Actualités du marché des devises

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nov. 16, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un optimisme menacé par une situation sanitaire dégradée

Tendance de la matinée 

Les intervenants de marché laissent ce matin transparaitre leur optimisme, porté par les bons chiffres d’activité en Asie et par la signature de l’accord de libre échange entre une quinzaine de pays asiatiques et du Pacifique.

Cette nuit, les marchés asiatiques ont largement progressé : l’indice japonais Nikkei225 retrouve de nouveaux plus hauts de près de 30 ans et progresse de plus de 2%. La plupart des futures sur les indices européens et américains ouvrent la semaine dans le vert. On s’attend ainsi à une poursuite de la tendance haussière des deux dernières semaines sur les marchés actions.

Sur le marché des changes, on assiste à une progression de l’euro face aux devises refuges (yen, franc suisse et dollar). La tendance sur les devises cycliques est à la hausse : les couronnes suédoises et norvégiennes progressent toutes les deux face à la devise européenne de plus de 0,20%. Pour finir, le dollar index démarre la semaine en baisse d’environ 0,20% et se dirige vers le niveau support majeur à 92,2.

Les Etats Unis noyés sous la seconde vague 

La situation sanitaire continue de déraper aux Etats Unis. Les records de contaminations journalières sont battus tous les jours. La barre symbolique des 1 millions de nouveaux cas a été franchi la semaine dernière, avec un pic journalier proche des 180000 nouveaux cas. Il est de plus fort probable que le pic de l’épidémie ne sera pas atteint avant des semaines. Les Etats Unis est le pays le plus touché par la crise sanitaire, totalisant de 250000 décès depuis le début de la pandémie, soit près du double de l’Inde, deuxième pays le plus touché.

En réaction à cette situation catastrophique des mesures de restriction commencent tout juste à être instaurées à l’échelle local et national, en l’absence de mesures fédérales. La ville de Chicago recommande à ses habitants de limiter leurs déplacements au maximum sans toutefois mettre ne place de mesures coercitives, alors que la période de Thanksgiving. Dans l’état de New York, les bars et les restaurants devront fermer à partir de 22h. Dans les états de l’Ohio et de l’Iowa, les deux gouverneurs républicains ont rendu plus systématique le port du masque et limité les rassemblements.

Au niveau fédéral, l’administration Trump brille par son silence. Obnubilé par son échec électoral, Donald Trump communique très peu sur le virus. Il expliquait ce week-end que son administration n’imposerait pas de confinement fédéral. Le président n’a cessé depuis le début de la crise de décrédibiliser l’urgence de la situation et par exemple la nécessité de porter un masque. Le président-élu Joe Biden appelait quant à lui à prendre des mesures sanitaires urgentes samedi dernier.

L’annonce du laboratoire Pfizer a enflammé les bourses mondiales la semaine dernière et redonné espoir d’une sortie de crise durant l’année prochaine. Cependant cet optimisme général a fini par se tasser face à l'ampleur du défi sanitaire qui reste à surmonter. Malgré les progrès encourageants observés dans les recherches sur un vaccin, il faudra très certainement probablement attendre encore plusieurs mois avant que celui-ci puisse être commercialisé en masse, sans compter les possibles écueils que pourrait rencontrer sa production et sa distribution à l'international. Comme l’été dernier, la progression exponentielle de la pandémie aux Etats Unis pourrait impacter le dollar et favoriser la devise européenne.

La fête tourne court à la Commission européenne 

Alors que les médias ont massivement communiqué la semaine dernière sur un accord « historique » trouvé par les eurodéputés sur le budget pluriannuel de 2021-2027, la Pologne est venue doucher cet optimisme. Le point de blocage repose sur la question de la conditionnalité de la distribution des aides européennes au respect de l’état de droit. L’idée ici est de mettre un dispositif permettant de bloquer le versement des aides du plan de relance de 750 Mds€ à tout pays membre qui ne respecterait pas les principes fondamentaux inscrits dans le projet européen, à savoir le respect des règles, l’égalité des droit et l’indépendance de la justice. Dans une lettre adressée aux dirigeants européens, le premier ministre a expliqué que la Pologne « ne peut pas accepter » ce mécanisme. Ce dernier doit pourtant être adopté pour valider le budget européen, et par corollaire débloquer le Fonds de relance européen en charge de la distribution des aides liées à la crise sanitaire.

La Pologne n’est toutefois pas seule dans ce combat. Elle bénéficie en effet du soutien de la Hongrie et de son président Viktor Orban. La lettre du premier polonais intervient après une déclaration similaire du gouvernement hongrois. Ces deux pays qui connaissent des dérives autoritaires depuis quelques années dénoncent ici une mesure politisée qu’ils estiment directement dirigée contre eux, ce dont se défendent les autres pays européens.

La Pologne et la Hongrie feront toutefois partie des principaux bénéficiaires du plan de relance. En effet, ces deux pays devraient sont censés bénéficier de subventions représentant plus de 4% de leur PIB annuel (respectivement 23 et 6 Mds€). On peut donc légitimement penser que les deux pays de l’ex-bloc de l’Est auront tout intérêt à se montrer pragmatique et trouver un compromis avec Bruxelles afin de recevoir un soutien qui sera le bienvenu dans cette période de crise économique.

