Actualités du marché des devises

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déc. 03, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un optimisme qui profite à l'euro

Tendance de la journée

Aux premières lueurs de décembre, une note d’optimisme règne indiscutablement sur les marchés des changes. Les facteurs d’espoirs d’un horizon plus ensoleillé sont bien présents : soutien monétaire des banques centrales, soutien budgétaire des états et décision imminente des autorités sanitaires aux Etats Unis et en Grande Bretagne sur les vaccins au coronavirus. Ces facteurs nourrissent la hausse des actifs risqués, surtout aux Etats Unis où les principaux indices boursiers (S&P 500 et Nasdaq) ont atteint hier de nouveaux sommets historiques. Signe de l’appétit au risque des intervenants de marché, les obligations souveraines américaines accusaient hier une forte baisse.

L’optimisme est aussi exacerbé sur le marché des devises. Les devises refuges sont évidemment les victimes collatérales de ce mouvement. Les paires EUR/JPY et EUR/USD ont tous les deux rebondi de +1,2% hier, la première enregistrant même sa meilleure séance depuis 8 mois pour atteindre un nouveau pic depuis mai 2018 à presque 1,2080 $. Le taux EUR/JPY a lui retrouvé le seuil de 126 ¥ pour la première fois depuis septembre.

En réalité, c’est bien la devise européenne qui a concentré l’intérêt des intervenants de marché hier. On en veut pour preuve les importants gains également réalisés par l’euro face à certaines devises cycliques comme le dollar australien (+0,8% à 1,64 A$ = EUR/AUD à pic de 4 semaines), des devises sensibles au pétrole comme le dollar canadien (+0,7% à 1,56 C$ = EUR/CAD à un pic de 4 semaines), ou encore certaines devises émergentes comme le yuan chinois (+0,7% à 7,91 ¥ = EUR/CNH à pic de 5 semaines). Certaines devises émergentes ont néanmoins tenu tête à l’euro, c’est notamment le cas du rand sud-africain (-0,3% pour l’EUR/ZAR à 18,4 ZAR), le réal brésilien (-1,2% pour l’EUR/BRL à 6,28 BRL) ou encore le zloty polonais (-0,7% pour l’EUR/PLN à 4,44 PLN).

Les espoirs des marchés feraient presque oublier une situation sanitaire qui continue de se dégrader dans le monde et continue d’impacter l’économie mondiale sur cette fin d’année.

Ce matin, l’euro repart déjà de l’avant face à de nombreuses devises. La paire EUR/JPY progresse de nouveau de 0,20%, la paire EUR/CNY gagne quant à elle plus de 0,35%.

Du côté des indices boursiers, on attend une légère baisse à l’ouverture des marchés européens.

  

Les marchés séduits par le projet de plan de relance américain

Alors que Joe Biden présentait officiellement hier son équipe de conseillers économiques, un petit groupe de parlementaires démocrates et républicains a proposé un plan de relance d’un montant de 908 Mds$ pour soutenir la reprise économique aux Etats-Unis. La question d’un nouveau plan de relance aux Etats-Unis est un serpent de mer qui a tenu en haleine les marchés avant les élections présidentielles mais qui s’est jusqu’à présent heurté aux conflits bipartisans au Congrès. Si ce nouveau plan n’a pas reçu l’aval de la Maison Blanche, il a le mérite de relancer les débats au moment où le pays est frappé par une violente seconde vague de coronavirus et que de nouvelles tensions apparaissent sur le front de l’emploi.

Parallèlement à cette première proposition de plan de relance, les responsables démocrates au Congrès ont présenté une seconde proposition à ses homologues républicains lundi soir sans pour autant que des détails sur le montant total ne soit dévoilé, et dans le camp républicain on a sondé la Maison Blanche sur les mesures de soutien que le président Donald Trump serait prêt à promulguer avant son départ officiel le 20 janvier prochain. S’il est encore trop tôt pour évoquer un possible accord, force est de reconnaître que les négociations sont bien lancées et que les deux camps s’activent pour tenter de trouver un compromis après de longs mois d’échanges infructueux.

