Actualités du marché des devises

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nov. 25, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un optimisme exacerbé sur les marchés

Tendance de la journée 

L’indice Dow Jones a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 30 000 pts, porté par les avancées autour d’un futur vaccin, la transition de gouvernance qui se met en place aux Etats-Unis et l’annonce de la très probable nomination de l’ancienne présidente de la Fed Janet Yellen à la tête du Trésor américain. L’optimisme des marchés est exacerbé : hier, l’once d’or, valeur refuge, a cédé 2%, l’indice VIX était lui aussi en recul de 2%, les obligations souveraines les moins risquées sont en repli et pour finir les devises refuges accusent un repli conséquent.

L’environnement de marché est ainsi très favorable aux actifs risqués. Néanmoins, au regard du contexte économique qui reste toujours fragile et d’une situation sanitaire qui continue de se dégrader, ce sentiment est très volatile et peut à tout moment s’inverser.

Cet environnement pénalise les devises dites refuges. On assiste à cet égard à un mouvement de repli du yen qui s’est amorcé en fin de semaine dernière. La paire EUR/JPY a enchaîné mardi une seconde séance consécutive de hausse (+0,3%) et dépasse ce matin les 1% de gains sur les 5 dernières séances. La paire remonte oscille désormais au-dessus du seuil de 124 ¥, ou la partie supérieure du couloir de prix de 121,5-125,0 ¥ dans lequel elle évolue depuis 2 mois. Une tendance haussière similaire s’observe sur la paire EUR/CHF, laquelle a touché mardi un pic de 12 semaines à presque 1,0850 ₣. Le dollar index (DXY) continue de flirter avec ses plus bas niveaux de l’année, poussant ainsi l’EUR/USD en direction de 1,19 $. La hausse du dollar observé lundi n’aura été que très furtive.

À la différence de ses homologues considérées comme « refuge », les devises cycliques sont très recherchées par les intervenants de marché. On notera notamment le repli de 1% de la paire EUR/NOK causé par la hausse des prix du pétrole de près de 4% en Europe à un pic de 8 mois (Brent à plus de 48 $ ce matin). Les autres pétrodevises comme le CAD ou le RUB profitent eux aussi de cette hausse des prix du brut. Après une pause de près de deux semaines, les devises cycliques semblent bien sur le point de repartir dans leur tendance haussière. La tendance est plus mitigée sur les devises émergentes. Le peso argentin s’enfonce de jour en jour dans des plus bas historiques pendant que la livre turque cède à nouveau 2% face à l’euro. Le rand sud-africain progresse lui de 1% face à l’euro et signe une progression de plus de 13% depuis août dernier.

Les signaux techniques plaident ce matin pour une légère pause de cette tendance et une légère correction des mouvements des derniers jours.   

Crise sanitaire : de la lumière au bout du tunnel en Europe ?

Malgré une situation sanitaire toujours très fragile en Europe, les mesures sanitaires restrictives commencent à payer. Au point que certains pays envisagent de lever progressivement leurs restrictions et travaillent au déploiement de premières campagnes de vaccination pour le mois prochain (sous couvert d’autorisation officielle d’un projet de vaccin par les autorités sanitaires européennes).

A l’échelle de l’Union européenne, la progression de la pandémie ralentit lentement avec toujours plus de 200 000 nouveaux cas journaliers. Certains pays comme la France et l’Allemagne connaissent toutefois un ralentissement marqué du nombre de nouveaux cas et d’hospitalisation par rapport au début du mois. La France a recensé un peu moins de 4 500 lundi après avoir un pic à plus de 85 000 touché le 7 novembre dernier. En Italie également, il semble que le pic épidermique a déjà été franchi, le pays enregistrant désormais moitié moins de cas (20-25k) qu’au milieu du mois.

