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oct. 07, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le gel d'un nouveau plan de relance américain douche les marchés / Minutes de la Fed et reprise des négociations sur le Brexit à suivre

  • On aurait pu craindre un effet domino ce matin en Asie après la nouvelle correction hier des marchés actions américains qui a suivi l'annonce du président américain d'un gel des négociations sur le plan de relance, or il n'en est rien ce matin. Les principales bourses asiatiques sont dans le vert ce matin, ce qui a pour effet de rassurer les investisseurs qui se préparaient déjà à une nouvelle séance agitée. En conséquence, on observe ce matin pas mal de mouvements correctifs sur les marchés des changes relatifs aux secousses de la veille. L'euro se reprend légèrement face au dollar et au yen malgré la contraction surprise ce matin de la production industrielle en Allemagne (-0,2% M/M vs. consensus +1,5%). Le dollar australien et la couronne norvégienne rebondissent tous les deux ce matin et tentent de panser les plaies de la veille. Une grande majorité de devises émergentes sont en hausse ce matin face à l'euro et profitent de cette phase, peut-être temporaire, de répit. L'absence de données économiques ou d'évènements monétaires majeurs au sein des principales économies mondiales avant ce soir et la publication des Minutes de la Fed (20h00) favorise cette dynamique. La volatilité pourrait donc une nouvelle fois être davantage liée au sentiment global des investisseurs et dépendante du comportement des bourses mondiales que connectée aux fondamentaux économiques et monétaires. L'attention des marchés reste essentiellement - encore plus maintenant que l'espoir d'un plan de relance américain s'est dissipé - connectée à l'actualité liée à la pandémie, mais aussi un peu à celle liée aux élections américaines et au Brexit.
  • Agenda du jour : Minutes de la Fed, reprise des négociations sur le Brexit et nouveau débat aux Etats-Unis - Il faudra attendre la fin de journée, voire la nuit, pour assister aux principaux évènements de cette séance de mercredi dont le calendrier économique sera très réduit. Les Minutes de la Fed publiées ce soir à 20h00 dévoilera les détails de la réunion monétaire de la banque centrale américaine en septembre dernier, la première depuis l'introduction par Jerome Powell d'un nouveau cadre monétaire en matière d'inflation. Les interventions de quatre membres de la Fed dont le président de l'antenne régionale de New York viendront accompagner dans la soirée la publication de ce document. S'il ne fait de doute à personne que la Fed est désormais engagée dans une politique de taux bas pendant une période prolongée de temps, on surveillera si de nouvelles mesures de soutien sont considérées par la banque alors que l'on revoit la situation sanitaire se dégrader dans le monde, y compris aux Etats-Unis. Un peu plus tard, dans la nuit de mercredi à jeudi, on assistera au second débat de la campagne présidentielle américaine, cette fois entre les deux candidats à la vice-présidence, Mike Pence dans le camp républicain et Kamala Harris dans le camp démocrate. Après une première joute verbale très houleuse fin septembre entre les deux principaux candidats à la Maison Blanche, on surveillera cet affrontement et ces éventuels impacts sur les sondages qui restent très largement à la faveur de Joe Biden. Ce matin, l'indice RealClear Politics, qui inclut notamment l'enquête CNBC de la veille montrant une avance de 10 pts à la faveur de l'ancien vice-président de Barack Obama, indique un écart de 9pts dans les intentions de vote entre les deux candidats, soit le plus gros écart recensé depuis fin juillet. La réduction de l'incertitude sur l'issue du scrutin - des résultats non serrés limitant le pouvoir de contestation de Donald Trump en cas de défaite le mois prochain - est plutôt favorable au dollar qui oscille récemment comme une valeur refuge. Ce mercredi, on aura également un regard de l'autre côté de la Manche où reprendront officiellement les négociations commerciales post-Brexit entre britanniques et européens. Les deux camps évoquent d'importants progrès dans les discussions néanmoins les principaux points de divergences, à savoir la pêche, les subventions publiques et la frontière irlandaise, restent irrésolus. L'espoir demeure mais le temps presse puisque Londres a fait savoir hier qu'elle désirait connaître d'ici le 15-16 octobre prochain, date du Conseil de l'Union Européenne, si Bruxelles a l'intention de signer un accord. Après un rebond de 2% en 3 semaines face à l'euro, la livre est légèrement sur la défensive sur le début de la semaine et oscille autour du seuil de 0,91 £ en attendant de nouveaux développements sur ce dossier.
