Actualités du marché des devises

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nov. 23, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La baisse d'activité européenne confirmée pour le mois de novembre

Tendance de la matinée 

La crise sanitaire continue à nourrir le sentiment des marchés, lesquels naviguent entre enthousiasme et prudence au gré des annonces du weekend sur un possible déploiement le mois prochain de premières campagnes de vaccination en Allemagne, aux Etats-Unis et en Royaume-Uni et des déclarations ce matin de l’entreprise pharmaceutique britanno-suédoise AstraZeneca sur son projet de vaccin efficace à « seulement » 70%.

Ce matin, la tendance est clairement à la hausse sur le marché européen. Les indices CAC40 et DAX30 progressent de plus de 1%. On pourrait observer une tendance similaire aux Etats Unis à l’ouverture des marchés. A noter la progression du baril de brut américain (+2%) qui pourrait porter les pétrodevises.

Côté devises, la tendance est à la détente du risque. L’euro progresse face aux devises refuges, notamment le dollar (+0,15%) et le franc suisse (+0,10%). La tendance des devises cycliques est à la hausse. On peut noter que la livre turque cède aujourd’hui l’essentiel de ses gains générés par la hausse de taux de la banque centrale la semaine dernière. La paire EUR/TRY progresse de 1,70%. 

Une crise sanitaire entre craintes et espoirs 

La situation sanitaire continue de se dégrader dans le monde même si quelques signes d’amélioration en Europe s’observent. Près de 1,4 millions de personnes sont décédées du coronavirus depuis décembre dernier et 58,6 millions de personnes ont été officiellement infectées. Aux Etats Unis, pays le plus touché par la pandémie, le chiffres des contaminations journalières pourrait atteindre 200000 au cours de cette semaine étant donné le rythme de progression observé.

Face à cette seconde vague qui sévit, les nouvelles mesures sanitaires restrictives se multiplient dans le monde. Le gouvernement suédois a par exemple dû mettre en place des limites sur les rassemblements et recommande désormais de limiter ses mouvements alors que le pays a vu le nombre d’infections doubler depuis un mois. Au Canada, « la situation est extrêmement sérieuse » d’après les autorités qui ont décidé de reconfiner la ville de Toronto – la plus importante du pays - pendant au moins un mois. Pour finir, en Corée du sud les mesures de distanciation sociales ont elles aussi renforcées après l’apparition de nouveaux cas la semaine dernière.

Les espoirs se multiplient sur le front de la vaccination, bien que ce matin les annonces de l’entreprise britanno-suédoise AstraZeneca sur son projet de vaccin efficace à « seulement » 70% a quelque peu refroidi l’enthousiasme général généré ces dernières semaines par les déclarations des laboratoires américains Pfizer et Moderna (vaccin efficace à 95%). Le succès du projet de vaccin d’AstraZeneca est d’autant plus importante car il est à ce jour celui qui a reçu le plus de commandes, notamment de la part de pays en voie de développement qui ont été attirés par son coût peu onéreux (4-5 $ par dose vs. 19,5 $ pour Pfizer et plus 32-37 $ pour Moderna). Dans l’attente d’une approbation officielle des autorités sanitaires sur ces projets de vaccin, plusieurs pays espèrent annoncent déjà vouloir lancer les premières campagnes de vaccination le mois prochain. Le journal britannique The Telegraph annonce dans son édition du weekend que les premières injections pourraient débuter le 1er décembre tandis qu’aux Etats-Unis le responsable du programme de vaccination évoque la date du 11 ou 12 décembre prochain. En Europe, le ministre allemand de la santé prévoit de lancer les premières campagnes de vaccination en décembre, tandis qu’en Espagne on évoque plutôt le mois de janvier. Hier, les dirigeants des pays du G20 ont promis de « ne reculer devant aucun effort » pour que l’accès aux vaccins, tests et traitements contre le coronavirus soit « abordable et équitable », un espoir pour les nations les plus pauvres.

En France, la situation sanitaire s’améliore sensiblement, le pic de la seconde vague aurait même probablement été atteint d’après l’agence Santé Publique France. Après trois semaines de reconfinement, le nombre de nouveaux cas journaliers est en baisse de 80% par rapport au pic du début novembre. De plus, le nombre de patients hospitalisés recule sensiblement et retombe sous le seuil de 90% (88,8% au 22 novembre vs. pic à 96,9% au 16 novembre). Face à ces bons chiffres, le gouvernement reste prudent et pourrait annoncer mardi soir une levée progressive des mesures de restriction.

Signe de l’inconfort et de la prudence des intervenants de marché, le yen reste recherchée depuis deux semaines. Face au dollar et à l’euro, le yen a récupéré une grande partie de ses pertes le jour de l’annonce du vaccin Pfizer/BioNTech. Depuis ce jour-là, la paire EUR/JPY a cédé 1% et se trouve désormais sur le niveau des 123¥. Pour l’instant, la paire EUR/JPY est toujours en tendance baissière après avoir échoué à franchir la résistance des 125¥.

