Actualités du marché des devises

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oct. 20, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro connaît une éclaircie sur fond d'espoir sur la relance américaine, le dollar australien perd pied après les Minutes de la RBA

C'est un début de séance dans la continuité de la journée de la veille qui s'observe ce matin, où l'euro poursuit sa remontée sur fond d'optimisme autour d'une possible issue positive sur dans les négociations sur un nouveau plan de relance aux Etats-Unis et où le dollar australien subit d'importantes secousses après la publication des Minutes de la RBA.   Les marchés s'accrochent à l'espoir que dans la dernière ligne droite - échéance fixée à ce soir - démocrates et républicains parviendront à s'entendre sur une proposition commune de plan de relance pour soutenir l'économie américaine. Dans le contexte morose actuel très largement dominé par le retour de la pandémie en Europe et aux Etats-Unis, cette perspective constitue une bulle d'air pour les marchés et favorise les prises de risques, et par ailleurs une hausse de la demande en euro au détriment du dollar ou du yen. Le dollar australien est en mauvaise posture et chute ce matin à un creux de 5 mois à plus de 1,67 A$ face à l'euro après la publication ce matin d'un rapport de la banque centrale australienne ouvrant clairement la porte à une baisse de taux en novembre.

Agenda du jour : Le plan de relance et le Brexit toujours sous surveillance en l'absence de données majeures - Le calendrier économique ce mardi sera très réduit et se résumera à quelques indicateurs immobilier aux Etats-Unis (permis de construire et mises en chantier à 14h30). On aura un oeil sur la réunion monétaire en Hongrie (14h00) ainsi que sur les déclarations de plusieurs membres éminents de la réserve fédérale américaine à partir de la fin d'après-midi. Mais globalement, l'attention des investisseurs reste focalisée sur les deux sujets qui occultent une actualité toujours très largement dominée par la pandémie, à savoir les avancées des négociations sur le Brexit et sur le plan de relance américain. Sur ce dernier volet, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a fixé une échéance à ce soir, aussi il ne serait pas surprenant de voir la volatilité s'emballée en fin de journée et en début de matinée mercredi. Aussi bien, si le résultat est positif que négatif.

USD

Etats-Unis : Les marchés s'accrochent à l'espoir d'un accord sur un nouveau plan de relance  (USD) - Un appel de moins d'une heure entre le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et la représentante démocrate Nancy Pelosi et une communication floue indiquant que les deux parties travaillaient à combler leurs différences auront suffi hier à maintenir en vie l'espoir autour de la conclusion d'un nouveau plan de relance aux Etats-Unis avant le scrutin du 3 novembre. Le dollar, que l'on avait vu la semaine dernière bénéficier d'un nouvel afflux de demande de la part d'investisseurs inquiets à l'égard de la dégradation du contexte sanitaire en Europe, s'est contracté et l'EUR/USD file à nouveau en direction du seuil de 1,18 $. Le yen a lui aussi perdu de son "aura" et cédé près de -0,5% face à l'euro lors de la première séance de la semaine. Il reste sur la défensive ce mardi matin pour s'échanger à plus de 124 ¥. Cette éclaircie pourrait n'être qu'éphémère car en l'absence d'accord d'ici ce soir - échéance fixée par Nancy Pelosi le weekend dernier - il se pourrait alors que le projet de nouvelles mesures de soutien à l'économie soit reporté à après les élections, voire après l'investiture du président le 20 janvier prochain. Même en cas d'accord trouvé ce soir, il n'est pas certain que le Sénat, dont la représentation est majoritairement républicaine, approuve un plan qui pourrait avoisiner les 2 Trn$. En effet, des voix discordantes s'élèvent depuis plusieurs semaines au sein du parti républicain qui appellent à contrôler les dépenses afin de ne pas alourdir de manière démesurée le niveau d'endettement du pays qui dépassera cette année la taille de l'économie (projection de 102% du PIB sur l'année fiscale 2020) et qui n'avait pas été aussi élevé depuis 1946. Le Sénat a proposé en parallèle son propre plan de soutien de 500 Mds$, lequel fera l'objet d'un vote au Congrès cette semaine. Néanmoins, les rivalités bipartites devraient avoir raison de ce projet de loi et il est fort probable que la Chambre des représentants dominée par les démocrates le rejettent. La perspective d'un alignement des planètes et des positions entre les deux grandes familles politiques à deux semaines des élections apparaît compliquée, néanmoins tant que la cloche venant annoncer la fin de la partie n'a pas sonné, les marchés continuent d'y croire. Ou du moins, ils s'autopersuadent que les autorités politiques et monétaires n'ont pas d'autres choix que de prendre la mesure de la situation sanitaire actuellement très dégradée et donc de faire des choix audacieux. Cependant entre la théorie et la pratique, il n'est pas rare d'assister à des décalages parfois.

