Actualités du marché des devises

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déc. 08, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La géopolitique sur le devant de la scène

Tendance de la journée 

C'est aujourd'hui le "jour V" au Royaume-Uni. Pour la première fois dans le monde un pays va inoculer le vaccin Pfizer/BioNTech à sa population. La campagne de vaccination a débuté dès ce matin auprès des populations à risque. Une première symbolique dans la lutte contre la pandémie qui a débuté depuis maintenant près d'un an. L'avenir s'éclaircit et une sortie de crise n'a jamais été aussi proche.

Avec une crise sanitaire toujours bien présente, c’est désormais la politique qui reprend ses droits sur l’actualité et qui influence l’humeur des marchés. Brexit, plan de relance américain, budget européen et tensions géopolitiques sont d’importants sujets qui peuvent être générateurs de volatilité.

Les signaux d’appétit au risque des marchés restent au vert : une volatilité en repli, un dollar en baisse et des bons du Trésor américains vendus. Dans cet environnement de marché propice aux actifs « risqués », le NASDAQ franchissait hier pour la première fois le niveau historiques des 12 600 points. Pour les autres indices boursiers, la tendance est plutôt à la baisse depuis hier. Ce matin, les marchés européens devraient ouvrir dans le rouge.

Assistons-nous à une pause de l’ascension de l’euro ? En tout cas la tendance haussière montre des signes de ralentissement, notamment face aux devises cycliques et refuges. L’euro a accusé hier une baisse face à la couronne norvégienne et suédoise de respectivement -0,6% et -0,8% rapprochant la devise européenne de ses niveaux supports. Face au dollar et au yen, si l’euro est toujours perché à proximité de ses plus hauts niveaux de l’année, la tendance haussière s’affaisse et fait craindre un mouvement correctif. On notera hier la bonne progression du real brésilien (1,15%) et du rouble russe (0,72%) face à l’euro.

Le futur du Brexit reste incertain

Toujours pas de dénouement sur le Brexit. Hier les négociations n’ont pas permis l’émergence d’un compromis et les deux camps ont convenu que « les termes d’un accord » ne sont actuellement pas réunies. Malgré un ultimatum de 48 heures fixé dimanche dernier, les derniers échanges n’ont pour le moment pas permis de combler les divergences, certaines sources gouvernementales britanniques reconnaissant même qu’aucun progrès tangible n’a été réalisé depuis vendredi. Malgré cet échec, les discussions vont se poursuivre ces prochains jours et l’on attend une probable visite du premier ministre britannique Boris Johnson à Bruxelles, possiblement en marge du Conseil de l’Union Européenne qui réunira sur deux jours à partir de jeudi les 27 dirigeants de l’UE. Cela sera peut-être l’opportunité de trouver un consensus sur les principaux points de blocage, à savoir la pêche, les aides d’Etat et la gestion de la frontière irlandaise. Voire même d’évoquer une nouvelle date butoir, car au rythme où vont les choses il est fort possible qu’aucun accord ne soit trouvé d’ici le 31 décembre et la fin de la période de transition. Il reste à savoir si le chef de l’Etat britannique voudra jouer des prolongation, lui qui s’est toujours refusé à imaginer un prolongement des négociations au-delà de cette année.

En tout cas cette attente et ce flou persistant dessert la livre sterling qui voit ressurgir les inquiétudes autour d’un scénario de « Brexit dur ».  Le taux EUR/GBP a connu sa séance la plus volatile depuis le 21 octobre dernier, oscillant dans un couloir de prix de 0,9020-0,9140 £ (+/- 1,4%). Sur la défensive une large partie de la séance de lundi et accusant des pertes de plus de -1%, la livre sterling a finalement réussi à se reprendre en fin de séance et retracer face à l’euro. Si le taux EUR/GBP a touché un pic de 5 semaines, celui-ci a finalement clôturé à hauteur de 0,9050 £ avec un gain en séance d’à peine +0,4%. On peut voir cela comme un avertissement ou avant-goût de la volatilité qui pourrait s’emparer de la livre sterling si jamais les négociations tombent à l’eau dans les prochains jours. Toujours orienté à la hausse ce matin, la paire EUR/GBP pourrait être freiné dans son ascension par une résistance importante située au niveau de 0,9150 £, dernier obstacle en place avant le seuil de 0,93 £. Attention toutefois au retournement de sentiment et au risque de correction qu’entraînerait l’annonce ou les signaux suggérant qu’un accord est en bonne voie. Un repli vers le support de 0,8860 £ pourrait rapidement s’observer. Ce matin la paire EUR/GBP repart de l'avant et progresse de 0,33%.