Pandémie et économie : dans l’attente des publications de la semaine 

La pandémie aura fait mentir toutes les estimations économiques, des plus pessimistes aux plus positives. Une chose est certaine, la deuxième vague amputera une bonne partie de la croissance de la fin de l’année.

Cette journée sera marquée par la publication des indices flash PMI du secteur manufacturier et des services en Europe et aux Etats Unis. Ces indices prendront le pouls de l’activité économique au mois de novembre. En Europe, les analystes s’attendent à une contraction importante de l’activité des services face à une certaine résilience du secteur manufacturière. Logiquement, les mesures sanitaires restrictives en place en Europe impactent bien plus les activités de service. Outre-Atlantique, l’activité économique devrait être bien plus résiliente qu’en Europe. Les Etats Unis ont en effet été beaucoup moins promptes à instaurer des mesures sanitaires restrictives. On devrait voir l’impact de la seconde vague sur l’économie américaine dans les chiffres publiés en décembre.

Les premières publications françaises confirment sans surprise la baisse d’activité pour le mois de novembre sur les secteurs manufacturier et des services. L’activité globale, appréhendée à travers le PMI composite, baisse toutefois moins qu’attendue (PMI composite à 40 contre des attentes à 34). En Allemagne, cette dynamique se confirme aussi mais l’ampleur de la contraction d’activité est moins forte qu’attendue.

La seconde vague met un véritable coup d’arrêt à l’économie européenne. Appréhendée à travers les statistiques PMI, elle était revenue aux niveaux d’avant crise, et même au-dessus pour l’industrie manufacturière. Elle risque aussi de dégrader le sentiment des consommateurs, entreprises et investisseurs. Les analystes s’attendent en effet à ce que tous les indices de sentiment publiés cette semaine accusent une baisse durant le mois de novembre, un nouveau coup dur pour l’économie européenne. En plus de l’activité à court terme, c’est bien la reprise économique en 2021 qui pourrait pâtir de ce sentiment en berne.

Difficile de prévoir l’impact exact de la seconde vague sur l’économie européenne, il devrait cependant être moins fort que lors de la première. En France, l’Insee estime que l’activité économique s’est contractée de 13% au mois de novembre, soit près de trois moins que lors du premier confinement (pic à -35%). Le gouvernement français a d’ailleurs déjà révisé à la baisse ses projections de croissance pour 2021, Bercy ayant annoncé la semaine dernière qu’il ne tablait désormais sur un rebond de 6% l’année prochaine contre 8% estimé en septembre dernier.

L’activité économique est ainsi perdante sur les deux tableaux : sur la fin de l’année et probablement en 2021. Les avancées sanitaires avec la découverte de vaccins au coronavirus sont toutefois un espoir pour l’année prochaine. L’activité économique ne pourra pas reprendre son cours normal tant que la situation sanitaire ne sera pas sous contrôle. 

La publication des PMI français et allemands n’ont pas eu pas d’impact sur la devise européennes. Ce matin, l’euro est à la baisse face aux devises cycliques mais à la hausse face aux devises refuges, signe d’une certaine détente du risque.

Devons-nous nous attendre à une action de la BCE et de la Fed en décembre : de potentiels indices à trouver dans les Minutes publiées cette semaine 

Mercredi et jeudi prochain, la banque centrale américaine (FED) et la banque centrale européenne publieront le compte rendu de leur dernière réunion monétaire. À cette occasion, les deux banques centrales avaient renouvelé leur engagement sans faille au soutien de l’économie et confirmé leur intention à conserver leurs taux directeurs à des niveaux historiquement bas pendant une période prolongée de temps pour accompagner la reprise de l’activité. Malgré un statu quo, celles-ci ne fermaient pas la porte à opérer de nouvelles mesures accommodantes si besoin, et pour la BCE potentiellement dès le mois de décembre.   

L’arrivée cet automne d’une seconde vague de contamination en Europe et aux Etats-Unis, bien plus violente qu’au printemps dernier, a clairement mis un frein à la dynamique de reprise et fait craindre un nouveau trimestre de contraction au T4 (surtout en Zone Euro) et un rebond bien moins important que prévu l’année prochaine. Au regard de la dégradation des perspectives économiques ces dernières semaines, les spéculations autour d’une nouvelle action des banques centrales ont fortement grimpé. En Europe, la Banque centrale européenne a clairement affiché son intention d’intervenir le mois prochain mais restent pour le moins flou sur son action. Les dernières déclarations recueillies la semaine dernière de responsables européens semblent indiquer une préférence pour un nouveau programme de prêts préférentiels aux banques (TLTRO) plutôt que sur une nouvelle hausse massive de son programme de rachat d’action dédié à la pandémie qui s’élève aujourd’hui à 1350 Mds€.

Du côté de la Fed, c’est le flou qui demeure au regard des récents évènements survenus la semaine dernière. Le fait que le Trésor ait réclamé à la réserve fédérale américaine de restituer les fonds inutilisés (près de 500 Mds$) de plusieurs de ses programmes de facilité de prêt arrivant à échéance au 26 décembre questionne les capacités de la banque à opérer à de nouvelles actions. La période de transition entre les deux présidences et l’absence pour le moment de cap économique clair de la nouvelle direction pourrait également être un argument en faveur du maintien d’un nouveau statu quo en décembre.

