Actualités du marché des devises

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oct. 13, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les restrictions sanitaires en Europe et les risques de tension commerciale fragilisent l'euro

  • Les craintes liées à la pandémie reprennent peu à peu le pas sur les espoirs de relance aux Etats-Unis et sur le volet du Brexit alors qu'en parallèle la course au vaccin connaît quelques désagréments et que de nouvelles tensions commerciales menacent l'ordre mondial. Le dollar et le yen sont à nouveau sollicités sur ce début de semaine après avoir failli récemment sous l'emballement des marchés actions américains qui ont retrouvé hier leur plus haut niveau depuis près de 6 semaines. L'euro revoit surgir quelques fêlures alors que la pression sanitaire participe à raviver la menace d'un reconfinement en Europe. Le taux EUR/CHF est à surveiller et se rapproche à nouveau de son support de 1,07 ₣. La livre sterling reste assez stable et ne paraît pas perturber par la hausse du chômage au Royaume-Uni, ni même par le durcissement des restrictions sanitaires annoncé la veille par Boris Johnson. Il y a d'autres échéances plus importants comme le sort des négociations post-Brexit qui pourrait prendre un tournant majeur à l'occasion du Sommet européen de jeudi. Le dollar australien rencontre quelques turbulences à l'occasion de la résurgence ce matin de tensions commerciales entre la Chine et l'Australie, alors qu'à l'inverse le yuan reprend sa marche en avant après sa pause de la veille provoquée par une décision de la banque centrale chinoise.
  • Agenda du jour : Indice ZEW en Allemagne, inflation aux Etats-Unis & projections du FMI - Au niveau des indices macroéconomiques à suivre ce mardi, l'indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands (11h00) que l'on avait vu atteindre le mois dernier un pic depuis 2000 en dépit des risques liés à la pandémie en Europe. Aux Etats-Unis, on surveillera les indices d'inflation (14h30) dont on sait qu'ils sont surveillés par la Fed pour définir leur politique de taux d'intérêt. Ce matin, on observe une hausse du chômage au Royaume-Uni à un pic de plus de 3 ans à 4,5% au mois d'août, un chiffre qui ne fait aucun effet à la livre dont l'humeur reste toujours très étroitement liée à l'actualité liée au Brexit. Il faudra surveiller également les réactions possibles des marchés des changes à la publication ce mardi des nouvelles projections de croissance du FMI et de la Banque Mondiale, lesquelles donneront quelques indications sur les régions et pays qui apparaissent en bonne pour sortir le plus rapidement de cette crise, et ceux au contraire qui pourraient pâtir d'effets indésirables prolongés.
  • Global : Les craintes sur la pandémie reprennent le dessus sur les espoirs de relance (USD, JPY, CHF) - Quand bien même les cours des actions continuent de grimper, les marchés des changes recommencent à trembler face au spectre d'une seconde vague de contamination qui jour après jour se confirme en Europe. Le plus inquiétant pour les acteurs de marché, c'est que l'on recommence à parler de reconfinement comme possible option pour endiguer la progression du virus qui contamine chaque jour de plus en plus de personnes. Pas de reconfinement total mais plutôt local, c'est l'option entendue lundi en France de la bouche du premier ministre Jean Castex, mais aussi au Royaume-Uni où dans la région de Liverpool un accord a été trouvé pour fermer les bars, les pubs, les salles de sport et les casinos. L'Espagne avait elle-aussi opté pour cette stratégie plus tôt dans le mois pour la région de Madrid avant que la décision du gouvernement espagnole soit reboutée par une décision de justice. Face à la montée des risques sanitaires en Europe ces dernières semaines, les investisseurs ont eu tendance à occulter la réalité et préférer se rassurer sur les mesures de relance en cours de négociation, notamment aux Etats-Unis. Or la magie semble peu à peu ne plus opérer puisqu'au regard des récents échos entendus, il apparaît désormais de moins en moins probable qu'un accord soit trouvé entre le Trésor et le camp démocrate sur un nouveau plan de relance d'ici les élections présidentielles du 3 novembre prochain. La dernière proposition formulée vendredi dernier par la Maison Blanche de 1,8 Trn$ a été jugée insuffisante et rejetée par l'opposition qui pousse pour un plan de 2,2 Trn$. Or dans le camp républicain, la gronde monte quant à