Face à ces progrès, plusieurs gouvernements réfléchissent désormais à lever ces restrictions très pénalisantes pour l’économie. C’est le cas du Royaume-Uni qui envisage un début de déconfinement à partir du 2 décembre. Néanmoins cela devrait se faire de manière très graduelle en plusieurs étapes. La France prendra cette voix et opérera quelques assouplissements à partir du week-end 28 novembre prochain. Un retour à la normale est espéré le 20 janvier prochain. En Allemagne, on compte jouer la carte de la prudence et on s’achemine vraisemblablement vers l’annonce ce mercredi d’une extension des mesures de confinement jusqu’au 20 décembre prochain. C’est du moins la position de présidents de région qui a été remis au gouvernement de la chancelière Angela Merkel ce lundi.

Des améliorations donc mais pas de retour à la normale pour le moment envisagé en Europe. Le mot d’ordre semble être de « sauver Noël » et de préserver la population avant la période charnière des fêtes de fin d’année. L’activité économique, principalement dans le secteur des services, risque donc d’être pénalisée sur cette fin d’année et une probable contraction pourrait être entrevue au T4 en Zone Euro. Cela ne semble pas avoir de réels impacts sur l’euro, lequel jouit pour le moment de conditions de marché favorables propices aux prises de risque et au sein desquelles il garde la faveur des investisseurs par rapport aux principales devises refuges telles que le yen et le franc suisse. Sous l’impulsion de bons indicateurs économiques en Allemagne (révision à la hausse du PIB au T3 et repli moins important de l’indice de confiance des entreprises), le taux EUR/CHF a d’ailleurs fait une percée mardi à un pic de 12 semaines à presque 1,0850 ₣. Face aux devises dites cycliques telles que le dollar australien, ce n’est pas la même limonade. Le taux EUR/AUD a été aperçu hier à un creux de 4 mois à moins de 1,6120 A$ avant de retracer en direction du support de 1,6150 A$ qui tient depuis 9 mois.

On assiste ce matin à une tendance corrective des mouvements d’hier. Le dollar australien et néo-zélandais perdent plus de 0,30% face à l’euro, au lendemain de leur bonne performance.

  1. Biden dévoile son jeu

Voyant que les recours juridiques pour contester sa défaite aux élections présidentielles n’aboutissent pas, Donald Trump a finalement donné son feu vert pour débuter une transition administrative entre ses équipes et celles du fraichement élu Joe Biden. Le président sortant a en effet épuisé toutes ses chances de se maintenir au pourvoir, la plupart de ses recours juridiques ayant été jugés irrecevables et infondés par les juges américains. Lâché qui plus est par une partie du camp républicain, l’actuel résident de la Maison Blanche jusqu’au 20 janvier prochain semble se résoudre peu à peu à passer le témoin à successeur, cela de manière pacifique.

En amont de sa prise de fonction officielle, le vice-président de Barack Obama commence à dessiner les contours de sa future administration. Sans surprise, elle s’annonce déjà en profonde rupture avec l’ancienne administration Trump.

Pour le poste prestigieux de secrétaire d’état, équivalent du ministre des affaires étrangères, les spéculations penchent pour la personne d’Antony Blinken. Ce proche de Joe Biden est rompu aux questions de politique étrangère. Cet homme d’expérience, très critique de la politique étrangère de Donald Trump, pourrait favoriser un retour vers une politique internationale américaine donnant la priorité aux alliances multilatérales. Favorable également à un soutien appuyé envers Taïwan, sa future gouvernance pourrait être marquée par de nouvelles tensions avec la Chine. Toutefois peu disposé à agir de manière frontale vis-à-vis de Pékin contrairement à l’approche adoptée par Trump durant son mandat, il est plus probable qu’en cas de conflit l’administration américaine se rapproche de partenaires comme l’Union Européenne pour constituer un front commun et faire pression sur les autorités chinoises.

