Actualités du marché des devises

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oct. 14, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Multiplication des restrictions en Europe & retour du spectre d'un divorce brutal entre le Royaume-Uni et l'UE

  • À mesure que la situation sanitaire se dégrade en Europe et que l'on voit les dirigeants monter au créneau et multiplier les mesures de restriction pour tenter de contrer l'avancée du virus, les sources d'optimisme sur la reprise se tarissent et n'offrent pas de point de contrebalancement face aux craintes globales.   La balance penche clairement dans un sens, celui des peurs et des incertitudes. Alors que l'on voit la probabilité d'assister au vote d'un nouveau plan de relance aux Etats-Unis d'ici le scrutin présidentiel de novembre se réduire de jour en jours, on assiste parallèlement à cela au retour ce matin du spectre d'un échec des négociations entre britanniques et européens qui officierait un divorce brutal sans accord économique entre les deux partenaires. À moins de 48 heures de l'échéance finale fixée par Boris Johnson, les positions semblent figées et laissent difficilement imaginer un compromis possible en si peu de temps. Les marchés craignent de voir Boris Johnson mettre sa menace à exécution et se retirer des négociations, d'où le retour de pressions baissières sur la livre sterling (0,91 %) ce mercredi. Dans cet environnement où l'aversion au risque prédomine, spécifiquement en Europe, l'euro est mal en point (1,17 $) et montre de nouveaux signes de vulnérabilité. Après une pause lundi, le yuan a clairement repris son ascension et regagne du terrain face à l'euro (7,90 ¥). La montée des risques sanitaires en Europe pénalise l'euro mais également les devises des économies d'Europe de l'Est dont la croissance est très fortement dépendante de la demande en provenance des pays européens voisins de l'ouest. Le forint hongrois (363 HUF) et la couronne tchèque (27,4 CZK) approchent tous les deux leur plus bas niveau de l'année face à l'euro.
  • Agenda du jour : Discussions de haut rang sur le Brexit, indices PPI aux Etats-Unis et interventions des banquiers centraux américains et européens  - Ce mercredi, en cette veille d'ouverture d'un Sommet européen à Bruxelles, l'attention se focalise principalement sur le sort des négociations post-Brexit qui pourraient être rompues si un accord entre britanniques et européens apparaît trop difficile à réaliser. Les marchés seront ainsi attentifs aux échos en marge de l'entretien programmé aujourd'hui entre le premier ministre Boris Johnson et la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen. En Europe, les marchés continuent de suivre, non sans une certaine appréhension, les différentes annonces de restriction sanitaire qui se succèdent pour tenter de contrer la seconde vague de contamination qui se confirme dans la région. Aux Etats-Unis, on croit de moins en moins à la perspective d'un accord sur un nouveau plan de relance, aussi l'attention se déplace peu à peu sur la campagne électorale qui bat son plein mais aussi les résultats trimestriels des entreprises américaines qui mettent en lumière leur état de santé et leur approche face aux perspectives à venir. La publication des indices PPI sont à suivre et donnent quelques indices sur le niveau d'activité des entreprises américaines le mois dernier. On aura plusieurs interventions de responsables monétaires de la Banque Centrale Européenne, dont Christine Lagarde (10h00) et le chef économiste Philp Lane (14h00), et de la Réserve fédérale américaine, dont le vice-président Richard Clarida (15h00), au programme ce mercredi. Il sera intéressant d'observer leur communication face à la montée des vents contraires à laquelle l'économie mondiale fait face. Si les banques centrales poussent très vivement à davantage de soutien de la part des gouvernements, elles pourraient néanmoins elles-aussi participer à l'effort collectif et adopter de nouvelles mesures accommodantes dans les mois à venir.

