Actualités du marché des devises

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oct. 23, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'ombre d'un coup de frein de la reprise plane sur l'Europe :  l'euro tremble en attendant les indices PMI

Qui dit plus de restrictions dit plus de dommages économiques, et un possible frein à la forte reprise observée en Europe depuis la fin du printemps ? Les indicateurs PMI d'octobre publiées ce vendredi en Europe et aux Etats-Unis devraient nous apporter quelques éléments de réponse. En attendant, les marchés tremblent. Après son bon début de semaine, l'euro se contracte et menace de retomber ce matin sous le seuil de 1,18 $ face au dollar.  Même constat face au yen et au franc suisse, les seuils supports de 123 ¥ et 1,07 ₣ étant dans la ligne de mire des deux taux EUR/JPY et EUR/CHF que l'on voit sur la défensive ce matin.  Les restrictions en Europe ne heurtent pas uniquement l'euro mais aussi les devises de l'ex-bloc de l'Est comme le zloty polonais qui teste ses plus bas niveaux depuis 6 mois (4,59 PLN) ou encore le forint hongrois (364 HUF) qui reste à proximité de ses plus bas historiques. La livre sterling reste assez stable à plus de 0,90 £ et paraît insensible au fort rebond ce matin des ventes au détail au Royaume-Uni. Les négociations sur le Brexit qui se prolongeront à Londres jusqu'à dimanche reste la préoccupation première des observateurs de la devise britannique. Les devises cycliques comme le dollar australien et plusieurs devises émergentes comme le yuan et le rand sud-africain restent orientés à la hausse et s'accrochent à l'espoir d'une issue positive dans les négociations en cours sur la relance américaine qui sont constamment prolongées depuis le début de la semaine.

Agenda du jour : Indicateurs PMI en Europe et aux Etats-Unis, accord sur la relance aux Etats-Unis toujours surveillé - L'attention des marchés se focalisera ce vendredi sur les premiers indicateurs PMI du mois d'octobre qui interviennent dans un contexte de hausse significative des restrictions sanitaires en Europe. Au Royaume-Uni, les négociations entre britanniques et européens se poursuivent ce vendredi et se prolongeront jusqu'à dimanche. Les marchés restent très attentifs aux déclarations faites de part et d'autre, tout comme d'ailleurs sur les résultats économiques du pays qui sont nombreux ce matin (PMI, ventes au détail, indice de confiance des ménages). Aux Etats-Unis, les médias se focalisent ce matin sur le dernier duel de la campagne présidentielle qui s'est tenu dans la nuit dernière. Il y a peu de réactions sur les marchés après ce débat, les marchés surveillant maintenant les sondages afin de voir si celui-ci a eu un réel impact et modifie réellement la tendance de fond qui donne depuis des semaines le candidat démocrate Joe Biden largement gagnant. Mais la priorité reste pour le moment le nouveau plan de relance sur lequel le Trésor et le camp démocrate tentent de trouver un accord. Alors que l'on évoque depuis le début de la semaine, de part et d'autre, des progrès dans les discussions, pour le moment il n'y a rien de concret. Le volet présidentiel et de la relance mis à part, les regards des investisseurs américains se porteront également sur les premiers indicateurs d'activité PMI aux Etats-Unis au mois d'octobre.

EUR

Europe : La peur de la seconde vague et ses conséquences économiques reprennent le dessus (EUR) - Il aura fallu attendre la publication de plusieurs indices de sentiment en en Europe mettant en lumière un reflux du moral des acteurs économiques - des ménages en Allemagne et en Zone Euro (plus bas depuis 5 mois) et des entreprises en France - pour assister à une nouvelle marque d'effritement de la confiance des acteurs de marché à l'égard de l'euro. Avant cela, la devise européenne s'était montrée impassible et insensible à la multiplication de restrictions sanitaires en Europe pour faire face à la seconde vague de contamination qui déferle sur la région. Porté par les anticipations d'un accord sur la relance aux Etats-Unis puis le redémarrage des négociations sur le Brexit, l'euro avait enchaîné avant jeudi quatre séances consécutives de hausse face au dollar pour un gain cumulé de +1,3%. Remonté à un pic d'un mois aux portes de 1,19 $ mercredi, la devise européenne s'est rétractée hier en direction du seuil de 1,18 $. Ce repli semble se prolonger ce vendredi matin où l'on voit la paire EUR/USD être toujours sur la défensive et tester la barrière de 1,18 $. Les pressions baissières pourraient s'accélérer dans la matinée à l'occasion de la publication des premiers résultats des enquêtes d'activité PMI du mois d'octobre en Allemagne, en France et en Zone Euro (10h00). Si comme il l'est craint, on observe un nouveau faux pas de l'économie européenne et un coup d'arrêt de l'activité portant le sceau du coronavirus alors les pressions vendeuses sur les actifs européens - et en premier lieu l'euro - pourraient s'intensifier. Nous pourrions alors voir l'EUR/USD redescendre vers le seuil de 1,17 $ qui fait office de support sur le taux de change en ce mois d'octobre. Le taux EUR/JPY, qui enchaîne actuellement sa 3ième séance consécutive de baisse, pourrait être heurté par de mauvais résultats économiques en Europe et être amené à tester le seuil de 123 ¥ qu'il n'a pour le moment jamais réussi à casser ce mois-ci. On jettera un coup dœil à la paire EUR/CHF qui en cas de repli de l'euro pourrait être amenée à de nouveau tenter l'aventure sous le seuil de 1,07 ₣ après une première tentative en 3 mois observée la semaine dernière.

