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oct. 26, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le spectre d'un reconfinement en Europe jette un froid sur l'euro

  • L'euro fait grise mine après l'annonce des nouvelles restrictions sanitaires du weekend qui prennent de plus en plus l'allure d'un reconfinement. Les annonces d'un reconfinement partiel en Italie et d'un couvre-feu en Espagne après la publication ce weekend de nouveaux records de cas de contamination en Europe (plus de 50k en France notamment) affolent les marchés des changes qui jusqu'à présent semblaient occulter ce risque, comme en témoigne le peu de réactions provoquées vendredi dernier par des enquêtes PMI européennes décevantes. Les indices de confiance Ifo publiés ce matin en Allemagne tendent à confirmer un moral des acteurs économiques européens endommagé par le retour et surtout l'accroissement des risques sanitaires en Europe. Le taux EUR/USD menace de retomber sous 1,18 $, le taux EUR/CHF revient lui titiller le support de 1,07 ₣ tandis que le taux EUR/JPY retombe sous le seuil de 124 ¥. Face à ces pressions vendeuses, la devise européenne n'est épargnée que face à de rares devises comme les devises pétrolières comme la couronne norvégienne (10,95 NOK) et le rouble russe (90,4 RUB) qui pâtissent d'une forte contraction des prix du pétrole. Ou encore les devises d'Europe de l'Est qui sont également très sensibles au spectre d'un reconfinement des économies d'Europe de l'Ouest.  Le zloty reste très proche de ses plus bas niveaux de l'année et s'échange à près de 4,58 PLN face à l'euro.
  • Agenda du jour : Léger repli de la confiance des entreprises allemandes et statistiques immobilières aux Etats-Unis  - Au niveau des données macroéconomiques publiées ce lundi, on observe ce matin un léger repli des indices Ifo traquant le climat des affaires en Allemagne, et donc le moral des entreprises. Si le repli est très modeste, il semble confirmer une dynamique déjà observée la semaine dernière d'inflexion du moral des acteurs économiques européens. Cette après-midi, on suivra la publication des ventes de maisons neuves aux Etats-Unis (15h00) ainsi que les résultats de l'enquête d'activité économique la Fed de Dallas (15h30).

Au programme cette semaine :

