Actualités du marché des devises

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déc. 01, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'EUR/USD flirte avec le niveau des 1,20$

Tendance de la matinée

L’appétit au risque des intervenants de marché reste toujours présent et se trouve renforcé par les annonces de la veille et la nomination officielle de Janet Yellen à la tête Trésor américain ainsi que la prolongation par la réserve fédérale américaine (Fed) de quatre programmes de prêt auprès des entreprises américaines. L’espoir de perspectives plus heureuses en 2021 continue de prendre le pas sur les risques de court-terme liés à la pandémie. 

L’ouverture des marchés européens devrait se faire dans le vert. Les indices européens ont abandonné hier après-midi l’ensemble des gains de la matinée pour venir clôturer en territoire négatif pour la journée. Du côté américain, le NASDAQ continue de flirter avec son nouveau record. Pendant ce temps-là, l’indice Dow Jones cédait hier près de 1%. Est-ce déjà la fin de la fameuse rotation sectorielle ?

Du côté du marché des changes, la tendance est de nouveau haussière pour l’euro, particulièrement face aux devises refuges.

À noter toutefois quelques marques de fébrilité au niveau des cours pétroliers en raison des tensions visibles sur ce début de semaine au sein de l’OPEP sur la question d’une extension des quotas de production sur le début d’année 2021. L’annonce ce matin d’une prolongation de deux jours des débats (donc jusqu’à jeudi) au sein du cartel des principaux pays producteurs de pétrole sous-entend d’importantes frictions et des débats houleux au sein de l’organisation. Cela n’empêche néanmoins pas la couronne norvégienne (10,57 NOK) de rebondir et d’effacer ses pertes de la veille, le rouble russe (91,4 RUB) est par contre sur la défensive et oscille ce matin à hauteur de ses plus bas niveaux depuis 2 semaines face à l’euro.

L’EUR/USD de retour sur le niveau des 1,20$ 

Depuis le début de mois de novembre et l’élection de J. Biden à la présidentielle américaine, la paire EUR/USD a connu une forte ascension et affiche désormais un gain de près de 3% depuis le 2 novembre. Hier, la paire a touché le niveau de 1,20 $ pour la première fois depuis le 1er septembre dernier… et seulement la seconde fois depuis plus de 2 ans (mai 2018 exactement).

Le niveau des 1,20 $ est un véritable seuil technique et psychologique qui pourrait faire barrage à de nouvelles tentatives haussières de la paire EUR/USD. Depuis la création de l’euro en 1999, ce niveau a régulièrement été un point de repère important auquel les marchés ont été très sensibles. Constituant d’abord un seuil support majeur durant la décennie 2004-2014, il fait aujourd’hui figure de seuil de résistance en tant que moyenne historique du taux EUR/USD.

Il reste néanmoins un cap important que la paire de change semble encore avoir du mal à franchir comme en témoigne l’important repli enregistré par cette dernière hier après-midi après avoir touché le niveau de 1,20 $. Si on peut voir dans ce mouvement la conséquence de prises de bénéfices sur la paire de change, il est fort probable qu’un rebond du dollar ait également joué un rôle.

Les annonces consécutives de la confirmation de la nomination de l’ancienne président de la Fed, Janet Yellen, à la tête du Trésor au sein du futur gouvernement de Joe Biden ainsi que de l’extension jusqu’au 31 mars 2021 de quatre programmes de soutien aux entreprises mis en place par la Fed durant la pandémie ont très probablement rassuré les investisseurs et stimulé temporairement la demande en dollar.

Ce matin, l’EUR/USD progresse de 0,40% et revient se repositionner à proximité du seuil de 1,20$. On rappelle que ce niveau fait pour l’instant office de résistance. Son franchissement pourrait ouvrir la porte à une hausse en direction du niveau des 1,22 / 1,23$.

Réunion de l’OPEP à haut risque

Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sont réunis à Vienne en ce début de semaine afin de discuter des termes d’une possible prolongation en 2021 des mesures de quota sur la production.

