Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

oct. 06, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La santé de D. Trump rassure les marchés, l'euro attentif aux dissensions au sein de la BCE

Le début de séance sur les marchés des changes est relativement calme, les principales devises (EUR, USD, JPY & GBP) demeurant relativement stables après et semblant avoir digéré l'agitation de la veille provoqué par l'annonce du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Les spéculations sur l'état de santé réel du président nourrissent des comportements attentistes, tout comme d'ailleurs l'absence pour le moment de nouveaux développements sur la question d'un plan de relance aux Etats-Unis et sur les négociations commerciales entre britanniques et européens. Les principaux mouvements de volatilité s'observent ce matin en Australie où le statu quo décidé ce matin par la RBA sur ses taux directeurs n'empêche pas les spéculations de nouvelle baisse de taux d'ici la fin de l'année. La devise australienne recule ce matin en amont de la présentation en milieu de matinée du nouveau budget australien (10h30). Les devises émergentes restent sur la défensive face à l'euro, l'optimisme des marchés restant relativement modéré en raison de la propagation continue de la pandémie qui menace d'infléchir le rebond de l'économie mondiale. Si les devises d'Europe de l'Est prolongent, dans leur grande majorité, leur rebond, d'autres comme le rouble russe (92,5 RUB) ou le rand (19,60 ZAR) sont à nouveau en difficulté. Le fort rebond des commandes industrielles observé ce matin en Allemagne (+4,5% M/M) n'a pas de réels effets sur l'euro qui surveille les sorties cette après-midi de deux membres éminents de la BCE, la présidente Christine Lagarde (15h00) et du chef économiste de la banque Philip Lane (17h30).

EUR

Europe : Les marchés attentifs aux signes de dissensions au sein de la Banque Centrale Européenne (EUR) -   Les récentes communications de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, et du chef économiste de la banque, Philip Lane, ont mis en lumière des points de divergence entre les deux responsables monétaires sur le risque soulevé par la récente forte revalorisation de l'euro. Pour Lagarde, l'appréciation significative de la devise européenne depuis la mi-mai (plus de 10% face à un grand nombre de devises dont le dollar) n'est pas un risque qui mérite que la banque s'y penche sérieusement. Lane est d'un tout autre avis et considère que la revalorisation de la devise pèse sur les prix en cette période de crise et est en partie responsable du retour de pressions déflationnistes en Europe depuis août. Les dernières estimations d'inflation publiées vendredi dernier en Zone Euro indiquent une contraction de l'indice général de prix à la consommation de -0,3% en glissement annuel, soit la pire performance observée depuis 5 ans. Lors de la réunion monétaire de septembre, la présidente de la BCE a indiqué que les pressions baissières sur les prix ne sont que temporaires et devraient s'inverser au début d'année prochaine. Néanmoins, à l'époque cette analyse ne prenait pas en compte la menace de seconde vague qui tend à se matérialiser en Europe et l'escalade de mesures de restriction sanitaire à nouveau adoptées par les autorités publiques pour endiguer la propagation du virus. Les signaux de ralentissement de l'économie en Zone Euro au mois de septembre, notamment dans le secteur des services, mis en exergue par les récentes enquêtes d'activité PMI est également un signal inquiétant qui questionne la dynamique de reprise en Europe, et du coup de la nécessité pour la BCE d'agir de nouveau en soutien. Or une récente enquête publiée la semaine dernière par l'agence d'information Reuters indique l'existence de tensions au sein du comité directeur de la banque centrale au sujet du recours à de nouvelles mesures d'aide à court terme. L'existence de dissension au sein de la BCE, si elles se confirment et se prolongent, n'est pas une bonne nouvelle en cette période de crise. Une unité et une coordination des prises de décision de la banque est en effet essentielle en cette période contrastée pour accompagner la reprise. L'euro pourrait alors être le dommage collatéral de l'existence de tensions si celles-ci impliquent une perte progressive de confiance des marchés à l'égard de la banque centrale pour soutenir l'économie et stabiliser les prix.