Des records économiques au soutien du yuan

Malgré les quelques craintes de ralentissement observées le mois dernier, force est de reconnaître que l’économie chinoise se porte à merveille. Forte d’une reprise soutenue depuis le début du second trimestre, la seconde économie mondiale enchaîne les records. Premièrement, l’enquête PMI Caixin publiée la semaine dernière a révélé un pic d’activité du secteur manufacturier en novembre comme jamais il en a été vu auparavant depuis le début de la série statistique en 2011. Hier, les statistiques commerciales ont montré que l’économie chinoise a dégagé un excédent commercial de 75,4 $ Mds en novembre, soit un pic depuis 1981 et le début de cette série statistique, grâce au plus fort rebond observé en plus de 2 ans des exportations (+21%). Sans conteste, la Chine semble avoir pleinement bénéficié de l’effet « vaccin » et de l’enthousiasme général provoqué par la perspective d’un horizon plus lumineux sans coronavirus. Le pays devrait être la seule économie du G20 à réaliser l’exploit d’enregistrer une croissance positive en cette année de crise (projection de +1,9% par le Fonds Monétaire International, Octobre 2020) et devrait poursuivre sur son élan l’année prochaine et connaître une forte expansion de plus de 8%, soit une performance bien supérieure aux autres pays émergents mais également économies développées.  

La résurgence des tensions géopolitiques avec les Etats-Unis constitue néanmoins une ombre au tableau. Bien que le sur le départ depuis sa défaite aux élections de novembre dernier, Donald Trump multiplie les attaques contre Pékin ces dernières semaines. Après avoir récemment publié une nouvelle liste noire d’entreprises chinoises liées à l’armée avec lesquelles il n’est plus possible d’échanger, Washington vient d’imposer de nouvelles sanctions à l’encontre de 14 membres du Congrès chinois accusés d’avoir eu un rôle influent dans l’adoption de la récente loi de sécurité intérieure à Hong Kong. Si la Chine a vivement dénoncé ces sanctions hier, aucunes mesures de rétorsions n’ont pour le moment été envisagées. De plus en plus isolée sur la scène internationale, la Chine joue pour le moment la carte de l’apaisement et surveille d’un œil attentif l’arrivée en janvier prochain de Joe Biden à la tête des Etats-Unis dans l’espoir d’avoir un partenaire plus conciliant et surtout moins virulent que ces quatre dernières années. De leur côté les marchés semblent porter peu d’importance pour le moment aux diatribes d’un gouvernement sur le départ.

Après avoir enregistré gain de +6,5% depuis le 1er août dernier face à l’euro, le yuan a quelque peu marqué le pas ces dernières semaines sous l’influence d’un renforcement de la devise européenne mais aussi de déception des acheteurs de yuan à l’égard du choix de la banque centrale chinoise de ne pas précipiter sa politique de durcissement monétaire. La paire EUR/CNY a ainsi progressé d’un peu plus de 2% depuis la mi-novembre. Néanmoins, sauf tensions géopolitiques importantes impliquant des sanctions économiques contre Pékin, les perspectives du yuan restent résolument haussières à moyen terme. Les différentiels de croissance et de taux d’intérêts sont favorables à la devise chinoises face à l’euro. Relativement stable ce matin sous le seuil de 7,90 ¥, le taux EUR/CNH est actuellement encadré par les barrières de 7,84 ¥ à la baisse et 7,94 ¥ à la hausse.

