Actualités du marché des devises

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oct. 19, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un vent d'optimisme sur le Brexit et le plan de relance américain  souffle sur les marchés des changes

Un léger vent d'optimisme souffle sur les marchés des changes porté par les déclarations du weekend qui maintiennent en vie l'espoir d'une issue favorable dans les négociations sur le Brexit et sur le plan de relance américain. Les bons indicateurs économiques en Chine, malgré une petite déception au niveau du PIB, confortent ce sentiment. L'euro en profite pour se redresser légèrement face aux devises dites refuges contre lesquelles il a subi d'importantes pertes la semaine dernière (-0,9% vs. USD à 1,17 $ et -1,2% vs. JPY à 123 ¥) et à l'inverse cède du terrain face aux devises cycliques contre lesquels il a récemment enregistré d'importants gains. C'est le cas du dollar australien (1,65 A$) et de la couronne norvégienne (10,95 NOK) qui tous les deux rebondissent ce lundi matin. On observe pas mal d'agitation au niveau de la livre sterling (0,90 £) qui reste toujours orienté à la hausse face à l'euro malgré les inquiétudes importantes qui dominent autour de l'issue finale des négociations bilatérales entre Londres et Bruxelles. Ce lundi, la publication de plusieurs rapports évoquant un possible ajustement du texte de loi britannique sur le marché intérieur, pomme de la discorde entre les deux camps, entretient l'espoir qu'un accord est toujours envisageable.

Agenda du jour : Petite déception des chiffres de croissance en Chine sans conséquence pour le yuan, réunion de l'OPEP et poursuite des négociations à Londres sur le Brexit - Ce matin, les marchés ont assisté à la publication de chiffres de croissance en Chine au 3ième trimestre légèrement inférieures aux attentes du consensus (4,9 % A/A vs. 5,2%). Ce rebond plus modeste n'est pas préoccupant car il relève d'importations plus importantes que prévu, un signe plutôt positif qui souligne une hausse de la demande inférieure. Les bons chiffres de vente au détail et de production industrielle au mois de septembre confirment en effet la thèse d'une croissance continue et soutenue de l'économie chinoise qui, sauf retour d'une seconde vague de contamination sur la fin d'année, devrait très probablement enregistrer de la croissance en 2020. En effet, grâce à un solide T2 et T3 la Chine a déjà réussi à effacer les pertes subies en raison de la pandémie (croissance de +0,7% sur 2020 à la fin du T3). Le yuan est stable ce matin, à proximité d'un pic depuis 4 mois face à l'euro (7,85 ¥) et depuis avril 2019 face au dollar (6,69 ¥). Les marchés seront attentifs ce lundi aux cours du pétrole en marge d'une réunion technique des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. L'attention reste également focalisée sur Londres et les derniers développements sur le Brexit alors qu'une équipe de négociateurs européens se rendra dès lundi dans la capitale britannique pour poursuivre les négociations commerciales, lesquelles sont apparues au bord de la rupture la semaine dernière.

GBP

Royaume-Uni : Une concession britannique porteuse d'espoir ? (GBP) - On avait clôturé la semaine dernière avec pas mal d'incertitudes concernant le sort des négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, lesquelles apparaissaient au bord de la rupture en l'absence d'accord, du moins de signaux suggérant qu'on en approche, entre les deux camps avant l'échéance du 15 octobre fixée par le premier ministre britannique, Boris Johnson. De manière assez surprenante, les investisseurs ont peu réagi aux menaces formulées de part et d'autre d'un possible échec et d'un divorce brutal, ces derniers semblant désormais rodés à ce genre de passes d'arme, lesquelles apparaissent davantage être une posture stratégique plutôt qu'une option réellement envisagée. Le fait que Johnson n'ait pas mis sa menace à exécution de quitter la table des négociations malgré l'absence de progrès tangibles dans les discussions bilatérales sur le Brexit et qu'il laisse sa porte ouverte aux européens à de nouvelles propositions nourrit l'espoir qu'un accord est encore envisageable. Ce sentiment est d'autant plus renforcé ce matin que plusieurs rapports publiés ce lundi matin évoquent une possible concession de la part du gouvernement britannique - sous la pression du Parlement - à retirer ou au moins modifier les clauses du projet de loi sur le marché intérieur autorisant aux autorités britanniques à ne pas respecter les engagements pris dans l'accord de sortie signé avec l'Union Européenne en janvier dernier concernant la réglementation douanière en Irlande. Véritable pomme de la discorde et cible d'une action en justice de Bruxelles en tant que violation des droits internationaux, ce projet de loi a vivement participé à tendre les relations entre les deux camps depuis septembre. Un rétropédalage de Londres sur ce sujet constituerait une branche d'olivier destinée à apaiser les relations et prouver sa bonne volonté à trouver un terrain d'entente avec son partenaire économique historique. C'est du moins l'interprétation optimiste qu'en fait les marchés d'où le rebond significatif (+0,5%) de la livre sterling ce lundi matin face à l'euro, la devise britannique restant orientée à la hausse et positionnée pour un mouvement de revalorisation plus important qui ne demande qu'à être déclenché en cas de développements positifs sur le Brexit. On suivra cette semaine la poursuite des pourparlers à l'occasion de la venue à Londres des négociateurs européens, ainsi que les débats à la Chambre des Lords sur le texte de loi sur le marché intérieur britannique. Un support majeur à 0,90 £ tient depuis près de 6 semaines sur le taux EUR/GBP et freine pour le moment l'ascension de la livre sterling. Cette barrière pourrait céder au moindre signal suggérant des avancées majeures sur le volet du Brexit. En cas de rebond de la livre sterling, la dynamique pourrait se révéler modeste - du moins dans un premier temps - en raison des risques sanitaires et économiques qui pèsent autour du Royaume-Uni. Très vivement impactée par la pandémie, l'économie britannique pourrait subir une contraction de presque -10% cette année d'après les dernières estimations du Fonds Monétaire International (FMI) publiées la semaine dernière. La reprise pourrait se révéler contrariée par l'arrivée d'une seconde vague de contamination qui oblige les autorités publiques à mettre en place des restrictions très strictes dans le pays et des mesures de reconfinement local comme c'est actuellement le cas dans la région de Liverpool. L'agence de notation Moody's a décidé la semaine dernière de dégrader la note du Royaume-Uni d'un cran de Aa2 à Aa3 en raison de la dégradation de la situation financière du pays en marge de la pandémie et des incertitudes que fait peser le Brexit sachant qu'aucun accord avec l'UE n'est encore signé à moins de 3 mois de la fin de la période de transition.