AUD

Australie : Statu quo de la RBA en attendant la présentation du budget australien (AUD) - La Réserve Bancaire Australienne a décidé de maintenir son taux directeur principal stable à 0,25% comme il l'était anticipé par les marchés. La banque reconnaît une reprise graduelle et inégale de l'économie mais semble préférer attendre la présentation du nouveau budget australien en milieu de matinée par le ministre des finances et se garder des munitions pour agir dans le futur au cas où la situation économique du pays n'évoluerai pas favorablement. Le gouvernement doit présenter dans son nouveau budget les mesures de relance pour soutenir l'emploi et les entreprises. De nouveaux investissements publics et allègements fiscaux devraient être annoncés ce matin pour assurer une sortie de l'économie australienne de sa première récession depuis 1991. Si les mesures de soutien de l'Etat ne sont pas jugées par les marchés comme suffisantes alors il est très fort probable que l'on s'achemine vers une baisse de taux de la part de la RBA en novembre prochain (réunion le 3 novembre). Sur les marchés monétaires, la probabilité d'une réduction monétaire de -25pbs le mois prochain est estimée ce matin à 73,5%. En cette raison, le dollar australien cède du terrain face à l'euro et oscille ce matin à un plus bas depuis 4 séances face à l'euro à plus de 1,6450 A$ en attendant la présentation du budget à 10h30. Une résistance sur la paire EUR/AUD s'observe depuis 4 mois à 1,6550 A$ et pourrait contenir les velléités d'ascension du taux de change si les catalyseurs haussiers ne sont pas assez forts.

USD

Global : La santé de Trump et l'espoir d'un plan de relance aux Etats-Unis redonnent le sourire aux investisseurs (USD) - Difficile de démêler le vrai du faux quant au réel état de santé du président américain, néanmoins sa sortie rapide de l'hôpital ce lundi a été interprété comme un signal positif par les marchés à moins d'un mois du scrutin présidentiel américain. Si le président se veut très rassurant quant à son état et n'a pas hésité pour le prouver à multiplier depuis ce weekend les messages de communication le montrant affairé à sa tâche de président, l'avis des médecins traitants est plus nuancé. Le retour ce lundi de Donald Trump à la Maison Blanche ne signifie pas pour autant qu'il est complètement tiré d'affaire. Dans tous les cas, quoi qu'en dise ses partisans les plus fidèles, il n'est pas certain que cet épisode ait réellement renforcé l'opinion sur la capacité du candidat républicain à assumer un second mandat présidentiel. Surtout après un premier débat télévisé contre son rival démocrate, Joe Biden, qui ne lui a pas particulièrement été favorable. C'est pour cette raison que les investisseurs anticipent une action forte de la part de Donald Trump pour tenter de renverser l'opinion et combler son retard dans les intentions de vote, lesquelles donnent Joe Biden très largement en tête avec 8,5 pts d'avance d'après l'indice RealClear Politics. Comme coup d'éclat, les investisseurs jugent très probables la tentative d'adoption d'un nouveau plan de relance conséquent (très probablement entre 1000 et 2000 Mds$) sachant que des rapprochements sur ce sujet s'observe depuis plus d'une semaine entre le Trésor et la chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. La semaine dernière, les divergences portaient sur le montant total de ce nouveau paquet de mesures d'aide, les démocrates ayant proposé un plan de 2200 Mds$ contre 1600 Mds$ proposé par la Maison Blanche. Un compromis apparaît envisageable, surtout si le président lui-même s'en mêle et considère l'adoption rapide de ce plan comme un levier susceptible de stimuler sa popularité. Après une séance morose vendredi dernier, l'appétit au risque a fait son grand retour lundi et offert l'occasion à l'euro de gagner du terrain face au dollar et au yen, deux devises fonctionnant ces dernières semaines comme valeur refuge. Ainsi, le taux EUR/USD est revenu pointer son nez au niveau de 1,18 $ avant de se replier à l'approche de cette barrière, la marche apparaissant trop haute pour la paire de change. Le taux EUR/JPY a, lui, progressé de presque 1% lundi et a clôturé à un pic de presque 3 semaines à plus de 124,50 ¥. À noter également hier le rebond de la couronne norvégienne (10,85 NOK) de +0,6% et du peso mexicain (25,20 MXN) de +0,3% face à l'euro grâce à l'appui d'un rebond de plus de 5% des prix du pétrole (Brent à 41 $).


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.