USD

Etats-Unis : La perspective d'un plan de relance avant l'élection se réduit (USD) - Les marchés ont vu mardi les chances de voir un nouveau plan de relance adopté d'ici les élections du 3 novembre se réduire significativement après le double rejet de Nancy Pelosi, représentante démocrate en charge des négociations avec le Trésor. Cette dernière a réclamé à la Maison Blanche de revoir sa copie et refusé l'idée proposée par le président du Sénat, le républicain Mitch McConnell, de voter un plan d'aide ciblé pour venir en aide aux travailleurs américains. La stratégie du "tout ou rien" affichée par les démocrates qui refusent de réduire davantage leur proposition de soutien de 2,2 Trn$ et la montée d'une fronde dans le camp républicain visant à limiter les dépenses publiques bloquent pour le moment toute perspective de compromis. Au regard des divergences qui subsistent, on risque fortement de devoir attendre les élections et le renouvellement du Congrès pour éventuellement espérer de nouvelles mesures de soutien, lesquelles pourraient alors n'intervenir qu'en début d'année prochaine. Plus ces mesures tardent à venir et plus les dommages causés par la crise sur l'économie américaine seront importants et plus un retour à la normale prendra du temps. C'est en substance le message adressé par la chef économiste du FMI, Gita Gopinath, qui en marge du séminaire semestriel de l'organisation international a indiqué que les Etats-Unis pouvaient l'année prochaine une des locomotives de la reprise mondiale si le pays adoptait un nouveau plan d'aide massif comme celui de 3 Trn$ voté en mai dernier. C'est sous l'impulsion de ce plan d'aide et de ses effets bénéfiques que le FMI a d'ailleurs considérablement révisé à la hausse ses projections de croissance pour 2020 aux Etats-Unis de -8,0% à -4,3%, et c'est en raison de la lenteur du déploiement de nouvelles mesures de relance dans le pays malgré un contexte sanitaire toujours dégradé que l'organisation a révisé à la baisse les projections pour 2021 de 4,5% à 3,1%. C'est dans un climat d'inquiétude générale, également très amplement nourri par l'annonce mardi de l'arrêt momentané de deux projets de vaccin (Johnson & Johnson et Eli Lilly), que le dollar a vivement rebondi mardi. La lenteur des mesures de soutien coïncide avec l'accentuation des risques sanitaires dans le monde (et en particulier en Europe), ce qui ne manque pas de se répercuter sur le moral des investisseurs. L'ascension de l'EUR/USD à 1,18 $ aura été de courte durée puisque le taux rebascule en direction du seuil de 1,17 $.

EUR

Europe : Dernières cartouches avant un reconfinement ? L'Europe voit s'accentuer les restrictions sanitaires (EUR) - C'est un grand tour de vis général auquel procède les dirigeants des principales économies européennes victimes actuellement victimes d'une seconde vague de contamination de la COVID-19. La Belgique et l'Allemagne ont opté en début de semaine pour l'option d'un couvre-feu, une stratégie que pourrait adopter la France où on attend des annonces ce soir. Les Pays-Bas ont annoncé hier l'adoption d'un reconfinement partiel pour une durée de 4 semaines avec possible révision dans 2 semaines pour tenter de freiner la progression de la pandémie dans le pays. Dans le pays, les bars et les restaurants seront fermés et le masque sera rendu obligatoire dans tous les espaces clos pour les personnes âgées de plus de 13 ans. En Italie, il sera désormais interdit de servir dans les bars et restaurants des clients non assis après 21h00, les célébrations et les sports de contact amateurs sont proscrits. Les dirigeants européens tirent là leur dernière cartouche qu'ils leur restent en magasin afin d'éviter l'option redoutée des marchés, à savoir un reconfinement total de l'économie. Les indicateurs économiques et de sentiment indiquent clairement que l'accentuation des restrictions en Europe et la hausse des risques sanitaires pèse lourdement sur la reprise dans la région. Le plus récent symbole est l'observation mardi d'un repli bien plus important que prévu de l'indice ZEW traquant le moral des investisseurs allemands au mois de septembre. Après avoir atteint en août son plus haut niveau depuis 2000, l'indice a reculé de -21,3 pts le mois dernier sous l'influence de la montée des incertitudes à l'égard du Brexit et de la situation sanitaire en Europe. L'euro, dont a loué la résilience depuis la fin de l'été malgré l'arrivée d'une seconde vague de contamination en Europe, a connu mardi de nouvelles secousses et cédé du terrain face à un grand nombre de pairs, aussi bien d'économies développées qu'émergentes. En difficulté face au dollar (voir ci-dessus), la devise européenne est également apparue vulnérable face au yen, et dans une moindre mesure face au franc suisse. Le taux EUR/JPY a chuté hier à un creux d'une semaine sous le seuil de 124 ¥ tandis que le taux EUR/CHF a testé un support clé qui tient depuis 4 mois situé au niveau de 1,0720 ₣. Les deux paires de change reste sur la défensive ce matin alors qu'aux risques sanitaires s'ajoutent désormais les craintes liées au Brexit (voir ci-dessous).

