Actualités du marché des devises

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nov. 20, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une prochaine sortie de crise à la Commission européenne ?

Tendance de la matinée 

Dans l’actualité, la nécessité d’un nouveau plan de relance aux Etats Unis revient sur le devant de la scène alors que le pays a recensé hier plus de 200 000 nouveaux cas en 24 heures et plus de 2 000 décès.

Après une séance de baisse marquée hier sur les indices européens (-0,88% pour le DAX30), la dynamique pourrait se poursuivre ce matin. Du côté des Etats Unis, le NASDAQ a surperformé le reste des valeurs et a progressé de 0,87%. Les indices américains sont toujours à moins de 2% de leur sommet historique.  Les obligations souveraines américaines continuent globalement leur progression depuis 7 séances et dans le même temps l’indice de volatilité VIX se stabilise autour du niveau des 23. Le yen reste lui orienté à la hausse, signe d’une certaine prudence des intervenants de marché face à la pandémie.

Sur les devises cycliques, on ne voit toujours pas de véritable tendance se dégager sur la semaine. Elles se maintiennent tout de même sur des niveaux élevés face à l’euro. L’euro est relativement stable ce matin face au dollar (1,19 $) et au yen (123 ¥).

Statu quo à Bruxelles sur le plan de relance, Viktor Orban ouvre la porte à une sortie de crise

Christine Lagarde, à la tête de la BCE, a appelé les dirigeants européens à parvenir à un accord au plus vite face au blocage du budget pluriannuel européen. La Hongrie et la Pologne, rejoints cette semaine par la Slovénie, mettent en effet toujours leur véto sur le budget européen.

Hier soir, les dirigeants européens réunis ont abordé le sujet et se sont engagés à tout faire pour sortir de la crise. Viktor Orban, premier ministre hongrois, a tenté ce matin de rassurer ses pairs en affirmant qu’il existait bien de possibilités de sortir de cette impasse et qu’il était persuadé qu’un accord sera finalement trouvé. Il n’a toutefois pas publiquement apporté plus de détails à ses propos. Le gouvernement allemand s’était lui aussi voulu optimiste sur la possibilité de rapidement sortir de cette nouvelle crise européenne.

Ce blocage risque de retarder le versement de ces fonds. Or la situation économique des états membres est très précaire. La seconde vague de coronavirus et les mesures restrictives qui en découlent génèrent clairement de nouveaux risques économiques à court terme. Après un rebond historique de la croissance des économies européennes au troisième trimestre, la zone euro enregistrera très probablement une nouvelle contraction de l’activité au dernier trimestre 2020.

La crise est grave mais pas insurmontable et les probabilités semblent en faveur d’une sortie de crise. D’autant plus que la Hongrie et la Pologne ont potentiellement le plus à perdre d’un échec du plan de relance. Ainsi le florin et le zloty restent plutôt sous pression baissière, près de leurs plus bas de l’année. Les deux devises sont légèrement en recul ce matin face à l’euro.

Nouvelle avancée dans la lutte contre le coronavirus

L’université d’Oxford a annoncé que le vaccin développé en partenariat avec le laboratoire AstraZeneca créait une importante réponse immunitaire chez les personnes âgées, principales victimes du virus. Les deux partenaires doivent publier les résultats finaux de leur découverte dans les semaines à venir.

Ces dernières semaines ont mis en lumière des avancées majeures dans la lutte contre le coronavirus à moyen et long terme avec déjà deux vaccins en phase finale et efficaces à environ 95%. En attendant la diffusion de résultats complémentaires d’autres candidats au vaccin et les premières demandes d’approbation qui pourraient tomber dans les prochaines semaines à venir, le plus grand défi qui se pose et actuellement questionné par les marchés concerne la production et la distribution à grande échelle du vaccin à l’international. Cela pourrait prendre plusieurs mois alors que dans le même temps la pandémie pourrait toujours sévir et peser sur l’activité mondiale.

À court terme, la situation sanitaire reste très préoccupante d’autant plus que les gouvernements doivent faire un arbitrage entre la poursuite de l’activité économique et limiter les risques sanitaires pour la population. Le FMI a expliqué hier que la reprise de la croissance économique serait « très lente », justement à cause de la seconde vague de coronavirus observée cet automne en Europe et en Amérique du Nord.

Sur le marché des changes, le yen continue sa progression, signe que les préoccupations de court terme commencent à prendre le dessus sur les anticipations de forte reprise espérée l’année prochaine. La paire EUR/JPY a rebondi hier sur le niveau des 123¥ et est en progression de 0,11% ce matin. Côté EUR/USD, c’est l’indécision qui prime depuis quatre jours. On se rapproche ce matin à nouveau du niveau résistant des 1,19$. Une baisse pourrait nous amener sur le niveau à 1,165$.

Décisions monétaires : pas de surprise en Turquie et en Afrique du sud

Les banques centrales turque et sud-africaine ont rendu hier leurs décisions monétaires, en ligne avec les attentes des marchés.