Une économie allemande en prise à un second confinement rallongé

Alors que le pays a enregistré un pic de décès liés au COVID mercredi dernier, l’Allemagne fait actuellement le constat d’un échec de sa stratégie sanitaire. En effet, la mise en place d’un confinement partiel le 2 novembre n’a pas permis d’enrayer la seconde vague de contamination qui sévit dans le pays depuis début octobre. Bien au contraire la situation se tend, avec en moyenne 18 000 nouvelles infections journalières depuis le 1er novembre contre 3650 depuis le début de la pandémie. L’Allemagne paie d’une certaine manière son manque de coordination au niveau fédéral, certains Länders moins touchés que d’autres par l’épidémie rechignent en effet à instaurer des mesures restrictives strictes. Face à l’urgence de la situation, la région de la Bavière (16% de la population allemande) a annoncé dimanche qu’elle allait à compter de mercredi et jusqu’au 5 janvier renforcer les mesures de confinement en instaurant désormais un couvre-feu, des interdictions de déplacements limités à ceux dits de « premières nécessités » et la fermeture des écoles.  Le confinement partiel en Allemagne, s’il n’est pas renforcé entre-temps, a été prolongé par la chancelière allemande jusqu’au 10 janvier prochain. Un choix sanitaire légitime qui risque néanmoins de causer quelques dommages économiques importants et très clairement peser sur la performance de l’économie sur cette fin d’année.  

Si l’Allemagne peine en ce moment à contrôler la pandémie, elle demeure toutefois l’économie majeure qui, à ce jour, a été la moins impactée par cette crise sanitaire contrairement à la France, l’Italie ou encore l’Espagne. En effet, les dernières estimations du Fonds Monétaire International (FMI) indiquent que le pays devrait enregistrer cette année une récession de « seulement » -6,0% contre -8,3% pour la zone euro. La place importante occupée par l’industrie en Allemagne et la résilience de ce secteur durant cette crise sanitaire explique en partie cette réalité. En atteste, la bonne performance de la production industrielle en octobre dont les résultats publiés lundi sont ressortis deux fois plus importants que lors du mois précédent (+3,2% M/M contre +1,6% en septembre). Ces données ne rendent néanmoins pas compte encore de l’ampleur exacte des impacts économiques du second confinement, aussi on se gardera de tirer des conclusions définitives sur l’état réel de la première économie européenne. La publication ce matin de l’indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands (11h00) sera l’occasion de se faire une idée des répercussions du regain de vigueur de la pandémie. Après deux mois consécutifs de repli et un creux de 7 mois atteint le mois dernier, le consensus table sur un rebond modeste de l’indice en décembre (consensus 44 vs. 39 en novembre).

Amorçant la semaine en léger recul face aux devises refuges (USD, JPY, CHF), l’euro sera très sensible à la publication de l’indice ZEW qui sert d’étalon pour évaluer les perspectives économiques au sein de la 1ière économie européenne. Il est évident qu’une nouvelle contraction de ce dernier viendrait probablement entamer la confiance des acheteurs de la devise européenne. Une accélération du mouvement correctif aperçu la veille. À l’inverse, un bon résultat offrirait l’occasion à la devise européenne de consolider ses récents gains, et de se maintenir à plus de 1,21 $ face au dollar et 126 ¥ face au yen.

Publications statistiques

Le Japon a atteint un rythme de croissance record au troisième trimestre, avec une progression de 5,3% par rapport au trimestre dernier. L’indice de sentiment des affaires Reuters Tankan pour le Japon est ressorti en progression pour décembre par rapport au mois dernier (-9 contre -13). Comme depuis 2019, le sentiment des affaires des chefs d’entreprise japonais reste toutefois dégradé (indice inférieur à 0).

En Australie, le sentiment des affaires a aussi progressé pour le mois de novembre, plus du double qu’attendu par les analystes (12 contre un consensus de 6). L’indice de sentiment atteint ainsi un plus haut depuis avril 2018.

Les marchés seront attentifs ce matin à la publication de l’indice ZEW à 11h00 et aux développements politiques en Europe et aux Etats-Unis. 


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