Afin de soutenir le prix de l’or noir, les pays membres s’étaient accordés sur une limitation de leur production après son plongeon historique en mars dernier (-70% en deux mois sur le contrat Brent). Ces mesures ont fait effet puisque l’on assiste à un rebond de 76% des prix du baril de brut en Europe sur ces 7 mois. Revenu en novembre à son plus haut niveau depuis mars (49 $), le pétrole a également pleinement bénéficié sur ces dernières semaines d’un regain d’appétit au risque et d’un éclaircissement des perspectives économiques pour 2021, provoqués par la série d’annonces autour d’un futur vaccin.

C’est donc dans un contexte de remontée graduelle des cours du brut que les pays exportateurs doivent décider de prolonger ou non ces mesures de limitation en 2021. Sachant que les prix sont près de -20% en-dessous de son niveau d’avant crise (59 $) et -30% de son plus haut niveau de l’année atteint au début du mois de janvier (69 $), les marchés estiment qu’une prolongation des quotas est une évidence or la réalité est plus nuancée. Les premiers échos des discussions entre les pays membres qui ont débuté dimanche à la veille du séminaire semestriel de l’OPEP font état de divergences, certains pays exprimant un ressentiment envers ceux qui ont consenti à moins d’efforts pour réduire leur production cette année.

On a appris hier par la voix d’un ministre algérien que le cartel pétrolier planche actuellement sur une prolongation des mesures de limitation de production jusqu’à mars prochain, il faut encore trouver un point d’accord entre tous les membres et les alliés affiliés à l’organisation comme la Russie. Les discussions se prolongeront ce mardi après une première journée de débat infructueuse hier. Une nouvelle fois, c’est la position du duo formé par l’Arabie Saoudite et la Russie – deux des plus gros producteurs mondiaux – qui donnera le ton des échanges et sera probablement décisif à la conclusion d’un accord ou non. On apprenait ce matin que les négociations ont été prolongé jusqu’à jeudi prochain, afin de trouver un compromis aux désaccords sur les quotas de production. Par exemple la Russie n’a pas caché sa volonté de réduire progressivement ses limitations de production.

L’évolution du prix du pétrole a d’importantes répercussions sur le marché des changes, notamment sur les pétrodevises. Ces devises sont sensibles aux mouvements du prix du pétrole étant donné leur rattachement à des économies exportatrices d’or noir. La plupart de ces devises (peso mexicain et mexicain, couronne norvégienne, rouble russe) ont été portées par la hausse du prix du pétrole ces dernières semaines. La décision de l’OPEP pourrait ainsi impacter aujourd’hui la volatilité de ces devises, d’autant plus si les pays exportateurs n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une prolongation des quotas d’une magnitude similaire à celle actuellement observée.

L’UE à la recherche d’un nouveau partenariat transatlantique

D’après le quotidien Financial Times, l’Union européenne (UE) s’apprête à proposer aux Etats Unis « l’opportunité de toute une génération » afin de répondre au défi chinois. L’UE cherche ainsi à revitaliser une alliance transatlantique embourbée après 4 années de présidence Trump.

C’est un véritable front démocratique que propose de créer l’UE face aux gouvernement autoritaires qui tenteraient d’exploiter l’ouverture des pays démocratiques. Il s’agit ici d’un message que l’on pourrait penser envoyer en direction de la Chine au regard des multiples critiques portées à son égard concernant son influence politique à Hong Kong ou encore le traitement de la population Ouïghours. La Chine apparait désormais comme le principal adversaire des Etats Unis et de l’UE, tant sur le front économique que géopolitique.

Dans cette ébauche de partenariat, l’UE propose de créer un nouvel environnement de coopération entre les deux puissances sur de très nombreux sujets, allant de la régulation des activités digitales (protection des données, lutte contre la cybercriminalité…) à la lutte contre la pandémie de coronavirus, en passant par la question de la déforestation. L’UE appelle aussi à enterrer la hache de guerre sur des dossiers sujets à tensions comme la taxation des géants du numérique.