USD

Etats-Unis : Dernier débat présidentiel, mais aussi derniers pourparlers sur le plan de relance d'ici l'élection ? (USD, JPY) - Aux Etats-Unis, l'actualité reste globalement rythmée par la course à la Maison Blanche mais aussi les négociations bipartites entre le Congrès et le Trésor américain concernant l'adoption d'un nouveau plan de relance. Les marchés financiers ont été ces dernières semaines très sensibles à cet aspect, oscillant entre espoir et déception au gré des différents développements sur ce volet. Alors que pour l'heure des divergences persistent entre démocrates et républicains concernant le montant total de cette nouvelle aide, la représentante pour le camp démocrate, Nancy Pelosi, a donné au gouvernement jusqu'à mardi soir pour trouver un terrain d'entente sinon quoi il faudra attendre après le scrutin du 3 novembre pour envisager de nouveaux pourparlers. Si le président américain Donald Trump semble disposé à réhausser la dernière proposition de soutien de 1,8 Trn$ faite par le Trésor pour se rapprocher de la proposition de 2,2 Trn$ sur laquelle les démocrates semblent inflexibles, le locataire de la Maison Blanche se heurte à une opposition au sein de sa propre famille politique. Le président républicain du Sénat, Mitch McConnell préconise une aide plus réduite et ciblé et a indiqué qu'il soumettra au vote cette semaine un plan d'aide de l'ordre de 500 Mds$ au sein de la Chambre haute du Congrès.  L'absence de compromis d'ici mardi pourrait heurter un peu plus la confiance des acteurs de marché, laquelle est déjà érodée par la nouvelle hausse des cas de contamination observée en Europe et aux Etats-Unis a multiplication des restrictions sanitaires qui en découle. Dans ce climat, le dollar et le yen sont à nouveau sollicités par les investisseurs au détriment de l'euro, même si la devise européenne affiche depuis plusieurs semaines une certaine résilience. Orientées à la baisse depuis le début du mois, les deux paires de changes EUR/USD et EUR/JPY minimisent leur perte respective en raison de l'existence de support important, à 1,17 $ pour le premier et 123 ¥ pour le second. Un accord de dernière minute trouvé sur un plan de relance aux Etats-Unis pourrait inverser cette tendance. En ce qui concerne l'élection présidentielle américaine, malgré une légère réduction de l'écart entre les deux prétendants la semaine dernière, il reste toujours très important et à la faveur du candidat démocrate Joe Biden.  Il ne reste plus qu'une confrontation directe à Donald Trump pour tenter d'inverser la tendance à son profit et refaire son retard. Ce dernier débat aura lieu dans la nuit de jeudi à vendredi à Nashville, dans le Tennessee.

EUR

Zone Euro : Une reprise heurtée en raison du retour de la pandémie ? (EUR) - L'évènement majeur de la semaine en Zone Euro sera la publication vendredi des premiers résultats des enquêtes d'activité du mois d'octobre, indicateurs à l'aune desquels sont mesurés la dynamique économique dans le secteur manufacturier et des services. Après un fort redémarrage observé à partir de mai, le rebond de l'économie européenne a montré des signes inquiétants d'essoufflement depuis la fin de l'été. Le fort regain de vigueur de la pandémie en Europe depuis août et l'impact qu'elle a sur le moral des consommateurs et entreprises ne sont probablement pas étrangers à cela. Les nouvelles restrictions annoncées la semaine dernière dans plusieurs pays européens ne devraient pas améliorer la situation, au contraire on peut craindre qu'elles mettent un coup de frein important à la dynamique de reprise et dans le pire des cas effacer les progrès réalisés au printemps. Le risque d'affaissement de la reprise en Europe, c'est désormais la menace qui plane au-dessus de l'Europe et qui germe peu à peu dans l'esprit des acteurs de marché, même si cela ne se matérialise pas concrètement sur l'euro qui limite les pertes face à ses principaux pairs et qui à l'inverse se renforce vivement ces dernières semaines face aux devises cycliques comme le dollar australien (1,65 A$) et la couronne norvégienne (10,95 NOK) ou encore des devises émergentes comme celles des pays d'Europe de l'Est comme le zloty polonais (4,55 PLN) ou encore le forint hongrois (365 HUF). Si l'économie européenne confirme sur cette fin de semaine les craintes formulées à son égard, l'euro pourrait subir quelques secousses défavorables. Le cas échéant, cela pourrait être l'occasion de voir la paire EUR/CHF tenter de casser à nouveau le seuil de 1,07 ₣ (support depuis 3 mois) comme on a pu l'observer la semaine dernière.


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