C’était une décision délicate pour le nouveau président de la banque centrale turque : composer avec les attentes des marchés et avec celles du président Recept T. Erdogan. La banque centrale a ainsi délivré une hausse de taux conforme aux attentes des marchés de 475 points de base, augmentant le taux de directeur de 10,25% à 15,00%. Les marchés ont salué cette décision et la paire EUR/TRY a cédé -3% en l’espace de deux minutes, celle-ci chutant sur des niveaux qu’elle n’avait plus atteint depuis septembre dernier à 8,84 TRY. Sur la journée d’hier, la paire EUR/TRY a finalement clôturé avec une perte d’un peu moins de 2%.

Au regard des réactions positives, la nouvelle gouvernance à la tête de la banque centrale semble avoir réussi son baptême du feu, et est en bonne voie pour regagner la confiance des investisseurs. Pas de triomphalisme pour autant, c’est seulement sur la durée que l’on pourra dire si cette opération reconquête a réussi. À moyen terme, l’inflation en Turquie devra quant à elle ralentir durablement pour que ce retour vers une politique monétaire plus orthodoxe soit couronné de succès.

En Afrique du sud, la banque centrale a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à son plus bas historique de 3,50%. Cette décision, largement attendue par les analystes, a été motivée par des perspectives modérées d’inflation et une conjoncture économique très fragilisée par la pandémie. L’Afrique du sud est le pays africain le plus touché par le coronavirus et son économie était déjà en récession avant que la pandémie ne frappe.

Au cours d’une séance peu volatile, le rand sud-africain n’a pas été réellement affecté par la décision monétaire et a terminé la séance à l’équilibre face à l’euro.

Comme les autres devises émergentes, la livre turque et le rand sud-africain ont largement profité d’un sentiment de marché favorable aux prises de risque depuis l’élection de J. Biden et les avancées majeures sur un vaccin contre le coronavirus. Ces deux devises restent toutefois toujours bien en dessous de leurs niveaux d’avant crise.

Le Royaume Uni est sur le point de signer un accord commercial avec le Canada

En pleine négociation avec l’Union européenne sur leur future relation commerciale, une source proche du gouvernement britannique a annoncé que le Royaume Uni était sur le point de signer un accord commercial avec le Canada. Cet accord devrait entrer en vigueur avant la fin de la période de transition avec l’Union européenne programmée le 31 décembre afin d’éviter que les échanges commerciaux bilatéraux fassent l’objet de taxes douanières au 1er janvier prochain. Jusqu’à maintenant, la relation commerciale Royaume Uni / Canada était régi par l’accord du CETA signé en 2017 entre l’Union européenne et le Canada.

En octobre dernier, le Royaume Uni avait déjà signé un accord commercial avec le Japon, préparant ainsi l’après Brexit. Toutefois, le Canada et le Japon représentent tous deux une part infime du commerce extérieur du Royaume Uni. L’année dernière les échanges commerciaux britanniques avec le Canada se sont élevés à 17 milliards de livres, soit moins de 1% du PIB du Royaume Uni. Si ces annonces font les gros titres et mettent en avant la capacité du gouvernement britannique à conclure des accords commerciaux avec ses partenaires - un moyen ici de prouver sa bonne foi envers les européens mais aussi les américains avec lesquels Londres vise un accord – ces accords commerciaux ne compenseront pas à eux seuls la baisse potentielle de demande en provenance de l’Union Européenne si jamais le divorce est consommé sans compromis au préalable.  Il reste donc primordial pour Londres de trouver un accord avec Bruxelles avant la fin de l’année.

Du côté des négociations avec les européens, il n’y a toujours pas d’accord en vue alors que le temps presse. Le ministre irlandais des affaires étrangères avait déclaré que la semaine prochaine était la date limite informelle pour éviter une sortie sans accord du Royaume Uni de l’Union européenne. Hier, les négociations ont connu un coup d’arrêt avec des cas de covid-19 au sein des équipes de négociateurs. Michel Barnier, négociateur en chef européen, a tenté de rassurer l’opinion sur le fait que les différentes équipes poursuivaient toujours les négociations.

Malgré une baisse de près de 0,30% de la livre sterling hier et de 0,12% ce matin face à l’euro, la tendance haussière de la devise britannique reste pour l’instant inchangée. Cette dernière progresse toujours de plus de 3% face à l’euro depuis septembre dernier.

Publications statistiques 

Bonne nouvelle hier dans le secteur manufacturier et l’économie américaine : l’indice Philly est ressorti bien supérieur aux attentes à 26,3 (contre un consensus à 22). Il reste certes inférieur au mois dernier (32,3) mais se maintient sur des niveaux historiquement élevés.

On a cependant assisté à une hausse inattendue des inscriptions hebdomadaires au chômage (+742000) la semaine dernière aux Etats Unis. Les nouvelles restrictions sanitaires impactent en effet le marché du travail.

Ce matin, les ventes au détail au Royaume Uni sont ressorties meilleures qu’attendues et progressent de 1,2% par rapport au mois dernier.

Du côté européen, on suivra le discours de Christine Lagarde dans la matinée ainsi que l’indice préliminaire de confiance des ménages à 16h00.


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