Actualités du marché des devises

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oct. 15, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une confiance sapée par les restrictions sanitaires en Europe et les peurs liées au Brexit

  • Dans un contexte de hausse des risques sanitaires en Europe et multiplication en retour des mesures de restriction dans la région, l'euro fait grise mine et continue de céder du terrain face aux devises refuges (dollar, franc & yen). La livre sterling est très stable ce matin au-dessus du seuil de 0,90 £ en amont du lancement ce jeudi du Conseil de l'Union Européenne qui pourrait marquer un nouveau tournant dans les négociations sur le Brexit. Si Boris Johnson laisse planer la menace d'une sortie des négociation si un accord n'est pas en bonne voie, les échos entendus ces dernières heures semblent pencher pour l'option d'un prolongement de deux semaines des négociations. Le dollar australien est en net repli ce matin (-0,8% à 1,65 A$)  après la publication des chiffres de l'emploi de septembre, lesquels montrent une contraction des emplois (-30k) et une hausse du chômage de 6,8% à 6,9%. Les devises d'Europe de l'Est sont également en difficulté et prolongent le repli amorcé en début de semaine sous couvert de craintes que les restrictions imposés par les voisins européens de l'Ouest impactent la reprise économique dans la région. Le zloty polonais paraît la plus sensible à cet aspect et enchaîne actuellement une 3ième séance consécutive de recul face à l'euro pour une perte totale qui avoisine ce matin les -2%, le taux EUR/PLN remontant à un pic de 2 semaines à plus de 4,53 PLN. La contraction des bourses asiatiques ce matin nourrit un sentiment d'aversion au risque qui se répercute sur l'ensemble des marchés des changes, les devises cycliques et émergentes étant globalement sur la défensive face à l'euro. Il faut dire qu'il y a peu de catalyseurs positifs auxquels s'accrocher (probabilité réduite de nouveau plan de relance aux Etats-Unis d'ici les élections) et au contraire une multitude de vents contraires qui s'exercent.
  • Agenda du jour : Sommet européen et double entretien inédit aux Etats-Unis  - Alors que l'espoir d'un accord sur un plan de relance aux Etats-Unis apparaît désormais très peu probable dans les prochains jours, l'attention se focalisera essentiellement sur le Sommet européen qui débutera ce jeudi à Bruxelles qui pourrait marquer un nouvel épisode marquant sur le volet du Brexit. L'autre moment marquant de la séance de jeudi sera le double entretien inédit sur deux chaines de télévision différentes des deux favoris à l'élection présidentielle américaine. Le débat télévisé initialement programmé entre les deux candidats ayant été annulé en raison des risques sanitaires, ce sera donc un duel à distance qui se tiendra avec une séance de questions/réponses auprès d'électeurs depuis la Floride pour le président américain et depuis la Pennsylvanie pour son rival démocrate. Au niveau des publications macroéconomiques, on reste attentif comme chaque jeudi aux inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis, ainsi que cette semaine à l'enquête d'activité de la Fed de Philadelphie (14h30 pour les deux statistiques).
  • Royaume-Uni : Report ou rupture des négociations ? (GBP) - Il s'est dit très déçu du peu de progrès observé dans les négociations commerciales mais reste néanmoins convaincu qu'un accord est encore possible. C'est en substance les propos tenus hier par le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors de son entretien téléphonique avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui faisait office d'état des lieux des positions de chaque partie avant le lancement ce jeudi du Conseil de l'Union Européenne, évènement qui réunira les 27 dirigeants des pays membres. Les bruits de couloirs entendus font part d'une probable annonce aujourd'hui ou demain de prolongement des négociations jusqu'à la fin du mois pour tenter d'arracher un accord dans les dernières minutes. Cependant rien n'est moins sûr puisque le chef de l'Etat britannique fait planer depuis des semaines la menace d'un retrait des négociations au cas où il ne serait pas convaincu à l'issue du Sommet européen qu'un terrain d'entente est envisageable. Paris refuse de croire à cet agenda et semble certain qu'il s'agit là encore d'un bluff de la part des britanniques qui tentent de faire pression sur l'Union Européenne pour infléchir sa position sur les points d'achoppement principaux, à savoir la pêche et les aides publiques. À cet égard, on apprend ce matin que l'Allemagne a fait pression sur son voisin français pour faire des concessions concernant la pêche et d'accepter le principe de quota proposé par Londres. La France qui réalise 25% de sa collecte de pêche dans les eaux territoriales britanniques ne semble pas pour le moment décidée à céder sur ce point. Quitte à provoquer un point de rupture définitif ? On suivra avec attention les échanges et les décisions prises aujourd'hui en marge du Sommet européen qui se tiendra jusqu'à vendredi à Bruxelles. Il est évident qu'une extension des discussions de deux semaines apporterait un peu de répit aux acheteurs de livre sterling et alimenterait à nouveau l'espoir d'une issue positive sur ce volet, alors qu'à l'inverse le prononcement dès cette semaine d'un divorce brutal sans compensation entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne sonnerait à nouveau la charge d'un retour des vendeurs sur les marchés des changes. Les investisseurs soufflent le chaud et le froid sur la livre sterling, ces derniers ne sachant pas réellement sur quel pied danser au sujet des négociations commerciales sur le Brexit. Oscillant entre craintes et espoir, la livre sterling fait littéralement le yo-yo face à l'euro depuis le début de la semaine entre les seuils de 0,90 £ et 0,91 £. On pourrait voir la volatilité s'intensifier sur cette fin de semaine, à moins que les cambistes conservent une approche attentiste et repoussent leur décision à la fin du mois en fonction des développements sur ce volet.