l'éventualité de s'aligner sur la proposition démocrate, certains sénateurs s'inquiétant notamment de la hausse inquiétante de l'endettement dans le pays. Sur l'année fiscale qui vient de se clôturer en septembre, les Etats-Unis ont enregistré un déficit de 15,2% du PIB et ont désormais une dette publique supérieure à la richesse produite sur une année (102% du PIB), ce qui constitue une première depuis 1946 d'après les calculs réalisés par une Commission au budget. On est donc dans une configuration d'impasse où toute proposition de relance risque de se faire rejeter par l'une des deux chambres du Congrès car soit jugée pas assez ambitieuse ou au contraire trop onéreuse. Déçus par le manque de progrès autour du plan de relance américain, les investisseurs ne peuvent même pas trouver du réconfort dans la course au vaccin puisqu'on apprend ce mardi matin que l'entreprise pharmaceutique américaine, Johnson & Johnson, a décidé de stopper temporairement ses essais cliniques après la découverte d'une maladie inconnue chez un des patients traités par leur projet de vaccin. Dans un contexte où la peur prend le pas sur les espoirs de reprise, on revoit un afflux de demande en faveur des devises dites refuges telles que le dollar et le yen. Après une escapade en fin de semaine dernière à un pic de 3 semaines au-dessus du seuil de 1,18 $, le taux EUR/USD retombe sous cette barrière ce matin. Du côté du taux EUR/JPY, le repli est encore plus marqué et la paire de change retombe au niveau du seuil de 124 ¥. Si la volatilité de la paire EUR/CHF reste toujours très réduite, celle-ci retombe sur ses plus bas niveaux de ces trois derniers mois et s'apprête à tester à nouveau un seuil support majeur situé à 1,0720 ₣.
  • Commerce international : De nouvelles tensions entre la Chine et l'Australie sur le charbon, l'OMC accorde à l'UE la possibilité de taxer les produits américains (AUD, EUR) -  Les relations entre la Chine et l'Australie ne sont pas au beau fixe depuis le début de la pandémie, c'est le moins que l'on puisse dire. De nouvelles tensions entre les deux partenaires économiques surgissent ce matin après la publication de rapport révélant que les autorités chinoises auraient demandé aux entreprises publiques producteur d'acier de stopper leurs importations de charbon en provenance d'Australie. Du côté des services chinois de douane, on reconnaît un renforcement des procédures de contrôle sur certaines marchandises mais on se garde de valider l'hypothèse d'un ordre direct de Pékin destiné à faire pression sur l'Australie. Les autorités australiennes ont ouvert une enquête mais celle-ci réclamera probablement plusieurs mois avant d'aboutir à des conclusions. Sur le front du commerce, on pourrait également assister dans les prochaines heures ou jours à de nouvelles tensions entre les Etats-Unis et l'Union Européenne alors que l'OMC vient d'autoriser Bruxelles à appliquer des mesures de rétorsion de l'ordre de 4 Mds$ sur des produits américains en guise de compensation aux aides publiques reçues par l'américain Boeing et dénoncées par son concurrent Airbus. Dans le même temps, on entend reparler de la menace d'une guerre commerciale du côté de l'OCDE en cas d'échec dans les négociations en cours d'un projet de taxe internationale sur les entreprises du numérique, aussi communément appelée taxe GAFA. Si les 140 Etats qui participent à ce projet mené sous l'égide de l'OCDE ont accepté de décaler le calendrier et prolonger de 6 mois les discussions jusqu'à mi-juillet 2021, pour le moment on a du mal à voir une proposition commune éclore. Du côté des marchés des changes, on observe des pressions baissières sur la devise australienne qui a cédé jusqu'à -0,5% ce matin face à l'euro avant de retracer légèrement. Le cours EUR/AUD est orienté à la hausse depuis hier et remonte au-dessus de 1,64 A$ après avoir clôturé vendredi dernier à un creux de plus de 2 semaines (1,6330 A$). S'il fait preuve d'une certaine résilience pour le moment, l'euro pourrait lui aussi connaître quelques turbulences face à ses principaux pairs (USD & JPY notamment) si jamais des tensions commerciales visant l'Europe venaient s'ajouter aux risques sanitaires actuellement observés dans la régions. En pleine campagne électorale américaine, il ne faut pas sous-estimer les possibles offensives protectionnistes du président Donald Trump dont l'important retard dans les sondages pourrait le pousser à user des recettes qui ont fait son succès en 2016.
