Actualités du marché des devises

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nov. 05, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une volatilité toujours très "américaine" : Biden en bonne posture pour l'emporter & réunion de la Fed

  • On est proche d'un dénouement final des élections américaines et Joe Biden apparaît le mieux placé pour remporter la victoire finale. Bien que le vent d'une contestation et d'une période prolongée d'instabilité politique menace le pays, pour l'heure les marchés ne s'en émeuvent pas mais restent attentifs aux annonces. Le dollar est sur la défensive face à l'euro qui consolide ses gains acquis en amont des élections (1,17 $) en attendant le dévoilement de nouveaux résultats attendus ce soir dans le Nevada et la Georgie ainsi que les conclusions de la nouvelle réunion de la Fed (20h00). L'emballement qui a accompagné hier l'annonce du gain des Etats du Wisconsin et du Michigan par Biden s'estompe et la prudence est de retour ce matin alors que les décomptes se poursuivent dans plusieurs Etats clés et que le camp républicain multiplie les dépôts de plainte pour contester une éventuelle défaite. Le yen est stable (122,5 ¥) tandis que le dollar australien (1,63 A$) et de nombreuses devises émergentes sensibles à la tournure des évènements aux Etats-Unis comme le peso mexicain (24,6 MXN), le yuan (7,79 ¥) ou encore le rand sud-africain (18,65 ZAR) sont sur la défensive ce matin. La livre sterling a accueilli les nouvelles mesures de soutien de la Banque d'Angleterre avec un flegme très britannique. Le taux EUR/GBP s'accroche au-dessus de son support de 0,90 £ et surveille la moindre référence aux taux négatifs tout comme le moindre développement (favorable ou non) sur le volet du Brexit.
  • Agenda du jour : Réunions monétaires en aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, poursuite du décompte des voix aux Etats-Unis  - Il y aura quatre décisions monétaires à surveiller ce jeudi au Royaume-Uni (08h00), en Norvège (09h00), en République Tchèque (14h30) et aux Etats-Unis (20h00). Parmi ces quatre banques centrales, seules la Banque d'Angleterre devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien à l'économie via une hausse de son programme de rachat d'actifs. Si un statu quo est attendu ailleurs, la communication générale pourrait être globalement prudente. Aux Etats-Unis, le décompte des voix se poursuit et des résultats finaux pourraient tomber d'ici ce soir en Arizona, en Georgie et au Nevada.
  • Etats-Unis : Ça sent de plus en plus bon pour Biden (USD, MXN, CNY) - En remportant hier soir le Wisconsin et le Michigan, Joe Biden a nettement renforcé ses chances d'être le 46ième président des Etats-Unis. Il lui manque désormais 6 voix pour atteindre la barre fatidique de 270 synonyme de victoire finale. Le gain du Nevada, où il est actuellement en tête, pourrait suffire. Les résultats de cet Etat devraient d'ailleurs être connu d'ici ce soir. Ça sent donc très bon pour le candidat démocrate néanmoins on se gardera de crier victoire trop vite sachant qu'on n'est pas à l'abri d'un nouveau rebondissement lors de ce scrutin. Les décomptes se poursuivent dans les autres Etats comme l'Arizona où l'on recense encore près de 360 000 votes à enregistrer mais qui semble tout de même déjà acquis à Biden (victoire déjà intégrée dans les projections de voix de grands électeurs). En Georgie, il ne reste plus que 250 000 bulletins à intégrer a indiqué le secrétaire d'Etat, aussi on espère un résultat final assez rapidement. Pour l'heure, c'est Donald Trump qui est en tête avec moins de 30 000 voix d'avance. Le décompte se poursuit également en Pennsylvanie, Etat qui offrira 20 voix à son gagnant où Trump possède toujours pour le moment une avance de 160 000 voix mais celle-ci fond à mesure que sont comptabilisés les votes par procuration et par courrier. La Chambre des représentants semble acquise aux démocrates tandis que la situation au Sénat reste encore indécise puisque les deux camps sont crédités de 48 sièges chacun. Voyant la Maison Blanche en passe de lui échapper, le camp républicain prépare la riposte et un vent de contestation se fait ressentir. L'équipe de campagne de Donald Trump a réclamé un recompte des voix au Wisconsin mais a également déposé une plainte en Pennsylvanie, en Georgie et au MIchigan, ouvrant ainsi la porte à une probable contestation du résultat final dans ces Etats. Dans son allocation hier, Donald Trump n'a pas caché ses intentions de se battre pour empêcher ce qu'il juge être une "tricherie" et de faire appel à la Cour suprême pour trancher pour dénoncer l'intégrité de ce scrutin. Il est difficile d'imaginer que le candidat républicain parvienne à faire invalider les votes en sa défaveur, néanmoins l'ouverture d'une bataille juridique et un refus d'abdiquer de sa part ouvrirait la porte à une période d'instabilité politique qui pourrait durer plusieurs semaines. Pour le moment, les marchés ne s'en émeuvent pas et c'est la perspective d'une victoire finale de Joe Biden qui domine les échanges. Résultat, le dollar est sur le reculoir et l'EUR/USD consolide les gains acquis avant l'élection à plus de 1,17 $. Même constat en ce qui concerne le taux EUR/JPY qui reste stable à 122,5 ¥ et qui semble attendre les prochains développements sur ce volet. Sous haute pression hier, le peso mexicain et le yuan chinois ont finalement inversé la tendance après l'annonce du gain du Wisconsin et du Michigan par Biden, les deux devises terminant la séance de mercredi dans le vert. Le peso mexicain avait enregistré jusqu'à plus de 2% de pertes en séance hier face à l'euro mais a finalement clôturé à un pic de presque 5 mois à 24,50 MXN. Le yuan a lui clôturé la séance à un pic de plus de 5 mois à 7,77 ¥. Les deux devises sont en léger retrait ce matin après l'agitation de la veille.