  • Europe : Réunion monétaire dans un contexte de seconde vague (EUR) - L'un des moments clés de la semaine sera la réunion monétaire ce jeudi de la Banque Centrale Européenne (BCE), l'avant dernière de l'année, qui interviendra dans un contexte particulier de seconde vague de contamination en Europe. Depuis la dernière réunion qui s'est tenue en septembre, la région est frappée par une forte recrudescence des cas de coronavirus qui ont poussé les autorités publiques à introduire de nouvelles mesures de restriction sanitaire strictes, lesquelles prennent au fil des jours de plus en plus la forme d'un reconfinement. Après l'Irlande et les Pays-Bas, l'Italie a annoncé ce weekend des mesures de reconfinement partiel actif jusqu'au 24 novembre imposant notamment la fermeture des bars et restaurants à partir de 18h00 et recommandant aux citoyens d'éviter les voyages et les réunions en famille et entre amis. L'Espagne a quant à elle annoncé ce weekend un couvre-feu s'étalant entre 23h00 et 06h00 du matin, et le gouvernement a formulé une demande au Parlement de prolonger l'état d'urgence jusqu'en mai prochain. En France où le couvre-feu a été étendu en fin de semaine dernière à 38 nouveaux départements, le spectre d'un reconfinement a été évoqué ce weekend par plusieurs membres du gouvernement. Le reconfinement partiel des économies européennes fait craindre un coup d'arrêt dans la dynamique de reprise après un très fort rebond au 3ième trimestre qui sera très certainement confirmé ce vendredi par la publication des premières estimations de PIB en Zone Euro. Les premières estimations des enquêtes d'activité dans le secteur privé européen publiées vendredi dernier ont mis en lumière une première contraction de la croissance en 4 mois en d'octobre, une contre-performance à mettre au crédit du secteur des services qui est plus sensible que l'industrie aux mesures de restriction. Associé à cela un moral des ménages et des entreprises en net recul sur ces dernières semaines et des pressions déflationnistes toujours palpables en Europe, on a alors un contexte conjoncturel très peu favorable. Assez pour pousser la BCE à procéder à de nouvelles mesures accommodantes ? Rien n'est moins sûr, et surtout probablement pas en octobre alors que la banque n'aura pas encore en main suffisamment d'éléments tangibles pour justifier une telle action. Pour une majorité d'économistes sondés ce mois-ci par l'agence Bloomberg, la banque centrale devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien en décembre à l'occasion de la publication de ses nouvelles projections, le consensus misant sur une hausse de 500 Mds€ du programme de rachat d'actif de 1350 Mds€ déployé spécifiquement durant la pandémie. Pour cela, il faudra que la présidente Christine Lagarde parvienne à aligner toutes les positions sachant que l'on sait qu'il existe actuellement des tensions au sein du comité directeur et une frange contestataire menée par le président de la Bundesbank s'opposant aujourd'hui à l'idée de procéder à de nouvelles mesures de soutien compte tenu de la bonne réactivité et du rebond de l'économie à la sortie du confinement au printemps. Les acheteurs d'euro surveilleront attentivement la communication employée par la BCE ce jeudi et ses réelles velléités/capacités à intervenir de nouveau. Montrant tous deux des signes de fléchissement ces derniers jours, les deux taux EUR/JPY et EUR/CHF pourraient amorcer un net repli et casser les supports respectifs de 123 ¥ et 1,07 ₣ en cas d'apparition de nouvelles pressions vendeuses sur l'euro.
  • Etats-Unis : Dernière ligne droite dans la course à la Maison Blanche, et une "vague bleue" qui se profile ? (USD) - À mesure que l'on se rapproche du scrutin final du 3 novembre, on n'observe pas de réelle inversion de tendance dans les sondages et une réduction importante des écarts dans les intentions de vote qui laisserait planer de l'incertitude quant au résultat final. Avec 8 points d'avance (indice RealClear Politics au 25 oct.) vis-à-vis de son principal rival et actuel président Donald Trump, le candidat démocrate Joe Biden apparaît comme le très grand favori des sondages et sa victoire ne semble faire aucun doute aux yeux des marchés. Le scénario le plus plausible à l'heure où l'on parle est que le parti démocrate pourrait également remporter les deux chambres du Congrès, et en particulier le Sénat qui est aujourd'hui sous majorité républicaine. Le site d'analyses statistiques Fifty Thirty Eight évalue à 73% la probabilité que les démocrates remportent la chambre haute du Congrès. Dans un tel scénario, cela favoriserait alors la mise en place d'un nouveau plan de relance de grande ampleur aux Etats-Unis dans les prochains mois. Avant de revoir leur proposition de plan à la baisse à 2,2 Trn$ dans le cadre des négociations en cours avec le Trésor américain, les démocrates poussaient pour programme d'aide d'une taille au moins aussi importante que celui de 3 Trn$ voté en mai dernier. Face à cette perspective mais aussi celle d'avoir un nouveau président moins clivant et imprévisible que ne l'est Donald Trump, les investisseurs américains semblent disposer à diversifier leur profil de risque et réduire leurs positions en dollar pour d'autres devises comme l'euro, le yuan ou encore certaines devises émergentes (ZAR, KRW, TWD,...). La résilience de l'EUR/USD que l'on voit osciller entre 1,17 et 1,19 $ depuis le début du mois malgré la hausse des risques sanitaires en Europe semble s'expliquer par cette perte d'appétit graduelle des investisseurs à l'égard du dollar à l'orée d'une élection dont le résultat final apparaît joué d'avance. Après l''expérience de 2016 avec les victoires surprises du vote en faveur du Brexit et l'élection de Donald Trump, les marchés ne semblent pas avoir tiré de leçons. Les jours à venir nous dirons si cette stratégie est payante.
  • Royaume-Uni : Des négociations qui se poursuivent, ce qui laisse la livre sterling de marbre (GBP) - De retour dans la capitale britannique depuis jeudi dernier à l'occasion de la reprise officielle des négociations commerciales post-Brexit, le négociateur européen Michel Barnier a décidé ce weekend de prolonger son séjour à Londres afin de renforcer les chances d'accord. Si pour le moment, il n'y a aucune date officielle définie, les européens semblent viser mi-novembre comme échéance finale pour trouver un compromis. Au niveau des marchés des changes, on observe aucune réelle tendance sur la livre sterling dont la volatilité face à l'euro est encadrée dans un couloir de prix de moins de 2% (0,9000 £ - 0,9160 £). En absence d'annonces concrètes et de faits tangibles, un certain sentiment de prudence domine les échanges sur les marchés des changes. Les investisseurs restent néanmoins aux aguets de tous commentaires et annonces suggérant une évolution majeure, favorable ou défavorable, dans les négociations.
  • Banques centrales : Statu quo anticipé au Canada, Japon et Brésil (CAD, JPY & BRL) - La BCE ne sera pas la seule à se réunir ce jeudi après-midi puisqu'avant elle se réuniront la Banque du Canada (communiqué officiel mercredi à 16h00) et la Banque du Japon (communiqué officiel jeudi matin entre 5h00 et 7h00). Selon toute vraisemblance, les deux banques devraient maintenir et réaffirmer dans leur communication leur soutien à l'économie sans pour autant recourir à de nouvelles mesures si l'on en croit les anticipations actuelles sur les marchés monétaires et les enquêtes d'opinion réalisées auprès d'économistes. Toutefois, la publication des nouvelles projections économiques et monétaires au Japon pourrait pousser les banquiers centraux à entrevoir de possibles nouvelles mesures. De retour la semaine dernière à un pic de 2 semaines à 1,56 C$, le taux EUR/CAD sera sensible aux commentaires des responsables monétaires canadiens sur les perspectives économiques du pays. Au regard, des divergences sanitaires et monétaires en matière de projections (anticipation de nouvelles injections en décembre de la part de la BCE), une communication canadienne prônant aucune intention d'intervention à court terme pourrait favoriser un mouvement correctif de la paire de change en direction du support de 1,54 C$.  Au Brésil, le cycle de baisse de taux semble terminé après 9 réductions réalisées entre août 2019 et août 2020. C'est du moins la communication officielle employée par la banque centrale brésilienne en septembre dernier. On surveillera jeudi soir si elle maintient cette approche et ne cause pas davantage de dommages au réal qui oscille actuellement tout proche de ses plus bas historiques face à l'euro à plus de 6,60 BRL.

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