En prévision des réunions de décembre en marge desquelles la BCE tout comme la Fed délivreront leurs nouvelles projections économiques, les investisseurs liront avec grande attention cette semaine les Minutes des précédentes réunions à la recherche d’indices sur les choix futurs des deux institutions monétaires. 

Un assouplissement monétaire est bien souvent générateur de baisse pour la devise. Ainsi, la volatilité de l’euro et du dollar pourrait être impactée sur cette fin d’année par les futures interventions de la FED et de la BCE en décembre. En ce début de semaine, la paire EUR/USD oscille toujours dans son couloir de fluctuation étroit sur le niveau des 1,185$/1,19$ et progresse de 0,15%.

Le Royaume-Uni prépare l’après-crise en espérant un dénouement heureux sur le Brexit

Le Royaume Uni sera bientôt le seul maitre à bord de son bateau en 2021 et se prépare à affronter la tempête Covid. 

Le ministre de l’économie britannique, Rishi Sunak, présentera ce mercredi (25 novembre) son plan de relance budgétaire pour l’année prochaine. On n’en connait pas encore les détails, toutefois le Royaume Uni prévoit d’emprunter un montant record de 400 milliards de livres l’année prochaine sur les marchés pour faire face à sa plus importante récession depuis trois siècles. Boris Johnson, le premier ministre britannique a dévoilé la semaine dernière son ambition de faire le pari d’un relance « verte » afin de parvenir à son objectif de zéro émission de gaz à effets de serre en 2050. On a aussi appris que le gouvernement britannique avait approuvé la plus grosse augmentation du budget de la défense depuis la fin de la Guerre froide, la somme additionnelle de 16,5 milliards de livres sera ainsi mobilisée. 

Le Royaume-Uni fait partie des pays qui ont été les plus durement touchés par la pandémie et devrait subir cette année une récession de près de -10% selon les dernières estimations du Fonds Monétaire International. Les incertitudes persistantes liées au Brexit et à son dénouement final (heureux ou malheureux) pèsent également sur l’activité et les perspectives du pays. Aussi, les investisseurs seront très attentifs au détail et surtout à la taille des aides et des dépenses que projettent de réaliser le gouvernement pour faire remettre l’économie sur de bons rails. Cela se fera très certainement au prix d’une détérioration des finances publiques à court terme et d’une hausse de la dette nationale qui culmine déjà sur cette fin d’année à plus de 100% du PIB, ou tout simplement son plus haut niveau depuis près de 60 ans. Cela pourrait être considéré comme problématique pour la livre sterling si jamais les intervenants de marché estiment que le plan n’est pas assez ambitieux ou dangereux en matière de soutenabilité de la dette britannique. Une inflation des dépenses sans assurance de « retour sur investissement » pourrait faire craindre l’apparition de nouveaux déséquilibres économiques et financiers à moyen et long terme.  

L’autre volet qui reste surveillé comme le lait sur le feu par les marchés est bien entendu le Brexit et les derniers développements des négociations commerciales entre britanniques et européens. Plus le temps passe et que l’on se rapproche de la date de fin de la période de transition fixée au 31 décembre, et plus la probabilité d’un divorce à l’amiable diminue. Maintes fois répétée, la rupture des liens économiques entre les deux partenaires serait un fardeau important à gérer dans cette phase délicate de reprise. Surtout pour l’économie britannique qui effectuait encore en 2019 43% de ses exportations vers des pays membres de l’UE (Source : ONS). Dans une étude, l’entreprise de conseil KPMG estime qu’en cas d’une sortie sans accord, la croissance britannique pourrait être divisée par deux à parti de l’année prochaine. 

Alors que les médias ont communiqué en début de semaine dernière sur une possible annonce d’accord cette semaine, la mise en quarantaine du négociateur européen après l’enregistrement d’un cas d’infection au COVID-19 d’un de ses collaborateurs a réveillé quelques craintes des lenteurs dans les échanges et une nouvelle prolongation des pourparlers. La livre sterling est restée très tranquille toute la semaine dernière et a vogué dans un couloir étroit de prix de 0,8860-0,9000 £ (+/-1,6%) en l’absence d’évolution tangible sur le volet du Brexit. On est toujours à l’affut d’un réveil brutal de la volatilité (à la hausse comme à la baisse) sur la livre dès lors que l’on aura une meilleure vision de ce à quoi ressemblera le futur britannique en 2021. La paire EUR/BGP glisse de 0,50% ce matin, se rapprochant d’un niveau de support à 0,89£.

Publications statistiques 

Vendredi dernier, les ventes au détail canadiennes sont ressorties bien au-dessus des attentes des analystes, progressant de 1,1% par rapport au mois dernier (contre des attentes à 0,2%). En Italie, les commandes de biens industriels ratent complètement le consensus et montrent une forte contraction au mois de septembre.

On attendra aujourd’hui les publications PMI flash en Europe jusqu’à 10h30, puis aux Etats Unis à 15h45. 


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