Les rumeurs autour de la nomination de Janet Yellen à la tête du Trésor américain ont été très largement applaudi par une grande partie de la classe politique américaine et par les marchés financiers. L’ancienne présidente de la réserve fédérale américaine (FED) aura l’occasion de travailler en étroite collaboration avec son successeur, Jerome Powell, ce qui donnerait le change après quatre années de pressions incessantes de l’ancien président américaine sur l’institution monétaire . Ayant acquis aux yeux des marchés le statut de « colombe » ou personnalité prudente et plutôt favorable à un soutien monétaire inconditionnel à l’économie durant son passage à la tête de la banque centrale américaine,  Janet Yellen est grandement attendu par les investisseurs sur une relance ambitieuse de la première économie mondiale. En octobre dernier, elle expliquait que les Etats Unis pouvaient se permettre de s’endetter plus et que le gouvernement devait continuer son soutien budgétaire exceptionnel. Cette nomination pourrait continuer à mettre le dollar sous pression tout en portant les actifs risqués américains. Après une tentative avortée de hausse lundi, le dollar reste sur la défensive, toujours très proche de ses plus bas niveaux de l’année face à ses principaux pairs.

Joe Biden devrait confirmer ses choix et partager la liste complète de ses collaborateurs dans les jours et semaines à venir.

Le Royaume Uni révèle aujourd’hui ses ambitions pour 2021

Le ministre des finances britanniques Rishi Sunak dévoilera à 13h00 les mesures budgétaires du gouvernement pour l’année prochaine. Elles viendront soutenir une économie durement touchée par la crise sanitaire et qui devrait subir cette année une récession de près de -10% selon les dernières estimations du Fonds Monétaire International (FMI).

Le ministre des finances a déjà écarté la mise en place d’une politique d’austérité pour l’année prochaine. Sans surprise, les mesures budgétaires devraient donc rester très expansives et financées par un emprunt record de 400 milliards de livres que le gouvernement britannique compte lever sur les marchés. C’est précisément sur le détail des mesures que les investisseurs porteront un regard très attentif. Celui-ci devrait principalement mettre en avant d’importants investissements en infrastructure, et notamment dans la transition énergétique et écologique. On a aussi appris que de nouvelles aides de 4,3 milliards de livres seraient dédiées à la lutte contre le chômage, en plus des 13,7 milliards de livres déjà allouées à la prise en charge des allocations chômage par le gouvernement. Le nombre de britanniques sans emplois est en effet au plus haut depuis quatre ans, soit 4,8% de la population active.

La priorité pour le pays reste toutefois la signature d’un accord commercial avec l’Union européenne. Andrew Bailey, le président de la Banque d’Angleterre, considère que l’effet d’une sortie de l’Union européenne sans accord pourrait plus impacter à long terme l’économie britannique que la crise du Covid 19. Sur ce début de semaine, il y a peu de nouvelles en provenance des négociations sur le Brexit. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? En tout cas le temps presse pour trouver un accord. Le processus de ratification d’un potentiel accord dans l’Union européenne pourrait en effet prendre des semaines. L’ambition est d’éviter un chaos aux frontières des deux partenaires et un retour de droits de douane à la fin de la période de transition fixée au 31 décembre à minuit.

Face à l’euro, la livre sterling progresse sensiblement de 0,50% depuis le début de la semaine, le regain d’appétit au risque lié aux avancées sur un projet de vaccin et la transition pacifique qui s’amorce aux Etats-Unis constituant un environnement propice aux acheteurs de la devise britannique. L’annonce d’un accord commercial avec l’Union européenne pourrait potentiellement tirer la paire EUR/GBP sous le seuil de 0,8860 £, ce que l’on a pu observer depuis maintenant 6 mois. Cette après-midi, les annonce du ministre des finances pourraient potentiellement être éclipsées par les considérations des intervenants de marché sur le Brexit. Ce matin la paire EUR/GBP progresse de 0,13%.