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a dévoilé quelques détails de la proposition d’aide de 908 Mds$ faite par le petit groupe de parlementaire. Celui-ci inclut un chèque de près de 300 milliards de dollars afin de subventionner le programme d’aide aux entreprises en difficulté PPP (Paycheck Protection Program), une enveloppe de 180 Mds$ pour financer la distribution d’un chèque de 300 $/semaine auprès des travailleurs sans emploi jusqu’au mois de mars, ou encore 160 Mds$ d’aides pour les Etats fédéraux et les municipalités.

Les sénateurs à l’origine de ce projet appellent à une prise de décision rapide du Congrès. Steven Mnuchin confirme que les petites et moyennes entreprises américaines ne pourront pas attendre 2 ou 3 mois de plus avant de recevoir de l’aide. Il reste à savoir si le camp démocrate au Congrès sera prêt à soutenir ce plan « à minima » dont le montant est deux fois inférieur à celui de sa proposition initiale de 2,2 Trn$ faite lors des négociations menées en amont des élections présidentielles. Néanmoins l’urgence de la situation et la promesse d’une nouvelle équipe dirigeante démocrate en janvier prochain pourrait les convaincre de faire des concessions.

Hier, ce nouvel espoir d’un plan de relance aux Etats-Unis a nourri et renforcé le sentiment optimisme général des intervenants marchés provoqué en matinée par les annonces autour d’une possible autorisation d’un premier vaccin contre la COVID-19 délivré dans les prochains jours et semaines. Le dollar reste sur une pente descendante et a chuté mardi à un creux depuis 2 ans ½ face à un panier de devises. Ce matin la paire EUR/USD progresse de nouveau de 0,10% alors que l’indice dollar (DXY) cède -0,15%.

Dans l'attente du feu vert des autorités sanitaires sur les vaccins

Seulement quelques semaines après les annonces de la découverte d’un vaccin au coronavirus, les différents laboratoires pharmaceutiques à l’origine de cette découverte sont dans l’attente du feu vert des autorités sanitaires pour commercialiser leurs vaccins.

 Après la FDA (Food and Drug Agency) aux Etats Unis, l’agence britannique « Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency », c’est au tour de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) de se pencher sur l’autorisation du vaccin développé par les laboratoires Pfizer / BioNTech et Moderna. L’agence européenne devrait faire part de sa décision au plus tard le 29 décembre pour le vaccin Pfizer et le 12 janvier pour le vaccin Moderna. La Commission européenne a d’ores et déjà annoncé qu’elle donnera l’autorisation finale d’une commercialisation de ces vaccins dans les jours qui suivront la décision de la EMA.

Malgré les annonces optimistes de différents dirigeants politiques européens, prêts à débuter les campagnes de vaccination au plus tôt, rien ne permet encore de dire si cette autorisation sera finalement délivrée aussi rapidement que souhaité. Les experts européens vont en effet devoir se pencher sur les résultats des tests cliniques afin de s’assurer de l’efficacité et de la sûreté de ces vaccins. Au Royaume-Uni, on apprenait ce matin  qu’une première autorisation d’usage du vaccin du duo Pfizer/BioNTech a été délivré. C'est le premier pays occidental a prendre cette décision.

Les pays développés ont déjà sécurisé suffisamment de doses des différents projets de vaccin actuellement à un stade avancé (Pfizer, Moderna, AstraZeneca) afin de débuter le plus rapidement possible les premières campagnes de vaccination. Celles-ci pourraient donc débuter dès le mois de décembre, sous réserve d’une approbation par les autorités sanitaires. On apprenait toutefois hier du président français que la campagne de vaccination de l’ensemble de la population (hors personnes vulnérables et prioritaires qui seront normalement vaccinées dès janvier) n’aurait pas lieu avant les mois d’avril-juin. Etant donné les difficultés logistiques et le temps nécessaire pour produire les vaccins demandés, il ne faudra pas compter sur une « immunité collective » de la population avant le second trimestre 2021 au plus tôt. Dans ses dernières projections, la banque américaine Goldman Sachs table une vaccination d’au moins 50% de la population d’ici mars au Royaume-Uni, contre avril aux Etats-Unis et mai en France. D’ici là, la pandémie ne sera peut-être toujours pas maitrisée.