CZK

Europe (bis) : Une montée des restrictions en Europe qui sape le moral à l'Est (CZK, HUF, PLN) - Comme évoqué dans la note de marché de la veille, les restrictions sanitaires ne touchent pas uniquement les pays d'Europe occidentale mais aussi désormais ceux des pays voisins situés à l'Est. La République Tchèque va reconfiner partiellement le pays jusqu'au 3 novembre au soir, la Pologne réfléchit quant à elle à de nouvelles mesures restrictives après avoir enregistré cette semaine de nouveaux records en termes de contaminations avec plus de 12k recensés en une journée. En Hongrie, le gouvernement est également en phase de réflexion quant au tour de vis à mettre pour endiguer la progression de la pandémie. Alors que les économies de l'ex-bloc soviétique sont déjà fragilisées par les craintes d'inflexion de la demande en provenance des pays voisins de l'Ouest qui se referment progressivement face à l'arrivée de la seconde vague du virus, elles risquent également d'être pénalisées par un ralentissement de l'activité domestique. Cela fait craindre de nouvelles pertes économiques pour la région mais aussi une possible reprise plus heurtée que prévu. Face à ce spectre, les banques centrales de ces pays pourraient réfléchir à de nouvelles actions accommodantes pour soutenir l'activité et stimuler la croissance. Cela a bien sûr un coût qui est aujourd'hui porté par les devises qui enregistrent à nouveau d'importantes pertes. Le zloty enregistre actuellement un repli de près de -3% en deux semaines face à l'euro et teste ses plus bas niveaux depuis avril. La paire de change EUR/PLN bute depuis le début de la semaine sur la barrière de 4,59 PLN qui pour le moment refuse de céder. Le forint hongrois oscille actuellement à proximité de ses plus bas niveaux de l'année - et par ailleurs ses plus bas niveaux historiques - et s'échange à plus de 364 HUF face à l'euro. Il existe un véritable seuil de résistance localisé à 366 HUF qui a été effleuré à plusieurs reprises par la paire EUR/HUF cette semaine sans qu'elle ne parvienne à le franchir. La couronne tchèque est moins pénalisée que ses consœurs cette semaine mais reste néanmoins à proximité de ses plus bas niveaux depuis 5 mois face à l'euro. Le taux EUR/CZK s'échange actuellement à plus de 27,2 CZK, soit à moins de 1% de son pic depuis mai localisé au niveau de 27,45 CZK.

ZAR

Emergents : Un rebond de la bourse américaine égaye les devises émergentes (ZAR, KRW) - Les jours se suivent et un accord sur un nouveau plan de relance américain se fait toujours attendre. Néanmoins, la seule évocation de progrès dans les pourparlers suffit pour le moment à nourrir les spéculations et espoir d'une issue positive sur ce volet. Surfant sur cet optimisme mais aussi sur les bons résultats trimestriels des entreprises américaines (plus de 80% de bénéfices supérieurs aux attentes sur les 20% d'entreprises qui ont à ce jour publié leur bilan), Wall Street a terminé en hausse, tout comme les prix du pétrole d'ailleurs qui ont rebondi de +1,5% aux Etats-Unis. Ce regain d'appétit au risque des acteurs financiers a dopé la demande en devises émergentes, surtout celles de pays qui sont moins impactés par la pandémie. C'est le cas de l'Afrique du Sud qui connaît depuis le mois d'août un très net recul du virus à l'intérieur du pays, ou encore de pays asiatiques comme la Corée du Sud qui à ce jour échappe à la deuxième vague. Le rand sud-africain a ainsi bondi jeudi à un pic d'un mois face à l'euro à presque 19,1 ZAR et n'est plus à quelques encablures du seuil de 19,0 ZAR que la devise n'a plus réussi à casser depuis maintenant 3 mois. Le won coréen enchaîne ce matin une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro et touche un pic de 5 mois à moins de 1340 KRW. Le renforcement des spéculations ou encore l'annonce officielle d'un accord sur un nouveau plan de soutien aux Etats-Unis, ou bien des développements positifs sur le volet de la course au vaccin pourraient intensifier les mouvements haussiers sur ces devises émergentes.

TRY

Turquie : Pas de hausse de taux comme prévu, la livre turque en fait les frais (TRY) - Alors que le consensus tablait sur une seconde hausse de taux consécutive en Turquie ce jeudi, la banque centrale a surpris tout le monde en optant pour un statu quo sur ses taux. Les marchés espéraient un geste fort de la banque pour infléchir la dépréciation significative de la devise turque qui bat jour après jour des plus bas historiques, or il n'est pas venu. Conséquence directe de ce choix, la livre turque a cédé plus de 1% face à l'euro et touché un nouveau point bas historique à 9,44 TRY. Depuis le début de l'année, la devise a perdu environ 40% de sa valeur face à l'euro et environ un tiers face au dollar américain.


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