GBP

Royaume-Uni : Le temps presse mais les progrès se font rates sur le Brexit (GBP) - On est désormais à moins de 48 heures de l'échéance fixée par le premier ministre britannique Boris Johnson selon laquelle si aucun progrès majeur n'est observé dans les négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, il pourrait alors décidé de stopper les pourparlers et accepter le sort de voir son pays sortir à la fin de l'année de l'union douanière européenne sans accord économique et commercial. Alors que les échos récemment entendus étaient plutôt optimistes et semblaient indiquer un rapprochement entre les deux camps, dans les faits il existe toujours d'importantes divergences sur les points d'achoppement majeurs, à savoir la pêche, l'encadrement des subventions publiques et la frontière irlandaise. Aucune des deux parties ne semble pour le moment vouloir céder à l'autre, on reste dans une impasse qui participe à raviver ce mercredi le spectre d'un possible divorce brutal dont personne ne sortira gagnant, et en premier lieu l'économie britannique qui est très sérieusement endommagée par la crise sanitaire. Le chef de l'Etat britannique doit s'entretenir ce mercredi avec la président de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, à la veille du lancement du Conseil de l'Union Européenne qui réunira à Bruxelles les 27 dirigeants des pays membres de l'UE. Si à priori on n'attend pas de rebondissements à l'issue de cet entretien qui devrait confirmer les divergences entre les deux pays, les marchés questionnent actuellement si Boris Johnson mettra ses menaces à exécution ou bien prolongera le suspense en approuvant la poursuite des discussions pendant encore quelques semaines. La livre sterling est victime depuis mardi d'une vive hausse des inquiétudes des acteurs de marché à l'égard de la tournure des négociations sur le Brexit qui pourraient être rompues cette semaine. Si aucun des deux camps n'a de réel intérêt à conclure un divorce sans accord, surtout pas en cette période de crise, on ne peut négliger ce risque. Le taux EUR/GBP remonte ce matin au-dessus du seuil de 0,91 £ après avoir lorgné sur ce début de semaine au niveau du seuil de 0,90 £. Les pertes subies par la livre pourraient être encore plus importantes en cas d'échec des négociations, et on pourrait alors revoir le taux EUR/GBP bondir en direction du seuil de 0,93 £, véritable seuil de résistance sur la paire de change depuis le référendum de 2016. Inversement, un prolongement des négociations nourrirait l'espoir qu'un accord reste encore envisageable et offrirait un peu de répit à la livre.

CNY

Chine : Le yuan dopé par les projections du FMI et les déclarations du président chinois (CNY) - Le Fonds Monétaire Internationale a indiqué dans ses nouvelles projections que la Chine devrait être le pays qui se remettra le mieux de cette crise sanitaire, l'économie étant attendue dès 2021 à un niveau supérieur à 2019 alors que dans les autres régions du monde un retour à la normale n'est pas attendue avant 2022 voire 2023 pour certains pays d'Amérique Latine. Comme souligné par l'OCDE en septembre, la Chine devrait malgré le coronavirus connaître une croissance de +1,9% cette année d'après le FMI puis un rebond de +8,2% en 2021, un chiffre légèrement révisé à la hausse (+0,2%) par rapport aux précédentes estimations réalisées en juin dernier. Clairement, la Chine représente une terre d'opportunité dans un monde qui apparaît très incertain et où la reprise est attendue très inégale selon le FMI. Une attractivité qui trouve également écho dans les déclarations du président chinois qui a ce matin fait la promotion de la ville de Shenzhen qu'il aimerait voir transformer en hub technologique avec d'importantes connexions avec Hong Kong. Le choix des autorités chinoises d'inscrire le pays dans une course pour devenir un des leaders du secteur coïncide avec une volonté d'ouvrir un peu plus les marchés et le pays aux investisseurs internationaux. Si ces annonces sont accueillies ce matin par un mouvement correctif de la bourse chinoise qui restait sur un rebond de plus de 4% en 3 séances, le yuan reste orienté à la hausse face au dollar (6,74 ¥) et surtout face à l'euro contre lequel il revient tester ses plus hauts niveaux depuis juin à travers la barrière de 7,90 ¥.


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