Cette main tendue de l’UE reflète le soulagement et l’optimisme générés par l’élection de Joe Biden à la présidence américaine. Le futur président s’était en effet montré disposé à raviver les liens avec le bloc européen. Il n’y a pas eu pour l’instant de réactions du camp américain, toutefois cette proposition pourrait servir de point de départ pour un nouveau partenariat transatlantique.

À long terme, un tel scénario pourrait probablement favoriser la devise européenne, laquelle a ces dernières années été pénalisées face au dollar dès lors que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine mais aussi entre les Etats-Unis et l’Union Européenne s’intensifiaient. La principale victime collatérale de la formation d’une telle alliance pourrait être le yuan chinois. Un front uni des Etats Unis et de l’UE serait un défi bien plus grand pour la Chine que ne représentaient les menaces et les escalades trumpiennes.

La paire EUR/CNY se reprend ce matin de 0,15% après une séance de baisse hier de -0,30%.

Correction à venir sur le dollar australien ?

C’est une semaine à risque pour le dollar australien : décision monétaire, résultats économiques et tensions croissantes avec la Chine sont à l’agenda de la semaine.

Sans surprise, la banque centrale australienne a laissé inchangé son taux directeur au niveau record de 0,1%, après l’avoir abaissé en novembre (-15 points de base). L’institution a réaffirmé son engagement à soutenir l’économie australienne et ne s’attend pas à remonter son taux directeur avant trois années. La taille de son programme de rachats d’actifs pourra toutefois être adaptée. Il devrait rester pour l’instant inchangé étant donné la réussite des mesures déjà introduites : le quantitative easing de la banque centrale a permis de contenir les taux d’intérêt dans le pays.

L’activité manufacturière australienne continue son expansion sans surprise d‘après les chiffres PMI publiés hier soir. Ces derniers ont atteint un plus haut de près de trois ans à 55,8.

De nombreuses autres statistiques seront publiées cette semaine : chiffres du PIB au troisième trimestre, statistiques de la balance commerciale, et chiffres des ventes au détail. Ce sera l’occasion d’évaluer l’état de santé de l’économie australienne, laquelle a été relativement moins touchée par la pandémie. En effet, dans ses projections d’octobre, le FMI table sur une contraction de -4,2% du PIB australien contre par exemple -8,3% pour la zone euro. Ces projections tablent sur un retour à la normale en 2022. Moins impactée, la croissance économique australienne devrait toutefois être moins vigoureuse en 2021 que celle des autres pays plus impactés.

Sur le front géopolitique, on assiste à une claire dégradation des relations sino-australienne depuis quelques mois. La volonté du gouvernement australien de réaliser une enquête indépendante sur l’origine du coronavirus en Chine a déclenché des mesures de rétorsion de la part de Pékin. Alors que le débouché chinois représente 40% des exportation australiennes, la Chine a décidé de suspendre temporairement des importations de matières premières et a imposé des droits de douane punitifs sur les vins australiens d’une fourchette allant de 107 à 212%. Un véritable désastre pour les producteurs australiens qui envoient 39% de leurs exportations en Chine d’après Wine Australia.

Après un mois d’octobre de baisse appuyée (-3,4% depuis le pic du 20 octobre), la paire EUR/AUD s’est stabilisée près du niveau support de 1,61 A$ qui a déjà à plusieurs reprises avorté les tentatives d’ascension de la devise australienne cette année. Le rebond de l’économie australienne pourrait être quelque peu occulté par les tensions géopolitiques avec la Chine. Ces dernières pourraient catalyser un rebond de la paire EUR/AUD, d’autant plus que l’euro connait une dynamique haussière face à de nombreuses devises depuis quelques jours. Le prochain seuil de résistance sur la paire de change se situe au niveau de 1,6340 A$ (plafond observé au mois de novembre). Cependant, étant donné la sensibilité au risque du dollar australien, une persistance de l’appétit au risque des intervenants de marché pourrait limiter le potentiel haussier de la paire.

La paire EUR/AUD progresse légèrement de 0,10% ce matin au lendemain d’une séance de progression de 0,25%. Le débordement du niveau des 1,625$ pourrait ouvrir la porte à une hausse jusqu’à la résistance des 1,6340$.

 


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