  • Royaume-Uni : La Banque d'Angleterre sonde les banques sur les taux négatifs, l'Union Européenne prépare un plan B (GBP) - On a appris hier que la Banque d'Angleterre a lancé un sondage auprès des banques britanniques sur la question des taux négatifs. Outils monétaire dit non conventionnel, le recours à des taux négatifs est une option déjà utilisée depuis plusieurs année au Japon, en Zone Euro ou encore en Suisse, et fait l'objet d'un vif débat actuellement au Royaume-Uni en cette année de crise. Si pour le moment, les autorités monétaires britanniques ont clairement indiqué qu'elles ne comptaient pas se précipiter sur le sujet, l'annonce révélée lundi confirme que la banque y réfléchit très sérieusement. Le sondage se clôturant le 12 novembre, il y a donc très peu de chance que la BoE décide d'ajuster son taux directeur, actuellement à 0,1%, lors de sa prochaine réunion monétaire programmée le 5 novembre prochain. Sur les marchés à terme, les positions actuelles indiquent que les investisseurs anticipent des taux négatifs au Royaume-Uni d'ici la moitié d'année prochaine, une perspective qui n'est pas sans effet pour la livre sterling dont l'attractivité est déjà très réduite. Sur le front du Brexit, on apprend ce matin que les dirigeants européens ont inscrit à leur agenda cette semaine des discussions sur un plan d'urgence en cas d'échec des négociations commerciales avec le Royaume-Uni. Espérer le meilleur tout en se préparant au pire, cela semble être la ligne de conduite adoptée par l'Union Européenne dans ce dossier. Si certains observateurs y voient une tactique de négociation pour faire pression sur son partenaire britannique, il est tout aussi probable que sous la pression du calendrier on se résout du côté européen à prendre les mesures nécessaires pour ne pas subir le contrecoup d'une rupture brutale avec le voisin britannique. Si les négociations pourraient se poursuivre au-delà du mois d'octobre, il existe néanmoins un risque de rupture cette semaine si les divergences entre les deux camps demeurent trop importantes. C'est la menace proférée il y a quelques semaines par Boris Johnson, reste à savoir s'il l'a mettra à exécution et risquera d'affaiblir davantage une économie britannique très fortement impactée par la crise sanitaire. La livre sterling reste relativement stable pour le moment face à l'euro au-dessus du seuil de 0,90 £, mais globalement toujours orientée à la hausse. Le sentiment qui domine est un optimisme prudent, c'est à dire qu'on croit toujours un accord possible mais on préfère cependant attendre que l'annonce se confirme avant d'accroître ses achats de livre.
  • Chine : La banque centrale chinoise stoppe l'ascension du yuan, une action à effet très temporaire ? (CNY) - Le choix de la banque centrale chinoise (PBoC) de supprimer un seuil de réserves obligatoires pour les instituts financiers désirant acheter de la devise via les marchés à terme a stoppé net lundi l'ascension du yuan que l'on avait vu bondir vendredi dernier à un pic depuis avril 2019 face au dollar américain (6,90 ¥) et de 13 semaines face à l'euro (7,90 ¥). Cette règlementation datait de 2018 et avait été imposée à l'époque pour limiter les spéculations vendeuses sur la devise chinoise, les ventes de yuan se révélant à cause de cette règle plus onéreuses. Après un fort repli lundi de -0,8% face au dollar et à l'euro, le yuan se stabilise ce matin. Un coup d'épée dans l'eau ? Dans la configuration actuelle, le yuan reste sur une trajectoire haussière en raison des bons fondamentaux économiques et des tensions commerciales probablement réduites avec les Etats-Unis en cas de victoire de Joe Biden, très largement en tête actuellement dans les sondages de la course à la présidentielle. Les spéculations autour d'annonce demain de nouvelles réformes économiques en Chine sont également favorables au yuan.

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