  • Europe : Des inquiétudes qui montent autour de l'économie et de l'impact d'une seconde vague (EUR) -  La seconde vague de contamination qui touche actuellement l'Europe et les mesures de restriction qui l'accompagnent menacent d'asséner un large coup de frein à la reprise économique amorcée depuis mai. Alors que de premières alertes à ce sujet nous sont récemment parvenus via les enquêtes PMI montrant un net fléchissement de l'activité des entreprises privées européennes en septembre principalement causé par la sous-performance du secteur des services, d'autres signaux peu favorables ont été observés mardi. Dans sa dernière note de conjoncture intitulée "une économie diminuée", l'agence française de statistiques, l'INSEE, a révisé à la baisse ses projections de croissance en France pour la fin d'année et prédit que l'activité resterait 5 points en-dessous de ses niveaux d'avant crise d'ici la fin d'année. L'agence table désormais sur une croissance nulle au T4 contre un rebond de 1% précédemment estimé mais maintient sa projection annuelle d'une contraction de -9% de l'économie française en 2020. L'Espagne, qui fait elle aussi l'objet d'une large recrudescence des cas de coronavirus, a également revu à la baisse ses projections de croissance pour cette année et table désormais sur une contraction de -11,2% contre -9,2% estimé en mai. Toutefois, le pays, qui dévoilera ce mercredi son plan de relance économique, espère un fort rebond l'année prochaine estimé désormais à 7,2% contre 6,8% en mai. Ces révisions font écho aux propos tenus lundi par le président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, qui estime que la reprise de l'économie allemande s'essouffle. Face au retour des risques sanitaires qui menace la conjoncture européenne, les regards étaient braqués mardi sur la Banque Centrale Européenne et les sorties publiques de deux de ses plus éminents membres, la présidente Christine Lagarde et le chef économiste Philip Lane. La première a reconnu qu'une seconde vague de contamination risque de retarder la reprise en Europe et a, comme son homologue allemand plus tôt dans la semaine, nuancé un scénario de rebond en forme de "V". Face à ce constat, Lagarde a clairement ouvert la porte à de nouvelles mesures de soutien de la part de la banque centrale, y compris d'une possible réduction du taux directeur principal en-dessous de la barre des 0%. De son côté, Philip Lane a préféré mettre l'accent sur la nécessité actuellement d'apporter une réponse fiscale forte pour restaurer la confiance et soutenir l'économie. Faut-il y voir dans cette sortie du chef économiste un signe de divergence par rapport à l'approche interventionniste de la présidente de la BCE ? Difficile à dire bien mais le doute est permis sachant l'existence de tensions au sein du comité directeur concernant la possibilité de mener de nouvelles actions de soutien. Bien que faisant preuve de résilience ces derniers jours, l'euro reste néanmoins fragile et n'est pas à l'abri de subir de nouvelles pressions baissières, surtout si la situation sanitaire continue de se dégrader en Europe. Après un solide rebond lundi, la devise européenne a de nouveau cédé du terrain hier face aux devises refuges que sont le dollar, le yen et le franc suisse. Le taux EUR/USD a repris la direction de 1,17 $ après avoir flirté sur ce début de semaine avec le seuil de 1,18 $. Le taux EUR/JPY est retombé au niveau du seuil de 124 ¥.
  • Etats-Unis : Donald Trump stoppe les négociations sur un nouveau plan de relance et jette un froid sur les marchés (AUD, NOK) - On ne s'y attendait vraiment pas. Au regard de l'important retard de l'actuel président dans les enquêtes d'opinion à moins d'un mois du scrutin final et au regard des récentes avancées observées dans les discussions entre le Trésor et le camp démocrate, tout laissait à penser que Donald Trump pousserait pour faire adopter rapidement un nouveau plan de relance afin de renforcer sa popularité. Il n'en est rien. À la surprise générale, ce dernier a demandé à ses équipes de stopper les négociations avec les représentants démocrates au Congrès jusqu'à l'élection de novembre, et laissé entendre qu'un vaste plan de soutien à l'économie serait adopté une fois qu'il sera réélu. C'est la douche froide pour les investisseurs qui avaient concentré beaucoup d'espoir sur ce dossier qui lui permettait ainsi de s'échapper de la morosité ambiante liée à la dégradation de la situation sanitaire dans le monde. Sans réelle surprise, les marchés actions ont fini dans le rouge mardi, l'indice principal S&P 500 clôturant sur un repli de -1,4%. Sur les marchés des changes, le retour de l'aversion au risque profite au dollar et au yen, et à l'inverse pénalise les devises cyclique, pétrolières et émergentes. Le dollar australien a cédé -0,7% face à l'euro pour clôturer à plus de 1,65 A$, non loin de ses plus bas observés depuis le mois de juin. Le vaste plan de relance présenté hier par le gouvernement australien comprenant 60 MdsA$ d'allègements fiscaux ne semble pas avoir convaincu les marchés que la pays évitera une nouvelle baisse de taux de la banque centrale le mois prochain (probabilité de 78% estimée sur les marchés monétaires).  Au rang des déceptions, la couronne norvégienne a cédé -1;3% à l'euro et ainsi mis fin à sa série de 6 séances consécutives de hausse (gain cumulé de +2,6%) qui lui avait permis d'atteindre en début de semaine un pic de 2 semaines à 10,85 NOK. Autre devise pétrolière en difficulté, le peso mexicain s'est déprécié de -1% hier face à l'euro (25,5 MXN).

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