Actualités du marché des devises

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oct. 09, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le yuan poursuit son ascension dopé par les fondamentaux,  l'euro et la livre sterling ferment les yeux aux mauvaises nouvelles

  • Les mauvaises nouvelles se succèdent en Europe, aussi bien d'un point de vue sanitaire avec une confirmation de jour en jour d'une seconde vague de contamination qui se propage sur la région, mais aussi d'un point de vue économique à travers la multiplication de signaux de ralentissement de la reprise économique depuis la fin de l'été. Les deux sont liés car face au regain de vigueur de la pandémie, les autorités publiques multiplient ces dernières semaines les restrictions sanitaires, or tant que le spectre d'un nouveau reconfinement total de l'économie n'apparaît pas les marchés ne semblent pas pour le moment réellement se préoccuper de la situation. On en veut pour preuve la stabilité de l'euro qui fait du sur-place depuis plus d'une semaine face au dollar au sein d'une fourchette de 1,17$ -1,18 $. Ce matin, les inquiétudes nous parviennent du Royaume-Uni où la publication la veille d'un nouveau record de contamination (plus de 17k) coïncide ce matin avec la publication ce matin d'un rebond de l'économie nettement moins important que prévu en août dernier. Les fondamentaux économiques ont peu d'impact sur les devises qui sont en ce moment exclusivement influencées par l'humeur globale des investisseurs, laquelle oscille au gré de l'actualité sur un possible plan de relance aux Etats-Unis et un compromis trouvé entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Ce sentiment est fragile car susceptible de s'évanouir à la moindre nouvelle mais il conduit pour le moment la volatilité sur les marchés des changes. À noter ce matin le nouveau rebond du yuan sous l'impulsion d'un rebond de l'activité dans le secteur des services à un pic de 3 mois selon l'enquête PMI Caixin. La devise chinoise atteint ce matin un nouveau pic depuis 17 mois face au dollar à 6,71 ¥ et tente en parallèle de casser le support de 7,90 ¥ face à l'euro au-dessus duquel le taux EUR/CNH oscille de manière constante depuis plus de 4 mois.
  • Agenda du jour : Emploi au Canada, PIB mensuel au Royaume-Uni, statu quo monétaire en Inde & poursuite des négociations sur la relance aux Etats-Unis - Le début de séance européenne débute avec l'annonce du statu quo monétaire en ligne avec le consensus de la part de la banque centrale indienne et les chiffres décevants de l'économie britannique au mois d'août. En effet, les marchés anticipaient en effet un rebond deux fois plus important du PIB au Royaume-Uni sur la fin de l'été (+2,1% M/M vs. consensus +4,6%), d'où le sentiment ce matin d'un affaissement de la dynamique de reprise outre-Manche. Un résultat qui n'est pas de bon augure alors que l'on assiste en ce moment à une forte recrudescence de cas de contamination en Europe et tout spécifiquement au Royaume-Uni (+17 540 cas recensés jeudi). Au rang des mauvaises nouvelles économiques ce matin, on peut également noter le rebond moins important que prévu de la production industrielle en France au mois d'août (+1,3% M/M vs. consensus +1,7%) ou encore le recul surprise de l'inflation générale en Norvège (1,6% A/A vs. consensus 2,0% et 1,7% en août). Autant dire que les signaux indiquant une pause de la reprise économique en Europe se confirme de jour en jour. Si les marchés restent toujours très attentifs à l'actualité liée aux négociations américaines sur un plan de relance mais aussi à d'éventuels rebondissements sur le Brexit, on aura tout de même un œil cette après-midi sur les chiffres de l'emploi au Canada (14h30).
  • Europe : La BCE s'inquiète de la hausse des facteurs de risque (EUR) - Le sentiment d'inquiétude prononcé affiché par les membres de la Banque Centrale Européenne lors de la réunion monétaire de septembre tranche littéralement avec la communication rassurante et teintée d'optimisme affichée par la présidente Christine Lagarde lors de la conférence de presse qui avait suivi. C'est ce qui ressort de la lecture hier des Minutes de la BCE qui proposent un compte rendu des échanges tenus le mois dernier au sein de la banque centrale. Il y a tout une série de facteurs qui menacent la conjoncture européenne et inquiètent vivement les responsables monétaires, à savoir la hausse des contaminations de coronavirus en Europe, les élections américaines de novembre ou encore la hausse de l'euro. Face à cette recrudescence des risques, un débat s'est ouvert au sein de la banque pour se laisser le champ d'intervenir de nouveau pour soutenir l'économie et combattre les effets dommageables de la crise sanitaire. Comme on l'avait déjà évoqué dans de précédentes notes, cette approche "interventionniste" se heurte à un front d'opposition menée par l'Allemagne et le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, qui estime que les récents progrès réalisés par l'économie européenne depuis la fin du confinement ne justifient pas le recours à de nouvelles mesures accommodantes. Dans un entretien publié mercredi par le journal allemand Börsen Zeitung, ce dernier juge la politique monétaire comme appropriée et met en garde contre une possible action devant la Cour constitutionnelle allemande en cas d'extension du programme de rachats d'actif d'urgence (PEPP) de 1350 Mds€ introduit en marge de la pandémie. Si un tel scénario devait se produire, on pourrait alors assister à une perte