préfèrent voir le verre à moitié plein et tablent sur l’arrivée prochaine d’un vaccin comme catalyseur majeur d’une reprise économique vigoureuse l’année prochaine. Mardi, les premières campagnes de vaccination ont débuté au Royaume-Uni et l’agence américaine des médicaments (FDA) a donné un premier avis positif sur le projet de vaccin produit par le duo Pfizer/BioNTech, laissant ainsi présager une autorisation officielle ce jeudi. Dans son dernier rapport de perspectives publié la semaine dernière, l’OCDE évoque « un espoir qui devient réel » et table sur une reprise de l’économie mondiale de 4,2% en 2021 en écho à une contraction d’une ampleur similaire cette année (projection de -4,2%).

L’autre source de satisfaction pour les investisseurs allemands, c’est l’assurance d’un soutien budgétaire et monétaire qui devrait se poursuivre dans le temps et accompagné la reprise. En effet, le gouvernement allemand a assuré qu’il allait poursuivre sa politique d’endettement l’année prochaine en raison de la crise sanitaire et a planifié dans son budget près de 180 Mds€ de nouveaux emprunts pour 2021. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) devrait probablement annoncer ce jeudi (communiqué officiel à 13h45) de nouvelles mesures monétaires accommodantes à l’occasion de sa dernière réunion monétaire de l’année. Reprise vigoureuse de la croissance et soutien financier sans précédent, c’est bien le meilleur des deux mondes que les marchés attendent désormais.

L’euro a continué de légèrement se replier mardi face au dollar et au yen malgré un bon indice ZEW, mais les pertes sont restées très modestes. On est davantage en présence d’un mouvement correctif naturel consécutif à d’importants gains (respectivement +4% et +3% pour les paires EUR/USD et EUR/JPY) en l’absence de nouveaux catalyseurs haussiers importants. Le retour des craintes autour du Brexit, mais aussi l’affaissement de la courbe de recul des nouvelles contaminations en Europe ou encore les incertitudes politiques qui entourent le futur budget européen sont autant de facteurs qui contiennent une nouvelle poussée de l’euro. La dynamique est totalement différente ce matin, l’euro retrouve le sourire sur fond de nouvelles positives autour d’un projet de vaccin chinois très efficace (86%) et d’une nouvelle proposition de plan formulée par la Maison Blanche.

Décisions monétaires au Brésil et au Canada

La banque centrale brésilienne rendra aujourd’hui sa décision monétaire. Les analystes tablent largement sur un maintien du taux directeur à son plus bas historique de 2%. Si le fort rebond de l’économie au T3, un rebond de l’inflation à un pic de 18 mois de 4,3% en novembre plaident en faveur d’une fin du cycle d’assouplissement monétaire amorcé en 2019, il ne devrait pas être question pour autant d’évoquer un durcissement des conditions monétaires à court et moyen terme au regard des incertitudes qui demeurent sur le front sanitaire et budgétaire.

Un statu quo sur les taux ne devrait probablement pas remettre en cause la tendance haussière du real face à l’euro. D’autant plus que l’on accueille ce matin de nouvelles informations positives sur un vaccin chinois efficace à 86%. Enregistrant un repli de plus de 8% depuis début novembre, la paire EUR/BRL bute actuellement sur un support majeur situé au niveau de 6,20 BRL. Un franchissement de ce niveau pourrait ouvrir la porte à une chute plus importante en direction du seuil de 6,0 BRL.

La banque centrale canadienne annoncera cet après-midi à 16h sa décision monétaire lors de sa dernière réunion de l’année. Les marchés anticipent largement un statu quo sur le taux directeur de la banque centrale, toujours sur le plancher historique de 0,25% depuis la fin du mois de mars.

Le maintien d’une politique monétaire accommodante permettra de soutenir une économie canadienne qui n’a évidemment pas été épargnée par la crise sanitaire, et notamment une seconde vague de contamination qui sévit sur le continent nord-américain depuis le mois d’octobre. L’économie devrait subir une importante récession cette année (-5,4% selon les projections de l’OCDE en décembre). Néanmoins, les statistiques économiques canadienne ont été plutôt rassurantes comme en témoigne la baisse conséquente du chômage en novembre pour le 6ième mois consécutif (8,5% vs. 8,9% en octobre) ou encore les enquêtes d’activité PMI montrant une croissance robuste de l’industrie en novembre proche d’un pic de 2 ans. La hausse récente des prix du pétrole de près de 30% est également un facteur positif sur laquelle l’économie canadienne pourra capitaliser. Seul véritable point noir, la situation sanitaire et le fort regain de vigueur de la pandémie au Canada cet automne. Un pic de contamination a été atteint lundi au Canada avec presque 7900 nouveaux cas recensés selon les estimations de Reuters. Aussi, la banque centrale va devoir arbitrer entre inquiétudes actuelles et espoir futur. C’est la teneur de sa communication, prudemment optimiste ou teintée d’incertitude, qui jouera le rôle de catalyseur du dollar canadien. Actuellement au centre d’un couloir de prix de 1,53-1,57 C$ qui encadre ses mouvements depuis la mi-août, la paire EUR/CAD pourrait pencher vers l’un des deux pôles après la réunion monétaire de la BoC.  

Publications statistiques 

Pour la première fois depuis 2009, l’indice chinois d’inflation CPI est tombé en territoire négatif. Par rapport à l’année dernière, l’indice cède -0,5% en novembre, contre une progression de 0,5% le mois dernier. Alors que les analystes s’attendaient à un ralentissement de la dynamique d’inflation, la chute est plus importante que prévu. Elle semble néanmoins très largement influencée par la chute des prix du porc, et non par un reflux général de la consommation chinoise. Si cette nouvelle ne sera probablement pas suffisante pour influencer l’action monétaire de la banque centrale, cette dernière aura désormais un œil attentif sur les futures publications des statistiques d’inflation chinoises. 

Le surplus commercial de l’Allemagne en octobre, principale puissance exportatrice mondiale, progresse un peu plus que prévu en octobre. Ressortant à 18,2 Mds, il s’agit du plus large excédent depuis 8 mois.

Il n’y aura pas réellement de publication statistique majeure aujourd’hui, les décisions monétaires au Canada (16h00) et au Brésil (~22h00) demeurant les deux évènements majeurs de la séance de mercredi. Des marchés qui seront probablement dans l’expectative en attendant la décision monétaire de la Banque centrale européenne demain et les développements politiques en Europe et aux Etats Unis.


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