Une économie américaine sous haute surveillance

Après de bons résultats des indices PMI lundi et la publication hier d’un repli du moral des ménages américains à un plus bas depuis 3 mois, le marathon de données économiques se poursuit aux Etats-Unis. En raison des célébrations de Thanksgiving, les marchés financiers américains seront fermés ce jeudi et la séance de vendredi sera écourtée, aussi un nombre bien plus important que la moyenne de publications économiques sera concentré sur la journée de mercredi. Le programme de la journée sera très dense, surtout sur les coups de 14h30 où s’enchaîneront la publication d’une seconde lecture des estimations de PIB au T3, des commandes de biens durables, de l’estimation mensuelle de consommation domestique et d’évolution des salaires, des indices mensuels de prix PCE et des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage. Une fois la première vague passée, une seconde viendra à 16h00 avec la publication des premières estimations des indices Michigan de confiance des ménages au mois de novembre.

À l’heure où le pays est actuellement frappé par une seconde violente vague de contamination (encore 171000 nouveaux cas mardi), cette journée offrira une parfaite occasion d’évaluer l’état de santé de l’économie américaine avant la montée des risques sanitaires. Sachant que la majorité de ces données reflète une situation passée totalement décorrélée de l’état actuel du pays, l’attention des intervenants de marché devrait principalement se focaliser sur les données sur les publications les plus ancrés dans le présent, à savoir les indices de confiance des ménages, les statistiques sur la consommation domestique et l’emploi.

Après une hausse surprise du nombre d’inscriptions hebdomadaires aux allocations d’emploi la semaine dernière, les marchés tablent sur un très léger repli ce mercredi (+700k vs. +742K précédemment). Néanmoins, pas de quoi illustrer une réelle amélioration de la situation sur le marché de l’emploi qui risque de connaître d’importantes tensions sur la fin d’année et surtout le début de l’année prochaine sachant que plusieurs programmes d’aides arrivent à échéance au 26 décembre. Une nouvelle dégradation de l’emploi aurait d’importantes répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages, donc leur confiance et leur propension à consommer. À moins que cela soit déjà le cas ? Les regards des investisseurs seront très attentifs aux statistiques de dépenses personnelles au mois d’octobre en marge desquelles pourraient s’observer quelques signes de ralentissement de la consommation (consensus : +0,4% M/M vs. +1,4% en septembre).

Voguant principalement ces dernières semaines au gré de l’évolution du sentiment des investisseurs (optimiste / pessimiste) et des conditions de marché générales, le dollar a montré lundi à l’occasion de la publication des indicateurs PMI qu’il n’était pas non plus insensible aux données macroéconomiques. De bien meilleurs résultats que prévu pourraient soutenir un rebond correctif du dollar à court terme. L’indice dollar (DXY) flirte toujours avec ses plus bas situés sur le niveau support à 92 et rappelons que ce dernier cède plus de 10% depuis son dernier pic de mars sur les niveaux des 103.

Publications statistiques 

Sans surprise, l’indice allemand IFO de climat des affaires du mois de novembre est ressorti hier en contraction par rapport au mois dernier (90,7 contre 92,5). Un indice inférieur à 100 traduit le pessimisme des chefs d’entreprise allemands sondés.

En France, le climat des affaires est lui aussi dégradé au mois de novembre.

Aux Etats Unis, le sentiment des consommateurs est tout aussi en berne au mois de novembre : il est en baisse à 96,1 contre 101,4 au mois dernier. Il est ressorti en dessous des attentes des analystes (96,1 contre des attentes à 98).

Ces indicateurs avancés de l’activité économique sont plombés par la crise sanitaire et traduisent une croissance économique qui s’essouffle sur la fin de l’année 2020.

Aujourd’hui la journée sera rythmée par la salve de publications statistiques américaines à partir de 14h30. Ce soir la banque centrale fédérale américaine publiera les détails de sa dernière réunion monétaire. 


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