  • Global : pas de résultat final aux Etats-Unis, pas de panique (AUD, ZAR) - Les marchés n'auront jamais fini de nous surprendre. Exit le scénario de "vague bleue" qui était anticipé depuis de longues semaines, le moins que l'on puisse dire est que l'élection américaine ne s'est absolument pas déroulée comme il l'était prévu. Pour preuve, plus de 24 heures après la fin du scrutin, on ne connaît toujours pas le nom du gagnant. On aurait pu penser que les marchés financiers, et plus particulièrement les actifs américains, seraient échaudés par ce flux d'incertitude. Il n'en est rien puisque la bourse américaine a engrangé hier un gain de plus de 2% et que le prix des contrats futures sur les principaux indices boursiers sont en hausse de 1-2%, et que dans le même temps les rendements des bons du Trésor 10 ans ont enregistré mercredi leur plus forte chute en 7 mois (-11 pbs). Comment expliquer un tel emballement envers les actifs américains malgré ce contexte ? Les marchés ont voulu voir dans la situation un contexte finalement assez avantageux pour eux. À la lecture des résultats de mercredi, il y avait de grandes chances que le Congrès soit divisé en deux. Aussi quel que soit le président, la configuration apparaissait, du moins à court terme, pas si désavantageuse pour les investisseurs. En cas de victoire de Trump, on serait dans la continuité des deux années passées, tandis qu'en cas de victoire de Biden le partage du pouvoir législatif entre les deux principaux partis pourrait freiner la capacité du candidat démocrate de mettre en place l'intégralité des hausses d'impôt de son programme. Cela nous a valu une forte hausse des actions des entreprises technologiques qui sont les plus concernées par le projet de hausse de l'impôt sur les sociétés. Par ailleurs, un Congrès fragmenté pourrait ralentir le processus de déploiement d'un nouveau plan de relance ce qui du coup accentuerait la pression sur la Fed pour revenir dans la lumière et apporter son soutien à l'économie via de nouveaux rachat massif d'actifs (pressions sur les taux). L'enthousiasme à toute épreuve des marchés a donné lieu à des mouvements marqués sur les marchés des changes. Le dollar australien et le rand sud-africain avaient tous les deux débuté la séance de mercredi dans le rouge avant d'inverser la tendance en fin de journée. La devise australienne a finalement enchaîné une 5ième consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé qui s'élève désormais à +2% sur la période. L'EUR/AUD a ainsi clôturé à un creux de 3 semaines non loin du seuil support de 1,63 A$ qui tient depuis fin septembre. Le rand a lui aussi enchaîné une 5ième séance de hausse consécutive face à l'euro pour un gain cumulé de +3,5%, le taux EUR/ZAR clôturant à un creux de 7 mois à moins de 18,6 ZAR.
  • Banques centrales :  La Banque d'Angleterre à l'action, la Fed à l'écoute (GBP, USD) - Dans les tuyaux depuis de longues semaines, la Banque d'Angleterre a, comme prévu, annoncé de nouvelles mesures de soutien ce mercredi matin. Une petite surprise tout de même, il s'agit de la hausse du programme de rachat d'actifs qui se révèle un plus importante que ce qui était initialement anticipé par le consensus. Celui est ainsi réhaussé de 130 Mds£ à 875 Mds£ alors que les observateurs misaient sur une revalorisation de "seulement" 100 Mds£. Pour la banque centrale britannique, une intervention était inévitable au regard de la perte d'activité que devrait générer à court terme le départ effectif en janvier prochain du Royaume-Uni hors de l'union douanière européenne. Les nouveaux dommages économiques que devraient également générer la période de confinement qui débute ce jeudi en Angleterre justifiaient également une action de soutien de la part des banquiers centraux afin de compléter les mesures fiscales déployées jusqu'à présent par le gouvernement. La livre sterling (0,90 £) est peu affectée par ces annonces qui étaient globalement anticipées. La volatilité pourrait néanmoins s'emballer et des pressions baissières pourraient surgir sur la devise britannique si jamais durant la conférence de presse du gouverneur central Andrew Bailey la question des taux négatifs était abordée par ce dernier. Si l'on sait que la banque centrale britannique évalue en ce moment les effets de cet outils monétaire et sonde auprès des établissements bancaires son usage, elle n'a pas encore pris sa décision quant à son recours. Elle pourrait garder cette option en réserve au cas où la situation se dégrade, et si notamment britanniques et européens échouaient à trouver un accord économique avant la fin d'année. Côté américain, on peut penser que la banque centrale fera aucun mouvement avant que ne soit conclu le "mélodrame" des élections américaines. Sachant qu'il est fort possible que l'on n'ait toujours pas de gagnant officiel d'ici ce soir ou bien qu'une contestation soit opérée par le camp perdant, la Fed pourrait se garder d'intervenir en attendant que la situation politique dans le pays se clarifie et se stabilise. Néanmoins, au regard de la situation sanitaire très dégradée aux Etats-Unis et de l'absence de nouvelles réponses fiscales face à la crise, la banque centrale américaine pourrait, à l'image de sa consœur européenne (BCE), envoyer aux marchés qu'elle se tient prête à intervenir s'il le faut en décembre. La perspective de nouvelles mesures de soutien, très probablement sous la forme de rachat d'actifs, pourrait venir accentuer les pressions baissières actuellement visibles sur le dollar.

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