GBP

Royaume-Uni : Les britanniques réclament davantage de concessions (GBP) - Les britanniques jouent avec les nerfs des européens et entretiennent de ce fait le risque d'une possible rupture des négociations commerciales. Alors que le négociateur en chef européen, Michel Barnier, a fait part à son homologue David Frost de sa volonté d'intensifier les discussions et de commencer à travailler sur un projet d'accord, le premier ministre britannique a fait savoir que ces déclarations d'intention n'étaient pas suffisantes et qu'il attendait davantage de concessions de la part de ses partenaires pour reprendre les négociations. La porte n'est pas fermée mais elle se referme tout de même un peu. À moins de trois mois de la fin de la période de transition, le temps est compté et les deux camps ne peuvent plus se permettre de perdre du temps dans des bras de fer psychologiques. Pour le moment, les marchés des changes restent très calmes et ne paniquent pas face aux obstacles qui s'accumulent. Néanmoins, la livre sterling voit surgir de nouvelles pressions baissières et se rétracte vers le seuil de 0,91 £ face à l'euro. Il existe depuis plus de 3 semaines, une barrière haute localisée à 0,9160 £ que la paire EUR/GBP ne parvient pas à franchir. Si elle venait à passer cette barrière cela pourrait constituer un signal vendeur sur la livre et engendrer des secousses plus importantes. Les investisseurs sont pour le moment dans l'attente et restent très attentifs au moindre développement décisif, aussi bien positif que négatif.  

NOK

Pétrole : Les cours du brut ne reçoivent pas de soutien de l'OPEP (CAD, NOK, RUB) - Pas de surprises et surtout pas d'annonces majeures à l'issue de la réunion organisée virtuellement entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés. Alors que le groupe réfléchissait ces dernières semaines à l'idée de procéder à de nouvelles coupes plus draconiennes des quotas journaliers de production de brut en raison du regain de vigueur de la pandémie en Europe et aux Etats-Unis sur ce début d'automne, il a finalement décidé de ne finalement pas ajuster sa politique établie en avril dernier. Par ailleurs, le groupe n'est pas revenu sur son projet de réhausser le niveau de production à partir de janvier prochain comme il l'était initialement prévu. La réduction des quotas de production fixée à 7,7 Mln de barils/jour devrait conc être ramenée à 5,8 Mln en début d'année prochaine même si certaines sources proches de l'organisation révélaient hier que cela pouvait encore changer si jamais la situation sanitaire se dégrade. L'absence de nouvelles mesures de la part de l'OPEP alors que l'introduction de nouvelles restrictions sanitaires ces derniers jours en Europe fait craindre de nouvelles tensions sur la demande en pétrole, ainsi que les chiffres (un peu) décevants de la croissance chinoise au troisième trimestre ont fait plier les cours du pétrole lundi et les maintiennent sous pression ce matin. L'indice européen Brent recule à 42 $ tandis que l'indice américain WTI retombe sous les 41 $. Les devises sensibles aux pétroles ont connu quelques secousses comme le dollar canadien qui a cédé -0,5% lundi face à l'euro pour retomber à un creux d'une semaine à plus de 1,55 C$. Le peso mexicain a cédé -0,8% et revient se positionner à hauteur du seuil de 25,0 MXN face à l'euro. Sur la défensive depuis plusieurs semaines en raison de la dégradation de la situation sanitaire, la couronne norvégienne a profité du regain d'enthousiasme des acteurs de marché autour d'un possible plan de relance aux Etats-Unis pour se reprendre légèrement. Les pressions baissières sur les prix du pétrole ont néanmoins empêché la couronne de s'écarter du seuil de NOK 11,0 sur lequel la devise est retombée en fin de semaine dernière. Le rouble a profité de l'annonce le weekend dernier d'un cessez-le-feu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour rebondir très modestement face à l'euro, la devise russe s'échangeant néanmoins toujours à plus de 91,0 RUB non loin de ses plus bas de l'année (93,3 RUB).


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