  • Europe : Des airs de reconfinement face à la seconde vague (EUR, PLN , HUF) - Les nouvelles restrictions sanitaires se multiplient en Europe ces derniers jours alors que l'on assiste à une progression toujours très inquiétante du coronavirus dans la région et de nouveaux records de contamination dans certains pays déjà très largement touchés par la pandémie cet hiver comme l'Italie qui a recensé mercredi 7332 nouveaux cas (Vs. pic de 6551 cas recensé le 21 mars).  Après l'Allemagne et la Belgique, c'est au tour de la France d'introduire un couvre-feu pendant une période de 4 semaines à compter de samedi soir pour tenter d'endiguer la seconde vague de contamination qui sévit actuellement en Europe. Au sein de la capitale britannique, de nouvelles restrictions sanitaires devraient également être très rapidement annoncées d'après un membre proche du maire de Londres Sadiq Khan. Si certains pays comme la France refuse de parler de reconfinement, ce n'est pas le cas de l'Allemagne où le ministre de la Bavière, Markus Soëder, met en garde que le pays n'est pas loin d'un second confinement. Comme on peut déjà l'observer à travers les indices économiques à haute fréquence, ces nouvelles restrictions risquent de porter un large coup d'arrêt à l'économie européenne qui devrait subir cette année une contraction de -9,8% d'après les dernières estimations publiées mardi par le Fonds Monétaire International (FMI). Face au cumul de risques sanitaires et économiques, l'euro glisse doucement face au yen et au franc suisse, bien que face à ce dernier les mouvements restent pour le moment encore très modestes. Le taux EUR/JPY, que l'on avait vu en fin de semaine dernière remonter à un pic de 3 semaines, connaît une semaine difficile qui se matérialise par un repli de -1,1%. Après avoir flirté avec le seuil de 125 ¥, le taux de change oscille désormais à son plus bas niveau depuis 7 séances à hauteur de 123,50 ¥. Le taux EUR/CHF bute quant à lui sur la barrière de 1,0720 ₣ qui fait office de support contenant les mouvements baissiers depuis le mois de juin dernier. De manière plutôt étonnante, l'euro tient tête au dollar et limite les pertes face à la devise américaine pour se maintenir au-dessus du seuil de 1,17 $. Il faut croire que les incertitudes en amont des élections américaines de novembre gèlent les positions et empêchent pour le moment l'EUR/USD de décrocher significativement. Il faudra rester vigilant sur le maintien d'un tel niveau de résilience de la part de la devise européenne une fois les élections américaines passées. Si l'euro affiche une grise mine, c'est aussi le cas des devises d'Europe de l'Est qui font office de dommages collatéraux de la dégradation actuelle de la situation sanitaire en Europe occidentale. Ces devises voient un risque d'effet domino néfaste de cette seconde vague de contamination sur la reprise des économies de l'Est dont le modèle économique est tourné vers l'extérieur et très dépendant de la demande des voisins européens à l'Ouest. Ainsi le zloty polonais et le forint hongrois ont cédé -0,5% face à l'euro mercredi, Cette dynamique baissière se prolonge ce matin et l'on voit le taux EUR/PLN remonter à un pic de 2 semaines à 4,53 PLN tandis que le taux EUR/HUF se rapproche à grand pas de ses plus hauts historiques touchés cette année (369,5 HUF touché en avril) et s'échange ce matin à presque 364 HUF.
  • Chine : Qui peut stopper le yuan ? (CNY) - Aperçu la semaine dernière à un pic depuis un an et demi face au dollar américain à 6,70 ¥, le yuan a cette fois franchi un seuil psychologique important face à l'euro. Le taux EUR/CNH a en effet cassé hier le seuil de 7,90 ¥ au-dessus duquel il oscillait de manière continue depuis 4 mois et demi. Les bons fondamentaux économiques publiés en Chine cette semaine - fort rebond des exportations de près de 10% en septembre & réévaluation à la hausse des projections du FMI de rebond de la croissance chinoise de +1,9% et +8,2% en 2020 et 2021 - portent la devise, au même titre que les annonces faites hier par le président chinois qui veut faire de Shenzhen un nouveau hub technologique en Asie capable de concurrencer Hong Kong. Il y a une petite ombre au tableau qui pourrait à nouveau freiner l'ascension de la devise chinoise, il s'agit des rumeurs de sanctions américaines à l'encontre de l'entreprise chinoise Ant Group qui pourrait être mise sur la liste noire des fournisseurs avec lesquels les firmes américaines ne peuvent pas commercer. Si l'information n'a pas été confirmée par les autorités américaines, on voit là un levier déjà utilisé par la Maison Blanche dans le passé pour tenter de contenir la montée en puissance des entreprises chinoises dans le secteur de la Technologie. La plateforme de paiement chinoise se prépare notamment à faire une double introduction en bourse à Shanghai et Hong Kong dont le montant pourrait atteindre un record historique (30-35 Mds$).

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