de confiance des acteurs de marché à l'égard de l'institution monétaire européenne et sa capacité à accompagner la reprise en Zone Euro, et donc en l'euro. Pour rappel, en mai dernier, la devise européenne avait chuté de -1,7% face au dollar en l'espace de trois jours en marge de la décision de la Cour allemande de Karlsruhe réclamant à la BCE de justifier le programme de rachats d'actif lancé en mars 2015. Dans un contexte actuel de hausse des inquiétudes sanitaires en Europe, tout conflit impliquant la banque centrale européenne aurait d'importantes répercussions. Pour l'heure, ces débats n'ont aucun impact sur l'euro qui étonne en ce moment par sa relative inertie face au dollar. La devise européenne a enchaîné hier sa 6ième séance consécutive où elle reste toute la journée coincée dans un couloir étroit de prix de 1,17$-1,18$ (+/- 0,9%). Les facteurs s'accumulent en défaveur de l'euro mais la devise continue de faire de la résistance et profite en ce moment de la confiance temporairement (artificiellement) retrouvé des investisseurs face aux spéculations d'accord sur la relance aux Etats-Unis mais aussi de possible accord économique trouvé entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne.
  • Global : l'espoir d'un accord sur la relance aux Etats-Unis continue de porter les marchés  (AUD, SEK) - Que ce soient les marchés actions ou les devises, les deux actifs oscillent depuis maintenant plusieurs jours au rythme des rumeurs et spéculations autour d'un éventuel accord sur la relance aux Etats-Unis entre la Maison Blanche et la délégation démocrate au Congrès. L'espoir d'un compromis trouvé entre les deux camps, relancé par les annonces mercredi du président américain réclamant l'introduction immédiate de programmes d'aides pour le secteur aérien, les PME et les ménages, a dominé la séance de jeudi et largement influencé les prises de décision des investisseurs. Toutefois, sur le papier rien n'est fait. La président de la Chambre des représentants en charge des négociations avec le Trésor, la démocrate Nancy Pelosi, a balayé d'un revers de main l'idée d'une aide ciblée si elle n'est pas reliée à un programme de soutien beaucoup plus vaste comme celui de 2,2 Trn$ proposé par l'opposition la semaine dernière. Une proposition qui jusqu'à la semaine dernière encore ne satisfaisait pas le Trésor américain qui poussait pour un plan d'aide moins onéreux de 1,6 Trn$. Cette stratégie du "tout ou rien" affichée par les démocrates pourrait bloquer la conclusion d'un accord d'ici l'élection présidentielle de novembre, offrant ainsi un argument en moins à Donald Trump pour doper sa popularité dans la dernière ligne droite avant le scrutin de novembre. Méthode Coué ou réelle conviction, quoi qu'il en soit les marchés ont pris parti dans ce bras de fer et continuent de croire fermement qu'une entente est possible. Les devises cycliques telles que le dollar australien ou encore la couronne suédoise tirent profit de ce sentiment et du goût plus prononcé des investisseurs pour le risque. À cet égard, le taux EUR/AUD a enchaîné une seconde séance consécutive de repli (-0,5% jeudi et -0,8% au total) et tente ce matin de se réinstaller sous le seuil de 1,64 A$. Le taux EUR/SEK a lui aussi enchainé une seconde séance consécutive de baisse (-0,3% jeudi et -0,9% au total) et a clôturé à un nouveau creux depuis 2 semaines à proximité du seuil de 10,40 SEK.
  • Pétrole : L'OPEP repousse l'idée qu'un pic de la demande a déjà été atteint (CAD, NOK, RUB) - Alors que le débat fait rage durant cette crise sanitaire autour d'un possible pic de la demande en pétrole qui aurait possiblement déjà été atteint, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) n'est pas de cet avis à en croire son dernier rapport annuel publié jeudi. Celle-ci estime au contraire que la demande brute en pétrole devrait continuer à progresser d'environ 10 Mln de barils par jour d'ici à 2045, notamment sous l'impulsion de la Chine et de l'Inde. Toutefois, au sein du groupe de pays de l'OCDE (37 pays incluant entre autres les pays membres de l'UE, l'Australie, le Canada, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni), un pic de demande est attendu entre 2022 et 2025 en raison de la transition en cours vers les véhicules électriques. Ce rapport a eu pour effet de stimuler significativement les cours du brut avec l'appui également du rebond des marchés actions. Les prix du pétrole ont en effet bondi de plus de 3% en Europe et aux Etats-Unis pour clôturer à un plus haut depuis 5 semaines (plus de 43 $ pour le Brent / plus de 41 $ pour le WTI). Les devises pétrolières ont positivement accueilli la nouvelle et se sont dans l'ensemble appréciées face à l'euro. La meilleure performance de la journée de jeudi est à attribuer au rouble russe qui a engrangé un gain de +0,9% face à l'euro et clôturé à un pic sur cette semaine à moins de 91,0. Le dollar canadien et la couronne norvégienne ne sont pas demeurés en reste et ont tous les deux progressé de près de +0,5% face à l'euro. Le taux EUR/CAD a cassé hier un support important situé à 1,5550 C$ qui tenait depuis 4 semaines, aussi il faudra surveiller toute possible accélération de cette dynamique de repli sur cette fin de semaine alors que se profile cette après-midi la publication des chiffres de l'emploi de septembre au Canada (14h30). Le prochain seuil majeur se situe à 1,5450 C$ et constitue le plus bas niveau atteint par la paire EUR/CAD depuis mi-juillet.

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