Les paires EUR/PLN et EUR/HUF restent toujours valorisées à des niveaux historiquement élevés mais ont jusqu’ici été peu impactées par les tensions survenues autour du budget européen. Tout comme l’euro d’ailleurs qui continue de voguer tout proche de ses plus hauts niveaux de l’année face au dollar à plus de 1,18 $. Néanmoins, ce dernier pourrait très mal vivre un éventuel échec ou lenteur concernant le déploiement du plan de relance européen qui a suscité beaucoup d’espoir auprès des acteurs de marché, et notamment servi de rampe de lancement au printemps dernier à un redressement spectaculaire de l’euro de 1,08 $ à 1,20 $. Ce matin, La paire EUR/USD poursuit son rebond de la fin de la semaine dernière et progresse de 0,12%. Prochain objectif haussier : résistance à 1.19$

Brexit : au bout du suspens 

La pression de la date butoir du 15 novembre initialement fixée par les négociateurs britanniques et européens n’aura finalement pas permis aux deux camps de s’accorder sur leur future relation commerciale. Rien n’est encore perdu puisqu’ une nouvelle échéance a été fixée à jeudi prochain (19 novembre), les dirigeants européens se réunissant à cette occasion pour une conférence virtuelle avec l’espoir qu’un accord final sera trouvé. On s’attend ainsi à une intensification des négociations sur ce début de semaine.

D’autant que le départ de Dominic Cummings, conseiller proche de Boris Johnson et grand partisan historique du Brexit, pourrait donner un second souffle à des négociations qui patinent depuis des mois. On peut s’attendre à une stratégie de négociation britannique moins agressive et davantage basée sur le compromis. Un changement d’approche côté britannique pourrait favoriser des avancées majeures sur certains points de blocage. Les deux partis peinent toujours à trouver un compromis sur la pêche alors que le Royaume Uni ne s’engage toujours pas sur la question des subventions d’état et du dumping fiscal.

Au regard du peu de progrès réalisés lors des dernières semaines, annoncées pourtant comme décisives, il se pose la question d’un possible échec et divorce brutal à la fin de l’année. Néanmoins, en cas d’absence d’accord la semaine prochaine, il n’est pas impossible que britanniques et européens décident une nouvelle fois de prolonger les débats encore quelques jours. Néanmoins, à force de reculer il faut bien faire attention de ne pas chuter dans le vide.  Si la fin de la période de transition fixée au 31 décembre fait figure de limite naturelle, on peut penser qu’un des deux camps pourrait rompre les pourparlers avant cette date fatidique. En l’absence de garanties importantes, il apparaît difficile pour les européens d’imaginer une prolongation au-delà du prochain Sommet européen programmé les 10-11 décembre prochain. Rappelons qu’il est absolument crucial pour le Royaume Uni de trouver un accord avec l’Union européen, d’autant plus que cela déterminera sa capacité à signer un accord commercial avec les Etats Unis.

La volatilité de la paire EUR/GBP continuera ainsi à être influencée par l’actualité relative aux développements des négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. La poursuite de la tendance haussière de la livre observée depuis septembre dépendra en grande partie de la capacité du Royaume Uni à éviter un « hard Brexit ». Sans progrès tangibles sur ce volet, il apparaît difficile d’imaginer le taux EUR/GBP capable de casser le support de 0,8860 £ qui tient depuis 6 mois. Ce matin, la paire EUR/GBP progresse légèrement de 0,14% et se maintient toujours sous son oblique baissière en place depuis septembre.  

Un accord de libre-échange historique 

Ce week-end, 16 pays d’Asie et d’Océanie incluant la Chine, le Japon, la Corée du sud, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande ont ratifié le plus gros accord de libre échange du monde. L’ensemble de ces économies représentent ¼ du PIB mondial et près de 30% de la population mondiale. Cette accord (RCEP) réduira les taxes et permettra entre autres une uniformisation des règlementations. C’est l’aboutissement de 8 années de négociation. L’Inde s’était retirée de ce projet alors que certains pays craignent toutefois une dépendance croissante à la Chine.

Cet accord peut représenter une menace économique pour l’Europe et les Etats Unis, l’idée répandue est que Joe Biden pourrait se remettre à la table des négociations du TTP, quittée par Donald Trump à son arrivée au pouvoir. Dans un tel scénario, c’est bien l’Europe qui pourrait se retrouver affaiblie. 

Ce nouvel accord de libre-échange ne fera que renforcer l’attractivité des économies de la région et ainsi viendra soutenir les devises concernées à long terme. Ce matin cette annonce largement anticipée impacte très peu les devises asiatiques et d’Océanie. A noter cependant le yuan de nouveau en progression face à l’euro de plus de 0,20%. La paire EUR/CNY traite depuis plus de 2 semaines un support important à 7.8¥.

Publications statistiques 

On a assisté vendredi dernier à la baisse surprise du sentiment et des attentes des consommateurs américains en novembre, probablement liée à la résurgence de la pandémie aux Etats Unis.

Ce matin, le Japon a publié ses chiffres préliminaires du PIB du troisième trimestre. Sans surprise la hausse par rapport à l’année dernière est historique avec une croissance de 21,4%. Par rapport au trimestre dernier, la hausse sur le T3 est même supérieure aux attentes des analystes (5% vs 4,4%).

En Chine, la production industrielle et les ventes au détail continuent de progresser par rapport au mois dernier, ce qui confirme le bon rebond de l’économie chinoise.

Cet après-midi, l’indice manufacturier de New York sera publié à 14h30, les analystes attendent une progression par rapport au mois dernier. 


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