Les marchés font part d’un optimisme sans faille depuis la découverte des vaccins au coronavirus et tablent sur une autorisation rapide des vaccins par les autorités sanitaires. Hier, les devises refuges ont fortement chuté tandis que les devises émergentes ont retrouvé un peu d’allant.  Si les autorisations sont bien accordées, on peut imaginer que l’appétit au risque perdurera encore plusieurs semaines sur les marchés des changes. De bon augure pour l’euro que l’on a vu franchement le seuil de 1,20 $ ? Il faudra rester vigilant sur ce dossier car en attendant que suffisamment de vaccinations soit réalisées pour éradiquer les risques sanitaires, les prochains mois seront à haut risque : un scénario de troisième vague n’est absolument pas à écarter.

 Brexit : la lumière au bout du tunnel ?

Les spéculations autour d’un futur accord commercial entre le Royaume Uni et l’Union européenne font rage à un mois de la date fatidique de la fin de la période de transition.

Hier, la rumeur sur la possibilité qu’un accord soit trouvé avant la fin de semaine, relayée par une radio britannique, a provoqué une chute de -0,40% des paires EUR/GBP et USD/GBP. La réaction du marché à cette nouvelle qui n’apporte pas d’éléments concrets ni de nouveauté aux tractations en cours reflète bien la nervosité des intervenants de marché. Les négociations entrent en effet dans une semaine décisive.

On aura probablement un peu plus de détails sur l’avancées des négociations sachant que le négociateur européen, Michel Barnier, briefera ses équipes ce mercredi sur les derniers progrès réalisés, ce qui pourrait donner lieu à quelques indiscrétions dans les médias. Pour le moment, les débats bloquent toujours sur les mêmes sujets, à savoir la pêche et l’encadrement des aides d’Etat. Les européens sont également vigilants à ce qu’en cas d’accord Londres supprime la clause de sa loi sur le marché intérieur lui permettant d’outrepasser les engagements pris dans l’accord de sortie signé en janvier avec l’Union Européenne. Si les discussions vont dans le bon sens d’après les échos entendus dans les deux camps, il est difficile de prédire avec exactitude le dénouement final.

Les attentes autour d’un dénouement final sont maximales. Si les deux partis n’arrivent finalement pas à s’accorder, la réaction de la livre pourrait être violente. Pour l’instant, les niveaux clés des 0,8860 £ et 0,9000 £ de la paire EUR/GBP continuent d’encadrer les mouvements de la paire. Néanmoins, la paire EUR/GBP menace de sortir par le haut de ce couloir et flirte ce mercredi matin sur ses plus hauts niveaux depuis plus de 3 semaines. Si une majorité d’observateurs espèrent et tablent depuis des semaines sur un accord, l’attente est interminable pour les investisseurs et oblige certains d’entre eux à se prémunir contre tout résultat indésirable. Attention donc à la volatilité de la livre sterling durant cette semaine qui pourrait être celle de la dernière chance.

Publications statistiques 

Hier sans surprise, les résultats des PMI manufacturiers finaux ont montré un ralentissement de l’activité manufacturière en Europe, même une contraction en France durant le mois de novembre. Aux Etats Unis et au Royaume Uni, ont a toutefois assisté à progression de l’activité manufacturière le mois dernier.

Ce matin les chiffres des ventes de détail en Allemagne augmentent plus que prévu par analystes et accélèrent par rapport au mois dernier. En Australie la croissance du PIB au troisième trimestre s’élève à 3,3% contre des attentes à 2,6%.

Cet après-midi, les marchés seront attentifs à l’enquête ADP américaine à 14h15, aux nouvelles de la FED à travers le livre beige et l’Audition de J. Powell devant la Chambre des représentants à 16h. A 11h, le taux de chômage européen sera lui aussi publié. 


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